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L'inventaire du patrimoine 

culturel de la Région Poitou-Charentes

Le Confolentais :
les éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Confolens / 16 rue du Soleil
Manoir dit manoir des comtes ou vieux manoir ou maison Marcillac d'Oradour

photographie du dossier documentaire, voir légende
Le vieux manoir et le pont du Goire, carte postale ancienne. © Région Poitou-Charentes - Communauté de Communes du Confolentais / Repro. Inv. G. Beauvarlet, 2002.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire 2005.

Historique

Cet ancien manoir est dit des comtes de Confolens, même si ceux-ci ne semblent pas y avoir résidé. Il pourrait dater du XVe siècle ou plus vraisemblablement du XVIe siècle. Les plus anciens propriétaires connus sont les Guimard, receveurs du comté. Le bâtiment nord date du XVIIe siècle. Au XVIIIe siècle, il passe aux mains de Nicolas Marcillac d'Oradour, qui donne son nom à la maison, ainsi qu'en témoigne le plan des tanneries de Confolens dressé vers 1775. En 1780, il appartient à son fils Thibaud Marcillac d'Oradour, qui décède sans héritiers en novembre 1791. Ses meubles sont dispersés aux enchères en février 1793. Il sert de prison pour les prisonniers espagnols des guerres napoléoniennes, en particulier ceux arrivés le 6 fructidor an II (23 août 1794) sont répartis entre Saint-Maxime et le Vieux-Manoir. En 1826, la propriété appartient à M. Decauffour, receveur. En 1860 est mentionnée la réparation d'un angle de mur rue du Soleil.

Description

Une description assez précise est donnée de l'ensemble en 1796. Il est alors composé d'une porte cochère donnant accès à la cour et de deux corps de logis, avec dans l'angle un escalier en pierre de taille, de douze pieds sur 24, au sommet duquel se trouve la chapelle et un cabinet qui avait servi auparavant de bibliothèque. Le premier pavillon, de dix-huit pieds sur 28, comporte deux étages, un grenier et est couvert d'ardoise. C'est le plus près du Goire. Le second comporte trois étages " y compris le rez-de-chaussée " et un grenier, et est lui aussi couvert en ardoise. A noter qu'aujourd'hui, les deux corps de bâtiments sont couverts de tuile plate. Un petit bâtiment abritant les cuisines est adossé au second logis et proche d'un puits en pierre de taille. Dans la cour se trouvent deux autres corps de bâtiments. Le premier, couvert de tuiles plates, de dix pieds sur vingt-et-un, comporte un rez-de-chaussée et un étage et sert de remise, mais fut auparavant le bureau de Marcillac d'Oradour. Le second, de 30 pieds sur quinze dans une moitié et douze sur l'autre, comprend une écurie et une buanderie au rez-de-chaussée, et est surmonté d'un grenier. Il est couvert de tuiles creuses.
Cette description montre que l'ensemble a peu varié jusqu'à aujourd'hui, même si un procès-verbal de visite daté de 1810 montre à ce moment la nécessité de nombreux travaux de rénovation.
Aujourd'hui, le manoir est réparti sur trois parcelles (voir plan dans le dossier illustrations).
Sur la parcelle AD 97 se trouvent un corps de bâtiment au nord le long du Goire et un corps de bâtiment, plus au sud (bâtiment central dans la légende des illustrations), un peu en retrait sur la rue du Soleil. La troisième partie de la parcelle AD 97, la plus au sud, appartient au même corps de bâtiment que celui cadastré AD 98. Enfin, sur la parcelle AD 384, trois corps de bâtiments sont adjacents, un vers l'ouest, l'autre à l'est. Au sud de la parcelle AD 384 se répartissent les dépendances et un pigeonnier.
Le bâtiment nord de la parcelle AD 97 est le plus bas de tous et est couvert d'un toit à longs pans et croupes. Son pignon nord se situe en bordure du Goire. Sa façade orientale borde la rue du Soleil dans le prolongement du pont du Goire. Au rez-de-chaussée s'ouvre une large baie couverte en plein cintre dont le piédroit gauche est commun avec le piédroit droit de la porte monumentale. Cette porte piétonne est surmontée d'une corniche qui supporte un fronton autrefois orné d'armoiries aujourd'hui illisibles. Ces deux portes sont en granite, sauf pour les parties ornées (clefs de voûte, amortissement, décor de la porte gauche), qui sont en pierre de Pressac. A gauche se trouve une fenêtre remaniée. Au-dessus de la porte monumentale, la fenêtre du premier étage et celle du second ont un encadrement en calcaire blanc qui n'est pas de la pierre d'Angoulême. Ces deux fenêtres ont des appuis saillants moulurés. La chaîne d'angle sud-ouest est irrégulière, en granite.
Le bâtiment sud de la parcelle AD 97 est le plus haut de l'ensemble. Il est couvert d'un toit à longs pans brisés et croupes brisées. Ce bâtiment est construit en grand appareil de granite. Son élévation occidentale, vers la rue du Soleil, présente des reprises probablement liées à la présence de la porte de ville qui lui était adossée et qui a été détruite en 1791. Ceci explique sans doute le retrait du bâtiment par rapport à la rue et le fait que le bandeau de niveau entre le rez-de-chaussée et le premier étage s'interrompt et ne court que sur la partie la plus au sud contre une partie qui semble bien être un arrachement de maçonnerie. La partie la plus au nord de ce mur est aveugle, ce qui renforce l'hypothèse de la présence de la fortification à cet endroit, mais qui ne devait pas être aussi haute que ce bâtiment si l'on en juge par la présence de deux petits jours moulurés au sommet de la façade. L'élévation sud de ce bâtiment est la plus ornée. Toutes les baies ont des encadrements en calcaire blanc fin. Au rez-de-chaussée, la porte a un encadrement mouluré et est couverte et arc segmentaire portant lui aussi des moulurations. Elle est encadrée de pilastres supportant une haute corniche qui portait des armoiries aujourd'hui bûchées dans un médaillon. Cette porte est surmontée d'une fenêtre au premier et au deuxième étage, fenêtres qui ne sont pas alignées en travée. Ces fenêtres sont moulurées et décorées, sauf leurs piédroits droits qui semblent remaniés.
Le corps de bâtiment situé à cheval sur les parcelles AD 97 et 98 est couvert d'un toit à longs pans à hauts pignons découverts. Il est lui aussi construit en grand appareil de granite. Son élévation occidentale est percée de trois travées de fenêtres moulurées au rez-de-chaussée et aux deux étages. La fenêtre droite du rez-de-chaussée est couverte en arc segmentaire partiellement en granite ; les encadrements des autres fenêtres sont en calcaire blanc fin. Aux étages, les appuis sont saillants et moulurés et la trace de meneaux est visible sur certaines. A noter à droite de cette façade la présence d'une petite niche qui correspond à l'emplacement de l'ancien éclairage au gaz. Le pignon sud n'est éclairé que par quelques petites baies.
Sur la parcelle AD 384 se trouvent trois corps de bâtiments adjacents. A l'ouest, en bordure de rue, un petit bâtiment à une travée est couvert en appentis adossé à un corps de bâtiment couvert d'un toit à longs pans situé plus au nord. Le bâtiment oriental, à un étage et comble à surcroît, est couvert d'un toit à longs pans. Sa façade sud est percée de deux travées.
Le pigeonnier, de plan circulaire, est situé sur la parcelle 384. Il est couvert d'un toit conique à égout retroussé.
A l'intérieur se trouvent un escalier droit en pierre, des arcades et une chapelle voûtée d'ogives sous comble.

Précisions sur le décor

Fenêtres à mouluration, deux portes monumentales portant un décor. Armoiries illisibles.

Documentation

● Archives

Archives départementales de la Charente, séie 2 N (documents cités dans Boulange, Pomenade à taves..., 2003, p. 91).2 N 24 : 1807, 1e octobe : le conseil d'aondissement de Confolens souhaite tansfée les pisons de la ville dans ce bâtiment, pojet esté sans suite.
Archives départementales de la Charente, séie Q (documents cités dans Boulange, Pomenade à taves..., 2003, p. 90-91).Q IV 21 : 1793, 13-19 févie : dispesion aux enchèes des meubles de Thibaud de Macillac, dont une patie ne touve pas acquéeu.Q XII 39 : an V, 7 vendémiaie (28 septembe 1796) : état des lieux du manoi [tanscit dans Boulange, Pomenade...].Q III 63 : 1810, 3 mai : pocès-vebal de visite mentionnant le mauvais état des bâtiments.
Archives départementales de la Haute-Vienne, série C (document cité dans Boulange, Promenade à travers..., 2003, p. 89-90).C 622 : 1758, 15 juin : confirmation des privilèges de la noblesse accordés à Nicolas de Marcillac d'Oradour en raison de sa charge de" conseiller secrétaire du roi en la chancellerie du parlement de Bordeaux.

● Bibliographie

Association Promotion Patrimoine. Châteaux, manoirs et logis. La Charente / Philippe Floris, Pascal Talon. Dir. - Niort : A.P.P., 1993 (S. l. : Aubin).
Boulanger, Pierre. Promenade à travers les rues de Confolens, impr. Eclaircy, Confolens, 2003. P. 89-92
Daras, Charles. Anciens châteaux, manoirs et logis de la Charente. 2ème éd. Angoulême : Coquemard, 1968. P. 45
Daras, Charles. Anciens châteaux, manoirs et logis de la Charente. Bull. Mém. de la société archéologique et historique de la Charente, 1966. P. 84
Ville de Confolens. Zone de protection du patrimoine architectural et urbain, ZPPAU de Confolens, rapport de présentation. Réd. I. Berger-Wagon, B. Wagon, O. Lescorce, sl., décembre 1992, 116 p. Adopté par le conseil municipal le 30/4/1993. P. 51
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