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La fabrication du papier

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Lessiveur sphérique de l'usine à papier de Cothiers à La Couronne (Charente) © Service régional de l'inventaire de Poitou-Charentes / M. Deneyer, 1987

Préparation de la pâte à partir de chiffons

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Pile hollandaise du Moulin du Verger à Puymoyen (Charente) © Service régional de l'inventaire de Poitou-Charentes / M. Deneyer, 1988

Les chiffons, après avoir été triés et débarrassés de la poussière, sont lavés, mélangés à l'eau et broyés dans des piles à maillets. À partir de la fin du XVIIIe siècle, le défibrage ou effilochage, se fait au moyen de piles à cylindre (piles hollandaises).

Ces machines sont composées d'un grand bac rempli d'eau, muni d'un cylindre rotatif doté de couteaux métalliques, qui tourne au dessus d'autres couteaux fixés au fond de la cuve. La mise en mouvement du cylindre entraîne le défibrage des chiffons mélangés à l'eau. À partir de 1850, le lavage des chiffons s'effectue dans un lessiveur sphérique ou cylindrique.

La pâte obtenue est blanchie par l'adjonction de réactifs chimiques (chlorure de chaux, eau de javel, puis oxygène et plus récemment ozone). Elle est ensuite raffinée pour obtenir une texture plus fine, dans une pile semblable à la première. Puis elle est stockée dans des cuves, avant son utilisation pour la fabrication du papier.

Dans la région, après des essais au moulin du Verger à Puymoyen en 1760, la première pile hollandaise est installée au moulin à papier de la Courade à La Couronne en 1785.

Préparation de la pâte de bois

À partir des années 1870, les papeteries de Poitou-Charentes utilisent principalement la pâte de bois pour la fabrication du papier. Cette pâte de bois, chimique ou semi-chimique, est importée d'autres régions de France et/ou du nord de l'Europe ; seules deux usines de la région en ont produit : celle de Basseau à Saint-Michel, entre 1885 et 1887, et celle de Gâtineau à La Roche-Posay, entre 1892 et les années 1930.

Les rondins de bois écorcés sont sciés, puis fendus. Le bois est ensuite broyé dans un défibreur, machine composée d'une meule qui tourne à l'intérieur d'une cuve remplie d'eau. De nos jours cette machine est remplacée par le pulpeur. Le bois réduit en poudre et mélangé à l'eau forme la pâte qui est ensuite tamisée. À cette pâte mécanique peuvent être ajoutés des adjuvants chimiques.

Le papier à la cuve ou « feuille à feuille »

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Feuille de papier retirée de la forme et déposée sur un feutre au Moulin du Verger à Puymoyen (Charente) © Service régional de l'inventaire de Poitou-Charentes / W. van Riesen, 1990

La fabrication de papier « feuille à feuille » se réalise en quatre opérations :

la pâte à papier diluée est versée sur une toile métallique ; le matelas fibreux est transféré sur un feutre ; il est ensuite pressé ; la feuille de papier est séchée par évaporation.

Un ouvrier plonge dans une cuve remplie de pâte un châssis en bois, appelé forme, fermé par une toile métallique très serrée. Un châssis mobile, qui s'applique sur le premier, règle l'épaisseur de la pâte. L'ouvrier secoue l'ensemble pour uniformiser et égoutter la couche de pâte. Après avoir retiré le châssis du dessus, un deuxième ouvrier renverse la forme sur du feutre pour que la feuille de papier s'en détache. Il y dépose un second feutre.


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Presse hydraulique de l'usine à papier du Moulin-de-Rochefort à Puymoyen (Charente) © Service régional de l'inventaire de Poitou-Charentes / W. van Riesen, 1990

Les feuilles préparées et empilées sont ensuite passées sous une presse, puis suspendues dans un étendoir (pièce ventilée) pour leur séchage. Celles destinées à l'écriture et l'impression sont ensuite trempées dans un bain de colle, puis passées de nouveau à la presse. Elles sont par la suite assemblées en rames .

(Découvrir le détail de la fabrication du papier à la feuille :  voir la bibliographie )

L'équipement des usines

Les anciens moulins à papier sont de dimensions modestes et équipés d'une ou plusieurs roues hydrauliques, de piles à maillets pour défibrer et d'une ou deux cuves de fabrication. Avec l'installation de piles à cylindre (piles hollandaises) à la place des piles à maillets, la production augmente et plusieurs cuves deviennent nécessaires.

Tous ces moulins sont dotés d'une pièce de séchage, dite étendoir.


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Étendoir du Moulin du Verger à Puymoyen (Charente) : le bâtiment © Service régional de l'inventaire de Poitou-Charentes / W. van Riesen, 1990
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Étendoir du Moulin du Verger à Puymoyen (Charente) : les feuilles à sécher © Service régional de l'inventaire de Poitou-Charentes / W. van Riesen, 1990

La machine à papier en continu

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Machine à papier de l' usine de Collas à La Couronne (Charente), du début du XXe siècle, partie sécherie © Service régional de l'inventaire de Poitou-Charentes / W. van Riesen, 1990

La machine à papier en continu, qui assure seule les quatre opérations de fabrication du papier, est l'équipement majeur des usines. Elle transforme un mélange liquide en une bobine de papier parfaitement sèche.

Inventée en 1799 par Louis Nicolas Robert à la Papeterie d'Essonnes, cette machine est perfectionnée et mise au point par des mécaniciens anglais, avant d'être réintroduite en France. Elle est installée pour la première fois dans la région à l'usine de papier de Veuze à Magnac-sur-Touvre en 1830.

Dès les années 1850, ces machines sont de très grande taille : plusieurs dizaines de mètres de long sur 5 ou 6 mètres de large. Elles produisent une quantité de papier équivalente à celle de 7 à 8 cuves, à un coût beaucoup moins élevé.


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Machine à papier de l'usine des Beauvais à La Couronne (Charente) © Service régional de l'inventaire de Poitou-Charentes / M. Deneyer, 1988

La pâte est distribuée sous forme de jet sur toute la largeur de la table de fabrication, composée d'une toile métallique soumise à un mouvement latéral saccadé qui facilite l'étalement de la pâte et son égouttage. La feuille ainsi constituée est ensuite pressée entre deux cylindres recouverts de feutre, avant de passer dans la sécherie, puis lissée par un énorme cylindre. En sortie de machine, le papier s'enroule sur une bobine et peut être découpé aux dimensions voulues.


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Machine à papier de l'usine de Basseau à Saint-Michel (Charente), des années 1960 © Service régional de l'inventaire de Poitou-Charentes / M. Deneyer, 1988

Jusque dans les années 1840, ces machines sont fournies par des constructeurs anglais ou parisiens. Des mécaniciens d'Angoulême se lancent ensuite dans leur fabrication, tels Alfred Motteau, les frères Duveaux ou encore N. Cordebart.

Pour entraîner l'ensemble de ces mécanismes, des roues hydrauliques au rendement énergétique bien supérieur sont installées, avant d'être remplacées par des turbines à partir des années 1860.

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