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Les usines chimiques

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Union française d'engrais à La Rochelle (Charente-Maritime), vers 1920 - Carte postale Caro © A. M. La Rochelle - Reproduction Service régional de l'inventaire de Poitou-Charentes / C. Rome, 1996

Les usines chimiques élaborent des produits très divers  : médicaments, engrais, matières plastiques, arômes, colles, peintures, vernis, produits de beauté, etc.

L'industrie chimique englobe différents secteurs. La chimie de base (ou chimie lourde) comprend la chimie minérale, qui utilise de l'eau, de l'air, du sel ou encore du soufre et des phosphates pour produire acide sulfurique, chlore, soude et engrais, ainsi que la chimie organique, qui utilise les produits extraits du pétrole et des gaz naturels (pétrochimie) pour fabriquer des matières plastiques et des élastomères. La chimie fine élabore des molécules complexes servant ensuite à fabriquer, par exemple, les principes actifs des médicaments. La parachimie produit des détergents, des produits de beauté ou encore des peintures et vernis. La pharmacie utilise des mélanges produits par la chimie fine et les rend assimilables sous forme de médicaments.

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La poudrerie d'Angoulême (Charente) © Service régional de l'inventaire de Poitou-Charentes / M. Deneyer, 1987

Dans la région Poitou-Charentes, les toutes premières usines chimiques sont annexées à des établissements militaires et produisent poudres et explosifs. De ces usines subsistent aujourd'hui les bâtiments de la poudrerie d'Angoulême, créée en 1820 par le Service des Poudres et Explosifs de France et qui compte jusqu'à 2000 employés en 1918.

Dans le secteur civil, une usine est créée en 1865 à Marennes pour la transformation du sel marin en sulfate de soude (utilisé dans la fabrication des verres et des glaces), soude brute (carbonate de soude), sels de soude et chlorure de chaux. Ce projet, novateur dans la région, est destiné à venir en aide aux sauniers de la vallée de la Seudre. Cet établissement se transforme en 1872 en fabrique d'engrais.

Une grande variété d'activités et d'entreprises

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Atelier d'ensachage de 1956 de l'usine Asturonia à Tonnay-Charente (Charente-Maritime) © Service régional de l'inventaire de Poitou-Charentes / M. Deneyer, 1997

Parmi les vingt-six usines chimiques régionales, dix sont de grands établissements, qui dépendent, pour la plupart dès leur création, de sociétés nationales ou internationales ; au début du XXe siècle, la Société Saint-Gobain possède ainsi trois usines d'engrais, à Marennes, Tonnay-Charente et Saint-Benoît . Installées sur de vastes terrains, elles forment d'immenses complexes situés à la périphérie des bourgs ou des villes et se signalent par de grands bâtiments et de hautes cheminées.

Les plus petites unités de production se consacrent à la fabrication de produits divers : feux d'artifice à Angoulême, huiles de graissage à Niort, peintures et produits pharmaceutiques à Thouars, bougies à Poitiers, galalithe (caséine plastique) à Souméras, allumettes à Pas-de-Jeu, etc.

Quelques grandes sociétés aux productions diversifiées poursuivent aujourd'hui leur activité dans l'industrie chimique, comme les usines Rhodia à La Rochelle et à Saint-Léger-de-la-Martinière .

L'essor de l'industrie chimique régionale grâce à la fabrication d'engrais artificiels

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Vue aérienne de l'usine de produits chimiques à Saint-Benoît (Vienne) en 1987 © A. privées - Reproduction Service régional de l'inventaire de Poitou-Charentes / M. Deneyer, 1994

La production d'engrais artificiels se développe à la fin du XIXe siècle, afin de remplacer la chaux traditionnellement utilisée pour l'amendement des terres mais inadaptée à une culture intensive. Cette activité permet à l'industrie chimique régionale de prendre son véritable essor.

Les usines d'engrais trouvent les conditions idéales d'implantation près des ports où sont importés les sels et minéraux nécessaires à leur production : les pyrites arrivent d'Espagne et du Portugal, les phosphates d'Afrique du Nord (Tunisie, Algérie et Maroc) et les nitrates de soude du Chili. Les superphosphates (engrais) élaborés à partir de ces matières premières sont ensuite transportés par le train dans l'arrière-pays agricole. La plupart des grands établissements sont ainsi fondés à Marennes, La Rochelle, Tonnay-Charente .

D'autres se créent dans l'arrière-pays, auprès de voies ferrées qui permettent le transport des matières premières depuis la côte et celui des engrais vers les terres à fertiliser, comme à Saint-Benoît, à l'intersection des lignes La Rochelle-Poitiers et Poitiers-Bordeaux.

Des productions qui se diversifient

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Gamme de produits insecticides Néocide de l'usine de produits chimiques à Saint-Benoît (Vienne) - La première bombe aérosol européenne est créée dans cette usine en 1953 © Service régional de l'inventaire de Poitou-Charentes / M. Deneyer, 1994

À partir de 1900 et pendant une vingtaine d'années, le secteur chimique prend un essor considérable, notamment lors de la Première Guerre mondiale.

Des produits destinés à la fabrication d'explosifs sont élaborés par cinq usines à la Pallice et par l'usine de Saint-Léger-de-la Martinière, spécialisée à l'origine dans la transformation de la betterave. Cette dernière usine poursuit, après la guerre, la fabrication d'acétone qui entre dans la composition de vernis.

L'usine de Saint-Benoît se tourne vers la production d'insecticides en 1949 ; c'est ici qu'est réalisée la première bombe aérosol européenne en 1953.

Des conditions de travail très pénibles

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Ouvriers au broyage et à l'ensachage des engrais à l'usine d'engrais Phospho-Guano à La Rochelle (Charente-Maritime), dans les années 1930 - Carte postale © A.M. La Rochelle - Reproduction Service régional de l'inventaire de Poitou-Charentes / C. Rome, 1996

Au début du XXe siècle, les conditions de travail dans les usines chimiques sont très pénibles, particulièrement pour les ouvriers des fours dans les usines d'engrais. Ceux-ci travaillent durant 12 heures d'affilée dans des caves chauffées à 50° C. ; ils changent de vêtements toutes les deux heures et absorbent une moyenne de quatre litres de vin par jour pour se désaltérer. Tous les ouvriers boivent par ailleurs beaucoup de lait, censé combattre l'empoisonnement occasionné par les émanations d'acide sulfurique.

Ce travail pénible est peu rémunéré et provoque des grèves à répétition.

L'évolution des techniques permet peu à peu, notamment par la mécanisation et parfois l'automatisation des tâches, de supprimer les opérations manuelles pénibles et dangereuses.

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