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Des ouvriers au travail à la chamoiserie Boinot, en 1920

L'album photos

La préparation des peaux

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À leur arrivée, les peaux (généralement des peaux de mouton) sont lavées dans de larges cuves.
in. V. Chapelle "Une vieille industrie niortaise : chamoiserie et ganterie" © Inventaire général / Reproduction M. Deneyer, 1995


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Pour enlever la laine, les mégissiers raclent les peaux, placées sur un chevalet, grâce à un couteau à épiler.
in V. Chapelle "Une vieille industrie niortaise : chamoiserie et ganterie" © Inventaire général / Reproduction M. Deneyer, 1995


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La peau délainée est plongée dans un lait de chaux, pendant environ 24 heures, dans une cuve appelée pelain. Ce bain a la propriété d'adoucir, gonfler et nourrir le cuir.
Les pelains, in V. Chapelle "Une vieille industrie niortaise : chamoiserie et ganterie" © Inventaire général / Reproduction M. Deneyer, 1995


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Les peaux sont sciées dans le sens de leur épaisseur et divisées en deux parties distinctes, la fleur et la chair dans une machine, appelée scie ou refendeuse. La partie chair est la seule utilisée dans la chamoiserie.
La scie ou refendeuse, in V. Chapelle "Une vieille industrie niortaise : chamoiserie et ganterie" © Inventaire général / Reproduction M. Deneyer, 1995


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Les peaux (la partie chair) sont purgées de leur chaux à l'eau courante ou, comme ici, dans des cuves additionnées d'acide ou d'un peu de son.
Atelier de déchaulage, in V. Chapelle "Une vieille industrie niortaise : chamoiserie et ganterie" © Inventaire général / Reproduction R. Jean, 2005

Le chamoisage

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Aprés leur passage dans les foulons pour qu'elles s'imprègnent d'huile, les peaux sont exposées au vent, pendant un jour ou deux et cela cinq à six fois.
in V. Chapelle "Une vieille industrie niortaise : chamoiserie et ganterie" © Inventaire général / Reproduction M. Deneyer, 1995


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Les peaux, désormais chamoisées, passent au palissonnage, opération d'étirage qui consiste à les passer, dans tous les sens, sur une large lame demi-circulaire, non coupante, fixée verticalement sur un billot.
in V. Chapelle "Une vieille industrie niortaise : chamoiserie et ganterie" © Inventaire général / Reproduction M. Deneyer, 1995


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En 1921 a déjà débuté dans l'entreprise Boinot l'utilisation de meules en remplacement du ponçage manuel. Les meules, recouvertes d'émeri et entraînées par un moteur, tournent avec rapidité afin de supprimer les résidus du côté chair des peaux.
in V. Chapelle "Une vieille industrie niortaise : chamoiserie et ganterie" © Inventaire général / Reproduction M. Deneyer, 1995


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Du côté fleur, ce même travail d'amincissement de la peau se nomme « dolage » et est effectué à l'aide d'un « doloir », large couteau qui ressemble à une spatule et que l'on fait glisser sur la peau.
Dolage à la main, in V. Chapelle "Une vieille industrie niortaise : chamoiserie et ganterie" © Inventaire général / Reproduction M. Deneyer, 1995


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Les peaux destinées à rester blanches sont exposées à l'action de l'air et du soleil, étendues sur un pré.
in V. Chapelle "Une vieille industrie niortaise : chamoiserie et ganterie" © Inventaire général / Reproduction M. Deneyer, 1995


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Les peaux sont teintes par immersion dans le colorant.
in V. Chapelle "Une vieille industrie niortaise : chamoiserie et ganterie" © Inventaire général / Reproduction M. Deneyer, 1995


La fabrication des gants

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Les peaux destinées à la fabrication des gants sont triées par catégories selon leur résistance et leur souplesse.
in V. Chapelle "Une vieille industrie niortaise : chamoiserie et ganterie" © Inventaire général / Reproduction M. Deneyer, 1995


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Les gantiers préparent les diverses pièces nécessaires à la fabrication d'un gant : la main, le pouces et les « fourchettes », étroites bandes qui, entre les doigts, unissent le dos à la paume.
in V. Chapelle "Une vieille industrie niortaise : chamoiserie et ganterie" © Inventaire général / Reproduction M. Deneyer, 1995


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Un système d'emporte-pièces, appelé « balanciers », découp les pièces précédemment citées, selon des calibres préparés pour toutes les pointures désirées.
Les balanciers, in V. Chapelle "Une vieille industrie niortaise : chamoiserie et ganterie" © Inventaire général / Reproduction M. Deneyer, 1995


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Des femmes cousent les gants à la machine. Elles s'acquittent des coutures simples, comme des boutonnières, des broderies et des nervures.
in V. Chapelle "Une vieille industrie niortaise : chamoiserie et ganterie" © Inventaire général / Reproduction M. Deneyer, 1995


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L'ultime étape de la fabrication des gants est la pose de bandelettes le long de la fente, des bords, de boutons ou de pressions, et la confection d'ourlets divers.
in V. Chapelle "Une vieille industrie niortaise : chamoiserie et ganterie" © Inventaire général / Reproduction M. Deneyer, 1995

L'ouvrage de Victor Chapelle : Une vieille industrie niortaise : chamoiserie et ganterie

Vers 1920, la direction de l'entreprise Boinot de Niort charge Victor Chapelle de réaliser un livre, largement illustré de photographies des ateliers, sur les différentes étapes de la fabrication des peaux chamoisées et des gants.

Cet ouvrage de commande retrace l'histoire de cette industrie locale et présente chacune des étapes nécessaires à la transformation de la peau brute en gants. Toutes les photographies qui illustrent le texte ont été prises dans les ateliers Boinot par les photographes Ménard et Meyer ; elles sont destinées à promouvoir les productions de l'entreprise.

Ces photographies constituent un témoignage rare des conditions de travail dans une chamoiserie-ganterie dans les années 1920. Si l'on peut légitimement penser que les ouvriers, prévenus de la visite des photographes, se sont préparés en conséquence, il est à noter toutefois qu'aucun d'entre eux ne regarde l'objectif ni ne semble poser.

Chapelle, Victor. Une vieille industrie niortaise : chamoiserie et ganterie , Niort : Etab. Boinot, 1921, 62 p.

En savoir plus sur l'entreprise Boinot

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Chamoiserie-ganterie Boinot à Niort © Inventaire général / M. Deneyer, 1995

Cette chamoiserie est créée en 1881 par Théophile Boinot au Moulin-Neuf, dans les locaux de l'ancienne chamoiserie Laydet. Ce moulin, édifié sur une dérivation de la Sèvre niortaise, avait successivement servi depuis le XVIIe siècle de moulin à blé, moulin à papier, filature de laine, féculerie de pomme de terre, puis brosserie, avant d'accueillir la chamoiserie Laydet, en 1866, dans ses bâtiments reconstruits en 1828, après un incendie.

L'entreprise Boinot prend une grande extension avec le rachat, en 1902, de l'établissement Noirot installé à Bessac. La succession du fondateur est prise par ses deux fils, Louis et Charles, en 1905. Puis, en 1912, un secteur ganterie est adjoint à la fabrication des peaux chamoisées. Les années 1920 correspondent à l'apogée de l'entreprise qui emploie environ 1100 ouvriers et 400 gantiers et gantières à domicile. Elle comprend alors cinq autres usines : la Cabane Carrée, le moulin du Roc, Comporté et Bouzon à Niort, ainsi qu'une autre à La Crèche. En 1947, elle assure 55 % de la production des gants niortais alors que la ville compte six autres ganteries. Ses gants de peaux sont exportés vers l'Angleterre, l'Australie, la Canada, la Suède, la Norvège, la Hollande et la Belgique, tandis que les peaux chamoisées partent presque exclusivement sur le marché américain.

Dans les années 1930, la politique sociale menée par cette entreprise la distingue des autres établissements niortais : société de secours mutuels, allocations familiales, primes d'ancienneté, jardins ouvriers, société sportive, etc.

Entre 1910 et 1950, le site du Moulin-Neuf fait l'objet de constantes modifications et reconstructions  : ateliers, séchoirs, magasins, teinturerie, laverie, bureau.. Dans les années 1980, les secteurs de la ganterie et de la chamoiserie se séparent et deux ateliers distincts sont alors édifiés.

Actuellement ne subsiste plus sur le site qu'un atelier de chamoisage.

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Pour en savoir plus sur les opérations de chamoisage



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