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Dossier documentaire d'usine

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Abbaye, puis usine d'emballage et conditionnement Lacroix
Angoulême (Charente), 70 avenue de Cognac

photo de la notice
Elévation sud. © Inventaire général / Phot. Inv. M. Deneyer
Date de l'enquête : 1987

Historique :

Il ne reste que des vestiges de l'abbaye de la deuxième moitié du 15e siècle. Le logis abbatial, construit dans la seconde moitié du 17e siècle pour Raymond Pellegeau, abbé de Saint-Cybard, est vendu, en 1791, comme bien national à Gratereau, juge de paix. En 1827, la partie ouest comprenant un passage voûté du 17e siècle est achetée par les fabricants de papier Antoine Lacroix, tandis que le logis abbatial est acquis par Laroche père. Des logements sont édifiés au milieu du 19e siècle. En 1888, l'étage et les façades, place Dunois et rue de Cognac, des ateliers de fabrication sont reconstruits par l'architecte Edouard Warin pour le fabricant de papier Antoine Léonide Lacroix (1832-1910) . Un autre atelier de fabrication est bâti dans le deuxième quart du 20e siècle. Le cloître et la salle du chapitre sont étudiés avec le dossier brasserie-malterie, dite Champigneulles.
Il existe un fonds d'archives privées.

Description :

Les ateliers de fabrication (A1 et A2), construits à l'étage, sont en pierre de taille, avec piliers en fonte et charpente métallique apparente, avec lanterneau, toit couvert de tuile mécanique et façades en appareil mixte en brique et pierre. Le logis abbatial (B) et les logements (C, D et E) sont couverts de tuile creuse. Seul l'atelier de fabrication (G) est en moellon et en pierre de taille, à charpente en bois apparente et toit à longs pans couvert d'ardoise.

Documentation :

● Archives :

Archives départementales de Charente, 60 P.

● Bibliographie :

Laroche, Claude. " Historique du site ". In : Le site du Centre National de la bande dessinée et de l'image à Angoulême, étude historique et architecturale. Rapport de recherches. Angoulême, 1985. P. 6-23, 31-32, 39-41

● Annexe 1 :

Chronologie des campagnes de construction. Extrait de Laroche, Claude. Le site du Centre National de la Bande dessinée et de l'Image à Angoulême, 1985.

(Voir plans chronologiques de l'abbaye et évolution du plan-masse depuis la fin du XVIIIe siècle. Les indications entre parenthèses renvoient à la bibliographie donnée à la fin de cette étude). [plans 1 à 6].

581 : Mort de Beatus Eparchius ou saint Cybard, " qui vécut en reclus dans une grotte creusée sous les murs du côté nord d'Angoulême '' (Nanglard).

Après 581 : Fondation de l'abbaye (Higounet. Nanglard donne la con-sécration de la première église abbatiale dès 560).

Vers 820-830 : Travaux de construction menés par Pépin 1er, roi d'Aquitaine ? (Constantin).

863 : Le monastère est détruit par les Normands (Higounet).

Vers 870 : Reconstruction ? (Nanglard).

Fin IXe siècle : Un sanctuaire, recevant une relique de la sainte croix, est érigé en avant de l'église (Daras).

1115 : L'abbaye entre dans l'Ordre de Cluny comme maison subordonnée (Higounet).

XIIIe ou XIVe siècle : Travaux ? (voir voûte du passage entre la cour ouest et le cloître, voûtes du cloître : traces du mur sud et traces du premier des deux états visibles sur le mur nord, voûtes du passage ouest avant sa reconstruction).

vers 1370 : L'abbaye souffre de l'occupation anglaise.

en 1448 : Une enquête constate que l'église et les bâtiments sont en ruine (Nanglard). Raymond Pellegeau est abbé depuis 1441 et travaille au relèvement de l'Abbaye ruinée par les guerres (Nanglard). Vers 1450, quelques travaux sont effectués, notamment la construction d'arcs ou de piliers butants pour consolider l'église (Nanglard, Daras).

1483 : Achèvement de la construction de boiseries dans le choeur de l'abbatiale (Nanglard).

vers 1500-1510 : Importants travaux de reconstruction, notamment voûtement de la salle du chapitre et reconstruction de quelques voûtes du cloître, vraisemblablement le bras ouest et peut-être une partie du bras nord. Il subsiste encore quelques arrachements de ces voûtes à l'angle nord-ouest de l'em-placement du cloître. Il restait en 1912 deux travées entières de ce bras ouest du cloître (voir plan et photos 7 et 8), dont les voûtements présentent le même plan et les mêmes mouluration de nervures que ceux de la salle du chapitre.
Nanglard parle à ces dates du voûtement du " petit chapitre " et de la réparation des cloîtres, mais aussi du pavement du " grand chapitre ", de réparations à l'église et de la construction des " murs de clôture montant de fond des jar-dins qui bordent la Charente jusqu'aux remparts de la ville ".

1518 : Un marché est passé entre l'abbé Charles de Livenne et Pierre Joyeulx, maître maçon pour la construction d'un pan de cloître : cinq travées voûtées d'ogives (Bull. Mêm. Soc. archéol. et hist. de la Charente 1897). II s'agit probablement du bras est, à partir de la chapelle Notre-Dame et le long de la salle capitulaire.

1562 et 1568 : L'abbaye est ruinée par les protestants. Il ne reste plus de l'église abbatiale que le mur nord et ses contreforts ou arcs-boutants et deux chapelles placées l'une sur l'autre (voir plans), celle des Comtes d'Angoulême et au-dessus la chapelle Notre-Dame (Vigier de la Pile).

1588 : Par testament, l'abbé Gabriel de Livenne ordonne l'affec-tation de la somme de 400 écus aux réparations les plus urgentes. Les travaux sont adjugés à Colin, charpentier. Ils consistent en différents travaux de réparation de couverture, de voûtement etc.. dont selon toute vraisemblance des travaux consacrant la transformation, déjà effective, du réfectoire en église à la suite de la ruine de l'an-cienne abbatiale (Arch. dép. Charente H1 61).

1640-1688 : Henry de Reffuge est abbé de Saint-Cybard. Il oeuvre au rétablissement de la discipline et à la restauration de quelques parties de l'abbaye (Nanglard). On doit pouvoir lui attribuer le logis abbatial (encore existant et donnant sur la rue de Bordeaux) ainsi que divers autres travaux, comme l'établissement de deux portes, subsistant encore en partie (photos 11, 12) et qui marquaient l'accès des paroissiens à l'ancien réfectoire devenu donc église (non seulement abbatiale mais aussi paroissiale après la des-truction également par les protestants de l'église paroissiale Saint-Yrieix), deux portes placées l'une sur l'actuelle rue de Bordeaux, l'autre, quelques mètres plus loin sur le mur ouest du réfectoire/église.
Peut-être aussi faut-il attribuer à cette période (ou bien à une période un peu antérieure) la reconstruction des bras nord et est du cloître, en appentis sur arcature d'arcs brisés reposant sur piliers à chapiteau sculptés (le bras nord existait encore, ses arcades murées, en 1912, photos 3 et 4) et peut-être la reconstruction du passage voûté (4 voûtes d'ogives, voir photo 15) à l'entrée de l'abbaye, à l'ouest, que l'on a reconstruit à l'identique, l'époque tardive se trahissant seulement par les culots et par le hiatus entre les formerets, plus anciens, et le reste du voûtement.
Néanmoins, la communauté qui ne voulut pas entrer dans la congrégation de Saint-Maur végétera jusqu'à la Révolution.

1736 et suiv. : Percement de deux routes allant du pont de Saint-Cybard au faubourg de l'Houmeau d'une part et à la place du Palet d'autre part. L'établissement de cette dernière détruit ce qui pouvait rester de la partie sud de l'ancienne église abbatiale.

XVIIIe s : Quelques travaux de détail (l'église a besoin de réparations en 1744, Arch. dép. de la Charente, H1 61).

1791 : L'abbaye est vendue comme bien national (en grande partie à Gratereaud, juge de paix) et les religieux sont dispersés.

1ère moitié XIXe s. : Travaux divers de construction et de reconstruction de bâtiments. Remplissage progressif des parcelles (voir plans-masse).

En 1827 : La partie ouest du site appartient à Antoine Lacroix, fa-bricant de papier (parcelles B 136 à 140 du cadastre ancien, passage voûté et salles avoisinantes) ; l'ancien logis abba-tial et la cour appartiennent à Laroche père, également fa-bricant de papier (Arch. dép. de la Charente, états de sections d'Angoulême, 1827)

Vers 1888-1890 : Démolition des étages des maisons appartenant en 1827 à Antoine Lacroix (conservation des rez-de-chaussée voûtés) et construction de nouveaux ateliers (encore visibles actuelle-ment, photos 24 à 31, sur la rue de Bordeaux, la place Dunois et l'avenue de Cognac) pour le papetier Antoine Léonide Lacroix (Arch. dép. Charente, matrices cadastrales) probablement par l'architecte Edouard Warin (1837-1911), vraisemblablement assisté de l'ingénieur Eugène Pommier.
A la même époque, des travaux de démolition et de reconstruc-tion affectent la partie est de l'ancienne abbaye, autour de l'ancien cloître (maison, magasin, écurie, manufacture ap-partenant à Adrien Delalande ; Arch. dép. Charente, matrices cadastrales)

Vers 1912-1914 : Continuant une tradition de brasserie sur le site, due à la qualité de l'eau (des brasseurs sont déjà installés également rue de Bordeaux, un peu plus à l'est), le brasseur E. Maurer rase une grande partie des bâtiments de la partie est du site (ancienne salle du chapitre, restes du cloître...) pour y construire une brasserie-malterie moderne, les " Brasseries et Malteries alsaciennes ", sur les plans de l'architecte Cuvillier de Reims, réalisée par les entrepreneurs angoumoisins E. Bernard et J. Félineau. Ce sont ces bâtiments qui forment le noyau principal de ce que seront plus tard les usines Champigneulles (voir photos 32 à 37)
Lors des travaux de construction, une sépulture est mise à jour, contenant une belle crosse, sont trouvés également des fragments d'une dalle funéraire identifiée comme étant celle de Guillaume II Taillefer, comte d'Angoulême mort en 1028, ainsi que de nombreux carreaux vernissés (Bull, et Mém. Soc. archéol . et hist. de la Charente, 1912).

Vers 1940-1950 : Les Brasseries Champigneulles, successeur des Brasseries et Malteries alsaciennes dans les bâtiments de Cuvillier, ayant abandonné l'activité du maltage (fabrication du malt), mo-difient le bâtiment et réalisent quelques adjonctions, dont la construction d'un vaste entrepôt de foudres de bière sur la route de Cognac (voir plan-masse).

1966 : La Société Champigneulles arrête la fabrication de la bière à Saint-Cybard.

● Annexe 2 :

L'abbaye bénédictine de Saint-Cybard, analyse architecturale. Extrait de Laroche, Claude. Le site du Centre National de la Bande dessinée et de l'Image à Angoulême, 1985.


Une telle analyse relève du domaine du médiéviste qui seul pourrait faire des parallèles judicieux avec les modèles connus et tirer des conclusions sur un ensemble jusqu'ici très mal documenté en ce qui concerne plus particulièrement les campagnes de construction. On ne pourra donc ici, pour ce qui nous concerne, en fonction de ce que l'on a pu observer sur le terrain et de ce que l'on a pu extrapoler, risquer seulement quelques observations.


1) CONFORMITE AUX MODELES

On peut tout d'abord remarquer, pour ce qui est de l'implantation des différents bâtiments, et pour les états que l'on a pu restituer, une assez grande conformité avec les plans habituels : on trouve au sud l'église abbatiale (ici probablement d'environ 80 m de long sur 20 m de large), dont le mur nord délimite le côté sud du cloître, quadrilatère d'environ 25 m sur 30 m bordé à l'est par la salle du chapitre et deux chapelles superposées situées entre celle-ci et l'église, au nord par le réfectoire (devenu église après la ruine de l'abbatiale) et à l'ouest par divers bâtiments dont probablement une infirmerie (J. George, Topographie historique d'Angoulême, Angoulême, 1898, p. 10). Un passage, à l'angle nord-ouest du cloître conduisait à une cour sur le côté nord de laquelle se trouvait, au moins à partie du XVIIe siècle, le logis abbatial. L'entrée principal du monastère, la " porterie ", se trouvait après un passage voûté donnant sur le côté ouest de la cour.

L'abbaye était entourée de murailles et était complétée par un moulin et un four banaux situés le long de la Charente, sur l'actuelle em-placement de l'ensemble " le Nil ", en dehors donc du site qui nous intéresse.

Rien que de très classique donc dans cette implantation dont il faut cependant noter l'ampleur, qui en fait un des ensembles les plus importants de la région. Les autres singularités de Saint-Cybard tiennent essentiellement à une topographie particulièrement contraignante. Le dénivelé sud-nord est en effet tel qu'il a obligé l'ensemble à se dé-velopper essentiellement selon un axe est-ouest et qu'il a conduit à quelques solutions originales : l'étroitesse de l'église abbatiale relativement à sa longueur considérable (comparable par exemple à celle de la cathédrale) doit probablement être mise au compte de cette topographie : une plus grande largeur aurait en effet impliqué d'énormes terrassements. L'observation des parties de cette ancienne abbatiale existant encore sur le site semble indiquer par ailleurs que le niveau du sol en était notablement plus élevé que celui du sol du cloître, d'où probablement la présence d'un important ensemble de circulations verticales dont l'existence, entre le chapitre et l'église, de deux chapelles superposées devait être un élément.

2) Ensuite, il faut souligner l'extrême complexité de ce qui est donné à voir sur place. La chronologie l'a montré de façon évidente, l'his-toire du site abbatial est extrêmement mouvementée, faite de destructions et de réparations successives. Ces travaux, souvent réparations ponctuelles plus que reconstructions générales, ont laissé leur marque sur les pierres de façon tellement imbriquée qu'ils rendent l'analyse archéologique quelque peu aléatoire et ce d'autant plus que, fait extrêmement intéressant, beaucoup de ces réparations sont faites " à l'identique ". C'est ainsi que par exemple les moulurations du passage voûté de l'entrée (photo 15) dont la reconstruction est manifestement tardive (XVIIe ?) sont pratiquement les mêmes que celles d'un état du cloître qu'il faut dater, du fait de l'emplacement de ses traces au-dessus du cloître de 1500-1510, du XIIIe ou du XIVe siècle (photo 6). De


même, dans un état de réparations à faire daté de 1588 (Archives départementales de la Charente, H1 61), est-il précisé qu' " au dortoir, est besoin de reprendre les voûtes de la manière qu'elles sont faites ". C'est donc un travail de restauration avant la lettre qui semble être souvent mis en oeuvre à Saint-Cybard, avec un modèle gothique qui perdure jusque dans le XVIe et le XVIIe siècle. L'époque de " restauration " laisse malgré tout sa marque : dans le passage près de l'entrée, ce sont (outre l'observation des collages et des incrustations dans la maçonnerie) les culots et leur mouluration qui trahissent l'époque tardive ; plus encore dans le dernier état du cloître, que l'on doit pouvoir attribuer à la même époque (XVIIe ou peut-être fin XVIe, voir photos 3 et 4), seul l'arc brisé fait référence à l'environnement " ogival ", le reste de la structure, des moulurations, des chapiteaux appartenant à l'esprit du temps.

On peut également raisonner en termes de balance entre archaïsme et modernité pour le logis abbatial (photos 17-18), vraisemblablement construit sous l'autorité de Henry de Reffuge, abbé de Saint-Cybard de 1640 à 1688, dont la façade présente certes les caractéristiques de son époque (balustrades, corniche, ailerons à volutes...), mais dont l'articulation par bandeaux horizontaux et verticaux, proche de celle des façades du XVIe siècle, et l'adoption de lucarnes passantes dénotent quelques archaïsmes.

Au-delà des importants problèmes de datation des éléments qu'impliquent ces remarques, elles soulignent s'il en était besoin l'intérêt des restes de l'abbaye encore en place qui, par delà leur modestie d'un point de vue quantitatif, ont une place importante à prendre pour la connaissance de l'histoire complexe et ambiguë des formes architecturales, dont l'évolution n'exclut pas de fréquents retours en arrière. Ce niveau d'intérêt s'ajoute bien sur à l'intérêt propre de ces éléments du point de vue de leur qualité volumétrique et architecturale intrinsèque, ainsi qu'à leur considérable intérêt historique, indispensables qu'ils sont à la connaissance d'un ensemble monastique de toute première importance en Aquitaine, intérêt renforcé enfin par le caractère de révélation que leur remise en lumière aura, après de nombreuses années passées dans l'ombre de l'indifférence.

● Annexe 3 :

Les bâtiments industriels. Extrait de Laroche, Claude. Le site du Centre National de la Bande dessinée et de l'Image à Angoulême, 1985.


L'architecture industrielle du tournant du siècle résume à elle seule une grande partie de la problématique de l'architecture de ces années : s'y lisent toutes ses ambitions, ses limites, ses ambiguïtés, ses qualités immenses également, reflet qu'elle est d'une classe dominante partagée entre positivisme et besoin de rêve. En effet, l'architecture industrielle de ces années vient bien sûr en réponse à des besoins, mais des besoins contradictoires, à la fois besoins strictement fonctionnels et besoins d'image, de représentation. Contradiction que signale F. Chaslin (François Chaslin, " L'architecture Industrielle ", dans Encyclopediae universalis, édition 1984) en précisant que " longtemps, l'usine ne [fut] que l'organisation, sans cesse mouvante et transformée, d'hommes, de machines et de matériaux : on ne demandait aux constructeurs que de fournir des abris vastes, économiques, clairs si possible, sans points d'appui intérieurs pour les encombrer. Mais les industriels, tout attachés qu'ils étaient à minimiser les investissements non productifs, souhaitaient aussi que leurs usines témoignent de leur puissance et déploient un certain faste. Il ne leur suffisait pas d'édifier ces vastes nefs, ces hauts fourneaux glorieux et ces cheminées élancées. Aussi l'architecture industrielle, si elle est surtout marquée par des soucis d'étroite rationalité, manifeste-t-elle parfois également un certain apparat ". C'est ainsi que l'expansion de l'industrie " lui donne les moyens du mécénat et le désir de la représentation architecturale. Pour la première fois, l'usine ne sera pas seulement un lieu de production, mais aussi une image, un monument d'architecture, dont la silhouette envahit papiers à lettres et " réclames publicitaires " (François Loyer, Le siècle de l'industrie, Paris, Skira, 1983, p. 179).

Ce phénomène est d'autant plus intéressant qu'à ce niveau d'ambiguïté s'en ajoute un autre par le fait que les chantiers industriels offrent à nombre d'architectes une occasion d'élaborer, de concrétiser puis d'éprouver au contact de contraintes impérieuses une doctrine rationaliste héritée de Labrouste ou de Viollet-le-Duc et confrontée à de nouveaux programmes, en même temps que cette recherche se fait à travers l'utilisation de modèles historiques fortement codés.

C'est probablement en ayant à l'esprit cette double ambivalence de l'architecture industrielle - entre fonction et représentation, entre rationalité et historicisme - que l'on comprendra le mieux les deux principaux édifices du futur site du Centre national de la Bande dessinée et de l'Image, à savoir d'une part les bâtiments des usines Léonide Lacroix (1888-1890 environ) et d'autre part les Brasseries et Malteries alsaciennes (1912-1914 environ), bâtiments formant respectivement le noyau de ce qui était naguère les usines Charbonnaud et les brasseries Champigneulles.

● Annexe 4 :

L'usine Léonide Lacroix (vers 1888-1890) : Stratégie de la récupération et adaptation aux contraintes. Extrait de Laroche, Claude. Le site du Centre National de la Bande dessinée et de l'Image à Angoulême, 1985.


La vocation papetière du quartier Saint-Cybard est désormais bien connue. Bien qu'on la sache principalement implantée, probablement pour des raisons de fabrication, directement le long de la Charente, l'extrémité ouest du site qui nous intéresse appartenait dès le début du XIXe siècle à des papetiers bien connus sur la place d'Angoulême. En 1827 par exemple, les parcelles correspondant à l'ancien logis abbatial et à la cour (B 134 et 135 de l'ancien cadastre) appartenaient à Laroche père, fabricant de papier, et Antoine Lacroix, également fabricant de papier (? 1841) possédait les parcelles contiguës, à l'ouest de la cour (B 136 à 140, fig. 19). Les deux propriétés, du fait de mariages entre les deux familles seront d'ailleurs très vraisemblablement réunies plus tard. Jean Lacroix, également fabricant de papier (1804-1881) succède à son père au même endroit, et c'est enfin Antoine (dit Léonide) Lacroix (1832-vers 1910), fils de ce dernier qui prend sa suite dans l'entreprise. C'est Léonide Lacroix qui, ressentant probablement l'inadaptation des locaux, lancera vers 1888-1890 une vaste opération de reconstruction afin de pouvoir disposer des vastes ateliers nécessaires à la rationalisation de l'entreprise. Des travaux de démolition sont entrepris, mais qui épargnent à peu près complètement les rez-de-chaussée, caves et voûtes diverses de l'ancienne abbaye, puis une reconstruction générale a lieu, intégrant donc ces restes abbatiaux, occupant au maximum les parcelles et remplissant les espaces libres en s'alignant sur l'avenue de Cognac et sur la place Dunois.

Ainsi sont principalement créés, à l'étage, deux vastes ateliers séparés par un mur qui surplombe le mur d'appui sud du passage voûté du rez-de-chaussée, ateliers séparés de celui-ci par des entresols situés de part et d'autre du passage et dont celui du sud est au rez-de-chaussée de l'avenue de Cognac.

Malgré l'absence, pour l'instant, de documents d'archives permettant de confirmer l'hypothèse, de nombreux indices tendent à accréditer, avec les réserves d'usage, ce travail de reconstruction à l'architecte Edouard Warin (similitudes frappantes avec les réalisations connues de cet architecte (voir photos 20 à 22), quelques écoles d' Angoulême notamment, ainsi que son marché couvert dont certains détails significatifs de structure sont identiques à ceux mis en oeuvre dans l'usine Lacroix ; le vocabulaire formel du bâtiment semblant de façon plus générale s'intégrer parfaitement aux préoccupations et aux recherches de Warin).


EDOUARD WARIN (1837-1911)

Le début de la carrière de l'architecte Edouard Warin est indissociablement liée à celle du désormais bien connu Paul Abadie (1812-1884), du moins de la partie de celle-ci qui se déroule à Angoulême et dans sa région. Abadie, futur auteur des plans du Sacré-Coeur de Montmartre (Voir : Entre archéologie et modernité : Paul Abadie, architecte, 1812-1884, catalogue d'exposition. Sous la direction de C. Laroche, Angoulême, Musée municipal, 1984) est architecte diocésain d'Angoulême et à ce titre restaure la cathédrale (1850-1875). Il construit et restaure dans la région un nombre considérable d'édifices, citons simplement pour Angoulême la construction des église Saint-Martial (1849-1856), Saint-Ausone (1856-1868), les travaux d'agrandissement du lycée (vers 1862-1867) et surtout la construction de l'imposant hôtel de ville (1854-1869) pour laquelle Abadie nomme inspecteur des travaux le jeune Warin en juin 1859. En effet, Abadie, vivant et travaillant à Paris, se faisait représenter pour ses chantiers, à peu près tous provinciaux, par un certain nombre d'architectes (un ou deux par région) qui jouaient le rôle d'inspecteur des travaux et qui étaient chargés, en même temps que de la surveillance du chantier, des mille et une tâches requises par la conduite des travaux : contact avec les entrepreneurs, les sculpteurs, dessins divers... Abadie de son côté leur envoyait les détails d'exécution permettant de préparer le travail de l'appareilleur et demande souvent à ses inspecteurs le relevé de telle ou telle partie de l'édifice à restaurer ou à achever pour pouvoir donner de nouveaux détails d'exécution. En dehors de la simple réponse à des nécessités matérielles, ce mode de travail n'était pas sans arrière-pensée pédagogique : celle de former " sur le tas " un certain nombre d'élèves et de diffuser par là une conception de l'architecture patiemment élaborée par Abadie au contact des édifices, médiévaux, parallèlement aux recherches de Viollet-le-Duc, son contemporain ; conception plus ambiguë chez le premier que chez le second mais qui se situe malgré tout du côté du rationalisme.

Warin est donc de ces émules (sur Warin, voir les recherches de M. -P. Bault, dans Le château d'Angoulême et l'hôtel de ville d'Abadie, mémoire de maîtrise Bordeaux III, dir. P. Roudié, 1980) et, après l'hôtel de ville d'Angoulême, devient inspecteur des travaux d'Abadie pour l'en-semble de ses travaux dans la région et occupe à partir de 1864 le poste officiel d'inspecteur des travaux diocésains. Il subit donc très fortement, à force d'en copier les dessins et d'en surveiller l'exécution, l'influence de l'architecture de son maître. Cette influence, conjuguée avec le poids d'une archéologie non encore dépassée, se retrouve nettement dans une de ses premières grandes réalisations : l'église Saint-Cybard à Angoulême (proche de notre site, mais située de l'autre côté de la Charente, photo 20).

Architecte de la ville de 1868 jusque vers 1890, il construit à Angoulême pendant toute cette période un certain nombre d'édifices dont plusieurs écoles et, à partir de 1886, le marché couvert de la place des Halles qu'il réalise conjointement avec un ingénieur de Limoges, Eugène Pommier (voir photos 21, 22). Architecte du département de la Charente à partir de 1869, il y réalise quelques édifices publics. En outre, certains immeubles d'Angoulême doivent pouvoir lui être attribués.



L'intervention de Warin aux usines Lacroix (sous réserve de l'exactitude de notre attribution) se situe à un moment de sa carrière où il ne travaille plus pour Abadie, mort depuis 1884, et après un parcours personnel au cours duquel, au contact de programmes que n'avait pas eu à traiter son maître, des écoles par exemple, il peut se départir de l'influence de celui-ci et forger un langage propre, dans lequel, si quelques éléments du vocabulaire " abadien " persistent, ils sont repensés par rapport aux exigences de la logique du programme et de la construction. Ceci se fait à l'instar de nombre d'architectes de cette époque qui ont su dépasser les ambiguïtés et les hésitations des premiers " rationalistes néo-médiévaux ", tels Abadie ou Viollet-le-Duc, et, au contact de programmes riches en exigence fonctionnelles neuves, tels précisément les bâtiments industriels ou scolaires, ont pu développer un langage rationaliste clair, presque didactique, où les exigences de la structure, les nécessités de construction, sont exprimées avec netteté, soulignées parfois jusqu'à l'emphase.

Cela donne chez Warin de beaux exemples d'architecture " Jules Ferry " pour plusieurs écoles construites à ce moment-là à Angoulême. Cela donne également la belle structure métallique et le beau volume intérieur du marché couvert, oeuvre où la science de l'ingénieur entre pour une grande part, légitimée cependant sur le plan de l'architecture par un vocabulaire à l'historicisme mesuré. La réalisation de l'usine Lacroix suit d'ailleurs de près celle du marché couvert ; on retrouve dans les ateliers de l'étage de l'usine les mêmes fermes à la Polonceau, les mêmes lanterneaux, le même lambrissage des sous-faces qu'au marché et il est possible qu'Eugène Pommier, ingénieur limougeaud, associé à Warin pour la halle, ait également apporté là sa collaboration.


LE BÂTIMENT

Dans le détail, ces deux ateliers de l'étage, éléments principaux du bâtiment de 1890, s'organisent de la façon suivante : celui situé au sud, côté avenue de Cognac, de forme oblongue à l'extrême irrégularité commandée par les contraintes du terrain et des descentes de charges sur le rez-de-chaussée, est malgré tout systématisé par son organisation en deux " nefs " parallèles à la toiture à lanterneaux portée par des fermes à la Polonceau classiques qui reposent, entre les deux nefs, sur une rangée de poteaux en fonte, " architecturés " par la présence de socles et de chapiteaux dont la saillie reçoit les équerres des fermes. La présence de murs de support biais par rapport à cette trame se résoud par la mise en oeuvre de fermes réduites (photos 30, 31). L'atelier situé au nord, de plan massé, répond au problème de la limitation des supports par l'adoption d'un parti spectaculaire, à savoir la présence d'un poteau en fonte, central et unique, sur lequel viennent s'articuler, rayonnantes, cinq fermes à la Polonceau qui soutiennent trois corps de toiture à deux pans chacun (photo 29), parti qui n'est pas sans rappeler, au moins visuellement si ce n'est complètement dans le fonctionnement de la structure, les voûtes en éventail dont Viollet-le-Duc préconise l'adoption pour la couverture de vastes espaces, transposition métallique des modèles gothiques anglais (E. Viollet-le-Duc, Entretiens sur l'architecture, t. II, Paris, Morel, 1872, p. 134 et suiv. et planche XXVI).

Pour ce qui est des élévations, c'est encore là à l'étage que le traitement est privilégié, traitement qui s'organise autour d'un module d'ouverture répété et juxtaposé de façon différente suivant les façades (photos 24 à 28). Ce module consiste en une baie d'environ 2,10 m de largeur pour environ 3 m de hauteur (allège comprise) couverte par un arc segmentaire et dont les piédroits et l'arc sont formés d'assises et de claveaux de brique et de pierre en alternance et de façon égale, trait d'écriture très fréquent chez Warin. La clef de l'arc est légèrement pendante et traitée en bossage. L'allège est en pierre, décorée d'un motif de deux tables juxtaposées. La baie étant inscrite dans une embrasure en arcade, au premier rouleau de l'arc se superpose un second, dont le corps de moulures retourne verticalement de part et d'autre de la baie et s'arrête à la hauteur de l'assise du sommier de l'arc. L'ensemble piédroit-allège-premier rouleau est donc en retrait par rapport au nu de la façade. Sur l'élévation de la place Dunois et sur celle de l'avenue de Cognac, ce décrochement entre les baies relativement rapprochées forme des pilastres dont le chapiteau reçoit le retour de l'archivolte de l'arc, la façade donnant de ce fait l'impression d'une arcature (photos 24 et 25). Il en est de même pour les façades donnant sur la cour, avec cependant un pilastre traité plus simplement (photo 27). En revanche, l'organisation de la façade de la rue de Bordeaux est différente : le module de baie est le même, mais le trumeau, plus large, n'est plus traité en pilastre et le retour de l'archivolte de l'arc repose ici sur un petit motif en surplomb porté par deux modillons (photo 24).

La différence de traitement entre les façades ne concerne pas seulement le niveau des ateliers, mais également les rez-de-chaussée et les entresols, et découlent des contraintes offertes par les éléments anciens intégrés dans le bâtiment nouveau, ainsi sur la rue de Bordeaux où le rez-de-chaussée ancien a entraîné la mise en oeuvre d'un niveau d'entresol. Le rez-de-chaussée de la place Dunois est d'un traitement simple, sans liaison particulière avec un étage avec lequel il offre une approximative égalité de hauteur de niveau et de taille d'ouvertures un peu gênante. La travée centrale de ce rez-de-chaussée est soulignée par un léger décrochement dans lequel s'ouvre la porte, décrochement dont l'effet est renforcé par la présence pour cette travée d'une série de modillons portant le bandeau de séparation entre les deux niveaux. Cette travée centrale est encore privilégiée par son couronnement par un édicule à fronton, ailerons et acrotères, que l'on peut comparer aux nombreux amortissements de la même époque présents aux façades des édifices publics (et portant par exemple les horloges des gares). A noter ici la présence en décoration d'un cordon de la Légion d'Honneur qui est un hommage à Jean (dit Justin) Lacroix, père de Léonide, chevalier de cet ordre et ancien adjoint au maire (photo 26). La façade sur l'avenue de Cognac connaît un parti autre, probablement plus puissant et plus intéressant. Du fait de la dénivellation, le rez-de-chaussée est d'une hauteur plus réduite, traité avec des refends et lié avec l'étage par la présence de pilastres en faible saillie supportant, par deux consoles, les pilastres du niveau des ateliers. La corniche est également traitée de façon légèrement différente, soutenue par une frise d'arceaux à la connotation médiévale (photos 25 et 28).

Exemple significatif de la production d'une génération bien particulière d'architectes, le " bâtiment Lacroix " a tout à fait sa place dans l'histoire de l'architecture : l'utilisation adéquate du fer et de la fonte, le mode de couvrement des baies par des arcs segmentaires diminuant les problèmes de stabilité, l'utilisation d'oppositions de matériaux, pierre et brique, plus dans un souci d'affirmation de la structure que dans un souci de rappel historique (il ne s'agit pas de faire ici du " néobrique et pierre " XVIIe), la résolution des problèmes d'éclairage et de réduction des supports, ainsi que la personnalité de son probable auteur, tout situe l'édifice dans un souci de rationalité. Mais c'est un souci qui n'exclut pas - c'est ce qui fait aussi sa richesse et son intérêt - les exigences du prestige et de la représentation. En témoignent la présence et l'iconographie de l'amortissement de la façade de la place Dunois ; en témoigne également l'écriture finalement assez riche et monumentale des façades des ateliers, littéralement donnés à voir depuis l'extérieur, et traduisant cependant une dichotomie probable entre le travail de l'ingénieur et celui de l'architecte.

Mais l'intérêt du bâtiment Lacroix est aussi ailleurs. Dans les qualités spatiales de ses ateliers qui offrent des potentialités appréciables pour le futur Centre national de l'Image, bien sûr, mais aussi dans son mode d'approche des contraintes. Stratégie de la récupération, a-t-il été dit en titre. En effet, il n'était pas innocent de vouloir, pour un bâtiment aux exigences fonctionnelles probablement pressantes, conserver des souvenirs architecturaux plus encombrants qu'utilitaires (la personnalité de Warin, formé au contact de l'archéologie médiévale et lui-même restaurateur d'églises romanes charentaises est peut-être pour quelque chose dans ce choix). Il en résulte de passionnants efforts d'adaptation aux contraintes, comme l'usinage sur mesure des pièces métalliques qui s'appuient sur un mur biais etc.. De là, l'effet, toujours irrésistible, que donne la superposition d'une trame ordonnée sur une base irrégulière, de là également d'intéressantes sensations de strates que donne la superposition visible de plusieurs époques les unes sur les autres (notamment dans la cour), ainsi que certains effets théâtraux indéniables, comme la vision inattendue du passage voûté que l'on a dès le franchissement de la porte de la place Dunois.

La réussite de cette adaptation aux contraintes, faite d'un respect pour l'existant qui n'exclut pas l'affirmation du présent et de ses contingences, est peut-être le meilleur enseignement que l'on puisse tirer de ces remarques pour le futur du site.


LES AUTRES BATIMENTS " POST-ABBATIAUX "

En dehors des deux grands pôles que représentent la brasserie Maurer et l'usine Lacroix, de petites unités de construction, rattachées ou non à ces deux ensembles, sont venues à plusieurs endroits s'implanter sur le site depuis la fin du XVIIIe siècle (Voir les différentes phases d'évolution du plan-masse, plan 6). Ainsi la belle façade néo-classique qui, dans l'ancienne propriété Charbonnaud, vient barrer la cour (dénommée " maison 2 " dans le rapport du C.E.T.E.), façade à trois travées et deux niveaux que l'on doit pouvoir dater de 1825-1830 (photo 45). De la même époque, il faut signaler dans ce chapitre, bien qu'il remploie dans ses parties basses des éléments de l'ancienne abbaye, le bâtiment de l'ancienne propriété Champigneulles (" maison 1 ") qui, reconstruit au début du XIXe siècle à partir de l'ancien réfectoire abbatial devenu église, présente sur la rue de Bordeaux une étonnante façade à 4 travées (il y en avait 6 avant la construction de la brasserie) chacune formée d'une grande baie rectangulaire surmontée d'une corniche et, immédiatement au-dessus de celle-ci, d'une baie en demi-cercle, de diamètre égal à la largeur de la baie inférieure (Photo 46. Peut-être l'une ou/et l'autre de ces deux constructions pourraient-elles être attribuables à l'architecte néo-classique Paul Abadie père, 1783-1868, père de l'architecte du Sacré-Coeur, auteur entre autres à Angoulême du Palais de justice et de l'église Saint-Jacques de l'Houmeau et dont on sait (Arch. communales Angoulême) qu'il a réalisé des constructions sur le site).

Revenant dans l'ancienne propriété Charbonnaud, il faut signaler les deux maisons donnant sur l'avenue de Cognac (" maisons 4 et 5 ") que l'on peut dater respectivement d'environ 1830-1840 et 1850, et qui donnent de bons exemples de types courants à cette époque et dans cette région. A proximité, un bâtiment allongé offre sur 3 niveaux 6 travées aux ouvertures encadrées par des bandeaux (" maison 3 "). On doit pouvoir le dater d'environ 1850-1860.

S'appuyant sur cette maison et sur le mur surhaussant l'ancien mur ouest du cloître, on trouve le vaste espace à toiture à deux pans portée par une intéressante charpente à fermes bois et métal (photo 47). Le fait que cette charpente et celle, contiguë qui recouvre la salle E de la brasserie, soient relativement récentes (elles semblent toutes deux postérieures à la construction de la brasserie) n'enlève rien à leurs qualités plastiques propres et à la qualité de leur espace qui les rend propices à une réutilisation.

● Annexe 5 :

Bibliographie sommaire. Extrait de Laroche, Claude. Le site du Centre National de la Bande dessinée et de l'Image à Angoulême, 1985.


ABBAYE SAINT-CYBARD

Bulletin et Mémoires de la Société archéologique et historique de la Charente, (nombreux articles, voir le détail dans les tables du Bulletin).

F. Vigier de la Pile, Histoire de l'Angoumois, 1576, édition établie par J.-H. Michon, Angoulême, 1846.

Abbé Nanglard, Pouillé historique du diocèse d'Angoulême, paru dans Bull. et Mém. de la Soc. archéol. et hist. de la Charente, 1892 et suiv.

J. George, Topographie historique d'Angoulême, Angoulême, 1898.

Dom Beaunier, Abbayes et prieurés de l'ancienne France, Paris, 1910, p. 124-125 (importante bibliographie).

Ch. Daras, Les églises au XIe siècle en Charente, dans Bull. Soc. antiquaires de l'Ouest, 4e Série, t. V, 1959-1960, p. 179-182.

Ch. Higounet (sous la direction de), Histoire de l'Aquitaine, Toulouse, Privat, 1971.

C. Constantin, Ancienne abbaye de Saint-Cybard, notes dactylo-graphiées, Archives municipales Angoulême, 1984.


ARCHITECTURE INDUSTRIELLE

L'architecture industrielle, revue Monuments historiques, n° 3, 1977.

L. Grenier et H. Wieser-Benedetti, Les châteaux de l'industrie, t. II de Recherches sur l'architecture de la région lilloise de 1830 à 1930, Paris-Bruxelles, Archives d'architecture moderne, 1979.

F. Loyer, Le siècle de l'industrie, Paris, Skira, 1983.

F. Chaslin, Industrielle (architecture), article de Encyclopediae universalis, 1984.

F. Loyer, Les charmes de l'industrie, dans Architectures de bande dessinée, n° hors-série de (A SUIVRE), Paris, Casterman, 1985.


FABRICATION DE LA BIERE

J. Vene, H. Le Corvaisier, La bière et la brasserie, coll. Que-sais-je, Paris, P.U.F, 1950.

L' industrie française de la brasserie, dans Notes et études documentaires, n° 2033, Paris, La Documentation française, 1955.


EDOUARD WARIN

M. -P. Bault, Le château d' Angoulême et l' hôtel de ville d' Abadie, mémoire de maîtrise, Bordeaux III, dir. P. Roudié, 1980, p. 241 et suiv.

C. Laroche (sous la direction de), Entre archéologie et modernité Paul Abadie, architecte, 1812-1884, catalogue d' exposition, Angoulême, Musée municipal, 1984.


C. N. B. D. I

F. Didier, Le centre national de la Bande dessinée à Angoulême ; le quartier Saint-Cybard, de l' usine. .. au musée, travail de 3e cycle d' architecture, Paris, 1984.



SOURCES (quelques unes des sources qui nous ont permis de mettre au point les restitutions de l'abbaye)


PROCES-VERBAUX DIVERS (réparations, état des lieux, expertises...)

Avril 1588, Arch. dép. Charente, H1 61.

Juin-juillet 1775, Arch. dép. Charente, fonds notaire Crassac.

Déc. 1790, Arch. dép. Charente, série Q, biens nationaux.

Février 1795, Arch. dép. Charente.

Juillet 1796, Arch. dép. Charente.


PRINCIPAUX PLANS

1575, " Le vray plan ou pourtraict de la ville d'Angoulesme ", Belleforest.

1609, " La ville d'Angoulesme ", Chastillon, B. N.

Début XVIIIe, " Angoulesme ", Soc. archéol. et hist. de la Charente.

XVIIIe, " vue de la ville d'Angoulême du côté de St Cybart ", Arch. dép. Charente, Cartes et plans, 249.

Début XIXe, " plan de l'église de St Cibard (...) ", Arch. dép. Charente Cartes et plans, 60 p.

1825, cadastre ancien, Arch. communales Angoulême.

1858, plan d'alignement, Arch. communales Angoulême.
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Le patrimoine industriel de Poitou-Charentes, 2007-2012.
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