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Dossier documentaire d'usine

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Château, laiterie et fromagerie industrielles dites Lescure, distillerie, puis Laiterie Coopérative Sainte-Anne-de-Claix
Claix (Charente), Saint-Georges

photo de la notice
Nouvel atelier de fabrication vu de l'est. © Inventaire général / Phot. Inv. M. Deneyer
Date de l'enquête : 1989

Historique :

Ce château du Moyen Age est reconstruit ou entièrement restauré pour Antoine de Julgart dans la seconde moitié du 18e siècle. Léon de Lescure de Combemary, devenu propriétaire du château en 1877, fait construire, en 1884, une laiterie transformée en coopérative en 1908. Une distillerie se construit en 1894 (porte la date) et des bureaux sont édifiés au cours du premier quart du 20e siècle. En 1921, la coopérative achète les terrains et le château. Les logements d'ouvriers datent sans doute de cette époque. L'usine se modernise avec de nouveaux ateliers de fabrication dans la seconde moitié du 20e siècle. La distillerie comprend deux anciennes chaudières de 5 hl, de A. Guillard, de Jarnac, et une chaudière de 1963, de E. Orthes, d'Agen.
136 personnes y travaillent en 1986.

Description :

Le château en pierre de taille est à un étage et étage en surcroît avec façade ordonnancée. Le bureau est en béton et ciment amianté en couverture. L'ancien atelier de fabrication est en béton avec charpente métallique apparente et ciment amianté en couverture. L'atelier de réparation est avec murs en métal. L'entrepôt industriel est en béton avec toit bombé en métal. Le logement d'ouvriers et la distillerie sont en moellon enduit avec toit à longs pans et couverture de tuile mécanique.

Documentation :

● Archives :

Archives privées. Laiterie Sainte-Anne de Claix.

● Bibliographie :

Gauguié, Alcide. La Charente communale illustrée. Angoulême, 1865. P. 211-212
Historique de la laiterie Sainte-Anne de Claix.
Le château de Claix. Historique.

● Annexe 1 :

Historique de la laiterie Sainte-Anne-de-Claix


1884 : Installation par Léon LESCURE de COMBEMARY d'une beurrerie industrielle dans son docaine de CLAIX (ancienne résidence des évêques d'Angoulême).
Il fut réellement en CHARENTE le promoteur et l'apôtre de la production laitière.

Dès 1890, le beurre extra-fin L. LESCURE était assez réputé pour obtenir une médaille d'OR à l'Exposition INTERNATIONALE de PARIS.

Slogan à exploiter : PREMIER BEURRE DE CHARENTE dont la qualité a été reconnue par une récompense internationale.

1887 : Création par F. MARCHAND, propriétaire à ROULLET et au lieu-dit " LES SIGOGNEAUX " commune de MOUTHIERS-SUR-BOEME, d'une LAITERIE en participation des propriétaires réunis. - II s'agit de voisins et amis.

La forme de cette association est coopérative.

F. MARCHAND prêtait des locaux lui appartenant et dirigeait l'entreprise : fabrication, commercialisation. Le rammasage était assuré par des " courtiers " contre rétribution de 0,02 centimes par litres.

Comme le beurre L. LESCURE, le beurre des SIGOGNEAUX était offert comme un beurre de table extra-fin.

1888 : Le beurre des Sigogneaux obtint une médaille d'argent au Concours Agricole d'Angoulêrne. Cette récompense fut renouvelée en 1889, 1890, 1891.

1898 : On indiquait pour les Sigogneaux :
- collecte journalière : 1200 litres ;
- production beurrière journalière : 40 à 60 kilos suivant la saison.

Au début, on procédait à une vente directe au consommateurs par colis postaux, puis dans la mesure de l'extension du ramassage, aux collectivités et aux revendeurs.

Dès la création de la Laiterie des Sigogneaux, il y a concurrence, puis lutte ouverte avec la Laiterie de CLAIX. - Les Sigogneaux en font les frais. Marchand n'est pas de taille à lutter avec LESCURE. Celui-ci dispose de moyens importants, d'un matériel plus complet, d'un personnel vraiment qualifié, de méthodes commerciales plus efficaces.

Les courtiers des deux Laiteries reçoivent la même rémunération (0,02 F. le litre), maix CLAIX participe aux frais de ramassage par une prime à la quantité, et récompense la " qualité constante " (laits propres, ramassés et livrés rapidement, donc peu exposés à la " tourne ").

A une date qui n'a pu être exactement déterminée, Adrien CHILLAUD devient agent commercial de Léon LESCURE, voyage, crée un réseau commercial qui, déjà, touche le Midi, et, peu à peu, prend de l'importance à CLAIX et gère en fait la Laiterie avant d'en devenir le Directeur.

La rivalité apparente (et réelle) entre les deux entreprises n'empêche pas l'agent commercial de la Laiterie de CLAIX, qui est aussi propriétaire, de livrer aux Sigogneaux une grande partie de son lait. Il est en excellents ternes avec P. MARCHAND, le conseille et va jusqu'à faciliter la commercialisation de son beurre. Il semble avoir ainsi préparé de longue date la fusion qu'il souhaitait, en travaillant à convaincra MARCHAND que sa trop petite entreprise n'était pas rentable.

La condition première de la création de la Laiterie Coopérative de CLAIX était la disparition de la Laiterie en participation des Sigogneaux, par absorption ou fusion.

Pour la préparation de cette opération, il fallut plusieurs années et de nombreuses démarches.

En fin d'été 1908, tous les atouts sont dans les mains de LESCURE et de CHILLAUD : disparition ou fusion. - La confrontation des deux entreprises ne laisse aucun doute sur l'issue d'une lutte qui, aux Sigogneaux, cède à l'abandon.

Le 1er Novembre 1908, MARCHAND se soumet.

Les statuts examinés le 8 novembre sont définitivement adoptés, après quelques modifications, le 1er décembre 1908 : date d'entrée en fonctionnement de la LAITERIE COOPERATIVE DE SAINTE-ANNE-DE-CLAIX et régions circonvoisines.

Les communes de la zone de ramassage sont celles de cantons de BLANZAC, ANGOULEME, HIERSAC, JARNAC, SEGONZAC,
CHATEAUNEUF, BAIGNES, BROSSAC, CHALAIS, MONTMOREAU, BAEBEZIEU et VILLEBOIS-LAVALETTE.

Administrateur, MAHCHAIID devint, par la suite, vice-président, mais observa toujours une attitude effacée. A sa mort, 1921, il fut remplacé au Conseil d'Administration par son gendre Ernest GALOPAUD, qui présida pendant un tenps le Conseil d'Administration, et fut remplacé par M. BOUILLON.

Après le décès de Léon LESCURE, son neveu, Charles LESCURE devint président, mais le véritable animateur de la Coopérative fut Adrien CHILLAUD.

● Annexe 2 :

Le château de Claix

Les visiteurs qui viennent à CLAIX pour la première fois, peuvent admirer l'élégance austère du vieux Château, propriété de la Laiterie, dont la façade est orientée au Nord.

La sévère ordonnance de ses aménagements intérieurs surprend toujours les visiteurs ; elle s'explique par le caractère de quelques uns de ses propriétaires, vers le milieu du XIXe siècle : Louis-Alexandre COUSSEAU, ancien vicaire général du diocèse d'ANGOULEME et ses héritiers Mgr Antoine-Charles COUSSEAU, ancien Evêque d'ANGOULEME et sa soeur Marie-Estelle, religieuse de l'ordre de la Sagesse, frère et soeur du défunt, lesquels cédèrent, Château et propriété à Charles-Edouard BECQUET, pharmacien à SAINT-CLAUD (16), marié à Marie-Blanche PAUTROT.

En 1877, après l'invasion du phylloxéra qui avait détruit la plus grande partie du vignoble français, les époux BECQUET vendirent CLAIX à Pierre, François, Gabriel (en famille Léon) DE LESCURE DE COMBEMARY, qui fut le créateur de l'industrie laitière en Charente. Léon LESCURE mourut en 1916 et ses héritiers (veuve et neveu ou fils adoptif) vendirent Château et propriété à la Laiterie Coopérative STE AME DE CLAIX, le 4 Juillet 1921. Les actes furent reçus par Maître PRUVOT, notaire à ANGOULEME. Aujourd'hui encore, l'emballage du Beurre de CLAIX est orné des armoiries DE COMBEMARY.

On peut dire que l'origine du Château de CLAIX, maintes fois reconstruit, mais toujours sur ses anciennes assises, se perd réellement dans la nuit des temps ; les historiens charentais se sont attachés surtout à sa prise de possession en 1748, par Antoine DE JULGART, Seigneur de la Grange du Tillet qui en fut le principal restaurateur. Mais on peut remonter beaucoup plus loin, jusqu'au début du Xlle siècle et citer parmi les possesseurs isolés : Emery DE LA ROCHE (1220), Emery DE LA ROCHE DE RUPE (1273), Raymond DESPLOYER (1461), François DE LA LAURENCIE (1573), Jean DE LA GALLUEAU (1660).

En 1678, les héritiers de Jean DE LA GALLUEAU vendirent CLAIX à Antoine BOISSON, sur lequel on a peu de renseignements mais dont on sait par un acte retrouvé, qu'il fit en 1698, le partage de sa succession anticipée entre ses deux filles Mathurine BOISSON épouse de Messire Pierre GALLARD DE BEARN, et de Marie-Rose BOISSON, épouse de Jean LAMBERTIE.

Le Château de CLAIX fut attribué à Mathurine BOISSON et cette dernière, veuve de Pierre DE GALLARD, le céda, en 1751 à Hastelet DE PUYGOMBERT. A la mort de celui-ci, ses fils vendirent le Château et les terres à Antoine DE JULGART.

Nous avons pu remonter jusqu'en 1220 et à Emery DE LA ROCHE, mais il apparaît que la construction du Château - forteresse de CLAIX est beaucoup plus ancienne.

L'histoire de CLAIX reste à écrire ; à l'âge de pierre, des hommes industrieux s'y étaient installés. A l'abri des défenses naturelles qui subsistent et logeant dans les grottes qu'on peut retrouver, ils taillaient les premières armes et les premiers outils dans le dur silex.

On a retrouvé dans la vaste propriété du Château, les traces d'un important atelier de taille, trop longtemps fouillé, sans méthodes ni contrôle, par des chercheurs peu scrupuleux, qui dispersèrent leurs trouvailles. Aujourd'hui encore, il n'est pas rare en travaillant les terres, de découvrir des silex taillés par les mains habiles et rudes de nos lointains ancêtres.

● Annexe 3 :

Extrait de : Gauguié, A. La Charente communale illustrée. Angoulême, 1865.


Une des curiosités de la commune, c'est le château, situé sur le plus élevé des rochers à pic qui enserrent l'étroit vallon où coule le ruisseau de Claix. Aperçu de loin, ce château est de l'effet le plus pittoresque.

Comme on peut le voir d'après notre gravure, on se sent pris d'une tentation irrésistible de grimper aux flancs de ce rocher escarpé, où se cramponnent les chênes robustes, et les ronces et les clématites entrelacées aux troncs noueux.

Enfin, on arrive essoufflé au sommet du rocher, qui ne mesure pas moins de cinquante mètres de hauteur au-dessus de la rivière et du moulin, dont le tic-tac accompagne votre ascension pénible.

Devant la porte principale, qui garde la trace d'un pont-levis, est un orme magnifique, dont le tronc a trois mètres de circonférence à sa base. Les branches se séparent tout à coup du tronc à une hauteur de trois ou quatre mètres et forment la corbeille. On pourrait facilement y établir un petit chalet.

Mais pénétrons dans la cour du château. Ce dernier occupe tout le côté droit. C'est un rectangle régulier, bâti, vers la fin du siècle dernier, par M. de Saint-Georges. La Révolution interrompit les travaux commencés. La maçonnerie seule était finie, et cette demeure vraiment monumentale passa entre les mains de divers propriétaires, qui, effrayés de la dépense qu'aurait nécessitée l'achèvement de l'édifice, se sont bornés à rendre le château habitable pour des métayers.

On a construit des planchers grossiers pour séparer les étages : un escalier passablement rustique mène à une magnifique galerie extérieure d'où la vue s'étend sur toute la vallée. Deux tourelles terminent cette terrasse, du haut de laquelle on jouit d'un panorama splendide : à gauche, le vallon de Claix et son encadrement de rochers déchiquetés qui s'entrouvent de temps à autre pour former des gorges étroites et sombres ; à droite, la plaine, qui s'étend jusqu'à Roullet, et l'horizon immense, au fond duquel se dresse le plateau d'Angoulême, dont les remparts et les clochers se découpent sur l'azur du ciel.

Ce château inachevé est la troisième construction qui se soit élevée sur ce rocher ; les traces de ses deux aînés se retrouvent sur le plateau même et sur les flancs du coteau. Dans la cour du château actuel sont des oubliettes dont on estime la profondeur à cent pieds ; de peur d'accident, on en a muré l'ouverture. Le plus ancien des trois édifices s'élevait un peu en dehors de l'enceinte actuelle, à gauche de la porte d'entrée. Quelques murs en ruine, des excavations profondes, creusées par la main de l'homme dans le roc, c'est tout ce qu'il en reste. On a souvent pratiqué des fouilles en cet endroit, car la tradition du pays est que les anciens seigneurs y ont enfoui leurs trésors. Le seul résultat de ces fouilles est la découverte, au fond des oubliettes, d'ossements humains en décomposition.
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