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Dossier documentaire d'usine

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Moulin à blé de Basseau, puis usine à papier Laroche Joubert, actuellement cartonnerie Godard
Saint-Michel (Charente), Basseau

photo de la notice
Extérieur avec cheminée : vue prise du sud-est. © Inventaire général / Phot. Inv. M. Deneyer
Date de l'enquête : 1988

Historique :

Un des quatre moulins à blé, de date inconnue, existants sur le barrage de Basseau, est transformé, en 1857, en annexe de la papeterie du Martinet, par Laroche frères. En 1885, on essaye de transformer les quatre moulins en usine de pâte de bois. Après la faillite de Laroche frères, l'ensemble est acheté, en 1888, par la Papeterie Laroche-Joubert. Cette dernière, transformée en coopérative en 1868, avait été fondée dans les années 1840 par Jean-Edmond Laroche-Joubert. Elle comprenait plusieurs usines de fabrication, dont celles de l'Escalier (jusqu'en 1921) et de Girac à La Couronne, et des ateliers de façonnage, créés en 1843 à Angoulême, avenue de Cognac et rue Léonard-Jarraud. A Basseau, on construit, vers 1888, un bâtiment d'eau avec trois turbines et, en 1890, un atelier de fabrication, dit salle de la machine n°1. L'atelier de façonnage de l'avenue de Cognac, détruit par un incendie en 1940, est transféré dans une nouvelle usine, bâtie à Chantoiseau, à proximité de Basseau. La salle de la machine n°2 est bâtie vers 1960, sur pilotis au-dessus de la Charente. De nouveaux magasins et entrepôts sont construits à la même épque. En 1988, l'usine est achetée par Godard de Cognac et transformée en cartonnerie sous le nom de OTOR.
Vers 1900, il y a deux machines à vapeur. Les trois turbines sont construites par Brault, Teisset et Gillet. La machine n°1 de 1946 est de Thiery et Cie, de Huy (Belgique) et la machine n°2 de 1960, de Neypic, de Grenoble.
L'effectif en 1988 est de 127 personnes.

Description :

Le site industriel est desservi par un embranchement ferroviaire. Le bâtiment d'eau à un étage est en pierre de taille avec toit à longs pans couvert de tuile mécanique. L'atelier de fabrication dit salle de la machine 1 est en pierre de taille avec couverture de tuile mécanique. La salle de la machine 2 est en béton et couverture de ciment amiante. La chaufferie avec toit bombé est en béton. L'entrepôt industriel est en pan de béton rempli de brique et enduit, avec toit bombé. L'atelier de fabrication, dit de transformation, est en béton avec shed couvert de tuile mécanique. Le magasin industriel est en béton, à un étage et terrasse en béton. La cheminée d'usine est en brique.

Documentation :

● Archives :

Archives départementales de Charente, S 405. Poudrerie nationale à Angoulême ; moulins de Basseau à Saint-Michel, usine Laroche-Joubert à Fléac.

● Bibliographie :

André, Louis. " La papeterie charentaise au 19e siècle ". Fumées du Nil, n° 1. Angoulême, 1989.
Boissonnade, P. L'industrie du papier en Charente et son histoire. Ligugé, 1899.
" De la pâte à papier aux agendas ". In : Images de Charente. Paris, 1964. P. 87-88
Deme, G. L'industrie du papier à Angoulême et les industries qui s'y rattachent. Bordeaux, 1936.
Lacroix, Auguste. Histoire de la papeterie d'Angoulême suivie d'observations sur le commerce des chiffons en France. Paris, 1863.
Munier, Etienne. Essai d'une méthode générale propre à étendre les connaissances des voyageurs ou recueil d'observations. Paris, 1779.
Papeterie Laroche Joubert d'Angoulême. Carnet d'accueil, s. l. n. d.
Papeterie Coopérative d'Angoulême. Laroche Joubert et Cie. Angoulême, 1913.
" Papeterie Coopérative d'Angoulême, maison Laroche Joubert et Cie ". L'Illustration économique et financière, n° spécial, Charente, 1922. P. 80
Rancogne, Badinet de. " Recherches sur l'origine des moulins à papier de l'Angoumois ". Bull. Soc. Archéol. et hist. Charente, 1878-1879.
Tiffon, Maurice. L'industrie du papier à Angoulême. Angoulême, 1909.
Touzaud. L'organisation sociale des papeteries d'Angoulême. Angoulême, 1884.
Van Riesen, Wulf. " Les débuts de la papeterie charentaise ". Bull. et Mém. Soc. Archéol. et Hist. Charente, 1985. P. 167-205

● Annexe 1 :

Papeterie Coopérative d'Angoulême. Maison LAROCHE-JOUBERT & Cie. Extrait de l'Illustration économique et financière, 1922.


II faut remonter à plus d'un siècle pour trouver l'origine du nom de Laroche-Joubert parmi les fabricants de papiers de la Charente. Plusieurs usines des communes de La Couronne, Voeuil et Giget, Mouthiers, Puymoyen, Nersac, Saint-Michel ont été successivement exploitées par ces fabricants qui, définitivement, se fixèrent à Lescalier, commune de La Couronne, en 1833, il y a donc près de cent ans.

Propriétaires actuellement des usines de Lescalier, de Basseau, de Girac où ils fabriquent les beaux papiers vélins, vergés, filigranes, toiles, parcheminés pour titres, papiers à registres, etc., qui leur ont valu une réputation mondiale, MM. Laroche-Joubert et Cie possèdent également à Angoulême deux importantes usines de transformation, modèles du genre par leur outillage et leur organisation.

Dans cette ruche bourdonnante qu'est la Papeterie Coopérative d'Angoulême, plus de 1.200 ouvriers rivalisent de zèle, d'ingéniosité, qu'il s'agisse de la fabrication proprement dite des papiers d'écriture et d'impression ou de leur transformation en articles de reliure, registres, carnets, copies de lettres, agendas, dont cette maison s'est fait une spécialité.

Quatre machines à papier et carton, munies des derniers perfectionnements, assurent une production quotidienne de 25.000 kilos qui est répandue dans toute la France et sur tous les marchés de l'étranger, aussi bien en papiers en rames et en bobines que sous forme de papiers à lettres, papiers deuil, cahiers d'écoliers, cartes de visite, boites de haute fantaisie dont l'originalité, la nouveauté ont valu à la P.C.D.A. les plus hautes récompenses : 1889 Grand Prix, 1900 Hors Concours, Président du Jury.

Ses participations dernières à la Foire de Lyon et à celle de Paris, lui valaient l'hommage suivant que nous extrayons de la Revue Universelle de la Papeterie et de l'Imprimerie :
" Cette maison a un nom universellement connu ; nous ne pouvons que souligner une fois de plus la beauté de sa fabrication. La maison Laroche-Joubert offre dans ses stands, agencés avec le goût le plus parfait, la diversité la plus grande qui existe en papiers de tous genres. Nous sommes heureux de constater que cette maison ne manque jamais l'occasion de prendre part à ces grandes manifestations économiques ; elle sait que sa présence est utile à ses affaires. Ajoutons que son nom augmente le prestige de toutes les manifestations industrielles du papier et du livre ".

Un tel résultat ne pouvait être obtenu que par une association intime de l'intelligence, du capital et du travail. C'est ce que M. Edmond Laroche-Joubert, fondateur de la maison, esprit novateur et hardi, avait compris, en instituant dans sa maison, dès 1843, la participation aux bénéfices, que son fils, M. Edgard Laroche-Joubert, a développée après lui, et que ses petits-fils, MM. Edmond et Paul Laroche-Joubert, gérants actuels de la Papeterie Coopérative d'Angoulême, continuent à appliquer, convaincus que la paix sociale ne peut reposer que sur l'équité sociale, sur l'union indissoluble des trois puissances : capital, travail, direction intellectuelle et responsable, qui concourent ensemble à la formation des profits qu'ils se partagent.

Cette organisation a abouti à un développement de production et une perfection de fabrication qui placent la Papeterie Coopérative d'Angoulême au premier rang.

● Annexe 2 :

De la pâte à papier aux agendas. Images de Charente, Paris, 1964.


Les papeteries Laroche-Joubert et Cie sont les plus importantes de France pour la transformation du papier d'écriture ou d'impression. De la pâte à papier aux agendas, en passant par les cahiers d'écolier, blocs de correspondance, enveloppes ou registres, c'est une promenade par étapes qu'il convient maintenant de faire parmi les trois usines de cette firme : à Basseau d'abord (sur le territoire de la commune de Saint-Michel) où est fabriqué le papier, puis à Chantoiseau (qui jouxte la précédente) et à l'Houmeau (dans la ville d'Angoulême) où sont effectuées les transformations.

L'usine de Basseau s'étend sur 400 m, le long de la Charente dont elle surplombe d'ailleurs curieusement le cours : c'est en effet sur pilotis qu'a été édifié un hall abritant la plus importante des deux machines à papier dont la taille imposante, justifiée par un débit quotidien de 32 tonnes, ne pouvait trouver place dans les anciens bâtiments. Là ne sont fabriqués que des papiers de qualité. Ils consistent en " vélins " et " vergés " pour impression et écriture, auxquels s'ajoute une gamme complémentaire de supports pour papier couché, pour papiers peints, cartes géographiques à haute résistance au pliage (livrés dans le monde entier), et papiers alimentaires destinés à la confection d'objets divers tels que les pots de yaourt. Chantoiseau, l'usine la plus récente dont dispose la firme, est spécialisée dans la transformation des grandes séries. En effet, elle produit environ deux millions de cahiers et brochures écoliers par mois, plus d'un million de blocs de correspondance et une cinquantaine de millions d'enveloppes.

Trop d'activités marquent ces fabrications pour qu'il soit possible de les examiner en détail. Force est donc de n'en retenir que quelques aspects, parmi les plus spectaculaires :
- Un groupe de quinze machines à imprimer dont cinq unités capables d'effectuer des réglures en continu de une à quatre couleurs.
- Une machine entièrement automatique pour la fabrication des cahiers d'écolier dits " réversibles " à reliure métallique hélicoïdale. Cet engin " avale " le papier en bobine et le rejette imprimé, coupé, relié et muni de sa couverture cartonnée !
- Une autre machine automatique, destinée celle-là aux enveloppes, et qui permet une fabrication directe : coupe, impression recto-verso, gommage, pliage et même comptage en paquets réguliers.

Le contraste n'est que plus frappant lorsqu'on aperçoit, non loin de ces robots, quelques jeunes filles disposant, sur des établis, des enveloppes dont elles noircissent les bords à l'aide d'un tampon, un peu à la manière dont on cire les chaussures.

C'est cependant ainsi que sont encore préparés les modèles soignés de faire-part de deuil, aucune machine n'ayant pu égaler ce " fini main " !

L'usine de l'Houmeau se présente sous un tout autre aspect ; d'abord parce qu'elle est constituée de deux blocs de bâtiments anciens, édifiés chacun sur trois étages mais à des niveaux différents, ce qui donne six hauteurs de planchers pour l'ensemble ; ensuite en raison du caractère manuel qui préside à la quasi-totalité des opérations qui y sont effectuées. On y façonne cependant des cahiers scolaires, des registres, des cahiers à souche (traites, bons de commande ou de livraisons, reçus, quittances de loyer, etc) et le tiers des agendas vendus en France, avec une extraordinaire aisance, grâce à une organisation de travail axée sur un monte-charge central qui facilite toutes les manutentions.

Là encore on trouve une importante imprimerie qui comprend une série de machines de tous formats et des plieuses multiples. Quant aux opérations de façonnage, elles sont réparties en six ateliers. En voici la structure :
a - Les agendas de poche en petite et moyenne série. Production mensuelle : 200 à 250 000 exemplaires.
b - Les agendas de bureau. Production journalière : 6 000 unités.
c - Les agendas fabriqués en grande série, dont certains modèles sont reproduits jusqu'à 300 ou 500 000 fois.
d - Les carnets et agendas de luxe, en maroquinerie véritable et entièrement traités à la main. Production : 45 000 exemplaires par an.
e - Les registres comptables, dont il existe 140 modèles Production : 7 à 8 000 par mois.
F - Les cahiers et carnets à reliure " réversible " dont la cadence de production atteint 400 000 exemplaires par mois.

L'homme d'affaires qui feuillète son répertoire alphabétique sait-il que les encoches en sont réalisées à la cadence de deux par seconde ? La jeune élégante qui lisse négligemment la tranche de son carnet de rendez-vous s'imagine-t-elle que la dorure est en or véritable appliqué sous forme de feuilles d'un vingt-cinq millième de millimètre d'épaisseur, que certains de ces opuscules exigent pour leur montage plus de cinquante manipulations différentes ? Le comptable se rend-il compte du privilège qui est sien de posséder encore des reliures en pur fil de lin alors que le métal supplante un peu partout ce matériau ? Bien sûr que non...

... Mais tous, en caressant pour la première fois une couverture neuve, ont gardé une certaine joie enfantine : celle qui fut la leur, lorsque sur les bancs de l'école ils étrennaient un cahier vierge en se promettant d'y faire tant de belles choses !

● Annexe 3 :

Papeteries Laroche Joubert d'Angoulême. Carnet d'accueil. S.l.n.d. (vers 1975).


UN COURT HISTORIQUE...

Les Papeteries LAROCHE-JOUBERT D'ANGOULÊME sont une Société Anonyme dirigée par un Directoire dont les Membres sont Messieurs JEAN LAROCHE-JOUBERT Président Directeur Général, Messieurs PHILIPPE et FRANÇOIS LAROCHE-JOUBERT.

Cette Société voit ses origines remonter à 1842 : C'est en effet à cette date qu'elle fut fondée par Monsieur Edmond LAROCHE-JOUBERT, arrière grand-père et arrière-arrière grand-père des dirigeants actuels.

Elle exploitait alors des usines et des ateliers à Lescalier, Nersac, Petit-Rochefort, l'Isle d'Espagnac. A la fin du siècle dernier, elle fit l'acquisition d'une nouvelle fabrique de papier à Basseau, commune de Saint-Michel (Charente) et centralisa ses ateliers de transformation Rampe-du-Palet à Saint-Cybard, à Angoulême (actuellement avenue de Cognac) pour les enveloppes et le papier à lettres, et Rampe-du-Palet à l'Houmeau (actuellement rue Léonard-Jarraud) pour les articles reliés et agendas.

En 1921, la Société abandonna l'exploitation de l'usine de Lescalier et concentra ses fabrications de papier à l'usine de Basseau où fut installée une deuxième machine à papier.

L'usine de l'avenue de Cognac fut détruite en juillet 1940 par un terrible incendie et fut reconstruite en 1942 à proximité de l'usine de Basseau où, sous la dénomination d'usine de Chantoiseau, elle assure la fabrication des articles de correspondance, enveloppes et en outre des cahiers, articles écoliers, une partie des articles reliés, ainsi que des fournitures de bureau. L'usine de l'Houmeau fabrique toujours des articles reliés, mais la fabrication des agendas est son activité essentielle.

Usines et ateliers représentant actuellement une superficie totale de 50.523 mètres carrés, n'ont cessé d'être perfectionnés, modernisés, pour permettre à la Société de se maintenir au premier rang dans l'application des techniques papetières actuelles.

Actuellement, les Papeteries LAROCHE-JOUBERT se divisent en trois parties distinctes :

A SAINT-MICHEL :
- les Services Centraux (Administration, Services Commerciaux, Bureaux),
- 2 Usines : BASSEAU - Fabrication du Papier ; CHANTOISEAU - Transformation du Papier en Articles de Papeterie divers.

A ANGOULÊME :
- 1 Usine : L'HOUMEAU - Fabrication des agendas.

En 1974, l'effectif de la Société comprenait :
- Usine de Basseau 249 Ouvriers, Employés, Cadres
- Usine de Chantoiseau 565 Ouvriers, Employés, Cadres
- Service Technique 97 Ouvriers, Cadres
- Usine de l'Houmeau 269 Ouvriers, Employés, Cadres
- Bâtiment B 74 Ouvriers + 44 Employés
- Bâtiment C 94 Employés, Maîtrise, Cadres
soit au total 1 348 personnes où il convient d'ajouter les dépôts d'IVRY - BORDEAUX - MARSEILLE - LYON - LILLE.

● Annexe 4 :

Papeteries Laroche Joubert d'Angoulême. Carnet d'accueil. S.l.n.d. (vers 1975).


LA FABRICATION DU PAPIER A BASSEAU

Le composant principal du papier est la fibre de cellulose.
Tirée autrefois du chiffon, la cellulose est maintenant extraite du bois et des végétaux. Les essences utilisées sont diverses : conifère (épicéa sapin), pin maritime ou bois feuillus (châtaignier, hêtre, bouleau, eucalyptus, charme) ou végétaux annuels tels que paille et l'alfa.

Pour la fabrication des papiers ordinaires, on utilise des pâtes dites " mécaniques " obtenues par simple défibrage, en râpant le bois au moyen de meules de grandes dimensions.

Les papiers plus fins demandent l'utilisation de pâtes dites " chimiques " de qualité supérieure.

Ces pâtes chimiques sont préparées en partant de copeaux de bois écorcés et cuits dans des autoclaves appelés lessiveurs, en présence de différentes lessives chimiques.

Au cours de la cuisson, les éléments minéraux que contenait le bois (ou végétaux annuels) sont dissous, la pâte restante formée de fibres de cellulose et de lessives résiduaires est alors épurée, séparée des lessives résiduaires, puis blanchie et tirée en feuilles analogues à des feuilles de carton.

Ce sont ces feuilles de pâte qui vont subir les nombreux traitements et manipulations précisés ci-dessous, avant de devenir la belle feuille de papier que vous connaissez.

L'usine de Basseau ne fabrique pas de pâte à papier, mais part de la pâte à papier achetée comme matière première principale.

Elle est spécialisée dans la fabrication des papiers fins et surfins, pour impression et écriture.

Elle fabrique également des papiers techniques très réputés en FRANCE et en EUROPE de L'OUEST, en particulier dans la fabrication de support pour papiers peints de qualités supérieures.


LES MATIÈRES PREMIÈRES

Celles-ci proviennent, soit de l'importation, soit d'usines situées en France.

L'usine utilise peu de pâte mécanique, mais surtout des pâtes chimiques de différentes blancheurs et d'origines variées.

Les pays Scandinaves (tels la Suède, Finlande, Norvège), ainsi que le Canada et les U.S.A., fournissent des pâtes chimiques de bois résineux dites " fibres longues " qui confèrent aux papiers leur solidité.

Les pâtes françaises, marocaine, portugaise et espagnole sont généralement des " fibres courtes " (eucalyptus, châtaignier...) qui complètent les précédentes en améliorant l'opacité, la douceur et plus généralement l'aspect du papier.

A ces matières principales s'ajoutent d'autres matières premières diverses qui comprennent principalement :
- les " charges " minérales incorporées dans le papier pour le rendre plus opaque et plus doux, lesquelles sont constituées surtout par du talc ou éventuellement du kaolin.
- les produits de " collage " qui comprennent des émulsions de résines et de sulfate d'alumine, permettent l'écriture et évitent que le papier n'absorbe l'encre comme le ferait un buvard.
- les colorants destinés à obtenir les teintes très blanches ou les couleurs.
- les amidons enfin, qui, déposés sur le papier favorisent le clinquant et la tenue.


LES SERVICES TECHNIQUES GÉNÉRAUX

Les Services Techniques Généraux alimentent l'usine en vapeur, en électricité, en eau et air comprimé.

Ils comprennent principalement :

LA CENTRALE THERMIQUE avec :
- la chaufferie composée de deux chaudières dont une en marche rigoureusement continue. Ces chaudières sont alimentées au fuel lourd et assurent la production de vapeur à haute pression (50 bars, température 450 °C).
- les turbos alternateurs au nombre de deux, assurant par détente de la vapeur à haute pression, la fourniture d'une partie importante de la force motrice utilisée par les usines, ainsi que la vapeur qui sert au séchage du papier.
- les postes de transformation au nombre de quatre dont le principal est situé dans les bâtiments de la Centrale Thermique, les trois autres dans l'usine, assurent la transformation en courant basse tension du courant électrique E.D.F. fourni à 15 000 volts.
- la station d'air comprimé qui assure la fourniture permanente de l'air comprimé utilisé dans les deux usines.

LA STATION HYDRAULIQUE
Cette station comprend deux groupes de turbines hydrauliques et des génératrices électriques.

La station de pompage puise directement l'eau dans la rivière et la refoule dans les bassins de décantation et dans les bassins de filtration qui sont placés sur la colline au-dessus de l'usine et qui alimente celle-ci en eau filtrée pour tous les besoins.


LA FABRICATION DU PAPIER PROPREMENT DITE

Le papier est toujours composé au moins des substances fibreuses très hétérogènes et d'eau.

La fabrication du papier est donc un problème de mélange de différentes fibres et de différentes matières qui vont conférer au produit fini qu'est le papier, des caractéristiques très précises qui lui sont imposées par son utilisation.

La composition du papier étant étudiée et définie, sa fabrication comprendra trois stades principaux (voir sur le schéma).
- le raffinage,
- les mélanges,
- la machine à papier.

1 - LE RAFFINAGE :
Les feuilles de pâte sont tout d'abord mélangées à de l'eau, puis désintégrées pour libérer les fibres de cellulose qui constituent la feuille.

Le raffinage a pour but de travailler la fibre de cellulose pour l'adoucir en lui faisant absorber de l'eau, puis en faisant éclater cette fibre gonflée, de façon à détacher d'elle des faisceaux de fibrilles qui permettront aux fibres de s'accrocher entre elles, pour former le tissu qu'est le papier.

La qualité du papier dépend, en très grande partie, de cette opération importante.

Les appareils utilisés sont, soit des piles raffineuses, soit des raffineurs coniques, tous procèdent du même principe, seule leur construction est différente.

La pile rafflneuse est un grand récipient de forme oblongue, séparé longitudinalement par une cloison médiane ouverte aux deux extrémités.

Le fond d'une de ces deux moitiés de la cuve présente un renflement armé de lames sur lesquelles viennent raffiner les lames d'un lourd cylindre dont un dispositif de réglage permet de régler à volonté la pression. La rotation du cylindre oblige la pâte à effectuer dans la pile un mouvement circulaire lent et régulier, et à venir passer et repasser entre les lames de l'appareil.

2 - LES MÉLANGES :
Les différentes quantités et qualités de pâtes sont travaillées, en général, séparément. Elles sont ensuite mélangées dans un appareil dit " mélangeuse ". Cet appareil assure dans des proportions nettement définies, la composition finale du papier.

Dans cette mélangeuse sont ajoutés les charges minérales, les produits de collage et les colorants.

Après l'opération de raffinage et de mélange, la pâte à papier se présente sous la forme d'un liquide épais. Ce liquide contient environ par litre d'eau, 40 grammes de fibres et produits chimiques.

C'est ce mélange qui va être maintenant pompé vers la machine à papier.

3° LA MACHINE A PAPIER :
La pâte va encore subir une opération d'épuration pour lui enlever toutes les impuretés qu'elle peut contenir. Elle sera de nouveau diluée pour former un liquide très clair. Ce liquide ne contiendra plus alors, par litre d'eau, que 7 à 10 g de pâte, au moment où il arrive sur la machine à papier.

Cette machine à papier est un ensemble complexe qui pèse plusieurs centaines de tonnes et mesure près de 80 mètres de long. Elle va recevoir à l'entrée ce liquide et va restituer à la sortie une bande de papier qui ne contient plus en général, que 5 à 6 % d'eau.

Le travail de la machine à papier, vu d'une façon très simple, correspond donc à éliminer de la pâte reçue à son entrée, la presque totalité de l'eau qu'elle contient.

Pour cela la machine comprend quatre sections différentes :
LA TABLE DE FABRICATION : est une toile fine, à travers laquelle s'égoutte une partie importante de l'eau que contient la pâte. Cette toile subit un mouvement de vibration appelé branlement qui permet au départ, aux fibres de s'enchevêtrer, c'est-à-dire à la feuille de se former. Au début, l'eau s'égoutte directement par gravité, puis elle est aspirée dans tout un ensemble d'appareils sous vide. A la sortie de la table de fabrication, le papier contient encore 75 à 80 % d'eau.
LA SECTION DES PRESSES : Pour être essoré, le papier passe alors dans trois types de presses différentes. Ce papier, qui ne peut pas encore se tenir seul, est soutenu par des feutres qui ont également pour but de recueillir, puis d'éliminer une partie de son eau de composition. A la sortie des trois presses, le papier comporte encore de 60 à 65 % d'eau et, à partir de ce moment, il se tient seul. Il entre alors dans la partie de la machine à papier que constitue la sècherie.
LA SÈCHERIE : Suite de cylindres creux, d'un diamètre variant de 1,20 m à 1,50 m, montés les uns à la suite des autres en nombre élevé et chauffés à la vapeur. Le papier est plaqué contre ces cylindres chauds par l'intermédiaire de feutres de laine, feutres qui ont un double but, le contact intime du papier avec la surface chauffée et l'élimination d'une partie de l'eau évaporée. En cours de séchage, la feuille subit une enduction sur une ou deux faces de produits à base d'amidon améliorant l'état de surface et la rigidité du papier. A la sortie de l'ensemble de la sècherie, la feuille de papier comprend alors seulement 5 à 6 % d'eau.
LA FIN DE MACHINE : comprend différents appareils destinés à refroidir le papier, à améliorer sa surface, à le contrôler et à l'enrouler sous forme de lourdes bobines dont le diamètre peut atteindre 1,50 m. L'usine de Basseau possède deux machines à papier :
LA MACHINE A PAPIER N° 1 : spécialisée dans les papiers filigranes et les papiers surfins. Elle travaille en largeur de 1,95 m et sa vitesse maximum de fabrication est actuellement de : 115 mètres/minute.
LA MACHINE A PAPIER N° 2 : aux dimensions plus importantes. Elle est construite en deux étages directement au-dessus de la rivière " la Charente ". Cette machine est dotée d'un matériel complet de contrôle et de commandes automatiques. Elle permet la fabrication de papiers dite " techniques " de caractéristiques très précises. Elle travaille en largeur de 2,44 m. Cette machine a une vitesse de fabrication de 300 mètres/minute, pour une production de papier de 75 tonnes. Elle produit sur son enrouleuse des bobines d'un poids unitaire de 3 tonnes.


LES APPRÊTS

Enroulé en bout de machine, le papier n'est pas terminé. Il doit encore subir son dernier conditionnement avant d'être livré à l'utilisateur.

Une partie des papiers que fabrique l'usine de BASSEAU sont des papiers dits " satinés ". Ce satinage correspond à un brillant et à un lissé qui sont obtenus sur des appareils appelés " calandres ".

La calandre est un empilage vertical de rouleaux entre lesquels le papier passe à grande vitesse.

Pour la livraison en bobines, les grosses bobines satinées sont découpées à la largeur d'utilisation sur des machines appelées " bobineuses ".

A la sortie de ces bobineuses, le papier est empaqueté puis directe-ment livré à la clientèle ou aux usines de transformation.

Le papier en feuilles est coupé sur des machines dites " coupeuses " qui livrent des formats.

Les formats ne sont pas livrés directement à la sortie de la coupeuse, ils sont triés ou " visités " par la salle de triage, avant d'être empaquetés.
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