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Dossier documentaire d'usine

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Briqueterie et usine de fabrication de matériaux de construction Ayrault
Châtillon-sur-Thouet (Deux-Sèvres), la Boulaie

photo de la notice
Vue générale prise du nord : unité de fabrication des briques. © Inventaire général / Phot. Inv. R. Jean
Date de l'enquête : 2002

Historique :

Cette briqueterie est créée en 1939 par René Ayrault, qui travaillait auparavant avec son père dans une petite tuilerie-briqueterie située à quelques kilomètres. L'équipement consiste en un séchoir mécanique et un four tunnel alimenté au charbon. L'usine commence tout juste à fonctionner lorsque René Ayrault est mobilisé. A son retour, il remonte les deux anciens fours à bois de l'établissement de son père, puis, peu à peu, avec l'aide de deux ouvriers, s'initie au fonctionnement du four tunnel. Il choisit alors de développer la fabrication de la brique plâtrière, qu'il vend surtout en Bretagne. A partir des années 1950, l'entreprise compte une flotte importante de camions de livraison. L'affaire prend de l'extension avec la construction de nouveaux bâtiments ; les deux cheminées en brique datent de 1955. Une maison est édifiée en 1952 qui sera transformée plus tard en bureau. En 1958, une récession dans la construction pousse René Ayrault à déposer un brevet pour la fabrication de supports en béton avec entrevous en céramique pour se créer de nouveaux débouchés. Une unité de fabrication d'éléments en béton armé est alors édifiée. Michel Ayrault travaille avec son père à partir de 1962. En 1966 est créée la Société anonyme Briqueterie Ayrault. L'établissement est alors en constant développement avec des reconstructions et des adjonctions de bâtiments pour parvenir à 35000 m2 de superficie couverte. Puis, des briqueteries très modernes entrent en concurrence et contraignent l'entrepreneur à déposer le bilan en 1981. Depuis, les locaux servent de magasins industriels.
Le premier four faisait 1,80 m de large, 1 m de haut et 20-25 m de long, le deuxième 1,80 m sur 1,20 m sur 150 m et le troisième, installé en 1966, 4 m de large sur 1,80 m de haut sur 216 m de long. Ils sont chauffés au charbon jusque dans les années 1950, puis au fuel, enfin au gaz de Lacq à partir des années 1960.
Les 220 personnes, qui travaillent sur le site dans les années 1960, passent à 550 aux environs de 1975.

Description :

Site industriel desservi par embranchement ferroviaire. Tous les ateliers sont en brique, à charpente métallique et toit en ciment amiante. Les bureaux sont en béton avec toit en tuile creuse. Les deux cheminées en brique sont de section rectangulaire ; elles font la largeur des ateliers qu'elles surplombent pour une hauteur d'environ 18m.

Documentation :

● Archives :

Archives privées ; plaquette éditée par l'entreprise dans les années 1970.

● Bibliographie :

Le XXe siècle en Deux-Sèvres / dir. Marie-Claire Pontier, réd. Michel Bernier, Michel Chaumet, Thomas Constantini. - La Crèche (Deux-Sèvres) : Geste Ed., 2000. P. 92

● Annexe 1 :

La tuilerie-briqueterie du père de René Ayrault est associée à une ferme. La terre est extraite en hiver, alors que les tuiles sont fabriquées à la belle saison favorable au séchage. Le père va, une fois l'an, à la foire à côté de Limoges où se louent des ouvriers pour 9 mois ; logés, nourris, blanchis et payés à la Saint Michel (avec acompte à la Saint Jean).

Après son mariage en 1936, René Ayrault achète 1 ha 50 de terre à la Boulaie et fait construire une usine moderne avec un séchoir mécanique et un four tunnel chauffant au charbon. L'usine est mise en route le 1er juin 1939, mais le fonctionnement du four reste problématique et les débuts sont difficiles. René est alors mobilisé et, à son retour, il décide de démolir les deux fours à bois de son père et de les reconstruire à la Boulaie. Malgré le rationnement, il parvient à les faire fonctionner. Un italien réfractaire, qui connaît le fonctionnement des fours Hoffmann, l'aide à s'initier au fonctionnement du four tunnel. L'argile est prélevée dans une carrière à Viennay. L'affaire se développe rapidement en raison des grands besoins en matériaux que suscite la reconstruction. René Ayrault opte pour la fabrication de la brique plâtrière pour laquelle les grandes briqueteries déjà en place ne sont pas équipées, et dont le prix fixée par la mercuriale assure une marge bénéficiaire plus intéressante. Cette brique sera vendue en Bretagne où la demande est la plus importante. Des camions assureront la livraison.

René Ayrault, passionné de mécanique, met à la disposition de ses ouvriers des voitures.

En 1958, l'arrêt de construction met l'entreprise en difficultés, qui doit licencier une centaine de personnes sur les 220 employées alors. L'année suivante, René Ayrault se constitue de nouveaux débouchés en déposant un brevet pour la fabrication de supports en béton avec entrevous en céramique. Une unité de fabrication d'éléments préfabriqués en béton armé est édifiée à proximité de la première usine. Le béton est fabriqué à partie de sable de Loire, d'agrégats et de ciment provenant de la cimenterie d'Airvault.

Les ossatures des machines sont réalisées sur place ; 50 mécaniciens travaillent dans l'entreprise. A partir de 1975, le secteur de l'exportation se développe avec la vente d'unités de fabrication en Arabie Saoudite, en Algérie, en Turquie.

Dans les années 1980, sur les 550 000 t de briques fabriquées par an dans la zone de Bretagne élargie au Poitou, 350 000 t sont fabriquées à Châtillon-sur-Thouet. 550 personnes travaillent alors sur le site. L'argile passe dans un broyeur à meules. Quatre lignes effectuent ensuite le broyage, avant que la terre soit dirigée vers l'atelier de fabrication ; 2000 t de terre sont broyées par jour. 1500 t de produits sont fabriquées par jour, alors que les fours n'assurent la cuisson que de 1000 t ; le supplément cuit le week-end.

L'entreprise ne peut concurrencer les grosses briqueteries modernisées qui emploient beaucoup moins de personnels. Ici, chaque ligne de fabrication monopolise 48 personnes (3 équipes de 16 personnes pour assurer les 3 x 8).

L'entreprise dépose le bilan le 5 janvier 1981. Depuis, les bâtiments sont loués pour le stockage.
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