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Dossier documentaire d'usine

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Usine de fabrication des métaux, dite forge de Verrières, puis distillerie, puis centrale hydroélectrique
Lhommaizé (Vienne), la Forge

photo de la notice
Atelier de fabrication de la distillerie, daté de 1888, vu du sud. © Inventaire général / Phot. Inv. M. Deneyer
Date de l'enquête : 1995

Historique :

La Forge de Verrières est créée vers 1595, mais entièrement reconstruite en 1661 pour le duc de Mortemart sur la vallée de la Dive, où a été aménagé un étang de 20 ha. Il ne semble en subsister qu'un corps de bâtiment du côté est de l'atelier de fabrication de la distillerie. Propriété des ducs de Mortemart jusqu'à la Révolution, la forge est affermée aux Robert de Beauchamps, maîtres de forges de père en fils, qui en deviennent propriétaires lors de la vente comme bien national. L'entreprise est réunie à celle de Goberté sur la commune de Gouex en 1787. En 1798 existent, à proximité du château du maître des forges édifié entre 1764 et 1768, 1 atelier de forge composé de 3 feux, 2 affineries et 1 chaufferie, 1 haut fourneau et une chambre à côté, 2 halles à charbon, 1 halle à castine, 1 grange pour le bois de construction, 1 magasin à fer, 1 boutique de maréchal, 1 boutique de charpentier, 1 écurie, les logements de 10 ouvriers. En 1840, le fer et la fonte fabriqués sont vendus dans la Vienne, les Deux-Sèvres et la Vendée. 4 logements de contremaîtres sont édifiés en 1851 et 1852 (dates portées). L'entreprise cesse toute activité en 1886, et les bâtiments sont soit démolis, soit transformés pour accueillir une distillerie. Un atelier de fabrication est construit en 1888 (date portée), puis agrandi en 1890. En 1901 est édifiée une centrale hydroélectrique du côté sud de l'ancienne chaufferie. La distillerie cesse son activité dès 1910 et les bâtiments deviennent des dépendances agricoles.
En 1836, une machine à pistons alimente la forge. En 1849, on note la présence de 4 roues hydrauliques, 2 marteaux à drome, 2 martinets à bascule et 1 machine soufflante de la force de 25 chevaux. Turbine Teisset, Brault et Chapron (Paris), installée en 1901, toujours en place, ainsi que deux générateurs Hillairet Huguet (Paris) de 1904.
En 1840 : 43 ouvriers.

Description :

Atelier de fabrication de la distillerie à 1 étage carré et comble à surcroît en ruines ; anciens logements des contremaîtres à 1 étage carré (avec comble à surcroît pour deux d'entre eux) couvert d'un toit à longs pans à une croupe en tuile creuse, tuile mécanique et ardoise ; bâtiment d'eau en rez-de-chaussée couvert d'un toit à longs pans en ardoise.

Documentation :

● Archives :

Archives nationales F 12 4546. 1871 : commerce et industrie.
Archives nationales F 12 680. 1787 : rapport de l'intendant.
Archives départementales de la Vienne : E 4/12/181. 1686 : bail à ferme du château de Verrières.
Archives départementales de la Vienne, M 10 122-123. 1840-1880 : statistiques industrielles.
Archives départementales de la Vienne, 4 P. Cadastre Lhommaize : 1830-1940 : matrices cadastrales.
Archives départementales de la Vienne, Q 2 62. 1798 : biens provenant de l'émigré Mortemart.

● Bibliographie :

Barbier, Alfred. Statistique du département de la Vienne. Poitiers : A. Dupré, 1863. P. 124
Chamand, Paul. Les forges de Verrières-Lhommaizé au XVIIIe siècle. Ecomusée du Montmorillonnais, 1989.
Loez, Alexandre ; Perlat, René. La sous-région du Poitou. Monographie économique de la Vienne et des Deux-Sèvres : Agriculture - Commerce - Industrie - Tourisme. Niort : Imp. Saint-Denis, 1931. P. 75
Longuemar, Alphonse de. Géographie populaire du département de la Vienne. Poitiers : Létang, 1869. P. 194
Nanteuil, H. de la Barre de. " Une forge dans l'ouest au XVIIIe siècle ". Bull. Soc. Antiqu. Ouest, t. XIII, 1976. P. 527-554
Passerat, Charles. Les plaines du Poitou. Paris : Ch. Delegrave, 1909. P. 211
Société archéologique du pays Chauvinois. Industries disparues du pays chauvinois. Chauvigny, 1980. P. 486-490

● Annexe 1 :

Bail à ferme pour 6 ans de la seigneurie de Verrières par Louis de Rochechouard, duc de Mortemart, à Maître Jacques Lelarge et Dame Marguerite Laine son épouse. 28 juin 1686. AD Vienne E 4/12/181

... la seigneurie de Verrières consistant en un chasteau neuf et un chasteau vieux, bastiments, cours, escuries, greniers, jardins, fuye...

...plus les forges et fourneaux dépendant de la seigneurie de Verrières, paroisse de Lhommaizé, bastiment (...) estang, ..., emplacement dépendances de la forge et fourneaux (# moulin a bled estant sur la chaussée de laditte forge) moyennant qu'il sera fourni audit preneur par Monseigneur duc un (...) par chaque an quatre mille cordes de bois à prendre et à abattre de fournir à leur depens en la forest de Lussac où est la tour.

...ensemble les estangs empoissonnés sçavoir celluy de la forge de deux mil cinq cent de ... et celluy de l'ancien fourneau de deux mil.

...Les fonderies ou fourneaux à charbon (...) dommageable (...) comme aussy les preneurs pourront tirer mine, castine, marne, terre grasse et pierre d'ouvrage dans les terres de la seigneurie de Verrières en dédommageant les propriétaires...

...et pourront faire construire à leur despens un bocambre sur la chaussée de l'estang du vieux foiurneau pour faire piller ledit laitier qui fond dans la butte du fourneau, caillis...

● Annexe 2 :

Compte de la forge de Verrières rendu par le sr Briquet à Mgr le duc de Mortemart depuis le 1er octobre 1730 jusqu'au 1er octobre 1732. AD Vienne, 8 S 9

307084 livres de fer vendu en gros : 52651 livres
12767 livres de fer vendu au détail : 2613 livres

Dépense à cause du loyer des ouvriers du fourneau :
180 livres à Joyeux, garde du fourneau pour 36 fondées.
810 livres aux trois chargeurs et aux deux bocqueurs pour les 36 fondées.
48 livres 5 sols aux ouvriers du fourneau pour deux bons démoulages d'ustensiles.

Payement des droits de la marque du fer

Dépense à cause des sommes payées pour les gages des ouvriers de la forge :
1100 livres à Claude Martheleur (pour 2 années).
860 livres à Crolland, affineur d'en bas.
860 livres à Royer, affineur d'en haut.
840 livres à Beauvais, chauffeur
1200 livres aux deux valets d'affineur
120 livres à Beauvais, petit valet de chaufferie
192 livres aux deux petits valets des deux affineries
600 livres à Jean Lemaître, maréchal
600 livres à Maurice Charpentier
360 livres à François, journalier
600 livres à Soret, fondeur
200 livres à Moreau, souffletier

Engagement d'ouvriers :
de celle de 150 livres payées au marteleur pour don lors de son engagement
de celle de 106 livres payées à Crolland, affineur, par don pour le faire rester à la forge lorsqu'il fut débauché par madame la marquise de Bellabre
30 livres payées à Royer, second affineur, lors de son engagement
70 livres à Beauvais, chauffeur, sur les remontrances qu'il a faite qu'il y avait longtemps qu'il était dans la forge : pour un habit, veste et culotte

Charbon de bois de la forêt de Moulière

Achat de charbon de divers particuliers et du bois brûlé à la forge de Lussac.

● Annexe 3 :

Réponse de M. Robert de Beauchamps au programme de questions proposées aux maîtres de forge, en 1771. Article troisième. A.P.

" La masse du fourneau est un cube de 25 pieds auquel on a pratiqué deux voûtes, l'une pour la thuyère et l'autre pour donner à l'ouvrier la liberté d'approcher de l'ouvrage ; l'intérieur est un vuide octogone long dont les parois sont en brique et qui va toujours en rétrécissant jusqu'au gueulard ; il a 5 pieds 4 pouces de diamètre d'un côté et 6 pieds 3 pouces de l'autre au-dessus des estalages, qui sont à 8 pieds 1/2 du fond. L'ouvrage est composé de treize pierres de faux granit qu'on nomme grisons dans le pays, la thuyère se place de 18 à 19 pouces du fond, l'ouvrage est un trapèze qui a à la rustine 13 pouces et dans le devant sous la timpe 18 pouces de large ; la timpe distante de la rustine de 25 pouces. Les estalages a 45 degrés d'inclinaison, ils sont faits avec du sable rouge qui vaut du ciment quand il est cuit, un fondage dure ordinairement huit à neuf mois, le dernier est de sept mois et demi et l'ouvrage n'est pas usé, on se sert de soufflets de bois beaucoup plus grands que ceux des affineries ".

(le pied mesure 32,48 cm et le pouce 2,71 cm).
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Le patrimoine industriel de Poitou-Charentes, 2007-2012.
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