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Dossier documentaire d'usine

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Carrière de Normandoux
Tercé (Vienne), Normandoux

photo de la notice
Front de taille : traces d'extraction par bancs. © Inventaire général / Phot. Inv. M. Deneyer
Date de l'enquête : 1994

Historique :

La carrière de pierre de taille de Normandoux est exploitée à partir de 1854 par Victor Moullier Gambon, puis à partir de 1878 par la Société des Carrières du Poitou. Un bureau, un logement de contremaître, une cantine, un bâtiment destiné à abriter une machine à vapeur, et un plan incliné sont édifiés vers 1880. Une voie ferrée joignant le site à Jardres, où existe un grand dépôt, est construite en 1883. La carrière est rachetée en 1895 par la société Civet et Pommier. En 1901, un nouveau plan incliné utilisant la force de la locomotive et l'aide d'un treuil pour tirer les wagonnets de pierre du fond de la carrière, remplace le précédent. 6 logements d'ouvriers sont édifiés en 1912. La cantine est prolongée en 1921 par un appentis destiné au logement des ouvriers italiens. En 1923, construction d'un pont en béton pour une voie ferrée servant à l'évacuation des déblais. A cette époque est édifié l'atelier de charronnerie, de menuiserie et de forge. L'atelier de sciage est édifié dans les années 1960. Le site est actuellement exploité par la société Rocamat possédant une centaine de carrières dans toute la France, et l'atelier de sciage est fermé depuis 1992.
De 1920 à 1929, utilisation d'une haveuse américaine pour extraire les blocs de pierre. Mât-grue (Wolff, Heilbronn, Allemagne) de 15 tonnes avec flèche de 25 m pivotant sur 360 degrés, installé en 1948, encore en place. Débiteuse Décamps (Cousolre, Nord) avec disque de 2 m de 1963, des scies guillotines à chaîne sur portique dont 2 Perrier de 1957 et une de Tena, une éclateuse pour fendre des moellons bossages également en place. Atelier de taille desservi par 2 ponts roulants de 3 tonnes.
En 1923 : 70 employés (7 ouvriers d'atelier, 40 carriers dont 11 apprentis, 22 terrassiers, 1 apprenti forgeron) .
Existence d'un fonds d'archives privées.

Description :

Site industriel desservi par embranchement ferroviaire ; atelier de fabrication à charpente métallique sur colonnes de béton couvert d'un toit en ardoise ; logement d'ouvriers sur le site même en rez-de-chaussée et comble à surcroît couvert d'un toit pans en tuile creuse ; transformateur en pierre de taille ; 6 logements d'ouvriers, possédant chacun 1 travée d'ouvertures, à 1 étage carré et comble à surcroît, couverts d'un toit en ardoise ; cantine à 1 étage carré couverte d'un toit en ciment amiante ayant remplacé la tuile creuse initiale ; bureau à 1 étage carré couvert d'un toit en tuile creuse.

Documentation :

● Archives :

Archives départementales de la Vienne, 8 S 7. 1847-1937 : carrières de pierre et de tuffeau.
Archives départementales de la Vienne, 4 P. Cadastre Tercé : 1830-1940 : matrices cadastrales.
Archives municipales de de La Rochelle, 2620, liasse 2. 1872-1888 : commande de 3 statues en pierre de Tercé pour l'hôtel de ville.

● Bibliographie :

Annuaire de Poitiers et du département de la Vienne : administratif - militaire - religieux - judiciaire - industriel - commercial. Poitiers : Marc Texier, 1938. P. 949
Aubrun, M. " Chauvigny ". L'Orientation économique et financière : le département de la Vienne, 1931. P. 117
Catalogue de la société Civet-Pommier. 1904. P. 49-51
Claveau, James. Géologie du pays chauvinois. Chauvigny : éd. M. J. C., 1984. P. 13
Comité d'animation culturelle de Chauvigny. Racontez moi la pierre : 100 ans d'histoire des carrières de Chauvigny, Jardres, Lavoux, Tercé. Chauvigny : M. J. C. Centre Culturel, 1983. P. 8, 13-14, 16, 25-29, 39
Loez, Alexandre ; Perlat, René. La sous-région du Poitou. Monographie économique de la Vienne et des Deux-Sèvres : Agriculture - Commerce - Industrie - Tourisme. Niort : Imp. Saint-Denis, 1931. P. 52
Pothet, René. Les carrières de Chauvigny et de sa région. Lithiques : du minéral au mental, Créaphis, 1985. P. 13-24
Pothet, René. Carriers et tailleurs de pierre italiens à Chauvigny. Bull. Soc. Rech. Archéo. Art. Hist. Scient. Du pays Chauvinois, 1987. P. 417-422
Pothet, René. Un treuil de carrière dit " crapaud ". Bull. Soc. Rech. Archéo. Art. Hist. Scient. du pays Chauvinois, SRAC, 1988. P. 50
Pothet, René. Le cheval et le transport de la pierre (Chauvigny, Lavoux, Jardres, Tercé). Aguiaine, le Subiet : Revue de la Soc d'Et. Folk. du Centre-Ouest, 1990. P. 287-292
Pothet, René. Pierres en liesse. Coutumes en Vienne/1, Geste éditions, 1993.
Sailhan, Paul. Cent ans de chemin de fer en pays Chauvinois. Bull. Soc. Rech. Archéo. Art. Hist. Scient. du pays Chauvinois, 1982. P. 119-120

● Annexe 1 :

L'extraction dans les années 1970 :

Au début de l'extraction, celle-ci se faisait à l'aide de la pioche ou de l'aiguille avec coins ordinaires et plaques de métal. Puis furent employés les marteaux perforateurs à forets hélicoïdaux avec taillants au carbure de tungstène et poudre noire, les coins ronds terminant le travail. En 1920, des haveuses américaines circulant sur des railsde 50 m de long, distantes de 1,50 m, fonctionnant avec volants dotés d'excentriques, lesquels s'engageaient dans des évidements ovales creusés dans de longues lames d'acier, qui placées verticalement étaient terminées à la base comme par une fleur de lys schématisée dont les 2 pétales extérieurs -véritables ciseaux- portaient en leur centre une dent biaisée. Les 3 taillants de ce genre de bédane, dont les lames métalliques étaient actionnées par les excentriques des volants, frappaient rapidement la pierre. Les 3 taillants de lames verticales désagrégeaient la pierre sur un long sillon, et s'enfonçaient dans la masse sur une hauteur de 12 m (il fallait changer les lames au fur et à mesure que la profondeur augmentait). Cette machine a dû s'arrêter de fonctionner vers 1929. L'atelier de taille est desservi par 2 ponts roulants de 3 tonnes. L'équipement mécanique comprend une débiteuse Décamps avec disque de 2 m, 3 scies à chaînes sur portique dont 2 Perrier (de 1957) et une de Tena. Sur la carrière toute proche, un derrick de 15 tonnes étend sa flèche de 25 m pivotant sur 360°. Sur le gisement sont en service 3 haveuses de carrière.

Extrait de : GARGI, René ; MOTINOT, René. " Les calcaires du Poitou ". Arts et techniques des roches de qualité, " le Mausolée ", nov. 1969, n° 399, p. 2491.
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