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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Chasseneuil-du-Poitou / le bourg / rue Leclanché
Abattoir industriel ; usine de produits agroalimentaires ; puis usine de petit matériel électrique de la pile Leclanché, actuellement centre de loisirs

photographie du dossier documentaire, voir légende
Vue de centre de loisirs. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / Y. Suire, 2007.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 1994.

Historique

Un abattoir industriel est édifié en 1914, puis remanié en 1920, pour fabriquer des charcuterie, salaisons, conserves de porc et de boeuf ; seuls subsistent actuellement de cette époque les ateliers de réparation. Rachetés en 1938 par la société Fulmen, les locaux sont transformés en usine de petit matériel électrique, et des piles électriques y sont fabriquées sous le nom de Leclanché. Un corps de bâtiment abritant la cantine et des vestiaires est édifié vers 1950. En 1965, la société s'implante à Poitiers, à la Pointe à Miteaux, site qui supplante bientôt celui de Chasseneuil. Après la cessation d'activité vers 1980, l'usine, partiellement démolie, a été convertie en centre de loisirs. En 1919 : 100 ouvriers, en 1948 : 330 ouvriers, en 1960 : 900 ouvriers.

Description

Site industriel desservi par embranchement ferroviaire ; ateliers de réparation en moellon enduit ; bâtiment de cantine de plan régulier en U, en parpaing de béton, couvert d'un toit à longs pans à croupes.

Documentation

● Archives

Archives municipales de Chasseneuil-du-Poitou. Registres des délibérations du Conseil municipal (23 juillet 1912 : autorisation accordée à M. Petit d'installer un abattoir industriel et frigorifique. 5 février 1933 : Le conseil émet le voeu que l'activité des abattoirs de Chasseneuil reprenne, après leur mise en liquidation judiciaire. Le 2 avril, la dette de l'entreprise au titre de la taxe d'abatage est transformée en actions acquises par la municipalité).
Archives départementales de Deux-Sèvres 1F 6. 1918, septembre : enquête sur la reprise et le développement de la vie économique en Poitou (Vienne et Deux-Sèvres).

● Bibliographie

"L'abattoir industriel de Chasseneuil-du-Poitou". L'Orientation Economique et financière : La Vienne, 1931. P. 60-61
Département de la Vienne. Bordeaux : Delmas, 1951. P. 158
Jeune Chambre Economique (Poitiers). La Vienne. Poitiers, 1960.
Le patrimoine des communes de la Vienne. Paris : Flohic (35-Rennes : Oberthur Graphique), 2002. P. 755
Laville, Gilles et Chandeleur, Noël. Le village de Chasseneuil autrefois : 117 cartes postales et photographies anciennes choisies et commentées. Poitiers : Editions Projet, 1985. P. 57-66
Loez, Alexandre et Perlat, René. La sous-région du Poitou. Monographie économique de la Vienne et des Deux-Sèvres : Agriculture - Commerce - Industrie - Tourisme. Niort : Imp. Saint-Denis, 1931. P. 54
Pinard, Jacques. Les industries du Poitou et des Charentes : Etude de l'industrialisation d'un milieu rural et de ses villes. Poitiers : S.F.I.L., 1972. P. 216, 363

● Annexe 1 :

" L'abattoir industriel de Chasseneuil-du-Poitou ". L'Orientation économique et financière : La Vienne, 1931.
L'Abattoir Industriel de Chasseneuil-du-Poitou (Vienne) est situé à 7 kilomètres au nord de Poitiers, sur la voie ferrée de Paris à Bordeaux. En plein centre d'élevage et aux confins de deux régions qui sont de grandes productrices d'animaux de boucherie à des époques différentes de l'année, son emplacement ne pouvait être plus judicieusement choisi. Il reçoit, en effet, pendant l'hiver, les boeufs gras du Limousin ; pendant l'été, ceux d'embouche de la Vendée et, durant toute l'année, veaux, moutons et porcs. Son approvisionnement est ainsi assuré d'une façon continue et régulière. Relié par un embranchement particulier à la gare de Poitiers où aboutissent, outre la ligne Paris-Bordeaux, les lignes secondaires de La Rochelle, Limoges, Nantes, Parthenay, Bressuire, Le Dorât, les expéditions de viandes fraîches et de produits fabriqués sont faites très rapidement et régulièrement plusieurs fois par jour.
Construit en 1914, et remanié entièrement en 1920, à l'instar de ceux existant depuis longtemps déjà aux Etats-Unis, cet établissement abat et prépare industriellement tous les animaux de boucherie et transforme leurs issues.
L'Abattoir Industriel s'approvisionnant uniquement dans la région, il en résulte que les animaux qui voyagent en wagon ne font qu'un très petit parcours, évitant ainsi une grosse fatigue, souvent nuisible à la qualité de la viande. Aussitôt arrivés, ils sont débarqués, mis au repos et abattus en série, par des moyens mécaniques perfectionnés, d'où économie de main-d'oeuvre et hygiène plus grande, la viande ne subissant pas le contact humain. L'établissement reçoit aussi des viandes abattues des bouchers et charcutiers de la région qui ont ainsi l'écoulement assuré de leurs faux morceaux, à un prix rémunérateur. Tout le travail de la viande est fait avec beaucoup de soins et une extrême propreté, dans des locaux particulièrement bien outillés. La viande est mise en resserre dans des chambres froides, à température de - 2°, en attendant son utilisation. Elle est, ensuite, expédiée par quartiers, ou travaillée pour le détail ou enfin utilisée pour les fabrications (saucissons, pâtés, salaisons). Elle est aussi expédiée de l'usine, en wagons isothermes, sur les grands centres de consommation. Tous les sous-produits sont immédiatement travaillés et utilisés pour en obtenir le meilleur rendement.
L'abattoir Industriel de Chasseneuil est du type vertical. Les animaux, boeufs, moutons ou porcs, arrivent par leurs propres moyens, en suivant un couloir en pente douce, jusqu'à la salle d'abatage, située au deuxième étage de l'usine. Les boeufs sont enfermés dans un box basculant, et abattus à l'aide d'un pistolet spécial qui foudroie l'animal et lui évite une longue et pénible agonie. Les porcs sont saisis par le jarret et amenés sur un rail, à l'endroit de la saignée. Continuant ensuite leur voyage aérien, ils sont plongés dans un bassin d'eau bouillante, puis passent sur un tapis roulant, dans un appareil épilateur, d'où ils sortent d'une propreté remarquable, prêts à être livrés à la consommation. Toutes ces opérations demandent une ou deux minutes par porc. Le sang de tous ces animaux est, ou bien recueilli dans des bassins spéciaux pour la fabrication, ou conduit, au moyen de rigoles en pente douce, dans un sous-sol pour y être travaillé et séché pour l'engrais. Le service d'inspection des viandes est assuré, d'une façon particulièrement minutieuse et sévère, par des visites quotidiennes permettant au vétérinaire un examen attentif des viandes et abats, qui ne sont utilisés qu'après son passage.
L'utilisation des viandes se fait de multiples façons. Elles sont vendues en quartiers aux bouchers détaillants de la région qui sont assurés du réassortiment qu'ils désirent ; elles sont dirigées pour la vente au détail, sur les villes voisines ou de grosses agglomérations comme Paris ; enfin, elles sont employées dans les fabrications. Le consommateur a ainsi à sa disposition une viande fraîche d'un animal n'ayant pas, ou très peu voyagé, avant d'être abattu, et dont le prix de vente est toujours en rapport avec l'utilisation que l'on a pu faire des sous-produits et la suppression de nombreux intermédiaires. Nous n'avons pas besoin de souligner l'aide qu'une telle méthode apporte à la lutte contre la vie chère, l'un des problèmes les plus angoissants de l'après-guerre.
Avant de terminer cette courte étude, nous nous permettons de faire ressortir les services considérables qu'une telle industrie peut rendre à la région où elle est située. C'est un débouché pour l'agriculteur qui a la possibilité de vendre ses animaux, en en retirant le maximum de leur valeur. Les sous-produits qui sont utilisés sur place, souvent comme engrais, sont à la poitée des agriculteurs et, par là même, d'un coût relativement minime. Les bouchers des villes voisines sont à même de s'approvisionner en viande de première qualité ou de se réassortir en pièces détachées ; ceux des campagnes peuvent écouler, d'une manière très intéressante, les morceaux ou les abats dont ils n'ont pas la vente dans leur village. Les consommateurs des grandes villes, enfin, ont la facilité de se procurer, très rapidement et sans grands frais de transport, des viandes d'une extrême fraîcheur. Quant aux produits fabriqués, tels que les pâtés, les saucissons, les jambons, les conserves de toutes catégories qui s'y fabriquent, leur renommée s'étend dans toute la France, et les hautes récempenses qu'ils ont obtenues dans les foires expositions ont consacré leur valeur. Les marques " Alhambra " et " Pierrot " sont réclamées par le public dans toutes les maisons d'alimentation. Signalons, pour terminer, l'intérêt qu'il y a, pour le producteur comme pour le consommateur, à voir se développer une telle industrie qui, située dans un centre d'élevage, supprime plusieurs intermédiaires.

● Annexe 2 :

Le patrimoine des communes de la Vienne. Paris : Flohic (35-Rennes : Oberthur Graphique), 2002, p. 755 :
Ancien abattoir, 1914 et 1920. Rue Leclanché.
"Construit en 1914, l'abattoir industriel est transformé en 1920. Installé dans une région d'élevage, c'est également le lieu d'abattage des porcs et des bovins des régions voisines, le Limousin par exemple. A l'abattage - fait de manière moderne au pistolet - succède le traitement des viandes, comme la charcuterie ou la conserverie. L'abattoir cesse son activité peu avant la Seconde Guerre Mondiale. Les bâtiments sont alors repris par la société des accumulateurs Fulmen en 1938, productrice, entre autres, des piles Lelanché. En 1965, l'industrie de la pile s'installe à Poitiers ; le site de Chasseneuil abandonne sa production en 1980. Une grande partie des bâtiments sont détruits, ceux qui restent - bâtiments administratifs, cuisine, cantine - reconnaissables à leurs baies encadrées de brique rouge, sont intégrées au parc sportif des Ecluzelles".



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