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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Migné-Auxances / Moulinet / 8 impasse du Montfoulon ; 4 rue du Moulinet
Moulin à blé, minoterie

photographie du dossier documentaire, voir légende
Vue générale. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / G. Renaud, 2005.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2005.

Historique

Selon Redet, la première mention du moulin remonte au 11e siècle, il dépendait alors de l'abbaye de Saint-Cyprien. La présence de ce moulin donne le nom du lieu-dit. Ce moulin est indiqué à cet emplacement sur le cadastre de 1839, mais le plan est différent. L'ensemble se composait de plusieurs bâtiments dispersés. La parcelle 4 accueille un ensemble (maison, bâtiment et cour), la parcelle 5 une maison, la parcelle 6 un moulin ; l'ensemble appartient déjà en 1839 à la famille Parent de Curzon. Aujourd'hui, l'ensemble rassemble plusieurs corps de bâtiment accolés, présentant de multiples décrochements et formant un plan en L dont le retour est parallèle au canal. Ce moulin à blé a été vraisemblablement reconstruit et transformé en minoterie vers 1855 pour M. de Curzon. Les documents d'archives indiquent que le moulin dispose de 15 ouvertures et la maison de 9 ouvertures en 1882. Le remaniement de la façade est donc postérieur à cette date. La clé du linteau d'une des portes charretières, aujourd'hui partiellement bouchées et aménagées en portes piétonnes, porte la date de 1885. Le logement patronal et le magasin sont agrandis en 1888 pour François Dominault qui vend l'usine en 1898 à Ferdinand Maury, qui la revend lui-même en 1909 à Jean Seguin. La cessation d'activité date, selon des sources bibliograpphiques, de 1967.

Description

Le bâtiment accueillant le logement patronal, implanté à l'angle de deux voies, est accolé au coteau. Il est desservi par une cour ouverte, donnant accès à une carrière. La façade du logement patronal est à quatre travées. Deux portes charretières, sont percées au rez-de-chaussée. Le bâtiment étant perpendiculaire au dénivelé, l'étage à surcroît est directement accessible depuis une porte secondaire sur la façade latérale. Le pignon côté nord est découvert. Le rez-de-chaussée est percé de deux portes charretières, aujourd'hui bouchées, surmontées de plates-bandes à clé et à claveaux. Les baies des niveaux présentent des appuis moulurés. Les encadrements sont saillants.
Le bâtiment d'eau et atelier de fabrication comprend un étage carré et un comble à surcroît et le magasin industriel un étage carré.

Documentation

● Archives

Archives départementales de la Vienne : 4 P 1059-1069 (Plans parcellaires, 1838-1839) ; 4 P 2629 (Etats de sections des propriétés bâties et non bâties, 1839) ; 4 P 2630 (Tableau indicatif des propriétaires, des propriétés foncières et de leur contenance, 1839) ; 4 P 2631 et 4 P 2638 (Matrices des propriétés foncières, 1841-1914) ; 4 P 2639 (Matrices des propriétés bâties, 1882-1910).
Archives départementales de la Vienne : Série S, Travaux publics et transports. Routes, rivières, canaux, chemins de fer, moulins et usines, énergie, électrification. Archives départementales de la Vienne : 7 S 5 ; 7 S 6 ; 7 S 7 : 7 S 90.

● Bibliographie

Association Migné-Auxances Mémoires. Bon souvenir de Migné-Auxances. Recueil de cartes postales anciennes. Octobre 2002. Site e-mail de l'association Migné-Auxances Mémoires. Association Migné-Auxances Mémoires. Migné-Auxances d'hier à aujourd'hui. - Migné-Auxances (Vienne) : Commune de Migné-Auxances, 1999. P. 72-73
Rédet Louis. Dictionnaire topographique du département de la Vienne. Paris : Imprimerie Nationale, 1881. P. 285

● Annexe 1 :

Archives départementales de la Vienne : 7 S 5.
Le 10 janvier 1810, le sieur Roy, propriétaire des Boisses, se plaint que le sieur de Beauregard, propriétaire du moulin de Moulinet, situé à très petite distance au-dessous de celui des Boisses, a fait exhausser le déversoir.

Archives départementales de la Vienne : 7 S art. 6, Ponts et chaussées : moulins.
- Procès-verbal, dressé le 4 mai 1860, au moulin de Moulinet, pour le déplacement du répère définitif : Le propriétaire est M. de Curzon.
- 10 janvier 1899 : procès verbal de récolement.
- 10 janvier 1899 : réclamation de M. Maury.
- 23 février 1899 : rapport du conducteur subdivisionnaire.
- 25 février 1899 et 18 mars 1899 : avis des ingénieurs.
- 25 février 1899 : état des frais de voyage et de séjour.
- 20 mars 1899 : arrêté de mise en chômage.
- Rapport du conducteur subdivisionnaire, établi à Neuville, le 25 janvier 1900 :
"Par une lettre en date du 28 novembre 1899, M. Maury Ferdinand, propriétaire du moulin de Moulinet, informe qu'il fait réparer le déversoir de son moulin et demande qu'il soit procédé à la vérification de ses travaux. Pour procéder à cette vérification qui comportait des nivellements assez longs mais surtout difficiles en raison du peu de consistance des terrains détrempés par les pluies ou les eaux d'infiltration, nous nous sommes assurés que le seuil des vannes les plus rapprochées du déversoir étaient bien à la hauteur fixée par l'arrêté réglementaire du 5 octobre 1854, pour rechercher ensuite si la différence actuelle entre le niveau du seuil des vannes et le niveau de la crête ou déversoir était bien conforme à celle de 3, 06 / 2, 052 = 1, 008 mètre fixée par l'arrêté. Pour plus de certitude nous avons procédé à deux opérations en changeant pour chacune d'elles le point pris comme repère sur le seuil des vannes et le point à vérifier sur le déversoir ; c'est deux opérations nous ont donné les résultats suivants accusant une différence peu sensible.
1ère opération / 2ème opération.
Cote du seuil des vannes : 1, 802 / 1, 794.
Cote de la crête ou déversoir : 0, 801 / 0, 798.
Différence de niveau entre les deux points : 1, 001 / 0, 996.
Dans la première opération le déversoir serait en contrebas du niveau légal de 1, 008 / 1, 001 = 0, 007.
Dans la deuxième de 1, 008 / 0, 0996 = 0, 012.
Soit en moyenne de 0, 009 mètre.
Nous ajouterons que la réparation de cet ouvrage n'est pas terminée ; sa partie supérieure constituée par un massif en béton doit recevoir un enduit en ciment, mais à une date qui reste indéterminée".
- Rapport du subdivisionnaire du Service hydraulique, établi à Neuville, le 7 novembre 1908 :
"Par une pétition, sans date, qui nous a été communiquée pour rapport le 26 septembre 1908, M. Séguin, propriétaire du moulin de Moulinet, demande l'autorisation de réparer les vannes de ce moulin.
Le moulin de Moulinet sis sur l'Auxances dans la commune de Migné a été réglé par un arrêté préfectoral du 5 octobre 1854 qui a fixé le niveau légal de la retenue à 2, 116 mètres en contrebas de l'appui d'une petite croisée ouverte dans la façade amont du moulin, immédiatement au-dessus de la prise d'eau, point pris comme repère provisoire.
Les bâtiments de l'usine ont été reconstruits depuis 1854 ; le repère provisoire défini ci dessus se trouve maintenant sur le jambage nord de la croisée qui a été agrandie, à une hauteur de 0, 2 mètre au-dessus de l'appui (voir un procès verbal de récolement dressé le 10 janvier 1898). Un trait horizontal surmonté de la lettre R, gravés dans la pierre de taille, indique la position exacte du repère provisoire.
Le 29 octobre nous nous sommes rendu au moulin de Moulinet où nous avons constaté que le pétitionnaire avait déjà fait exécuter les travaux qui font l'objet de sa demande ci-jointe.
Dans le tableau ci-dessous nous résumons les résultats de nos vérifications en indiquant l'altitude de chacun des points vérifiés, telle qu'elle résulte de l'arrêté réglementaire du 5 octobre 1854 et par comparaison avec celle du repère provisoire que nous avons fixé arbitrairement à la cote 10 mètres.
La différence constatée en ce qui concerne le repère définitif provient de ce que le repère est descellé et qu'il s'est déplacé de sa position exacte sous le poids de la mire.
Les différences d'altitude des seuils des vannes sont sans importance mais il y a lieu d'abaisser :
- de 0, 015 mètre la crête des vannes situées à 3, 90 mètres du moulin.
- de 0, 231 mètres la crête des vannes situées à 195 mètres du moulin.
- de 0, 053 mètre la crête du déversoir.
Nous sommes donc d'avis qu'il convient de mettre M. Séguin, propriétaire du moulin de Moulinet, en demeure de se conformer aux dispositions de l'arrêté réglementaire du 5 octobre 1854 en lui prescrivant notamment :
1° de faire receler le repère définitif.
2° d'abaisser de 0, 015 mètre la crête des vannes situées immédiatement en amont du moulin et de 0, 231 la crête de celles situées à 195 mètres de l'usine.
3° d'abaisser de 0, 053 le niveau du déversoir".

Association Migné-Auxances Mémoires et Commune de Migné-Auxances. Migné-Auxances d'hier à aujourd'hui. 1999, p. 72.
"Le moulin de Moulinet est très ancien. Vers 1086, les seigneurs de Gricé en ont fait, semble t-il, don à l'abbaye Saint-Cyprien de Poitiers. Il dépend alors de l'office d'aumônier auquel les propriétaires versent une rente. Il est équipé de 2 roues, possède un four et a droit de pêche dans le bief. Par suite d'héritages successifs en indivision, la propriété de ce moulin est, aux 16e et 17e siècles, très morcelée. Ainsi, en 1534, Jean Girard, meunier, vend le quart du moulin et de ses dépendances à Jean Crouzille, seigneur de la Lande, maire et capitaine de la ville de Poitiers. (...). Il devient propriété de la famille Curzon pendant la première moitié du 19e siècle et continue son activité jusqu'en 1967".



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