Vous êtes ici : Région Poitou-Charentes > Inventaire général du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes   > L'agglomération de Poitiers > Dossiers et illustrations
L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

[ Autre recherche ]    [ Liste des réponses ]      |   Imprimer le dossier

Saint-Benoît
Présentation de la commune

photographie du dossier documentaire, voir légende
Le bourg vu depuis le sud-est, chemin de la Fauquerie. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / R. Jean, 2005.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2004.

Historique

Les éléments les plus remarquables remontant à l'époque gallo-romaine sont les vestiges d'aqueduc attestés à plusieurs endroits de la commune de Saint-Benoît, aux Grands-Rondeaux et au Coteau de Mon-Repos, et encore bien visibles à L'Ermitage. D'autres découvertes de cette époque sont signalées à la Chaume et au champ de l'Ecoin, un enclos aux Longjoies et un mur dans le village, chemin de Derrière-les-Murs. L'implantation d'un établissement conventuel dans le village dès le 7e siècle est à l'origine du développement du bourg où on été trouvées des sépultures du haut Moyen Age. Avant 1790, Saint-Benoît dit alors Saint-Benoît-de-Quinçay, faisait partie de l'archiprêtré de Gençay, de la châtellenie, de la sénéchaussée et de l'élection de Poitiers. L'abbé était seigneur haut justicier de la paroisse.
La carte de Cassini montre l'importance des vignes dans la partie nord du territoire et des bois dans la partie sud au milieu du 18e siècle. Elle donne également un état des implantations existant à cette époque. Un lieu-dit a disparu depuis, La Brenonière (entre Fontarnaud et Mouchedune) mais plusieurs autres sont apparus ensuite et figurent sur le plan cadastral de 1840 : l'Hermitage (alors nommé Arcs de Parigny), Perd-Poitiers, La Guillotrie, Chante-Jeau, La Médoquerie, Gennebry, La Pironnerie, la Berlonnière, la Braudière. Après 1840, seuls trois nouveaux lieux-dits s'ajoutent : La Maison-Neuve, la Fondrie et la Fontaine-de-Puy-Joubert. En raison de l'importance de l'urbanisation, d'anciens écarts tels que La Grand-Maison ou la Fouquerie (qui a repris l'orthographe de la carte de Cassini : la Fauquerie) ne sont plus signalés que par des noms de rue et non plus comme lieux-dits. En 1832, la commune s'agrandit au sud-est avec le rattachement de la Cadoulière, de Flée et du Portail, puis en 1975, avec celui de la partie sud de Chantejeau, auparavant sur Ligugé.
A partir du milieu du 19e siècle Saint-Benoît devient un noeud ferroviaire ce qui modifie sensiblement la configuration du paysage. La ligne Paris-Bordeaux est mise en service en 1852, puis l'embranchement vers La Rochelle en 1856 et un autre vers Le Dorat en 1867. S'ajoute enfin la ligne de tramway de Poitiers à Saint-Martin-L'Ars, ouverte en 1895 et supprimée en 1932, mais dont il reste l'imposant viaduc qui traverse la vallée du Clain.
Au 20e siècle, la commune connaît un développement significatif avec, au début du siècle, l'implantation de l'usine Saint-Gobain à Passelourdin et avec l'urbanisation progressive à partir de la zone la plus proche de Poitiers aux abords de la route de Bordeaux. Cette progression de l'occupation se fait de manière constante en gagnant vers le sud et ce quartier, toujours en développement, est aujourd'hui aussi bien une zone économique que d'habitat, par opposition à la partie sud-est de la commune, encore très rurale et de faible densité d'occupation. Ces dernières années, le secteur nord-est, lui aussi limitrophe de Poitiers, a également connu une urbanisation importante : lotissements, commerces, salle de spectacle de la Hune, écoles.
La population qui était de 410 habitants en 1790, 428 en 1821 d'après l'INSEE, est passée à 1031 en 1856, 1137 en 1901, 1604 en 1926, 2605 en 1962, 5147 en 1975 et 7008 en 1999, continuant de s'accroître régulièrement.
Le contournement de Poitiers par une rocade a été une nouvelle étape dans la transformation du paysage. Commencée en 1960, sa partie sud-est sur Saint-Benoît sera la dernière a être mise en place et sa construction se fera en trois tranches : la première entre la zone industrielle de la Pointe à Miteau (RN 10) et la route de Ligugé, achevée en 1978 ; la deuxième entre la route de Ligugé et la ligne SNCF Paris-Bordeaux ; la troisième, inaugurée le 29 novembre 1986, entre la ligne SNCF Paris-Bordeaux et la route D. 88, portion qui a nécessité la construction de trois ouvrages d'art importants avec le franchissement de la voie ferrée, le franchissement du Clain et un passage sous un tunnel.

Description

Commune de 1322 hectares, Saint-Benoît est situé au sud immédiat de Poitiers au confluent de la vallée du Clain, formant de larges boucles encaissées, et du Miosson au bord duquel s'est implantée l'abbaye puis le village. A l'ouest, le hameau de Naintré est un autre regroupement ancien d'habitations. Dans les coteaux du Clain se trouvent des grottes comme celle de Passelourdin et des falaises remarquables comme au Roc-qui-boit-à midi. De grands espaces boisés s'étendent au sud du bourg.
Le paysage est très marqué par les aménagements routiers et ferroviaires, avec les ouvrages qui les accompagne. Le long de la rocade sont implantées plusieurs zones d'activité commerciales et au nord de cette rocade s'étend un secteur urbanisé très lié à la ville de Poitiers. Au nord et à l'est du bourg sont apparus de vastes lotissements, tandis que la partie sud-est de la commune, autour et à l'est de la route de Gençay, a conservé sa physionomie rurale.

Documentation

● Archives

Archives départementales de la Vienne . 1H 6/1 à 18. 13e-18e siècles : archives de l'abbaye de Saint-Benoît.
Archives départementales de la Vienne : 4 P. 1842-1891. Matrices cadastrales.
Archives municipales de Saint-Benoît. Bulletin municipal, 1971 à 2000.

● Bibliographie

Barbier, Alfred. Statistiques du département de la Vienne. Poitiers : imprimerie Archives EvêchéDupré. 1863. P. 25-35, 123
Guillemet, Dominique, dir. Dictionnaire des communes et pays de la Vienne. 2004, Geste éditions. P. 281-282
Longuemar, Alphonse de. Géographie populaire du département de la Vienne. Poitiers : Létang, 1869.
Rédet, M. L. Dictionnaire topographique du département de la Vienne. Paris : Imprimerie Nationale, 1881. P. 371
Sinqsous, Michel. Saint-Benoît d'hier à travers la carte postale ancienne.- Poitiers : Municipalité de Saint-Benoît, 1993.

● Annexe 1 :

Extraits d'archives conservées aux Archives départementales de la Vienne mentionnant des maisons et des domaines non identifiés ou aujourd'hui disparus.

1H 6/4. 18e siècle : pièces concernant les rentes dues à l'abbaye de Saint-Benoît sur 62 maisons du bourg.
1485, 24 octobre : concession faite à Micheau Audoin, fournier, d'une maison avec un verger, située au-dessus du village de Saint-Benoît (et qui s'appellera ensuite maison du Petit Cerf), confrontant notamment au chemin de Poitiers.
1605, 14 février : déclaration rendue par Jean, Jacques et François Bernonneau pour la maison de la Voûte, tenant d'une part à l'église paroissiale Saint-André, d'autre à l'abbaye, et d'autre au chemin de Poitiers à Smarve. Idem le 21 juin 1629 par Jehanne Robelin, veuve de Jacques Bernonneau : la maison consiste en une chambre basse, un grenier et une cave, et confronte à l'église, aux murailles renfermant l'abbaye, et au chemin de Poitiers à la Villedieu.
1652, 27 février : arrentement par Jehanne Sauge, de Poitiers, à Sire Jehan Picault, marchand maître tondeur à Poitiers, de la partie qu'elle possède en indivision avec Jehan et Françoise ses frère et sœur, d'un logis appelé le Petit Cerf.
1663, 8 mai : déclaration rendue par Jacques Resty, marchand meunier au moulin de Saint-Benoît, pour une maison appelée la Belutrie, sise au bourg, acquise de Pierre Besnard, couroyeur à Poitiers, et de Magdeleine Beluteau son épouse, consistant en chambres basses et hautes, un grenier, une grange, un petit corps de logis, une cour et un jardin, tenant notamment au chemin comme l'on va du cimetière au moulin de la Papeterie. Idem le 5 juin 1670 par Paul Fontaine, sergent royal au bourg de Saint-Benoît.
1697, 13 juin : déclaration rendue par Simon Brechon, laboureur à Saint-Benoît, pour un logis situé au bourg, consistant en une chambre basse, deux hautes, un grenier, avec les entrée et issue, cour, joignant notamment au plan appelé le pilori dudit lieu de Saint-Benoît.

1H 6/7. Titres relatifs aux biens dépendant de la sacristie de l'abbaye de Saint-Benoît.
1783, 10 avril : vente par Jean Boisseau, tailleur, et Elisabeth Terreau son épouse, de Poitiers, à Jean Bertrand Brun des Marchais, chanoine de Notre-Dame la Grande de Poitiers, une maison appelée la Maison Neuve, située au-dessus du bourg de Saint-Benoît, consistant en entrée, issue, trois chambres basses, trois hautes, deux greniers, latrines ou commodités, par le bas un cellier dans lequel est un tonneau à couler dix ou douze barriques de vin qui y restera, une cave, une grande et petite écurie, une boulangerie avec son four, deux ponnes à lessives, la maison du bordier tenant à celle du maître, une grande grange, une belle fuie peuplée de pigeons, un clos de vigne.

1H 6/13. 1233-1746 : fonds de l'abbaye de Saint-Benoît, titres.
1660 et 1670 : registres de recettes des cens, rentes et devoirs dus à l'abbaye, dont Phelippe Charlet, chantre et chanoine de l'église de Poitiers, pour une maison appelée la Maison Neuve.

1H 6/14. 1750-1786 : fonds de l'abbaye de Saint-Benoît, titres.
1776 : état des revenus de l'ancienne mense conventuelle, réunis au grand séminaire. Parmi les biens : une rente sur une maison dans le bourg, consistant en deux chambres, écurie, une cave qui est au-dessous de l'ancienne église paroissiale, et le champ dans lequel se trouve une ville fuie en ruine, le tout tenant d'une part à la dite ancienne église paroissiale, d'autre au chemin de Poitiers à Gençay, d'autre à la cour de l'abbaye et à la grange commune.

1H 6/16. 1459-1789 : hôtel abbatial, maisons, moulins et autres domaines dépendant de l'abbaye de Saint-Benoît.
1584-1786 : baux à ferme et déclarations de maisons dans le bourg de Saint-Benoît.
1638, 7 juin : mémoire concernant une maison située dans le bourg en laquelle est une chambre basse avec une antichambre à côté, un grenier par-dessus et un grand cellier ou grange en appentis en laquelle sont des vaisseaux à faire du vin, une petite cour par derrière dans laquelle se trouve un puits, le tout renfermé de murailles, tenant d'une part par le devant au cimetière et appartenant à feu le sieur Jehan de Villairet, procureur.
1758, 26 avril : arrentement par Marie-Magdeleine-Julie et Marie-Jeanne Esserteau, de Poitiers, à Charles Naudin, marchand, et Jeanne-Suzanne Devaux son épouse d'une maison consistant en deux chambres basses, dont une sans cheminée, une chambre haute avec cheminée, un grenier au-dessus, une écurie et une cave, touchant à l'église paroissiale et à la rue et chemin de Saint-Benoît aux Roches-Prémary à droite (= maison de la Voûte).
1764, 25 avril : bail à ferme par le grand séminaire de Poitiers à Jacques Belouin, journalier, et Jeanne Pinson son épouse, d'une petite maison située à Saint-Benoît consistant en une chambre basse, une chambre haute, un cellier, une écurie et une cour, plus le jardin de la fuie, touchant d'une part au grand chemin de Poitiers à Gençay et d'autre au jardin de l'infirmier.

1H 6/18. 1496-1782 : domaines dépendant de l'abbaye de Saint-Benoît.
1655-1764 : déclarations du fief de Ribotton.
1765 : plan du fief de Ribotton.
1670, 25 janvier : déclaration rendue par demoiselle Renée Rullier, de Poitiers, pour une maison appelée Ribotton consistant en une chambre basse, chambre au-dessus, un cellier en entrant.
1726, 14 décembre : idem par dame Jeanne Joubert, veuve de Michel Perron, coustre et custode de l'église de Poitiers, lequel était veuf en premières noces de Renée Rullier.
1692-1780 : baux à ferme de la métairie de Fontarnault, avec plans d'arpentement du milieu du 18e siècle.

J 79. 3 juin 1817 vente par M et Mme Nicolas Brière à M. Charles-Jean-Louis Delastre fils, avocat, devant Jean Ferdinand Geoffron, notaire à poitiers, d'une maison consistant en cour, antichambre, salle à manger, salon de compagnie, cuisine, office, 5 chambres hautes, buanderie, écuries, toit, hangar, cave, jardin et autres dépendances ; des pièces de vigne et des terres. Elle a été achetée le 11 juin 1813 de Fabienne Catalan épouse de Jean Hector Jacques Fay Payrault de la Chèze, qui l'avait acquise de Charles Declervaux le 27 septembre 1807, qui en avait hérité de Elisabeth Augustine Declervaux sa soeur le 3 prairial an 11, qui l'avait acquise de Pierre Vincent Migno et Jeanne Mauflâtre le 14 juin 1780 devant Duchasteinier.

J 94. 1839, 28 avril : vente par Jean Pairault, journalier, et Florence Pichault son épouse à Paul Rivierre, boulanger, et Catherine Coutombeau son épouse, d'une maison située au bourg, appelée la Maison Manus, consistant en deux chambres basses dans l'une desquelles il existe un four, trois chambres hautes, grenier au-dessus et cave au-dessous, touchant à une petite place, à la route de Poitiers à Gencay à droite, et par derrière au jardin du presbytère. Plus une grange, une cour et un jardin formant terrasse sur la route de Poitiers à Gençay. Pairault l'a acheté de Claude-Charles Barilleau, médecin, et Adelaïde Justine Ally son épouse, le 14 octobre 1827. La dame Barilleau en avait hérité de sa mère Madeleine-Françoise Pavie, veuve de Paul-François Ally, par partage du 20 juillet 1823.
L'acte de vente de 1827 indique que la maison touche à la rue, par derrière au jardin du presbytère et d'autre côté aux borderies du presbytère.

J 111. 1815 : vente par Hubert Dubourg et Jeanne Nérisson son épouse, à Jean Guyonnet, tailleur d'habits, et Françoise Marcireau son épouse, des deux tiers indivis dans une maison à Saint-Benoît, héritée de Marie Bonnin veuve de Pierre Dorat, consistant en totalité en un cellier, une chambre haute, un faux grenier au-dessus, et une ruelle ou passage, le tout tenant par le devant au chemin de Saint-Benoît à Poitiers, par le derrière au bâtiment de la cure et à la maison de la veuve Ally, par la droite encore au bâtiment de la cure, et par la gauche à la maison de la veuve Ally. La maison a été achetée le 3 septembre 1812 devant Ribault notaire, à Jeanne Dorat épouse de Claude Benoît Tourat, et de Marie Dorat veuve de François Laumonier, héritiers de Marie Bonnin veuve de Pierre Dorat. Le dernier tiers appartient à Hubert Dorat leur frère.



logos CAP
consulter au centre régional de documentation du patrimoine de Poitou-Charentes