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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Saint-Benoît
Maisons et fermes

photographie du dossier documentaire, voir légende
Maison de type villa, 42 route de Ligugé. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / G. Renaud, 2004.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2004.

Historique

En 1759 il y avait 71 feux à Saint-Benoît. Pendant la 2ème moitié du 18e siècle et la 1ère moitié du 19e siècle (entre 1793 et 1801) la population décroît lentement passant de 410 à 333 habitants. A partir du milieu du 19e siècle jusque dans la 1ère moitié du 20e siècle, s'ouvre une période de construction relativement importante, avec un net accent sur la 2e moitié du 19e siècle. Après un nouveau creux, les constructions reprennent mais cette fois essentiellement au sein des lotissements ou habitats collectifs à partir du milieu des années 1960.
Le recensement de l'inventaire a retenu 290 maisons ou fermes (hors lotissement). Un très petit nombre (10) serait antérieur au 19e siècle ; 171 dateraient du 19e siècle, dont 80 % de la 2ème moitié de ce siècle ; 72 maisons sont de la première moitié du 20e siècle. Les maisons postérieures à cette date sont étudiées dans le cadre des ensembles concertés auxquels elles appartiennent (voir le dossier collectif : lotissements concertés).
Les dates portées sur les habitations demeurent très rares (6 occurrences) mais les sources (notamment les matrices cadastrales) ont permis d'établir 57 autres datations, dont 39 entre 1841 et 1948.

Description

Ce recensement concerne 252 maisons (parfois avec une partie commerciale) et 38 anciennes fermes, dont 1 seule semble avoir conservé sa vocation agricole. Elles sont antérieures à 1950 à l'exception de quelques maisons d'architectes ou à caractère exceptionnel, des logements communaux et des éléments appartenant à des ensembles concertés traités dans un dossier collectif spécifique.
Les habitations traitées ici sont toujours situées dans le bourg ou en écart, à une exception près, la ferme de la Braudière. Il en va différemment des grandes demeures ou des châteaux.

La plupart des habitations antérieures au 20e siècle sont construites en moellons de calcaire, en général couvert d'un enduit. Les couvertures sont en majorité en tuile creuse (120) mais aussi en ardoise (77) ou en tuile mécanique (66) en proportion quasi équivalente.
Les maisons situées dans le bourg de Saint-Benoît ou le hameau de Naintré, ainsi que celles du nord de la commune toutes proches de Poitiers, sont le plus souvent en alignement sur la voie et parfois précédées d'une petite cour clôturée. Les autres maisons, et à plus forte raison les anciennes fermes, sont associées à une cour ou un jardin, le plus souvent clos qui, positionné le long de la rue, fait que l'habitation est souvent en retrait par rapport à la voie.

La majorité des logements comporte 1 étage carré (67 %), plus rarement 2 étages carrés (9,7 %). Ceux qui sont en rez-de-chaussée sont peu nombreux (9,4 %). 23 % comportent un sous-sol ou un étage de soubassement, surélévations semble-t-il souvent liées au risque d'inondation (le Miosson ou le Clain se trouvant en général à proximité). Les décors sont rares et consistent le plus souvent en bandeaux, corniches et appuis de fenêtres moulurés.

Les maisons-fermes, soit 290 repérées, ont pu être réparties en 7 grands types, à l'exception de 6 d'entre elles. Cette typologie se définit ainsi : les fermes, comprenant 4 sous-types, les maisons de type rural, les maisons de campagne ou de notable, les maisons de bourg ou de faubourg, les villas, les maisons d'architectes, les pavillons.

Les fermes sont des édifices constitués d'un ou plusieurs logements et de dépendances agricoles. La plupart d'entre elles ne sont plus aujourd'hui des exploitations agricoles. Sur Saint-Benoît une seule semble en effet avoir maintenu cette activité, toutes les autres sont transformées en résidence à un ou plusieurs logements. Saint-Benoît compte 38 anciennes fermes identifiées. La majorité d'entre elles, au nombre de 18, sont des fermes de plan allongé : les différents corps de bâtiments sont accolés et alignés, mais abrités sous des toitures distinctes et de hauteurs différentes ; 11 sont des fermes à bâtiments séparés ; 5 présentent plutôt des bâtiments ordonnés en L ou en U, la cour étant ainsi bordée sur deux ou trois côtés par des constructions ; 4 sont enfin des fermes bloc en longueur où les différents corps de bâtiments sont accolés, alignés et abrités sous une même longue toiture.

Les maisons de type rural composées elles aussi d'un logement accompagné de dépendances, se distinguent des fermes en ce que la spécificité d'exploitation agricole n'est pas clairement affirmée. Les dépendances de dimensions réduites, accolées à l'habitation ou séparées, peuvent être une grange, un hangar, des toits à bêtes ou des communs. 8 ont été repérées sur la commune de Saint-Benoît.

Les maisons de campagne ou de notable, au nombre de 7, sont de grandes demeures, en majorité de la seconde moitié du 19e siècle. Il s'agit de maisons imposantes, toujours accompagnées de communs, souvent d'un logement secondaire et parfois d'anciens bâtiments d'exploitation agricole. Toutes sont placées dans un vaste jardin ou même un parc, le plus en retrait possible par rapport à la voie. L'ensemble est clos de murs avec portail d'accès à piliers en maçonnerie et vantaux en ferronnerie.

Les maisons de bourg ou de faubourg sont le type le plus représenté avec 173 individus. Les maisons de bourg sont plutôt en alignement sur la voie et présentent une petite largeur sur la rue. Les maisons de faubourg sont en bordure de la voie, perpendiculaires à celle-ci ou légèrement en retrait et leur largeur est très variable. A Saint-Benoît, les maisons de bourg sont essentiellement visibles dans le bourg, à Naintré et au nord de la commune, à la limite de Poitiers. Les maisons de faubourg se trouvent plus à la périphérie de ces zones mais aussi, disséminée parmi les anciennes fermes, dans tous les autres lieux de la commune.

Les maisons de type villa, construites dans la 1ère moitié du 20e siècle, sont au nombre de 31. Plusieurs présentent des volumes dissymétriques (pans de toits inégaux) ou des parties en décrochement ou en retrait, certaines sont jumelles et d'autres possèdent un décor en faux pans de bois.

Enfin les maisons dites d'architecte, au nombre de 8, sont des maisons contemporaines (2ème moitié 20e siècle), présentant des caractéristiques originales les plaçant dans une production unique.

Les pavillons se trouvent juste à la limite chronologique de l'étude : ils sont en effet construits autour de 1950. 11 ont été repérés d'une part en raison de leur date de construction très proche de limite post quem (avant 1955) afin d'offrir un aperçu de ce type de construction par la suite très répandu et d'autre part lorsqu'il s'agit de maisons en retrait de la rue, proposant parfois une forme originale (maisons jumelles par exemple). Leurs caractéristiques formelles sont assez récurrentes : une emprise au sol carrée, un toit à quatre pans, souvent un rez-de-chaussée surélevé avec un niveau de soubassement ou un décor de moellons.



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consulter au centre régional de documentation du patrimoine de Poitou-Charentes