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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Fontaine-le-Comte
Maisons et fermes

photographie du dossier documentaire, voir légende
Ferme à bâtiments jointifs au bord de la route nationale 11. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / G. Renaud, 2005.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2004.

Historique

98 maisons et anciennes fermes antérieures à 1950 ont été recensées au cours de l'enquête. C'est l'état ancien des bâtiments qui a été pris en compte, et non pas leur état actuel. De même n'a pas été retenue une quinzaine de maisons et anciennes fermes pourtant construites avant les années 1950 mais qui ont fait l'objet récemment de trop nombreux remaniements. Le bâti postérieur à cette date a été étudié uniquement s'il s'inscrivait dans des opérations urbaines comme des lotissements, ou bien s'il s'agissait de créations d'architectes et de bâtiments publics.

La grande majorité de ces maisons et anciennes fermes recensées ont été construites ou reconstruites, totalement ou en partie, au 19e siècle, et notamment dans sa seconde moitié. 10 ont connu des transformations dans la première moitié du 20e siècle. Seuls quatre édifices sont estimés du 17e siècle, et trois du 18e siècle. Ces datations sont réalisées à partir de l'observation des bâtiments et de différentes sources. Les dates inscrites sur les bâtiments sont rares : seulement trois ont été relévées, au logis de Chaumont (1782), dans une ferme du Pré-de-l'Eglise (1854) et à Beaurepaire (1861). Mais dans un tiers des cas, les constructions ou les remaniements de maisons et de fermes ont pu être datés grâce aux archives cadastrales qui mentionnent des travaux ayant eu lieu entre le début du 19e et le début du 20e siècle. Le nombre de constructions de logements postérieurs aux années 1960 traduit la seconde période de croissance, très récente, de la commune. D'après l'INSEE, le nombre de logements est passé de 219 en 1968 à 1133 en 1999.

Parmi la soixantaine de fermes, qui constituent un peu plus des deux tiers de l'habitat antérieur aux années 1950 recensé, 45 apparaissent déjà sur le cadastre de 1837. Toutefois, elles ont quasiment toutes fait depuis l'objet de modifications (agrandissements ou démolitions, transformations des bâtiments d'exploitation en espaces habitables, suppression ou ajout de baies) au cours des 19e et 20e siècles, suivant l'évolution des besoins économiques et des modes de vie. Quant aux maisons, au nombre de 35, plus de la moitié se trouvent sur des parcelles déjà construites en 1837, selon le cadastre. Mais là encore, la quasi totalité ont été reconstruites en tout ou partie.

Description

Les 98 maisons et anciennes fermes recensées se répartissent en 35 maisons et 63 fermes. Les fermes ou anciennes fermes sont donc nettement majoritaires, représentant un peu plus des deux tiers du corpus. Cette proportion reflète le caractère rural de la commune jusqu'à son urbanisation croissante et le net déclin de l'activité agricole depuis la fin des années 1960. De nombreuses dépendances sont aujourd'hui réaménagées, voire détruites.

L'habitat recensé est très éclaté sur le territoire communal, qui compte plusieurs gros hameaux. Ces derniers, dont la Bruère, Haute et Basse Fontaine, la Torchaise, Chaumont, regroupent 75 des édifices recensés. Installés sur le plateau, sans réelle limitation de place, ces hameaux présentent généralement un parcellaire peu resserré, offrant des espaces libres pour les activités agricoles. On dénombre par ailleurs 14 édifices isolés (par exemple la Foy, la Galletrie, la Grange, la Montagne). Cette configuration résulte de l'histoire de Fontaine-le-Comte : certaines fermes étaient d'anciennes métairies dépendant de l'abbaye, implantées dans le cadre de sa politique de défrichements. Quant au bourg, il est très réduit en raison des contraintes du relief : seulement 9 édifices y ont été relevés, dont 2 fermes.

Les maisons et fermes recensées à Fontaine-le-Comte présentent des caractéristiques semblables à celles que l'on trouve dans l'habitat des autres communes situées autour de Poitiers et dans la majeure partie du territoire de la Région. Elles ont presque toutes été bâties en moellons, traditionnellement recouverts d'enduit. La pierre de taille est utilisée dans les encadrements de baies et les chaînages d'angle, sauf dans trois cas. Une seule maison, située dans le bourg, est entièrement construite en pierre de taille. Le matériau de toiture est majoritairement la tuile creuse (77 cas sur 98). L'ardoise couvre 10 édifices, datant principalement de la deuxième moitié du 19e siècle. L'ardoise est en effet plus fréquemment utilisée à cette époque, acheminée des carrières d'Anjou grâce au développement du chemin de fer. Son utilisation témoigne aussi de l'élévation du niveau de vie à la même période, et ne concerne toutefois qu'une minorité du bâti (10 édifices sur 98), ce que confirme la faible proportion de toits à croupe, forme plus soignée que le traditionnel toit à longs pans : seulement 7 édifices en possèdent.

Les 63 anciennes fermes recensées se répartissent sur tout le territoire de la commune, confirmant son caractère essentiellement rural et agricole jusqu'aux années 1970. On peut toutefois relever que ce nombre est relativement limité par rapport à l'étendue du territoire communal. Les propriétés agricoles constituaient semble-t-il de vastes ensembles dont dépendaient les nombreuses parcelles cultivées. 50 de ces anciennes fermes se situent dans des hameaux et 10 sont isolées.

Si l'on considère la façon dont les bâtiments de ferme sont organisés, on constate que plus de la moitié (soit 37) sont à bâtiments séparés : le logis et les différents bâtiments d'exploitation constituent des entités distinctes, le plus souvent autour d'une cour. Cette répartition traduit une fois de plus l'absence de contrainte géographique dans l'implantation des bâtiments, l'espace ne manquant pas pour les répartir autour de la cour. Inversement, 13 fermes seulement présentent des bâtiments jointifs, formant parfois un L ou un U. 6 fermes forment un bloc en longueur, c'est-à-dire que leurs bâtiments sont alignés les uns dans le prolongement des autres, sous une toiture commune, de hauteur identique. 6 autres sont de plan allongé : les bâtiments sont toujours alignés les uns dans le prolongement des autres, mais sous des toitures de hauteur différente. Cette description s'appuie sur le plan actuellement visible des fermes, mais certaines ont connu une évolution de leur plan au cours de leur histoire. La plupart de ces anciennes fermes sont fermées du côté de l'espace public : un peu plus d'un tiers sont ceintes d'un muret, et 10 disposent d'un portail à piliers maçonnés. 6 seulement possèdent un logement secondaire en plus de leur logis principal : il peut s'agir d'un logement plus ancien, abandonné pour habiter un nouveau logis ; c'est aussi parfois un logement destiné à un ou des membres de la famille, des domestiques ou des ouvriers.

Parmi les bâtiments d'exploitation, les plus vastes sont les granges, auxquelles sont souvent associées des étables. Les granges-étables à façade en pignon sont les plus spectaculaires. 12 seulement ont été conservées. Elles témoignent alors de l'importance de l'exploitation, ce type de grange étant destiné à abriter de grandes récoltes. Mais la plupart des granges sont à façade en gouttereau : au nombre de 25, elles sont présentent dans un tiers des fermes, ce qui montre que les exploitations à Fontaine-le-Comte étaient de taille moyenne, voire réduite. La différence entre les deux types peut aussi être chronologique : les granges à façade en pignon sont en général les plus anciennes, antérieures au 19e siècle, sans que cela soit systématique. Quant aux hangars, construits essentiellement au 19e siècle pour abriter le matériel agricole en expansion, on n'en compte que 12, signe là encore de la modestie des exploitations agricoles de la commune. Les autres dépendances agricoles le plus souvent remarquées sont les toits à animaux (poules, porcs) et les écuries. 2 séchoirs ont par ailleurs été relevés. Quelques puits (10) sont encore visibles tandis que les vergers et les mares se raréfient.

Les maisons recensées sont nettement moins nombreuses que les fermes, mais sont elles aussi réparties sur tout le territoire de la commune. Plus de la moitié sont des maisons dite « de bourg », c'est-à-dire établies dans un parcellaire dense, le plus souvent en bordure de voie, sans autre espace libre qu'une petite cour à l'arrière. Elles sont situées dans le bourg et dans les différents hameaux, sauf à la Bruère, écart exclusivement agricole. 6 édifices seulement sont des « maisons de faubourg », c'est-à-dire qu'ils se trouvent dans un parcellaire plus relâché et disposent donc de plus d'espace (cour, jardin). 5 autres sont des « maisons de type rural » : accompagnées de petites dépendances (hangar, remise, toits), elles présentent un caractère rural mais leur vocation première n'est pas agricole. Les « maisons de campagne » ou de notable, qui possèdent de nombreux communs ou dépendances et un parc, sont au nombre de 4 à Fontaine-le-Comte : à la Grange-Neuve, au Préjasson, au Léjat et dans le bourg.

Les logis des maisons et des anciennes fermes sont majoritairement (36 cas) placés en retrait par rapport à la voie, ce qui indique encore le peu de contrainte spatiale dans l'implantation des bâtiments. 20 sont construits en alignement sur la voie. 18 se situent perpendiculairement à la rue. La taille des logis est plutôt modeste : 39, soit plus d'un tiers, se composent d'un rez-de-chaussée surmonté d'un surcroît (étage ou comble), qui la plupart du temps servait de grenier. On dénombre toutefois 35 logis possédant un étage carré. Rares sont les sous-sols et les étages de soubassement, la géographie des lieux ne le nécessitant pas. Cette modestie dans la taille de l'habitat est confirmée par le fait qu'un tiers des façades des logis ne comprennent qu'une seule travée, voire aucune, le nombre de travées en façade étant un autre indice de la taille des logements. Un quart des logis sont de taille moyenne, avec deux travées en façade. Les logements plus grands sont proportionnellement moins nombreux : moins d'un quart présentent des façades à 3 travées, et seuls 7 possèdent 4 travées et plus. Bien que présentant des travées, les façades sont le plus souvent organisées sans symétrie : 12 seulement se caractérisent par un ordonnancement ; il s'agit essentiellement de logis construits au 19e et 20e siècle. Le décor des façades est généralement discret. Les corniches couronnant les élévations ne sont présentes que sur 2 édifices, à Chaumont et à Préjasson. La commune se distingue plutôt par la présence de croix peintes à la chaux sur le linteau des portes. On en observe à Haute-Fontaine, Haute-Barberie, Chêne-Sapin et Basse-Torchaise.

Documentation

● Archives

Archives départementales de la Vienne . 4 P 2304. 1840-1862 : matrices cadastrales, augmentations et diminutions de propriétés.
Archives départementales de la Vienne . 4 P 2305. 1862-1914 : matrices cadastrales, augmentations et diminutions de propriétés.
Archives départementales de la Vienne . 4 P 2306. 1882-1911 : matrices cadastrales, augmentations et diminutions de propriétés.



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