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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Fontaine-le-Comte / le Bourg
Abbaye de chanoines réguliers de saint Augustin, dite abbaye Notre-Dame

photographie du dossier documentaire, voir légende
Vue générale. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / C. Bunoz, 2005.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2005.

Historique

La date de fondation de cette abbaye est imprécise, elle se situe entre 1126 et 1136, lors du règne de Guillaume VIIIe comte de Poitou, Xe duc d'Aquitaine, qui légua ses terres à Geoffroy de Loriol pour y installer une communauté religieuse. Si la donation fit l'objet de controverses avec l'abbaye cistercienne de Bonnevaux, Geoffroy de Loriol parvint à fonder l'abbaye avant de devenir, en 1136, archevêque de Bordeaux et y fit établir des chanoines réguliers, de l'ordre de saint Augustin. Cette collégiale prend rapidement le vocable de Notre-Dame des Fontenelles. La guerre de Cent ans occasionna l'incendie de l'abbatiale par les habitants de la commune et des environs, la voûte de la nef fut ruinée et laissée sans couverture pendant plusieurs siècles. Après le Traité de Brétigny (1360), le prince de Galles ordonna au sénéchal du Poitou d'intervenir auprès des habitants de Poitiers et des environs pour faire réparer l'église et plusieurs maisons de Fontaine-le-Comte qu'ils avaient incendiées, pour éviter que l'ennemi s'y retranche. A la fin du 14e siècle, l'abbatiale possédait vraisemblablement, un sol carrelé figuratif. Suite aux destructions subies lors de la guerre de Cent ans, une accalmie permit d'amorcer une période de reconstruction qui débuta lorsque Guy Doucet fut élu abbé, en 1435. Pour protéger l'abbaye des tumultes de l'époque, il fut entrepris de fortifier l'ensemble. De cette période subsistent les écus avec les armes de l'abbé Guy Doucet figurant au-dessus du portail de l'abbatiale, sur la bretèche à mâchicoulis et sur le portail de l'infirmerie. Le mur sud, mis à bas pendant la guerre de Cent ans, fut reconstruit à l'époque de Guy Doucet (voir la reprise de l'appareil). Les archives montrent que le pignon de la façade a été également reconstruit vers 1435 et percé plus tard (baie datant du 15e siècle). Abbé de 1471 à 1502, François Ardillon poursuivit la campagne de restauration : réfection des voûtes des bras du transept et de la croisée, construction d'un chemin de ronde sur le chevet. Si la voûte en berceau brisé du bras nord est entièrement refaite au 19e siècle et celle du bras sud a subi de nombreuses rénovations (1982), l'écusson de l'abbé F. Ardillon situé au sommet prouve que la construction remonte au 15e siècle. Pareillement, la voûte en cul-de-four du choeur, en partie reconstruite en 1825 et restaurée en 1980, date sans doute du 15e siècle. Cette période de construction donna également lieu à la restauration et l'exhaussement de la façade (avec sa baie ogivale) ainsi qu'à la construction d'un chemin de ronde sur le chevet. Au 16e siècle, les guerres de religion furent à l'origine de la destruction du toit de l'église. Au milieu du 17e siècle, François le Veneur relève l'abbaye et, le 15 juin 1647, passe un concordat avec P. Blanchard, supérieur général des chanoines régulier de sainte Geneviève pour que la congrégation de Génovéfains prenne possession de l'abbaye et en entreprenne la restauration. Il faut attendre le début du 18e siècle (1716-1718 ?) pour que la nef soit couverte d'une charpente et d'une voûte en bois ; c'est à cette même époque que les bâtiments sont restaurés et qu'un nouveau mobilier est installé. L'une des deux niches du choeur (mur sud), servant à placer les objets cultuels, a été obstruée par la pose des stalles commandées et réalisées par les chanoines de sainte Geneviève en 1720. L'abbaye des chanoines de l'ordre de saint Augustin fut supprimée en 1756 en raison de son état d'indigence. Elle fut alors rattachée à Saint-Hilaire-de-la-Celle de Poitiers. Au cours du 19e siècle, de nombreux travaux de restauration furent effectués. La nef, recouverte jusqu'en 1975 d'une voûte en brique construite au 19e siècle, est aujourd'hui remplacée par une structure en bois. Cette voûte est probablement plus proche du système originel car, les piliers de soutien n'étant pas d'origine, l'absence d'importants contreforts extérieurs ne permettait pas aux murs de soutenir une voûte en pierre. La partie supérieure du chevet (les modillons situés en haut des contreforts) a été refaite lors de la destruction en 1980 du chemin de ronde, qui menaçait, par son poids, la voûte en cul-de-four, aujourd'hui affaissée.

Description

Cet édifice, construit en belle pierre d'un moyen appareil, se caractérise, sur la partie supérieure des murs, par des reprises témoignant des diverses réparations qui ont été faites. Ce bâtiment présente un plan cruciforme simple. L'entrée est délimitée par un parvis, accessible par un escalier de cinq marches, qui était autrefois couvert (voir Rédet). Un corbeau est encore visible sur cette façade à gauche. La porte, unique, orientée à l'ouest est surmontée d'un arc en plein cintre, sans tympan. Son encadrement se compose de trois voussures ornant son cintre arrondi, retombant sur six petites colonnes non homogènes : celles du côté gauche ont le chapiteau orné de feuillages, celles du côté droit, n'offrent que de simples bandes en saillie l'une sur l'autre. Ce portail est surmonté d'une niche trilobée, sur laquelle figure une inscription en hommage à l'abbé Guy Doucet qui, au 15e siècle, fit restaurer l'abbatiale (façade et mur sud de la nef). Au dessus de la niche, une large baie obstruée, dont certains motifs (feuilles, voussures fines), encore visibles, relèvent du gothique flamboyant. Le mur sud de la nef présente des traces de reprise et des traces d'arrachement sur la façade principale. Côté nord, le mur de la nef comporte de solides contreforts et les traces de l'ancien cloître. Le clocher carré, reposant sur la croisée du transept, est surmonté d'un toit pyramidal obtus. Orienté à l'est, le chevet est soutenu par des contreforts plats, rectangulaires. Son toit à croupe ronde est porté par un ensemble de modillons non homogène. Le chevet, qui se caractérise par une sobriété décorative, est ajouré par des baies, dépourvues de colonnettes, surmontées d'une archivolte à impostes moulurées présentant un décor géométrique (pointes de diamants accompagnées d'entrelacs, dents de scie, palmettes, petites feuilles creusées). L'absidiole nord semble moins le fruit d'une restauration que l'absidiole sud. Toutes deux sont dénuées de contreforts et présentent une fenêtre encadrée de colonnettes à chapiteaux, dont les bases et les fûts ont été tournés. Les ornements extérieurs renvoient aux éléments de décor intérieurs. Au seuil de l'église abbatiale se trouvent les fonds baptismaux, circonscrits par un muret en pierre de taille, datant sans doute du 19e siècle, clôturé par une grille en fer forgé à l'enclume. Pour descendre dans la nef, il faut emprunter un escalier constitué de six marches. Le sol de l'église est en contrebas du niveau du terrain extérieur. Cette nef unique, sans collatéraux, se caractérise par son étroitesse (9 de large sur environs 50 mètres de long, 15 mètres de haut). Elle est couverte d'une fausse voûte en berceau brisé dont les doubleaux, à deux rangs de claveaux, sont portés par des dosserets et des colonnes géminées présentant des chapiteaux lisses. Les murs de la nef ne sont pas percés en vis-à-vis, car les neuf fenêtres cintrées sont établies en quinconce (quatre fenêtres au sud dont deux sont en arc segmentaire, cinq fenêtres en plein cintre au nord). Ces baies, plus hautes et étroites sur le mur sud, pénètrent légèrement dans la voûte. Le départ des voûtes, souligné par un cordon, est dès lors interrompu par l'arc des fenêtres. Cet effet est accentué par le fait que le bandeau est établi dans le prolongement des tailloirs de chapiteaux. Quatre arcs brisés (arcades ogivales), délimitant la croisée du transept, portent le clocher. Les piliers qui soutiennent ces arcades sont constitués de colonnes engagées couplées relevant de deux styles différents : l'ensemble des colonnes sont surmontées d'un chapiteaux lisses, à l'exception de celles de l'angle sud-ouest de la nef qui, refaites au 13e siècle, sont surmontées de chapiteaux à feuillage et terminées en bas par des consoles (en culs-de-lampe, dont une sur le mur sud est ornée d'une main) à sept pieds au dessus du sol. Sur le mur nord, les colonnes ont été écornées pour recevoir la chaire. Le transept, de 28 mètres de long, est doté, sur chaque croisillon, d'absidioles semi-circulaires, voûtées en cul-de-four. Les voûtes des croisillons, en berceau brisé, ont fait l'objet d'une restauration non homogène : le bras droit est voûté en pierre, tandis que le bras gauche est voûté en bois. Une coupole octopartite, présentant huit nervures toriques, coiffe la croisée différenciée du transept. Visiblement, la voûte romane a été remplacée par une voûte d'ogive à huit branches. Les fenêtres de l'abside et des absidioles sont accostées de colonnettes à chapiteaux refaits. L'abside en hémicycle est voûtée en cul-de-four brisé, et percée de sept fenêtres en plein cintre, ébrasées, encadrées de colonnettes, à fûts cerclés et à chapiteaux façonnés au tour. Les absidioles ont chacune une fenêtre flanquée, à chaque angle, de colonnettes à chapiteaux lisses ou tournés. Le choeur, surélevé de trois marches, était autrefois fermé par une grille (voir Rédet). Aujourd'hui, seules les chapelles, dédiées à saint Sébastien et au saint Sacrement, sont clôturées par une grille en fer forgé à l'enclume. La salle capitulaire, surmontée du dortoir, était située dans l'actuelle sacristie. Le transept communiquait avec les autres bâtiments.

Précisions sur le décor

Chapiteau à feuillage en façade et à la croisée du transept. Baies du chevet à archivolte à décor de pointes de diamants, entrelacs, dents de scie, palmettes et petites feuilles. Baie obstruée ornée de feuilles et voussures fines. Console à la croisée du transept ornée d’une main.

Documentation

● Archives

Archives départementales de la Vienne . Série O : Biens communaux autres que les chemins.

● Bibliographie

Andrault-Schmitt, Claude. Des abbatiales du "Désert" : les églises des successeurs de Géraud de Sales dans les diocèses de Poitiers, Limoges et Saintes (1160-1220). Bull. Soc. Antiq. Ouest et des musées de Poitiers, 1994. P. 167-168, 170
Bercé, Françoise. Les premiers travaux de la commission des Monuments historiques, 1837-1848. Procès verbaux et relevés d'architectes. - Paris : Picard, 1979. P. 165-166
Bourgeois, Luc. Constructions et habitats ecclésiastiques, chronique des fouilles médiévales en France. Archéologie Médiévale, tome XXV. CNRS Editions, 1995. P. 240-241
Chergé, Charles de. Rapport d'ensemble sur les monuments historiques du département de la Vienne. Bull. monumental, t. 9, 1843. P. 400-402
Crozet, René, Clément, Jean. Les notes archéologiques du baron de Guilhermy sur les monuments de Poitiers et du Poitou. Bull. soc. Antiquaires de l'Ouest, 3ème s., t. 12, 1939-1941. P. 519
Crozet, René. L'art roman en Poitou. Paris : Laurens, 1948. P. 12, 103-104, 110, 117, 118, 123, 137, 138, 139, 142, 225, 227, 231
Defoug, Françoise. Le parti architectural de l'église Notre-Dame de Fontaine-le-Comte. Maîtrise d'Histoire de l'art, UFR Poitiers. 1999-2000 (Ce mémoire offre une bibliographie très complète). (bibliographie)
Eygun, François. L'abbaye Notre-Dame de la Réau, O.S.Archives EvêchéEtude historique et archéologique. Mém. soc. Antiquaires de l'Ouest, 3ème s., t. 15, 1938. P. 263 note 1, 264
Eygun, François. Art des pays d'Ouest. Paris : Arthaud, 1965. P. 137, 263
Ledain, Bélisaire. Les maires de Poitiers. Mém. soc. Antiquaires de l'Ouest, 2ème s., t. 20, 1897. P. 285-286
Lefèvre-Pontalis, Eugène. L'école du Périgord n'existe pas. Bull. monumental, t. 82, 1923, s.p. : ill. P. 27
Lefèvre-Pontalis, Eugène. Répertoire des architectes, maçons, sculpteurs, charpentiers et ouvriers français au XIème et au XIIème siècle. Bull. monumental, t. 75, 1911. P. 440
Longuemar, Alphonse Le Touzé de. Epigraphie du Haut-Poitou. Mém. soc. Antiquaires de l'Ouest, 1ère s., t. 28, 1863. P. 238, 331-332, 364, 369, 375. Illustration pl. VI
Prysmicki, Laurent. Abbaye Notre-Dame, commune de Fontaine-Le-Comte (Vienne). Etude d'un bâtiment de l'aile ouest du cloître. Service de l'archéologie de Poitou-Charentes, document final de synthèse d'étude archéologique du bâti, septembre-octobre 2001.
Recueil des documents de l'abbaye de Fontaine-le-Comte (XIIe-XVIIIe siècles), publié par Pon, Georges. Archives historiques du Poitou, t.61, 1982. P. VI-XX
Rédet Louis. Dictionnaire topographique du département de la Vienne. Paris : Imprimerie Nationale, 1881. P. 170
Rédet, Louis. Notice historique sur l'abbaye de Fontaine-le-Comte, près Poitiers. Mém. soc. Antiquaires de l'Ouest, 1ère s., t. 3, 1837. P. 226-261
Riou, Yves-Jean. Le prieuré Notre-Dame d'Oulmes (Charente-Maritime). - A propos de deux sculptures du City Art Museum de Saint-Louis (Missouri). Bull. soc. Antiquaires de l'Ouest, 4ème s., t. 13, 1975-1976. P. 179, 186, 187
Salvini, Joseph. L'abbaye de Bonnevaux et l'architecture monastique du début du XIIe siècle dans la région de Poitiers. Bulletin de la Société des Antiquaires de l'Ouest, 3e série, t. VI, 1922-24. P. 357-360
Salvini, Joseph. Fontaine-le-Comte, église saintongeaise en Poitou. Bull. soc. Antiquaires de l'Ouest, 4ème s., t. 2, 1952-1954. P. 843-846
Simmat, Gérard et Juchault, Pierre. Mémoire en Images. Le pays de Poitiers. Joué-les-Tours : éd. Alan Sutton, 1999. P. 48-51

● Annexe 1 :

L'abbaye aux 19e et 20e siècles
Au 19e siècle, l'abbaye dont l'intérêt patrimonial est reconnu, fait l'objet de nombreuses restaurations.
Des travaux de réparation sont programmés (voir A. D. Devis estimatif, daté du 6 avril 1821). Un état des réparations, du 31 juillet 1832, fournit le détail de la restauration.
En 1825, l'abbé Gibault lance un programme de restauration ; malgré ces travaux, la voûte du transept de droite s'est écroulée peu après celui de gauche (voir Chergé, p. 400-402).
Une lettre du Préfet au Ministre, datée du 21 octobre 1837, fait état d'une subvention accordée pour la restauration de l'église de Fontaine-le-Comte (voir Bercé, p. 165-166).
Au milieu du 19e siècle, pour remédier aux inondations qui détériorent régulièrement l'église, une campagne de restauration est menée de 1843 à 1848 par Pierre-Théophile Segrétain (1798-1864), premier architecte de restauration des monuments historiques dans les Deux-Sèvres (voir Chergé, p. 400-402).
Cette restauration, qui a permis la réfection de la couverture du transept sud et de l'absidiole, la reconstruction du pignon et de parements, a sans doute déterminé le plan actuel de l'église : un plan de 1842 montre que la nef était moins allongée, un plan restauré de 1865 donne un aperçu de la configuration actuelle. Dans le dossier Monument Historique, une synthèse des documents (rapports, devis, courriers, avis de Mérimée et de la commission), échangés lors de cette campagne, permet de détailler le champ d'intervention.
Cité par Crozet, un descriptif de1855, d'après Les notes archéologiques du baron de Guilhermy, permet de donner un aperçu de l'abbatiale au milieu du 19e siècle.
De 1865 à 1873, de nouvelles réparations sont effectuées à l'église.
Un devis, signé par Hardion, le 9 avril 1870, permet de détailler la restauration de l'église.
Un rapport des membres du conseil de fabrique de Fontaine-le-Comte (Rapport signé par Brisacier, le 8 juin 1871) évoque un problème dans la restauration, la consolidation de l'arc principal et du beffroi.

Au 20e siècle, l'abbaye a fait l'objet d'une campagne de restauration mise en oeuvre par les Monuments Historiques.
Des documents conservés aux archives départementales donnent des précisions sur les travaux de restauration : marché de gré à gré, daté du 18 juillet 1930, entre la commune, par délibération du Conseil municipal du 8 juin 1930, et Marcel Curé, couvreur à Poitiers, pour la recouverture en ardoise de la sacristie, un marché de gré à gré, daté du 27 juillet 1930, entre la commune, par délibération du Conseil Municipal du 8 juin 1930, et Auguste Pouzet, charpentier à Fontaine, pour la réfection de la charpente de la sacristie.
Un article du Centre Presse, daté du 20 mai 1988, évoque les travaux de restauration (démontage et réfection de la voûte en pierre à l'entrée de l'église) qui sont confiés à l'entreprise SOPOREN, les métiers du bois installée à Fontaine-le-Comte.
Dans une étude préalable, datée de décembre 1991, signée François Jeanneau, Architecte en chef des Monuments Historiques, Angers, figure un plan de l'église précisant les différents lieux d'intervention prévus pour l'assainissement de l'ensemble (drainage, reprise du parement).
Un article Centre Presse, daté du 23 février 1994, donne un détail des travaux de restauration de l'abbatiale : drainage de toute la périphérie de l'édifice, reprise de façades extérieure avec rejointoiement et remplacement de certaine pierres, reprise des murs intérieurs de la nef et du transept, pavage du parvis (entreprise SOPOREN).
Un article du Centre Presse, daté du 24 mars 1995, précise l'état d'avancement des travaux : la première tranche est achevée (drainage et reprise des murs extérieurs), la deuxième tranche est en cours (reprise des murs de la nef, du transept et du choeur du soubassement au parties basse des ouvertures). Les stalles et le nouvel autel en pierre sont en attente d'être installés.
Un article du Centre Presse, daté du 21 juillet 1993, relate l'installation des nouveaux vitraux de l'église, oeuvre réalisée par Coline Fabre (Tusson, Charente). La restauration des stalles est confiée à Yves Burgues, restaurateur à Poitiers.
Actuellement, de nombreuses portes qui permettaient la circulation à l'intérieur de l'abbaye sont bouchées.

● Annexe 2 :

Devis estimatif des réparations, le 6 avril 1821, signé par Gabiot.
"Maçonnerie. A l'entrée de l'église, il sera fait et démoli les trois pilastres qui soutenaient la couverture du ballet. Jusqu'à hauteur du mur d'appui et il sera fait le cadre des tablettes avec les pierres de taille provenant de la destruction le dit mur (...). La dernière marche de l'escalier pour descendre dans le ballet et hors d'état de pour servir et il est urgent qu'elle soit réparée en plusieurs morceaux des pierres de taille provenant des démolitions (...).
Le mur à l'extérieur du choeur de l'église est très endommagé, il sera fait une reprise d'un seul parement de la hauteur de six pieds. L'entablement où sort la corniche qui existe dans des parties, elle sera supprimée, (?) servir pour le parement du mur. Les pierres de la voûte qui est écroulée sur tout son pourtour du choeur, il sera fait avec mortier de chaux et sable.
Le Confessionnal de la Chapelle de saint-Sébastien : les murs à l'extérieur, le parement seulement, il sera repris de la hauteur de 8 pieds sur tout son pourtour (...).
La voûte qui est écroulée, les murs seront dérasés (?) de la hauteur de cinq pieds pour consolider la naissance de la nouvelle voûte en brique (...).
Pour déraser le pignon de ladite chapelle à la sacristie à hauteur de la nouvelle couverture, supprimer les pierres qui menacent (?), enfin que la couverture de la chapelle couvre le mur (...).
Couverture en tuiles courbes : Pour couvrir à neuf le choeur de l'église et la chapelle de saint-Sébastien, fournir les matériaux nécessaires (...). Pour couvrir le confessionnal de tuiles plates (...) provenant des démolitions (...)".

Etat des réparations faites et à faire à l'église, par l'architecte Dupré, au 31 juillet 1822.
"L'examen fait, nous avons reconnu que les murs de la rotonde qui sert le choeur ont été élevé de 13 mètres 33 centimètres de long sur six mètres de hauteur (...). Reste maintenant pour faire la rotonde, la charpente et couverture à faire, pour la conservation de la voûte et des murs nouvellement construits, lesquels ont été faits pour recevoir la charpente afin de ne pas charger la voûte qui est en pierre de taille et qui n'a que 33 centimètres d'épaisseur.
Pour couvrir la chapelle de saint-Sébastien, dont la voûte, charpente et couverture sont tombés, il conviendrait de raser la voûte à hauteur des murs pour établir une charpente dans la même forme que celle de la nef et qui serait cintrée en dessus. Pour cet effet, il convient de reprendre une partie de mur du côté de l'ancien cloître qui est dégradé dans la partie haute (...).
Pour la charpente et couverture des deux petites chapelles (vieilles tuiles)
Couverture de la sacristie (tuile).
Récapitulation des différents articles Pour la charpente et couverture de la rotonde / Pour la maçonne, charpente et couverture de la chapelle saint-Sébastien / Pour la maçonne, charpente et couverture des deux petites chapelles, ainsi que pour la couverture de la sacristie".
(Archives départementales de la Vienne. Série O).

● Annexe 3 :

Devis du 9 avril 1870, des travaux de restauration de l'église (couverture, charpente, voûte, sacristie, vitraux), signé par Hardion, architecte à Tours.
"Couverture : démolition sur la nef, réparation transept et absidioles, démolition de la couverture en tuile (...) 1030 m2 de couverture en tuile (...). Couverture des absidioles ardoise.
Charpente : repiquage de couverture sur le clocher, le transept et le choeur.
Divers : Etais et cintres pour réparation de l'arc doubleau à forfait. (...) Beffroi du clocher à refaire.
Voûtes : Un transept (102 m2). Les 102 m2 superficiels de voûtes en briques simples et doublées (...). Chaînes en briques à l'extrados (...). Consolidation de voûte parallèle. (...) Les voûtes du sanctuaire, du transept et des absidioles seront débarrassées du badigeon qui les recouvre et rejointoyées avec le plus grand soin. Sanctuaire : pieds droits, voûtes. Transept : ensemble, voûtes. Voûte du Clocher. (...) Plus value pour consolidation d'une voûte absidiole. Changement des emmarchements d'autel.
Sacristie : Ouverture d'une fenêtre (...).
Métré des travaux (couverture, charpente, voûte, vitraux), 6 mai 1871.
Maçonnerie : réparation du mur de la chapelle saint-Sébastien. (...) Reprise du mur de la nef. Chapelle saint-Sébastien, côté ouest. Sacristie, côté ouest, côté nord. Chapelle saint-Sébastien, côté nord. Absidioles. Sanctuaire. Chapiteaux des deux colonnes jumelles. Chapiteau d'un angle. Un autre semblable. Fût deux colonnes jumelles. Pilastre d'angle. Un autre semblable. Bases des colonnes jumelles. Base d'une colonne d'angle. Une autre semblable. Un autre pilier semblable. (...) Voûte du sanctuaire. Arc doubleau du sanctuaire. (...) Colonne jumelle. Une autre colonne semblable. Colonnes des fenêtres. Treize autres colonnes des fenêtres semblables. Pieds droits du sanctuaire. Voûte du transept (...). Arc doubleau du transept. Voûte du clocher. oeil de boeuf. Arc doubleau de la grande nef. Un autre du transept du nord. Absidiole, voûte. Piédroit. (...) Une colonne. Une autre colonne semblable. (...) Une autre absidiole semblable.
Pour une absidiole : Plâtrerie, voûte en briques. Demi arc doubleau. (...) Voûte. Arc doubleau (...).
Voûtes en briques sur le transept. Chaînes en briques à l'extrados. (...)
Charpente : clocher (...), sacristie.
Couverture : Démolition nef. Transept. Absidiole côté nord. Absidiole côté sud. Sacristie. Clocher. Partie qui couvrait les cloches. Noues.
Rectification de la même couverture. Tuile neuve. Nef : un côté en tuile vieille. Un autre côté en tuile vieille. Transept tuile vieille. Sacristie tuile creuse. (...) Absidiole tuile neuve plate. (...) Tuile creuse sur le sanctuaire. Couverture en vieille ardoise sur le clocher. (...)
Couverture en ardoise neuve sur le clocher. (...) Démolition du beffroi et de la petite charpente.

Rapport des membres du conseil de fabrique de Fontaine-le-Comte par Brisacier, architecte à Tours, le 8 juin 1871 : problème dans la restauration, consolidation de l'arc principal et du beffroi.
Couverture, charpente, voûte. Décompte des travaux du 13 mars 1872.

Devis des travaux. 3 juin 1898. Eglise : travaux à l'abside, charpente et couverture en ardoise. Sacristie : charpente. Presbytère : couverture en tuile creuse.
(Archives départementales de la Vienne. Série O).

● Annexe 4 :

Andrault-Schmitt, Claude. Des abbatiales du "Désert" : les églises des successeurs de Géraud de Sales dans les diocèses de Poitiers, Limoges et Saintes (1160-1220).
"Cette formule, d'un bel équilibre, qui existe toujours à Fontaine-le-Comte (transept de 28 mètres, soit également de la nef de l'abbaye de l'Etoile), devait être aussi celle de l'église de Bonnevaux. Bien que la composition des parties orientales de l'église du Pin relève du domaine de l'hypothèse, on peut donc imaginer, à proximité de Poitiers, à l'ouest et au sud-ouest, un groupe de trois églises « du désert », de structures comparables, de dimensions équivalentes et de style voisin : on en mesure toute la rigueur en comparant avec la splendeur de l'abbatiale de Valence, construite deux générations plus tard en style rayonnant.
"Un marché passé en 1715 avec un menuisier pour des boiseries au « pourtour intérieur du sanctuaire », ainsi que le cadastre de 1824 (A.D. 86, 1 H 8), soulignent les analogies avec l'église des chanoines de Fontaine-le-Comte, sans doute un peu plus tardive, dont les volumes sont empreints de majesté : une nef étroite, un transept de près de 30 m. de long (mais sans absidioles), une croisée nettement différenciée, un choeur en vaste hémicycle presque outrepassé (avec cinq baies et non sept). Il faut donc insister autant sur les problèmes particuliers d'une génération que sur la spécificité des réponses régionales qui y sont apportées, et même imaginer des rapports étroits entre certains chantiers, obéissant davantage aux avantages de la proximité et aux aléas des relations entre les hommes qu'à des liens statutaires".

● Annexe 5 :

Bercé, Françoise. Les premiers travaux de la commission des Monuments historiques, 1837-1848.
Extrait du Procès-verbal, daté du vendredi 7 juillet 1847.
"Vienne, égl. de Fontaine-le-Comte. M. le baron Taylor lit un rapport dans lequel il combat le projet de l'architecte du département par lequel il propose de détourner les eaux du ruisseau qui filtrent dans l'église et y forment comme un étang entre l'officiant et les fidèles. Ce projet consiste à réunir les eaux et à les faire couler dans un ruisseau souterrain. Il pense que le bruit en serait désagréable et que leur passage détériorait les fondations. D'ailleurs il faudrait exhausser le dallage de la nef, ce qui en changerait les proportions. Quant à la seconde partie du projet qui a trait à la consolidation des voûtes, c'est une question spéciale à faire examiner par un architecte. (...)
Le Président fait observer que dans un second projet, l'architecte du département a proposer de bitumer le sol de l'église et de diviser les eaux du ruisseau des deux côtés de l'édifice. Il pense (encore) que ce projet aurait encore des inconvénients plus graves que les premiers il y a des exemples de ruisseau et même de petites rivières, passant dans le sol d'un église, dans un canal souterrain, notamment à Fécamp et cette disposition ne présente aucun inconvénient grave.
M. Duban approuve les conclusions du rapport de M. Taylor mais il fait observer en même temps que l'édifice est dans une contrée riche en monuments et n'y occupe que le 3e ordre.
Après discussion une somme de 2000 fr. est accordée sous forme de subvention".

● Annexe 6 :

Bourgeois, Luc . Constructions et habitats ecclésiastiques, chronique des fouilles médiévales en France.
"La réalisation d'un drainage sur le pourtour de l'église de Notre-Dame de Fontaine-le-Comte a nécessité une intervention archéologique ponctuelle destinée à documenter la physionomie primitive de cette abbaye de chanoines augustins fondée entre 1127 et 1137. Le mur sud de la nef, presque totalement repris (15e siècle, 1716-17-18 et 1825) comportait dans son état roman quatre contreforts irrégulièrement répartis et qui n'apparaissent plus dans l'élévation actuelle. L'arrachement d'un escalier droit intégré aux maçonneries a également été repéré près de l'angle S.O. de l'église. Le pignon occidental a fait l'objet de remaniements encore plus profonds, ne laissant subsister que quelques traces des maçonneries du 12e siècle. Si le jambage et l'arc du portail datent du 13e siècle, la majeure partie de la façade remonte au milieu du 15e siècle. C'est à cette dernière campagne de construction qu'il faut attribuer la vaste baie axiale dont le remplage démonté fut enfoui au pied du portail au début du siècle dernier et la construction d'un auvent en bois protégeant l'accès de l'église. L'angle S.O. du pignon a été repris à la fin du 15e siècle, pour être lié au nouveau logis abbatial. Au nord, les tranchées réalisées ont permis de restituer le mur-bahut du cloître disparu dès le 17e siècle. Un petit groupe de sépultures médiévales a été repéré dans cette galerie large de 3,20 m., contre l'ancienne salle capitulaire. Enfin, plusieurs segments de canalisations constituées de dalles de calcaire liées à l'argile ont été observés à proximité de l'église et sous l'édifice. Ces vestiges témoignent d'un système hydraulique très complexe, qui pourrait partiellement réutiliser l'aqueduc antique de Basse-Fontaine".

● Annexe 7 :

Chergé, Charles de. Rapport d'ensemble sur les monuments historiques du département de la Vienne.
"Ce monument offre le type du genre roman dans toute sa sévère nudité, les ogives des arcades des transepts dénotent bien de l'époque de transition à laquelle se rapporte l'érection du monument. Cependant, l'absence de bas-côté, la pénurie d'ornements, l'aspect massif de toute la construction, semblent indiquer, comme l'a si bien dit M. Rédet, dans une savante notice insérée dans les mémoires de la Société des Antiquaires de l'Ouest que l'art roman, naguère si florissant, avait subi une grande altération sans avoir été régénéré par le style ogival qui commençait à briller dans le nord.
Cette église est remarquable par le grandiose de sa construction. Sa nef unique sans bas-côté, l'élévation des deux murailles latérales qui ont 10 mètres jusqu'à la naissance des voûtes, la largeur de cette nef qui par une bizarrerie assez extraordinaire a, du côté des transepts, 28 centimètres de plus qu'à l'entrée, les grandes arcades ogivales sur lesquelles s'appuie le lourd clocher carré, l'abside et les sept fenêtres en plein cintre qui y font pénétrer une lumière abondante, tout cela réuni constitue un ensemble sévèrement grandiose et dont l'entretien est au-dessus des forces d'une fabrique et d'une communes fort pauvres, rendues plus misérables encore par la mesure récente qui en a distrait Croutelle.
En 1825, M. l'abbé Gibault avait obtenu du gouvernement un secours de 3 000 francs, qu'il employa à faire reconstruire la partie supérieure des murs de l'abside, la voûte du choeur, le lambris de la voûte du transept gauche et la couverture de la nef ; mais malgré ces dépenses, malgré celles que les sacrifices imposés à la commune ont mis en état de faire postérieurement, il était à craindre qu'elles ne devinssent inutiles si on eût laissé porter plus longtemps le poids de la charpente sur la voûte du transept de droite, lequel devait s'écrouler bientôt comme celui de gauche. Les eaux pluviales se joignant à celles qui, en hiver, sourdent et jaillissent du sol même de l'église en changeant la nef et les transepts en un vaste étang, sont aussi une cause incessante de ruine qui réclamait un prompt remède. Notre rapport de 1840 signala le mal et provoqua plusieurs devis infructueux. Enfin M. Segrétain, inspecteur des monuments historiques des Deux-Sèvres, fut chargé de présenter à la commission un nouveau projet. Son plan, qui consiste à refaire la charpente du transept de droite et à éloigner les eaux qui envahissent, en hiver, l'église entière, à l'aide de saignée, et en faisant récurer à fond le ruisseau dont le niveau ainsi abaissé ne laisserait plus infiltrer l'abondance des eaux qu'il distribue à l'église, a été approuvé (...)".

● Annexe 8 :

Crozet, René. L'art roman en Poitou.
" (...) Fontaine-le-Comte offre des chapiteaux cylindriques dégagés au tour en conservant des stries parallèles.
Sans constituer, à proprement parler, un décor, les bagues et les filets qui cerclent les fûts des colonnettes de Fontaine-le-Comte, du Bas-Nueil, de Saint-Pierre de Melle ou de Nanteuil-en-Vallée accusent la technique du tournage des pierres pratiquée dans ces régions riches en beaux bancs calcaires, technique encore pratiquée aujourd'hui dans les carrières de Chauvigny".

● Annexe 9 :

Crozet, René. Les notes archéologiques du baron de Guilhermy sur les monuments de Poitiers et du Poitou.
Fontaine-le-Comte (Bib. Nat., nouv. aquis. fr., 6100, p. 310-312, notes prises le 29 octobre 1855, rédigées dans les derniers jours de juin 1856.) : "Au moment où Guilhermy visitait cette église, la niche, aujourd'hui vide, qui se trouve au dessus du portail, abritait une statue de saint Sébastien. On voyait, au sommet du pignon, l'écusson de France mutilé. La nef et le croisillon nord étaient couverts de voûtes en bois qui ont été, depuis, refaites en pierre et brique.
Aux fenêtres de l'abside, quelques petits médaillons en grisaille 17e siècle, un calvaire, saint Pierre, un évêque (...). Près de cet autel (croisillon nord) une sainte Radegonde en pierre, 17e siècle. Sur les murailles, traces de peinture du même ton qui représentaient le martyre de saint Sébastien ; des inscriptions expliquaient les sujets (...). Au pavé, quelques pierres tombales envahies par la mousse et la saleté, entre autres, un débris, 13e ou 14e siècle ; un prieur claustral gravé en creux, 17e siècle ; un conseiller au présidial de Poitiers (même époque)".

● Annexe 10 :

Ledain, Bélisaire. Les maires de Poitiers.
" (en 1362), faisant droit aux réclamations des religieux de l'abbaye de Fontaine-le-Comte, dont l'église et les bâtiments avaient été brûlés et démantelés autrefois par les habitants de Poitiers, afin d'en rendre l'occupation impossible à l'ennemi, il ordonna qu'ils fussent réparés aux frais de la ville et des villages environnants s'il était prouvé que cette destruction avait été faite dans un but de défense commune et d'utilité publique. Ces faits étaient notoires et remontaient à 1359, alors que Saint-Cyprien et Ligugé avaient subi le même sort. Aussi, le sénéchal du Poitou, Guillaume Felton, le 27 août 1364, chargea trois commissaires, dont Aimeri d'Ayron, de contraindre les habitants à procéder aux réparations de l'abbaye".

● Annexe 11 :

Lefèvre-Pontalis, Eugène. L'école du Périgord n'existe pas.
"On peut se demander pourquoi les architectes de sud-ouest de la France donnèrent préférence au parti de la nef unique au 12e siècle. C'est que leurs prédécesseurs avaient élevé de larges vaisseaux lambrissés sans bas-côtés, comme à Beaulieu-lès-Loches, à Saint-Hilaire de Poitiers, à Château-Larcher, à Nouaillé (Vienne), qui furent recoupés par deux files de piliers pour les voûter après coup au 12e siècle. En outre, ils furent guidés par une raison d'économie, comme autour de Caen, dans le Velay, le Languedoc et la Vallée du Rhône. On croit généralement qu'il faut arriver aux confins méridionaux du Poitou pour rencontrer en abondance des nefs uniques, mais comme j'ai prouvé dans un précédent article que les cinquante églises romanes à bas-côtés du sud-ouest forment un groupe restreint, j'insiste sur le fait que les nefs uniques sont au nombre d'une centaine dans la Vienne (note citant Fontaine-le-Comte et Saint-Benoît) et dans les Deux-Sèvres. (...) Le programme de la nef unique répondait si bien aux désirs du clergé dans le sud-ouest au 12e siècle que dans certaines églises (...) on renonça à continuer les bas-côtés amorcés près du transept pour bâtir une nef unique".
Cet ouvrage contient une illustration témoignant de la présence sur la nef d'une voûte en arc brisé, constituée de briques.

● Annexe 12 :

Lefèvre-Pontalis, Eugène. Répertoire des architectes, maçons, sculpteurs, charpentiers et ouvriers français au XIème et au XIIème siècle.
"Les seigneurs s'efforçaient d'attirer les ouvriers sur les chantiers des abbayes dont ils étaient les bienfaiteurs en leur accordant des faveurs, comme les fondateurs des bastides au 13e siècles. Ainsi, vers 1120, Foulques V, comte d'Anjou, exempta de toute redevance et de toute corvée les artisans qui étaient au service du monastère de Saint-Jouin-de-Marnes, Guillaume VII, duc d'Aquitaine, prit sous sa protection les maçons et les charpentiers qui élevèrent les abbatiales de Fontaine-le-Comte et de Sablonceaux en Saintonges, vers 1130 (Cf. Guérard, Cartulaire de Saint-Père de Chartres, p. 378)".

● Annexe 13 :

Longuemar, Alphonse Le Touzé de. Epigraphie du Haut-Poitou.
"L'abbatiale de Fontaine-le-Comte fut érigée au commencement du 12e siècle par Guillaume X, duc d'Aquitaine ; sa belle nef et son abside ne démentent pas cette date, mais son portail a subi quelques modifications, qui sont au surplus constatées par les inscriptions en gothique brisé développées sur le pourtour d'une arcade ogivale et d'un écusson rappelant le souvenir de l'abbé qui ordonna cette reconstruction.
Autour de la niche ogivale on lit :
GUYDO DOUCET ABBAS HUJUS LOCI
Et autour de l'écusson (mutilé) de cet abbé, le quatrain français suivant :
GUY DOUCET ABBE DE CE LIEU / FIT JADIS EN L'HONNEUR DE DIEU / AINSI REPARER CETTE EGLISE / EN GLOIRE SOIT SON AME MISE. AMEN" (p. 238).
Epitaphe de LEFEBVRE-BRILHAC 1647, épitaphe de L. ROUSSEAU 1647 (p. 331-332).
Epitaphe de T. BELLANGER, religieux, 1710 (p. 364).
Epitaphe du chanoine J. LANNOY, 1736 (p. 369).
Epitaphe de Radegonde GUERINEAU 1764 (p. 375).

● Annexe 14 :

Recueil des documents de l'abbaye de Fontaine-le-Comte (12e-18e siècles), publié par Georges Pon.
"Les éditeurs du Gallia christiana ont publié la charte de fondation de Fontaine-le-Comte et de Sablonceaux d'après l'original aujourd'hui perdu. (...) L'acte se situe donc entre l'avènement de Guillaume VIII en février 1126 et l'ascension de Geoffroy de Loriol sur le siège métropolitain de Bordeaux en 1136" (p. 7).
"On trouve des préoccupations semblables dans l'acte de fondation de Fontaine-le-Comte et de Sablonceaux puisque Geoffroy de Loriol est parvenu à se faire octroyer par le duc d'Aquitaine la protection des charpentiers et des maçons travaillant à la construction des deux églises" (p. 10).
"Mais on a aussi l'impression qu'il cherchait à exploiter les possibilités d'un marché urbain en pleine expansion, puisque la charte de fondation contient des privilèges fiscaux, des franchises commerciales ainsi que des dispositions en faveur de l'élevage" (p. 12).
"Il faut attendre la fin du 12e siècle pour trouver quelques documents qui mentionnent clairement la vocation canoniale de l'abbaye. En 1191, il est question des chanoines de l'abbaye de Fontaine-le-Comte et, en 1199, de la règle de saint Augustin" (p. 13).
"La liste des paroisses qui relevaient de Fontaine-le-Comte aux 12e et 13e siècle est courte. Sauf celle d'Aulnay, elles se trouvaient toutes dans les environs de l'abbaye (...). Il y a deux aspects principaux dans la formation du domaine de Fontaine-le-Comte aux 12e et 13e siècles : d'une part, la marque imprimée sur les paysages et l'économie des environs de l'abbaye par les compagnons de Geoffroy de Loriol et leurs successeurs ; d'autre part, l'élargissement géographique du temporel abbatial qui résulte, dans la première moitié du 13e siècle, d'un mouvement de donations assez importants puis, à partir de 1254, d'une véritable politique d'achats de biens et de revenus" (p. 16-17).
"C'est dire que le fondateur de Fontaine-le-Comte avait à sa disposition les ressources en hommes, animaux et matériel nécessaires pour entreprendre l'attaque des brandes. Cet équipement lui permit également, bien avant 1149, de réaliser des essarts à Chaumont, au Poizac et à Jalais près de la Torchaise, sur la partie des plateaux la plus favorisée par les conditions pédologiques. Par ailleurs, un texte du milieu du 13e siècle fournit une liste des « granges » de Fontaine-le-Comte où vivent des religieux : La Foy, la Grange, Audemont, Chaumont, La Mortalane, Le Poizac et La Torchaise. Trois de ces granges se trouvent être situées aux lieux mêmes où les essarts ont été opérés avant 1149" (p. 18).
"Le système de faire-valoir direct remontait aux origines de l'abbaye : un acte de 1136-1138 mentionne des terres que la communauté de Fontaine-le-Comte cultivait à ses propres frais. (...) Au 13e siècle, comme on l'a vu plus haut, il est question de granges où vivent des frères. (...) Mais il est intéressant de noter que le texte mentionne d'autres granges qui ont été fractionnées pour être confiées à des laïcs (...). La baisse des profits de l'exploitation directe a été compensée par les donations et les achats de biens et de rentes" (p. 18-19).
"Le rythme des donations s'accroît d'une manière assez impressionnante du 12e au 13e siècle (26 donations entre 1201 et 1251 contre sept pour les soixante premières années de l'abbaye). (...) Dans la première moitié du 13e siècle, l'expansion se déploie dans un espace géographique plus vaste : l'abbaye commence à s'implanter dans la ville de Poitiers, au nord du Poitou (Loudunais, Mirebalais) et au sud, en direction de Lusignan. (...) Le courant des donations ne s'épuise pas après 1250 : 40 donations entre 1251 et 1300 dont une part non négligeable concerne des terres, vignes, etc. Le premier achat a lieu en mars 1254 : on en compte 22 autres jusqu'à la fin du 13e siècle qui sont principalement des constitutions de rentes" (p. 19).
"Un bilan des possessions de Fontaine-le-Comte à la fin du 13e siècle montre que le domaine de l'abbaye n'a guère dépassé les limites du Poitou et qu'il ne couvrait en vérité qu'un bande assez étroite en Haut-Poitou : à l'est, il a pour frontière le Clain, de Vivonne à Châtellerault, tandis qu'à l'ouest son extension en Bas-Poitou se limitait à quelques biens en Gâtine, situés autour de Secondigny et à des maisons à Parthenay.
Solidement implantée au sud-ouest de Poitiers, dans les paroisses voisines ou proches de Fontaine-le-Comte, à Ligugé, à Croutelle, à Montreuil-Bonin, Béruges et Vouneuil-sous-Biard, l'abbaye s'est aussi installée dans la cité à la fin du 12e siècle et a acquis, par don ou par achat, quelques revenus constitués sur des péages et surtout des maisons et des rentes.
A partir de cette base solide, le développement s'est fait dans deux directions :
1) au sud-ouest, l'abbaye possède des terres et des revenus à Lusignan et Vivonne, à Saint-Maixent et dans les paroisses voisines (Exireuil, etc.) et au-delà de Saint-Maixent, à Breloux et à Souché près de Niort. On remarquera que les progrès de l'abbaye au sud de Lusignan sont assez tardifs malgré sa situation sur l'axe routier de Poitiers-Niort ;
2) au nord de Poitiers, les possessions de l'abbaye formaient deux grandes branches qui s'ouvraient largement à partir de Jaunay-Clan : l'une vers Châtellerault et Leugny, l'autre vers les prieurés d'Aulnay et de Purnon. On constate par conséquent que l'abbaye de Fontaine-le-Comte, née du défrichement des brandes, sans abandonner du moins jusqu'au dernier tiers du 13e siècle, la mise en valeur des bois et des landes par la culture et l'élevage, s'est attachée à trouver d'autres sources de revenus par l'acquisition de biens fonds et de rentes et à en assurer la gestion par la création de prieurés" (p. 19-20).

● Annexe 15 :

Rédet, Louis. Notice historique sur l'abbaye de Fontaine-le-Comte, près Poitiers.
"C'était à cette époque désastreuse où l'on avait déjà vu à plusieurs reprises les hordes anglaises envahir la province et y porter toutes les horreurs de la guerre. On peut en prendre une idée dans le préambule du décret : d'après la supplique qui nous a été présentée de la part du vénérable Etienne, abbé de Fontaine-le-Comte, et de ses religieux, de l'ordre de saint-Augustin, portant que leur monastère avait été saccagé pendant les guerres qui ont longtemps désolé notre diocèse, et principalement la contrée où il est situé, et qui ne cessent, hélas ! d'exercer leurs ravages ; que leurs bâtiments sont en ruine, leurs terres sans culture, et qu'ils n'ont aucun moyen de réparer ces désastres (...) ; nous, en considération de cette extrême détresse, et pour les mettre en état de supporter les charges de leur maison, unissons à leur mense commune le prieuré d'Aulnay. Lorsque, par suite du traité de Brétigny, la domination anglaise se fut établie dans cette province, le prince de Galles, à qui son père en avait remis le gouvernement, s'occupa à réparer les maux affreux que la guerre avait occasionnés. (...) Le mois suivant, il ordonna au sénéchal du Poitou de contraindre les habitants de Poitiers et des environs à faire réparer l'église et plusieurs maisons de Fontaine-le-Comte qu'ils avaient incendiées, de peur que l'ennemi ne s'en emparât pour s'y fortifier : comme la dicte église et plusieurs maisons appartenantes à icelle ayent esté fondues, minées, arses et rasées par les gens et habitans de la ville de Poictiers et d'autres lieux circumvicins pour doubtes qu'elles fussent emparées des gens de notre partie ou d'autre (...), contraignez les habitans de la ville de Poictiers et du païs voisin, et autres que vous semblera estre tenuz de raison à la dicte réparacion, eux et chascun d'eux par taillées ou autrement bien et loyalement à réparer et refaire la dicte église et maisons du dit lieu (lettres originales du 11 mars 1363 [1364])" (p. 243).
"Il est probable toutefois que, pas plus que les autres églises des environs, elle ne fut à l'abri des dévastations et des pillages des protestants ; et nous devons sans doute attribuer à ces nouvelles calamités, arrivées avant qu'elle eût encore pu réparer tous les désastres des guerres précédentes, la décadence et les relâchements où nous la voyons au commencement du 17e siècle ; il n'y restait que trois religieux, dont deux âgés et infirmes. (...) Les lieux réguliers, à cette époque, étaient dans l'état le plus déplorable (Procès-verbal de visite, du 19 juin 1654). Les cloîtres étaient en ruine et paraissaient avoir été détruits par le feu ; il n'en restait que trois piliers. Le chapitre et le réfectoire ne présentaient également que des murs en ruine ; le réfectoire était sans charpente et sans couverture. Dans l'église, on trouvait des traces non moins affligeantes de dévastation : la nef était entièrement à découvert ; il ne restait aux fenêtres ni vitres ni ferrures. François le Veneur, animé du désir de relever son abbaye de l'état de langueur où elle dépérissait, fit un concordat, le 15 juin 1647, avec P. Blanchard, Supérieur général des chanoines réguliers de sainte-Geneviève, pour y établir des religieux de cette congrégation" (p. 249).
"Leur revenu, à cette époque, ne s'élevait qu'à 2 481 livres, dont il fallait déduire 645 livres pour certaines charges qui étaient à leur compte, indépendamment de quelques dettes actives. En raison de la modicité de cette dotation, qui ne pouvait suffire qu'à l'entretien de trois religieux, il fut résolu de supprimer la mense conventuelle et de l'unir à celle de l'abbaye de Saint-Hilaire-de-la-Celle de Poitiers. (...) Le décret rendu par M. de la Marthonie de Caussade, évêque de Poitiers, le 24 mars 1756, fut confirmé par lettres patentes du mois d'août 1758. Un long procès ne tarda pas à s'engager entre les chanoines de la Celle et l'abbé de Fontaine-le-Comte au sujet des réparations de l'église et du logement du curé de Fontaine-le-Comte : l'arrêt souverain qui intervint, le 7 septembre 1773, ordonna l'enregistrement des lettres patentes de 1758 pour être exécutées selon leur forme et leur teneur, et obligea les chanoines réguliers à achever dans un délai de dix-huit mois les réparations de l'église, et à fournir au curé une maison convenable pour lui servir de presbytère, ordonnant au surplus que, pour garantie de l'exécution des charges, les deniers provenant de la vente des matériaux des bâtiments de la mense conventuelle seraient déposés entre les mains d'un notaire, qui ne pourrait s'en dessaisir que pour payer les ouvriers qui auraient travaillé aux réparations (Les matériaux des bâtiments de la mense conventuelle furent vendus pour 5 400 livres, le 13 mai 1774)" (p. 253).
"On remarque au-dessus de la porte une niche vide avec une arcade aiguë et trilobée, entourée de cette inscription en caractères gothiques : Guido Dousseti abbas huius loci. Guy Dousset, élu abbé en 1435, fit restaurer la façade et la muraille de la nef du côté droit (...). Les armes de cet abbé, gravées sur l'écusson, sont effacées ; on ne distingue plus que la crosse qui la surmontait. Tout le mur qui s'élève au-dessus de la niche, et qui est percé d'une grande fenêtre en plein cintre dans un encadrement ogival, date sans doute de la restauration de Guy Dousset ; mais on y retoucha encore par la suite, car, sur le plein cintre du vitrage, on lit le millésime 1718, époque où l'on refit, en les abaissant, les combles de la nef, et où, selon toute apparence, on boucha la partie supérieure et ogivale de la fenêtre. On aperçoit encore au sommet du pignon l'écusson aux armes de France qu'y firent placer les Génovéfains, et qui n'a dû sans doute qu'à sa position élevée d'échapper aux atteintes du vandalisme" (p. 255).
"Ce ne fut qu'en 1716 que les chanoines réguliers de la congrégation de France commencèrent à faire établir les combles ; la charpente fut posée l'année suivante, et, en 1718, la nef fut recouverte d'un plancher en forme de voûte" (p. 256).
"François Ardillon, qui fut élu abbé en 1471, fit réparer la voûte du clocher et celles des transepts ; on y voit à droite l'écusson qui portait ses armes (trois ardillons). Note en bas de page : les charpentes du clocher, du choeur et des transepts, furent refaites en 1582 ; il en coûta 120 écus d'or, outre le bois nécessaire qu'on pris dans les futaies de l'abbaye" (p. 257).
"L'état de délabrement où se trouva réduite l'église de Fontaine-le-Comte par suite d'abandon, excita vivement la sollicitude de M. l'abbé Gibault, conservateur des antiquités du département de la Vienne. Avec l'aide du gouvernement, qui lui accorda une subvention de trois mille francs, il fit faire en 1825 de grandes réparations. La partie supérieure des murs de l'abside et la voûte du choeur furent reconstruites ; on recouvrit en planches le transept gauche dont les combles s'étaient écroulés, et l'on rétablit la couverture de la nef" (p. 259).

● Annexe 16 :

Salvini, Joseph. Fontaine-le-Comte, église saintongeaise en Poitou.
" (...) singulièrement frappé par l'extrême sobriété de cette église construite vers 1140, et j'en risquais cette explication, que le fondateur de l'abbaye, Geoffroy de Loriol, archevêque de Bordeaux, ami de saint Bernard, avait dû être influencé par les principes d'austérité bien connus que celui-ci transposait jusque dans la décoration des églises.
Je crois maintenant que cette explication, tout en gardant peut-être une partie de sa valeur, doit être remplacée par une autre.
Le caractère de sobriété qui saisit de prime abord quand on entre dans l'église de Fontaine-le-Comte consiste dans les chapiteaux nus qui surmontent les demi-colonnes des pilastres jumelés : ceux-ci servent à recevoir les retombées des arcs à doubleaux. Le même type de chapiteau se remarque sur les colonnettes des petites fenêtres des deux absidioles du transept. (...) J'en conclus que Fontaine-le-Comte est une église saintongeaise égarée en Poitou, et cette conclusion s'explique historiquement, car Geoffroy de Loriol est autrement connu que par la fondation de cette abbaye. (...) il a fondé aussi en Saintonge, et par la même charte que Fontaine-le-Comte, l'abbaye de Sablonceaux, à qui il donna en même temps l'église de Saint-Romain-de-Benet, la plus proche, du reste, de l'église abbatiale. (...)
Conclusion : Geoffroy de Loriol a dû s'adresser au même constructeur pour Fontaine-le-Comte, Sablonceaux et Saint-Romain-de-Benet".



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