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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Migné-Auxances / Sigon / 23 rue du Docteur-Mesmain
Manoir de Sigon

photographie du dossier documentaire, voir légende
Vue générale. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / Y. Suire, 2006.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2006.

Historique

Le site est célèbre car il fut vraisemblablement le lieu de passage, au 6e siècle, de la relique offerte à sainte Radegonde. Le lieu était occupé dès le 10e siècle comme l'atteste l'existence d'une villa qui appartenait à Guillaume II dit Fièrebrace, comte du Poitou de 963 à 995 sous le nom de Guillaume II et duc d'Aquitaine sous celui de Guillaume IV. Ancien fief relevant de la baronnie de Grisse, l'histoire de Sigon peut être retracée d'après les archives, mais il ne reste pas de vestige médiéval. Seule la base du mur très épaisse témoigne d'une occupation ancienne. Un départ de porte cintrée découverte dans la "souillarde" et le pavage de cette pièce semblent remonter au 17e siècle. De cette époque est conservé un reste de porte percée au nord-ouest du mur de clôture et la chapelle qui peut être datée avec précision de 1680. Sur le cadastre de 1839 figure un ensemble sans doute ancien (17e siècle), formant un plan presque clos et comprenant une chapelle, un puits, une fosse, une porte, un jardin à la française et vraisemblablement un pigeonnier (parcelle 50). Une grande partie a été en partie détruite, mais le logis et la chapelle ont été conservés. Dans les documents d'archives, l'ensemble, appartenant à Frédéric Nicolas, juge à Poitiers, est mentionné en tant que bois d'agrément, chapelle, bâtiments, maison, cour et jardin. En 1860, le château fait l'objet d'une démolition et d'une reconstruction et la borderie bénéficie d'une nouvelle construction. Les documents d'archives précisent que le château dispose de 26 ouvertures et 2 portes cochères vers 1850, puis de 20 ouvertures et 2 portes cochères en 1869 (résultat de la démolition) et enfin de 34 ouvertures et une porte cochère en 1882. Comme en témoignent les documents d'archives et le style des percements du 2e étage, il a vraisemblablement été surélevé après 1869. L'inscription "Anno 1720-1726", située sur la deuxième lucarne côté ouest, s'apparente vraisemblablement à un remploi de la pierre ou des lucarnes. Des archives indiquent que le château de Sigon a fait l'objet de travaux de remise en état en 1933 et en 1952, par l'architecte Martineau.

Description

Cet ensemble, situé dans un vaste parc clos, rassemble plusieurs bâtiments : un logis de plan rectangulaire allongé seulement à l'est d'un petit bâtiment plus bas rajouté au début du 20e siècle, un logement secondaire pour le gardien et des communs, une chapelle. L'accès est matérialisé par un portail constitué de piliers en pierre, de section carrée, moulurés et couronnés. La façade, en gouttereau, est ordonnancée à cinq travées et porte centrale. Au-dessus de la porte, dont les encadrements sont moulurés, se trouve un balcon en fer forgé. Un escalier monumental, en pierre des Lourdines avec rampe en fer forgé, dessert les niveaux supérieurs, dont les baies, abritées par un larmier, disposent d'appuis. Le toit, porté par une corniche moulurée, est percé de lucarnes à corniches curvilignes et volutes. La souche de cheminée est en brique. La porte d'entrée, sur la façade postérieure, est plus petite et basse et semble plus ancienne que les autres ouvertures. La chapelle dédiée à saint Jean-Baptiste et à saint René présente les caractéristiques du 17e siècle : voûte en berceau plein cintre, porte en plein cintre avec claveaux très apparents et une agrafe au sommet de l'arc, surmontée d'un fronton curviligne, façade percée d'un oculus.
La maison du gardien, couverte d'un toit à croupe en tuile, présente une façade sur rue, en gouttereau, à une travée plus une porte latérale dont le linteau est orné d'une accolade. La façade sur cour est à une travée, plus deux baies, dont une récente, au rez-de-chaussée.

Précisions sur le décor

Lucarnes à corniche et volutes. Porte du bâtiment annexe ornée d'une accolade.

Documentation

● Archives

Archives départementales de la Vienne : 4 P 1059-1069 (Plans parcellaires, 1838-1839) ; 4 P 2629 (Etats de sections des propriétés bâties et non bâties, 1839) ; 4 P 2630 (Tableau indicatif des propriétaires, des propriétés foncières et de leur contenance, 1839) ; 4 P 2631 et 4 P 2638 (Matrices des propriétés foncières, 1841-1914) ; 4 P 2639 (Matrices des propriétés bâties, 1882-1910).

● Bibliographie

Conservation Régionale des Monuments Historiques : dossier du 26 février 1979, établi lors d'une demande d'inscription de l'édifice à l'Inventaire Supplémentaire.
Le patrimoine des communes de la Vienne. Paris : Flohic (35-Rennes : Oberthur Graphique), 2002. P. 771
Rédet Louis. Dictionnaire topographique du département de la Vienne. Paris : Imprimerie Nationale, 1881. P. 399-400
Mineau, Robert. Jean-Claude Nicolas de Sigon, sous-doyen de l'église de Poitiers (1721-1803). Bull. Soc. Antiquaires de l'Ouest, 4e série, t. 13, 1976. P. 355

● Annexe 1 :

Archives départementales de la Vienne : Extrait du pré-classement du fonds Martineau, architectes DPLG.
- 1898, liasse 496 : Remise en état du château de Sigon, M. Lindet, Migné Auxances 1933-1953.
- 1898, liasse 128 : Remise en état du château de Sigon, Migné-Auxances 1933-1952.

Conservation Régionale des Monuments Historiques.
Découverte, en 1925, d'un cimetière mérovingien à Terre-Faux, près de Sigon.
Demande d'inscription à l'Inventaire supplémentaire des M.H, déposée par les propriétaires en 1979, concernant la façade principale, l'escalier d'honneur et la chapelle
- "L'édifice qui nous intéresse paraît pour sa part dater de la fin du 17e, début 18e. D'architecture très sobre, le logis situé au milieu d'un parc est de plan rectangulaire. Les ouvertures s'alignent régulièrement sous des lucarnes. Sur la façade sud, la porte d'entrée dans l'axe est surmontée d'un balcon en ferronnerie. Un escalier en pierre est agrémenté d'une élégante rampe en fer forgé du 18e siècle. Une chapelle consacrée en 1680 est dédiée à saint Jean-Baptiste et à saint René. Un portail caractéristique du grand siècle permet d'y accéder".
- Note d'après documents d'archives retranscrits.
En 1288, le fief de Sigon était au nom de Pierre de Veer, qui affectait une rente importante à prélever sur les dîmes étrangères à Migné et Sigon (A.D. Vienne. Fonds de l'abbaye de Fontaine-le-Comte).
En 1322, un autre document précise qu'une partie des terres de Sigon était entre les mains domini Guillonis de Baucaye, militis, qualifié de seigneur, donc possesseur de la maison seigneuriale de Sigon (A.D. Série H, Abbaye de la Celle, liasse 67).
Une transaction datant de 1397 entre Catherine de Machecoul, dame de Sigon, et Pierre Girault pour une rente de 7 septiers 3 boisseaux, mesure de Sigon.
En 1472, la seigneurie de Sigon se trouvait entre les mains de Thomas de Vivonne, gendre et héritier de Jean Rabateau. Cette année là, le 10 novembre, Thomas de Vivonne la vendit à Jean Mérichon, chambellan de Louis XI. L'acte de vente n'indique pas le prix, car la somme indiquée de 7000 écus concerne également le Château d'Auxances, vendu en même temps. Mérichon ne put payer comptant la somme demandée et ce n'est que le 7 avril 1475 qu'Arthus, fils aîné de thomas de Vivonne put donner à l'acquéreur quittance entière et définitive du solde. (Mém. Soc. Antiquaires de l'Ouest, 1ère s., t. 7, p. 366).
En 1600, le 10 février, intervint une transaction entre l'abbé de Montierneuf et Joseph Doyneau, chevalier des ordres du Roi, seigneurs de Sainte Souline et de Sigon. (A.D. 86. Série H. Fonds Montierneuf. Registre 210, rubrique Sigon).
Joseph Doyneau fut un illustre poitevin de la fin du 16e siècle. Il était déjà depuis longtemps seigneur de plusieurs autres domaines, et ce n'est que vers la fin de sa vie qu'il paraît avoir fait l'acquisition de la maison noble de Sigon. A son décès, cette maison passa à sa femme, Louise de Clermont qui la laissa ensuite à sa fille Isabeau, veuve du Comte de Saint-Mathieu. Au début du 17e siècle, Sigon relève vraisemblablement des seigneurs de Grissé.
Les propriétaires de Sigon à partir du milieu du 17e siècle, la famille Cornouaille, sont à l'origine de l'édification de la chapelle.
Chapelle de Sigon
La chapelle actuelle a fait l'objet d'une cérémonie de bénédiction, en date du 2 juillet 1680, consignée dans les registres paroissiaux :
"Le second jour de juillet (1680), je suis allé, après y avoir été invité, à la maison noble de Sigon pour assister à la bénédiction de la chapelle de la dite maison, qui a été faite par M. Montreau-Rabreuil, sous-doyen de l'église de Poitiers sous l'invocation de saint Jean-Baptiste et de saint René, étant assisté de monsieur le vénérable curé vicaire chapelain et autres ecclésiastiques de saint Cybard de Poitiers et de plusieurs autres personnes de qualité et de mérite.
Signé : Jean Surrault, curé de Migné".
Par le mariage en 1692 de Marie Cornouailles avec Pierre Nicolas, échevin de la ville de Poitiers, la propriété passe progressivement à la famille de ce dernier jusqu'en (1854 ?) 1856.
- Compte-rendu de la visite du 7 juillet 1986.
"Au cours de la visite un première constatation d'ordre archéologique peut être signalée : l'épaisseur des murs varie depuis les fondations jusqu'aux combles. Les murs de fondations atteignent 1, 50 m, ceux des deux premiers niveaux : 80 cm et le dernier niveau est mince de quelques centimètres. Il faut rappeler encore la différence des tables sous les ouvertures du dernier niveau qui ne sont plus en pierre comme celles du niveau inférieur.
Par ailleurs, les papiers du propriétaire font état d'un acte notarié passé à l'étude Grassin Delyle, le 11 avril 1854. Il s'agit d'une vente par Sylvain Auriau à Félix Plumerault de la maison de maître du domaine de Sigon, situé à Sigon, composée de : (...) Cuisine, salon, salle à manger, chambres au 1er étage, grenier, cave, cellier, deux hangars, autres servitudes, cour dans laquelle est un puits (...).
A cette date, 1854, le logis de Sigon ne comporte donc qu'un seul étage.
Des notes ont d'autre part été prises à partir des matrices cadastrales. C'est ainsi que l'on peut remarquer une évolution du nombre des portes et fenêtres assez éloquentes :
1826-1828 : 2 portes charretières, 20 portes et fenêtres
1835-1836 : 5 portes cochères, 20 portes et fenêtres
1838 : 1 porte, 20 portes et fenêtres
1850-1853 : 2 portes cochères, 26 fenêtres
1862 : 1 porte, 34 portes et fenêtres
1891 : 1 porte, 34 portes et fenêtres
Cette liste laisse clairement entendre que le logis de Sigon a été surélevé entre 1854 et 1862".

● Annexe 2 :

Le patrimoine des communes de la Vienne. Paris : Flohic (35-Rennes : Oberthur Graphique), 2002, p.771.
Demeure de Sigon. 17e et 19e siècles.
"Le site de Cygon super fluviam Auxancia est cité dès 989. Le bourg de Sigon, ancien fief muni d'un moulin relevant de la baronnie de Grisse, est dominé par cette demeure. Vraisemblablement bâtie sur des substructions plus anciennes, dites romaines, elle développe cinq travées et trois niveaux de baies sous des combles éclairés de lucarnes ornées de volutes latérales et d'un fronton surbaissé. La porte d'accès centrale, anciennement à arc surbaissé, typique du 17e siècle, ouvre sur un escalier rampe sur rampe à très large révolution également de la même époque. Les parties hautes pourraient avoir été modifiées au 19e siècle. Dans le parc autrefois aménagé en parterres à la française, une chapelle et une ancienne orangerie bordent l'ancien chemin d'accès à la propriété. La chapelle, du XIXe siècle, succède probablement à une autre chapelle, construite par René Rabreuil en 1680, et vraisemblablement ruinée au début du 18e siècle. Elle est encore affectée au culte, et l'apparition de la croix de 1821 rappelée par la croix de Sigon juste devant le domaine, y est célébrée".

Mineau, Robert. Jean-Claude Nicolas de Sigon, sous-doyen de l'église de Poitiers (1721-1803). Dans : Bull. soc. Antiquaires de l'Ouest, 4e série, t. 13, 1976, p. 355.
"Sous l'ancien régime, les familles Nicolas et Rabreul ont donné une suite de hauts dignitaires au chapitres de l'église cathédrale de Poitiers. L'alliance de ces deux familles fut scellée, le 21 janvier 1692, par le mariage de Pierre Nicolas, futur échevin et de Marie Cornouaille, fille de Jean Cornouaille, seigneur de Sigon, et de Renée Rabreul. Le père de cette dernière, Louis Rabreul, avocat au présidial, appartenait à une lignée d'hommes de loi réputés et plusieurs de ses proches tenaient un rang élevé dans la magistrature et le clergé. (...) Pierre Nicolas, devenu par son mariage avec Marie Cornouaille seigneur de la Touche d'Aslonne, fut, le 7 février 1692, élu pair échevin de la maison commune de Poitiers. Après le décès de son beau-père en 1693 et celui de son épouse en 1697, il acquit de leurs successibles en 1703, la seigneurie de Sigon, paroisse de Migné, où il mourut le 5 juillet 1710 (...). La mort de Jean Joseph Nicolas (le 23 novembre 1767) appelait le partage de sa succession entre ses huit enfants survivants (...). Il fut procédé amiablement à ce partage par acte sous seings privés, en date du 3 février 1768 (archives familiales). (...) Sigon échut au sous-doyen Jean Claude et à sa soeur Marie Anne Victoire. Aux termes de cette contre-lettre, la masse successorale est répartie en huit lots, dont le premier, la maison noble de Sigon est attribuée exclusivement à Jean Claude. (...) (Sous la Terreur) la loi avait imparti aux propriétaires de terres ci-devant nobles un délai pour remettre leurs titres et papiers terriers aux officiers municipaux. Pour satisfaire à cette prescription, le sous-Doyen, en sa qualité d'ancien seigneur de Sigon, se fit conduire le 31 octobre 1793 à la maison commune de Migné avec deux sacs pleins de titres ; Il en fit remise aux municipaux Fleury et Jarasson qui lui délivrèrent un reçu ainsi libellé (archives familiales) :
"31 octobre 1793 ; La liberté ou la mort.
Nous Officiers municipaux reconnaissons que le citoyen Nicolas nous a remis environs deux sacs de papier lequel nous a déclaré que c'était tous les titres de la dépendance de sa maison de Sigon (...)".



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