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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Migné-Auxances / Giroir / 3 rue de la Comberie
Maison dite les Marronniers

photographie du dossier documentaire, voir légende
Vue générale. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / C. Bunoz, 2006.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2007.

Historique

Cette propriété est probablement construite à l'emplacement d'un ancien établissement de cirier fondé en 1710 par sire François Courbe, maître ciergier à Poitiers. L'ensemble, mentionné en tant que maison, bâtiment, cour et cirerie, figure sur le plan de 1839 et appartient à l'époque à Antoine Courbe. Le 5 juillet 1822, celui-ci a acquis auprès de Nicolas-Sincère Pichault, marchand mercier, et Octavie Boucher son épouse, demeurant à Poitiers, des bâtiments qui se trouvaient semble-t-il immédiatement au sud de cette cirerie (parcelles 90 et 91), afin d'y établir une blanchisserie. L'acte de vente parle d'une "maison de maître située au bourg de Migné, consistant en un vestibule, une grande cuisine, une cave au-dessous, un cellier et caveau, un cuvier, un aurte cellier ou petite grange, une écurie, deux chambres hautes, un office, un vestibule, un ballet". La maison vendue confronte du nord aux vendeurs, à l'est à une cour commune avec deux borderies voisines et aux bâtiments de la veuve Blanchard, du sud aux jardins et bâtiments du sieur Meunier, et à l'ouest au chemin de la Combrerie. La vente comprend aussi un jardin planté d'arbres à fruits. Selon l'acte de vente, la maison et les deux borderies voisines faisaient partie du domaine de Girouard que M. Pichault avait acheté le 29 mai 1822 lors de la liquidation judiciaire des biens de son beau-frère, Esprit-Auguste Sorin, qui en avait hérité de son père Barthélémy Sorin.
Le plan est aujourd'hui quasiment similaire à ce qu'il était en 1839, seule la dépendance a été remaniée. Néanmoins, selon les archives cadastrales, la parcelle a fait l'objet d'une démolition et d'une reconstruction vers 1850. Cette date correspond sans doute à la destruction de l'ancienne manufacture de cire en 1846. Quelques éléments ont été rajoutés au logis durant la seconde moitié du 20e siècle : une marquise, l'épi de faîtage, les pommes de pins ornant le portail.

Description

Cet édifice, isolé dans la parcelle, dispose d'un vaste jardin, antérieur et postérieur. L'accès est matérialisé par un portail constitué de piliers, de section carrée, couronnés de pommes de pin. L'ensemble réunit un logement, simple en profondeur, et une écurie établie en retour. Une partie du grenier de l'écurie est aménagée en pigeonnier. La façade du logis, en gouttereau, à six travées, avec deux portes en position centrale présente un ordonnancement. Seule la partie est du logis dispose de deux caves séparées. Un escalier dessert l'étage.

Documentation

● Archives

Archives départementales de la Vienne : J78. 1822, 5 juillet : vente d'une partie du domaine de Girouard par Nicolas-Sincère Pichault à Antoine-Bernard Courbe.
Archives départementales de la Vienne : 4 P 1059-1069 (Plans parcellaires, 1838-1839) ; 4 P 2629 (Etats de sections des propriétés bâties et non bâties, 1839) ; 4 P 2630 (Tableau indicatif des propriétaires, des propriétés foncières et de leur contenance, 1839) ; 4 P 2631 et 4 P 2638 (Matrices des propriétés foncières, 1841-1914) ; 4 P 2639 (Matrices des propriétés bâties, 1882-1910).

● Bibliographie

Ginot, Emile. Deux moules de cirier poitevin, XVIIème-XVIIIème siècle. Bull. Soc. Antiquaires de l'Ouest, 3ème s., t. 4, 1916-1918, p. 311-319 : 5 pl.

● Annexe 1 :

Extrait de Ginot, Emile. Deux moules de cirier poitevin, XVIIème-XVIIIème siècle. Bull. Soc. Antiquaires de l'Ouest, 3ème s., t. 4, 1916-1918, p. 311-312 :
" Ces matrices, en bois des îles, fort dur, et gravées en creux sur leurs deux faces, proviennent d'un établissement de cirier, fondé en 1710 au chef-lieu de la commune de Migné, dans la partie du bourg appelée Girouard, par sire François Courbe, "maître ciergier" à Poitiers et Jeanne Orillard, sa femme, en association avec sa mère, Anne Blanchard, veuve en 1682 de Paul Courbe et avec Jean de la Balle, second mari de celle-ci. Important industriel, qualifié de sire dans plusieurs documents, François Courbe avait alors son principal établissement de commerce paroisse Sainte-Opportune, dans un logis où pendait pour enseigne l'image Notre-Dame (...). En 1715, Jean de la Balle étant décédé, son fils Louis prit, dans l'association commerciale de Migné, la place de son père. Le 1er mars 1723, François Courbe et Jeanne Orillard, pour agrandir leur commerce, prenaient à bail un cellier et une boutique joignant au logis de l'image Notre-Dame et à celui de Saint-Martin (...). C'est sur l'emplacement de ces divers logis, cédés il y a quelque vingt ans par la famille Courbe, que s'élève aujourd'hui la bibliothèque muniicpale de Poitiers (...). De l'importante manufacture de Migné, détruite en 1846, après avoir un siècle et demi durant placé ses directeurs au rang des plus notables commerçants poitevins, il ne subsiste aujourd'hui que la maison d'habitation - aujourd'hui propriété de M. Houdaille par voie d'héritage - et les moules ou matrices que nous avons à décrire".



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