Vous ętes ici : Région Poitou-Charentes > Inventaire général du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes   > L'agglomération de Poitiers > Dossiers et illustrations
L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

[ Autre recherche ]    [ Liste des réponses ]      |   Imprimer le dossier

Migné-Auxances / Chardonchamp / 14 rue du Temps-Perdu
Ferme

photographie du dossier documentaire, voir légende
Vue générale. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / G. Renaud, 2006.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2007.

Historique

Cet édifice dispose d'un souterrain refuge datant du 10e ou du 12e siècle. Cet édifice ne figure pas sur le cadastre de 1839. D'après le style de la construction (arc segmentaire), la grange date vraisemblablement de la seconde moitié du 19e siècle. Selon des sources orales, la grange date de 1883 et le logement a été construit en 1914. Les étables implantées en équerre ont été bâties entre 1914 et 1924, date de construction de la grange établies en vis-à-vis. A l'origine, le logement était couvert en ardoise.

Description

Cette ferme, située en retrait par rapport à la voie, dispose d'une cour circonscrite par un muret. L'ensemble, formant un plan en U, rassemble un logement et une grange accolées, des étables implantées en équerre et une grange établie en retour. La façade du logis, en gouttereau, est ordonnancée à trois travées et porte centrale. Les baies disposent d'appuis moulurés. La porte de la grange située dans le prolongement du logis présente une porte charretière surmontée d'un arc segmentaire. Dans le jardin et dans la grange de 1924, se trouvent les entrées du souterrain qui semble avoir servi de refuge au Moyen Age. Ce souterrain comprend trois salles. La première est située sous la grange, les deux autres se succèdent au sud-ouest. La grande salle avec une banquette dispose d'un pilier central. Des niches ont été creusées pour recevoir des lampes à huile. L'entrée du couloir présente deux encoches taillées pour y insérer un madrier et obstruer le passage. Dans ce couloir se trouve une autre banquette. L'accès à la troisième salle, établie dans le prolongement de la deuxième, s'effectue pour un trou à guillotine, très étroit. Cette salle dispose également d'une banquette.

Documentation

● Bibliographie

Association Migné-Auxances Mémoires. Bon souvenir de Migné-Auxances. Recueil de cartes postales anciennes. Octobre 2002. Site e-mail de l'association Migné-Auxances Mémoires. Association Migné-Auxances Mémoires. Migné-Auxances d'hier à aujourd'hui. - Migné-Auxances (Vienne) : Commune de Migné-Auxances, 1999. P. 64
Delaunay, R. Découverte d'un souterrain refuge près Poitiers. Poitiers : imprimerie Moderne, Nicolas, Renault et Compagnie, 1926. Centre Presse, 12 août 1994, par Olivier Demail. Galland, J. Les cahiers de Chardonchamp. Bulletin périodique du G.R.H.A.M.A. Le patrimoine des communes de la Vienne. Paris : Flohic (35-Rennes : Oberthur Graphique), 2002, p. 770.
Le patrimoine des communes de la Vienne. Paris : Flohic (35-Rennes : Oberthur Graphique), 2002. P. 769-770

● Annexe 1 :

Delaunay, R. Découverte d'un souterrain refuge près Poitiers. Poitiers : Imprimerie Moderne, Nicolas, Renault et Compagnie, 1926.
"En mai 1923, nous avons visité ce puits situé à trois mètres au-dessous du sol et avons constaté qu'il donne accès à un galerie longue de seize mètres et ayant la direction nord-sud. Creusé dans le tuf calcaire, avec voûte genre plein cintre, ce souterrain a en moyenne, 1, 60 m. de large et 1, 25 m. de hauteur. A deux mètres environs du puits se trouve l'amorce d'une autre galerie (B), malheureusement remplie de matière éboulée, et elle aurait sensiblement la direction ouest. (...) Après avoir franchi, en rampant, le trou-guillotine nous trouvons, à droite, une sorte de niche (F), laquelle devait être le poste du guetteur. Ce poste a 1, 50 m. sur 1 mètre environ. A gauche et dans le prolongement du trou guillotine commence une galerie longue de 3 mètres et ayant et ayant les mêmes dimensions que celle existant avant le trou-guillotine ; elle tourne ensuite, à gauche, à angle droit, et se continue pendant trois mètres ; puis, la voûte demi éboulée laisse voir cinq grosses pierres plates qui, à n'en pas douter, fermait une issue (G), de sorte que l'on pouvait, en entrant pas cette dernière, sortir du refuge, par la première issue A (...) ou réciproquement. La longueur des galeries explorées (de A à G) est de 23, 20 m. (...) Il ne semble pas avoir été fait à l'aide d'instruments de pierre et nous n'avons rencontré, malgré nos recherche, ni silex ouvrés ou non, ni poteries, ni ossements". Plan.

Centre Presse, 12 août 1994, Olivier Demail.
"La région de Migné présente à cet égard un grand intérêt car on y dénombre beaucoup de souterrains. Certains sont malheureusement difficilement accessibles et ne présentent pas toujours un grand intérêt du point de vue archéologique ou historique. D'autres ont cependant été aménagés et permettent d'en apprécier les richesses. C'est notamment le cas du souterrain du Temps Perdu de Chardonchamp remis en valeur par M. Galland, président du GRHAMA (groupement pour la recherche historique et archéologique de Migné-Auxances). Ce souterrain est typique à bien des égards. Il date du 12e siècle et a été aménagé pour un refuge ; en cela il comporte bien des similitudes avec les autres cavités qui se trouvent dans la région. Il a très certainement servi d'annexe à l'habitation se trouvant soit au-dessus soit à proximité. Les paysans s'y dissimulaient pour fuir les pillards ou pratiquer des rites secrets. (...)
Le souterrain du Temps Perdu fut découvert en 1923. En 1953, il avait été réouvert par les propriétaires qui voulaient en faire une cave. La galerie mesure 32 mètres et a une hauteur moyenne de 1, 50 m. Aujourd'hui l'entrée est à ciel ouvert. Des gravures et des sculptures se concentrent dans la salle du pilier, avec notamment un personnage à face humaine affublé de grandes oreilles. Il s'agit probablement d'un démon sculpté dans le cadre des rites d'envoûtement ou de magie qui pouvaient s'y dérouler".

Le patrimoine des communes de la Vienne.-Paris : Flohic. 35-Rennes : Oberthur Graphique, 2002, p. 769-770.
Souterrain de Chardonchamp. Moyen-Âge. Calcaire.
"Ce souterrain-refuge taillé dans le calcaire répond à un besoin d'abri temporaire, lorsque le danger s'avérait trop menaçant en surface. Un escalier et une cheminée, sortie plus discrète, permettent d'y accéder. La première partie du complexe comporte une banquette, des reposes pour lampes à huile ainsi qu'un ancrage pour un élément d'arrêt, porte ou madrier, dans un couloir. Un goulot étroit et malaisé, plaçant obligatoirement un éventuel intrus en position vulnérable, permet d'accéder à la seconde salle. Une gaine, peut-être acoustique, lie ce revers de goulot à la banquette de la première partie".
Matériel archéologique. Du Ier au IVe siècle. Dépôt Archeograhma (Chardonchamp). Moulin de Verneuil.
"Le molendinum de Vernolio est cité vers 1280 ; un moulin récent perpétue l'implantation. En 1992, des photos aériennes ont permis de localiser les fondations d'un habitat très important dans un champ limitrophe. Les sondages archéologiques pratiqués ont révélé un établissement résidentiel et agricole gallo-romain accompagné d'un vaste territoire d'exploitation. Le matériel collecté correspond à une période d'occupation s'étalant du Ier au IVe siècle. Sur une surface construite estimée à 4 500 m2, le hasard a dirigé l'implantation du sondage archéologique dans une fosse dépotoir qui a livré un matériel archéologique très riche et très abondant : verres, éléments de chauffage par le sol, mosaïques, vitres, monnaies frappées du Ier au IVe siècle, objets de parure et de toilettes, fragments de statuettes et décors muraux peints".
Poteries sigillées. Du Ier au IVe siècle. Dépôt Archeograhma (Chardonchamp). Moulin de Verneuil.
"Les formes variées de plusieurs centaines de céramiques reflètent les différents aspects de la vie quotidienne aux premiers temps de notre ère. Au fond des récipients en majorité en céramique, les poinçons identifient les artisans qui les ont façonnés. Les inscriptions gravées sur différentes parties de ces objets renvoient directement aux propriétaires".
Sarcophage. Époque mérovingienne. Lavaud
"Découvert en 1986, ce sarcophage trapézoïdal est caractéristique des tombeaux mérovingiens. Aucun matériel n'a été découvert à l'intérieur. Contenant huit crânes ainsi qu'un squelette féminin, il était posé sur un autre squelette. Cette disposition perturbée témoigne des réutilisations à travers le temps. Plusieurs cimetières mérovingiens ont été mis au jour dans la commune, tel celui de Moulin-Neuf où une cinquantaine de sarcophages sont connus".



logos CAP
consulter au centre régional de documentation du patrimoine de Poitou-Charentes