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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Migné-Auxances / Salvert / rue de Chardonchamp
Manoir de Salvert, actuellement couvent des Filles de la Sainte-Vierge

photographie du dossier documentaire, voir légende
Logis, façade est sur cour. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / C. Rome, 2007.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2007.

Historique

Salvert, mentionné en 1277, est un ancien fief relevant de l'abbaye de Montierneuf. Le logis actuel date du 17e siècle et la chapelle fut bénie en 1706 par l'évêque de Poitiers, cette date est inscrite sur le linteau de la porte. Le cadastre de 1839 mentionne plusieurs ensembles sur le site : maisons, bâtiments, cours et pièce d'eau appartenant au colonel Jean Brault, également propriétaire de Putet. A cette époque, l'accès est, comme aujourd'hui, à l'est, constitué d'une allée bordée d'arbres (marronniers) et l'organisation des bâtiments principaux est également celle que nous voyons actuellement, avec une cour bordée à l'ouest par le logis, entre deux ailes de communs séparées, celle du nord ouvrant à l'arrière sur une autre cour entourée de constructions. Au sud, se trouvait un vaste clos organisé en parterres et allées, sur une partie duquel sera implanté ensuite le couvent. Salvert est acheté en 1841 par Pauline Dauvilliers qui avec l'abbé Gaillard, qui y installe en 1842 la congrégation des soeurs de Sainte-Philomène, transforme la propriété en colonie agricole pour orphelins. En 1846, l'aile nord des communs est surélevée pour accueillir le dortoir de la colonie agricole. Son rez-de-chaussée est remanié plus tard (portes charretières bouchées) pour accueillir des logements. En 1882, le château compte 29 ouvertures et 2 portes cochères. Sur la parcelle 15 est construite une serre en 1887, puis une lingerie en 1889. A l'écart au nord-est, l'ancienne métairie de Salvert, accueille un nouveau bâtiment en 1884. De nouveaux locaux y sont bâtis en 1956 pour abriter un foyer de garçons et des agrandissements successifs sont effectués ensuite.

Description

Cette propriété, située à proximité de la rivière, est desservie par un chemin depuis la route de Chardonchamp. Le site est circonscrit par deux murs de clôture. Entre les deux une allée majestueuse bordée de marronniers relie le chemin d'accès à la cour principale. Des portails scandent cet accès : le premier s'accompagne d'une porte piétonne couverte, le second, plus majestueux à l'entrée de la cour, a des piliers en pierre surmontés de sphinx. Les bâtiments les plus anciens forment un plan en U autour d'une cour. Le logis, en bordure ouest de cette cour, présente une façade ordonnancée avec un décrochement central à une travée et deux travées de part et d'autre. Une aile est établie en retour côté nord et des pierres d'attente indique qu'un prolongement symétrique était envisagé côté sud, mais une dépendance (écurie ?) a été bâtie à cet endroit. Sur les travées paires du logis, le comble est percé de lucarnes ornées d'un fronton triangulaire et de volutes. Une ouverture bouchée semble indiquer que le bâtiment dispose d'un sous-sol. Un bandeau décoratif sépare le rez-de-chaussée de l'étage. Le toit, à longs pans brisés et croupes, s'élève au-dessus d'une corniche moulurée. A l'intérieur, l'escalier en pierre est à mur d'échiffre ajouré.
Des communs et dépendances sont implantées perpendiculairement au logis dont ils sont séparés par un portail. Au sud, un hangar est accolé à un vaste bâtiment rassemblant sous le même toit une dépendance dans laquelle se trouve un pressoir et une chapelle. Ce bâtiment est en rez-de-chaussée, à toit à longs pans brisés et croupes, couvert en ardoise sur les brisis et tuile creuse sur les pans. Sa façade, au nord, couronnée par une corniche moulurée, est percée de deux portes charretières couvertes en plein cintre (l'un d'elles bouchée) et, à gauche où se trouve la chapelle qui dispose d'un sous-sol, s'ouvre une porte à encadrement moulurée et linteau à larmier orné d'une croix. Dans le brisis sont trois lucarnes en pierre cintrées à ouverture circulaire. En vis-à-vis, au nord de la cour, est établi un bâtiment allongé, surélevé à la fin du 19e siècle, à un étage et un comble à surcroît, couvert d'un toit à longs pans et croupes. Sa façade présente huit travées et un bandeau saillant sépare le rez-de-chaussée de l'étage. Les portes charretières, en arc plein cintre, formaient une symétrie avec celles du bâtiment d'en face. De part et d'autre du logis un portail avec porte piétonne couverte donne accès aux dépendances. Au nord, des bâtiments de ferme sont disposés autour d'une cour. Au sud, au delà d'une basse-cour entourée de murs, se trouve un logement plus récent, couvert en tuile mécanique.

Précisions sur le décor

Piliers du portail couronnés de sphinx. Lucarnes à fronton et volutes.

Documentation

● Archives

Archives départementales de la Vienne : 1E 16. 1676-1748 : papiers relatifs à la seigneurie de Salvert.
Archives départementales de la Vienne : En 1400. 1559-1638 : papiers relatifs à la seigneurie de Salvert.
Archives départementales de la Vienne : 1H 2/64. 1777, 3 juin : aveu et dénombrement de l'hôtel noble de Salvert rendu à Louis de Cressac, abbé de Montierneuf, par Jean-René Rabault des Rollands, seigneur de Salvert ; 18e siècle : papiers relatifs à un contentieux sur les droits de l'abbaye de Montierneuf sur les terres de Salvert.
Archives départementales de la Vienne : 4 P 1059-1069 (Plans parcellaires, 1838-1839) ; 4 P 2629 (Etats de sections des propriétés bâties et non bâties, 1839) ; 4 P 2630 (Tableau indicatif des propriétaires, des propriétés foncières et de leur contenance, 1839) ; 4 P 2631 et 4 P 2638 (Matrices des propriétés foncières, 1841-1914) ; 4 P 2639 (Matrices des propriétés bâties, 1882-1910).
Archives municipales de Migné-Auxances. Registres des délibérations du conseil municipal.
Archives Evêché : dossier communal Migné.

● Bibliographie

Le patrimoine des communes de la Vienne. Paris : Flohic (35-Rennes : Oberthur Graphique), 2002. P. 772
Rédet Louis. Dictionnaire topographique du département de la Vienne. Paris : Imprimerie Nationale, 1881. P. 392
Sicot, Henri. Il était une fois... Salvert. Imprimerie R. B. S. Poitiers, mai 2007, 290 p.

● Annexe 1 :

Extraits d'archives et de publications concernant Salvert :

Archives départementales de la Vienne. En 1400 : 1610, 1er février : bail consenti par Jehan Rat, seigneur de Salvert, conseiller au Parlement de Paris, à Jehan Barré, sergent du maire de Poitiers, du droit de chef d'oeuvre de toutes les poteries et pones qui entrent dans la ville de Poitiers.

Archives départementales de la Vienne. 1E 16 : 1748, 21 mars : vente par les héritiers de l'abbé d'Armagnac, trésorier de l'église royale de Saint-Hilaire le Grand de Poitiers, à Jacques-Zacharie Guibat, écuyer, gendarme de la garde du roi, Grand prévôt du Poitou, de la maison noble et principal manoir de Salvert, avec un quart de la maison et métairie de Chardonchamp, de la maison et métairie de la Caille, de celle de Beauregard, du moulin Neuf, de celui de la Papetrie, le tout dans la paroisse de Migné.

Archives départementales de la Vienne. 1H 2/62 : 1777, 17 décembre : aveu rendu à l'abbaye de Montierneuf par Georges de la Mazière, procureur au présidial de Poiters, et Marie-Anne Girardin son épouse, pour une maison et métairie appelée la Belletière, provenant de la succession de Françoise-Hilaire Naugarède, veuve de Daniel Montois, procureur, leur tante, consistant en maison, grange, étables, toits, appentis, cuvier, cellier, four, fournioux, cour, courtillage, verger et jardins.

Archives départementales de la Vienne. Références d'actes notariés repérées dans les archives de l'enregistrement.
Le 17 mars 1822, devant Gras, vente du domaine de la Belletière à Migné, par Auguste Richard à Joseph Bernard Dupont, pour 40000 francs.

Archives municipales de Migné-Auxances : 1D1, Registre des délibérations du Conseil municipal (1829-1862).
Séance du 2 janvier 1853 : A l'invitation du Préfet, le Conseil municipal approuve la reconnaissance légale de l'établissement des soeurs de Sainte-Philomène près Salvert, tenu par Mlle Pauline Dauvillier.

A. Evêché, dossier communal Migné
Réponse à un questionnaire de l'abbé de Larnay, datée du 8 juillet 1853 : la congrégation de Sainte-Philomène, créée en 1838 à Saint-Benoît et établie en 1842 à Migné, rassemble 50 religieuses logées dans une maison et sur un terrain qui leur ont été donnés dernièrement par mlle Dauvilliers.

Archives municipales de Migné-Auxances : 1R1, Registre des arrêtés du maire et d'instruction primaire, 1856-1937.
Le 31 janvier 1865, la congrégation des soeurs de Sainte-Philomène de Salvert est autorisée à établir un cimetière particulier dans l'enclos qui se trouve entre la Belletière et Sainte-Philomène.

Archives municipales de Migné-Auxances : 1D2, Registre des délibérations du Conseil municipal (1863-1886).
- Séance du 14 juin 1874 : Dossier relatif à l'acquisition par la congrégation des soeurs de Sainte-Philomène, établie à Salvert (Vienne), de divers immeubles appartenant à l'abbé Médeau et situés dans la commune de Migné, le Conseil municipal déclare à l'unanimité ne faire aucune opposition au projet et l'approuve.
- Dans le cimetière se trouve le tombeau de l'architecte qui a réalisé la chapelle du couvent. Ce tombeau présente l'inscription suivante :
" Ici repose le corps de J. B. Perlat pieusement décédé au château de Salvert, le 24 janvier 1889, à l'âge de 74 ans, architecte vraiment distingué mais plus remarquable par sa foi et sa piété. Il a consacré son talent à bâtir des églises. Les soeurs de Sainte-Philomène lui doivent leurs trois chapelles et leur supérieur, son intime ami, lui demeure reconnaissant de l'avoir si bien secondé pendant plus de trente ans. Avant de mourir, il a demandé et obtenu sans peine, de reposer dans le cimetière de la communauté ".

Archives municipales de Migné-Auxances : 1D4, Registre des délibérations du Conseil municipal (1906-1936).
Séance du 27 novembre 1932 : Le Conseil municipal évoque une note de frais des pompiers de Poitiers, intervenus lors de l'incendie de Salvert.

Briand, abbé Emile. Mademoiselle Pauline Dauvillier.
"L'abbé Gaillard n'était pas homme à refuser son concours sur le terrain de la charité, mais il venait de fonder à Saint-Benoît sa communauté de Sainte-Philomène, qui essayait à peine ses premiers pas ; et il objectait avec beaucoup de sens qu'il ne pouvait se consacrer utilement à deux établissements si éloignés l'un de l'autre. Melle Dauvillier ne jugea pas la difficulté insoluble : afin de la trancher, elle offrit de faire bâtir un couvent pour les soeurs de Sainte-Philomène et de transplanter à Salvert la communauté naissante et son fondateur. Bientôt les ouvriers se mettent à l'oeuvre, et le couvent s'élève aux frais de Melle Pauline, qui à la maison des Soeurs adjoint un orphelinat de jeunes filles. La colonie agricole est installée à petite distance, et dans l'acte notarié qui donne Salvert aux religieuses, il est stipulé que la colonie restera sous la direction de la communauté".

Le patrimoine des communes de la Vienne.
Château de Salvert. 17e siècle. Communauté des Filles de Notre-Dame de Salvert.
"Relevant de l'abbaye de Montierneuf de Poitiers, le fief de Salvert est cité dans les textes des religieux dès 1277. L'entrée de la cour de Salvert est protégée par deux sphinx. Une aile des communs abrite la chapelle de la Sainte-Vierge et de Saint-Jean bénie en 1706. Le logis central, du 17e siècle, s'organise autour d'un avant-corps saillant, encadré par deux travées de chaque côté. Il n'existe qu'une seule aile en retour d'équerre ; la seconde ne fut jamais construite. L'ensemble, classique, privilégie les lignes horizontales de ses trois niveaux, dont un sous combles. Les baies sont surlignées de pilastres austères. Sur un toit à la Mansart couvert d'ardoises et de tuiles plates, l'amortissement de la base de la charpente reçoit deux lucarnes à pignon triangulaire et volutes. L'ensemble est acquis en 1841 par Pauline Dauvilliers qui y crée une colonie agricole pour subvenir à l'éducation des orphelins et des enfants des familles pauvres. La gestion du lieu est confiée au père Adolphe Henri Gaillard qui y installe les Filles de la Sainte Vierge et Soeurs de sainte Philomène en 1842".
Communauté des Filles de Notre-Dame de Salvert. 19e siècle.
"Communauté des Filles de Notre-Dame de Salvert doit son origine à Henri-Adolphe Gaillard. Au service des pauvres de l'hôpital général de Poitiers, ce prêtre et aumônier encourage, en 1835, des jeunes filles pauvres et de santé déficiente à fonder l'association des Pauvres Filles de la Sainte Vierge. Organisées en congrégation, les soeurs s'installent en 1838 à Saint-Benoît avec un certain nombre d'enfants malades et de nourrissons. Le 2 février 1839, les Filles de la Sainte Vierge prononcent leurs voeux et, en 1842, elles s'installent dans la propriété de Salvert, propriété agricole d'environ 50 hectares. Là, elles recueillent bientôt des orphelins et des enfants pauvres à qui elles apprennent un métier et inculquent une éducation. Les garçons font l'apprentissage de l'élevage et de la culture ; les filles, regroupées dans un orphelinat, s'exercent aux tâches ménagères et aux travaux d'aiguille. Au tout début du 21e siècle, sont accueillis ici environ 70 enfants, âgés de 6 à 16 ans, pour une trentaine de religieuses. L'enseignement s'effectue au sein de la communauté jusqu'au stade primaire".
Église Sainte-Philomène. 1866. Architecte : Perlat.
"Consacrée le 20 septembre 1866, l'église néo-gothique témoigne de l'agrandissement et de la prospérité de l'ordre. A l'origine, la congrégation s'appelait les Filles de la Sainte Vierge et Soeurs de sainte Philomène, mais elle a dû changer de nom, le concile de Vatican II ayant jugé qu'il n'y avait pas assez de preuves de la sainteté de Philomène. Son nom a été gratté sur le vitrail nord et, dans la cour, sa statue a perdu son cartouche et sa palme de martyre pour devenir une Vierge".
Rocaille du Christ. Salvert.
"Cette rocaille est située en lisière de bois, non loin de la demeure de Salvert. L'ensemble organisé en hémicycle met en valeur l'escalier central qui amène à la figure du Christ. Son texte, « Venez à Moi », et sa main accueillante, vont également dans ce sens. L'autre main désigne le Sacré-Coeur encerclé d'une couronne d'épines. Jusque dans les années 1950, une procession populaire se rendait à cette rocaille pour y célébrer le Sacré-Coeur. De l'autre côté du domaine des religieuses, une rocaille figurant la grotte de Lourdes abritait une statue de la Vierge et faisait l'objet de processions. Il n'en reste quasiment rien".

http : //perso.orange.fr/villa.beauregard/genealogie2/Famille/d0001/g0000002.html.
Gérasime, Gabriel François Lecointre. Naissance : 04/12/1809, Alençon, 61, France. Décès : 25/09/1888, Poitiers, 86, France. Après des études au Collège d'Alençon, il vient faire du droit à Poitiers, élève de l'illustre Boncenne. Il vient s'établir définitivement à Poitiers en 1835 après le décès de son Père. Connu par les nombreuses oeuvres de Bienfaisance qu'il a fondé en Poitou, en Normandie, en Touraine, Confrère de saint-Vincent-de-Paul, il visitait les pauvres et les malades. Le 24 février 1864, il donne une rente aux Soeurs de sainte-Philomène de la colonie agricole de Salvert, fondé par l'Abbé Gaillard et par mademoiselle Pauline Dauvilliers pour l'entretien de 6 jeunes filles et l'éducation de 6 jeunes garçons.

Site internet de la Communauté de Salvert :
En 1835 naît à l'Hôpital de Poitiers, l'Association des Pauvres Filles de la Sainte Vierge, destinée à apporter un soutien à des personnes pauvres. L'Association reçoit l'approbation de l'autorité diocésaine le 15 août 1837. Les premières soeurs prononcent leurs voeux le 2 février 1839. En 1842, le Père Gaillard acceptait une offre généreuse de Mademoiselle Dauvilliers et établissait ainsi définitivement sa famille religieuse sur le domaine de Salvert. Les religieuses s'occupent d'un orphelinat où est dispensée une éducation, basée sur l'agriculture, pour les garçons, et sur les tâches ménagères et les travaux d'aiguilles, pour les filles.
"Actuellement les Maisons d'enfants de Salvert accueillent des enfants et adolescents confiés par l'Aide sociale à l'enfance ; 70 enfants de 4 à 16 ans sont accueillis, issus de familles résidant dans la département de la Vienne.
L'école : trois institutrices assurent la scolarité des enfants de l'école primaire, dans des locaux situés sur la propriété ; les enfants bénéficient d'une aide et d'un soutien attentif, propre à l'esprit de l'établissement.
L'association des Amis de Salvert apporte son concours efficace et chaleureux à la vitalité de l'établissement et organise une kermesse annuelle dont les bénéfices aident les enfants à partir en vacances et permettent l'organisation d'autres loisirs.
Les personnes âgées : la communauté accueille, outre les soeurs âgées, les parents des religieuses.
L'exploitation agricole : l'exploitation des terres est assurée par un chef de culture et des ouvriers agricoles ; leur travail consiste dans la culture des céréales et du potager, l'entretien des bois, des arbres d'agrément du domaine (...) ".



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