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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Migné-Auxances / la Folie / 2 rue de la Folie
Maison dite la Folie

photographie du dossier documentaire, voir légende
Vue générale. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / G. Renaud, 2007.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2007.

Historique

En 1487, le domaine de la Folie relevait de l'abbaye de Montierneuf. C'est à cette date que sont édifiés le logis et la chapelle, à l'initiative de l'abbé Charles II de Saint-Gelais, supérieur de l'abbaye de Montierneuf de Poitiers, qui installe là sa résidence de campagne. L'occupation très ancienne de ce site est confirmée par une inscription en lettres gothiques accompagnée d'un blason, rappelant l'emblême des Croisés, figurant sur le linteau d'une porte du bâtiment le plus ancien. Dénommée "la Grange Saint-Gelais" à la fin du 15e siècle, la métairie est appelée la Folie en 1565. Cet édifice, mentionné en tant que maison, bâtiment et cour, figure en partie sur le plan cadastral de 1839 où est aussi indiquée une sablière. Propriété à cette époque d'Armand Jossé, cet ensemble est aujourd'hui divisé en deux propriétés distinctes, comprenant la ferme et le logis. Le plan a évolué : seule la grange perpendiculaire à la voie (parcelle 234) semble avoir été conservée. C'est d'ailleurs ce bâtiment qui contient les éléments architecturaux les plus anciens (encadrements chanfreinés). Un vaste bâtiment formant un plan en U a disparu. Remplaçant un bâtiment plus ancien, la maison de maître a été construite à la fin du 19e siècle, peut-être en 1872, date d'une nouvelle construction mentionnée par les archives cadastrales. Le logement de la ferme également date de la fin du 19e siècle. Certains bâtiments ont été remaniés au 20e siècle. Selon des sources orales, l'ensemble a appartenu à des exploitants vinaigriers.

Description

Cet édifice, implanté en retrait par rapport à la voie, est desservi par une cour enclose. L'accès est matérialisé par un portail, constitué de piliers couronnés pour les deux entités aujourd'hui distinctes : le logis et la ferme. L'accès au logis est marqué pour deux tours crénelés flanquées d'un portail. L'allée est ornée de statues (Egyptiennes au flambeau, grenadiers). A l'est de l'allée se trouve un parc, orné d'une allée de tilleuls, dans lequel sont aménagés deux étangs. A l'ouest de l'allée est établi, parallèlement à la voie, le logis flanqué de deux tourelles symétriques, couvertes d'un toit en pavillon. La façade, en gouterreau, est à six travées avec deux portes latérales, chacune abritée par une marquise. Le toit est porté par une corniche moulurée. Le comble est percé par des lucarnes en occuli. Une ancienne étable, perpendiculaire au logis, mitoyenne avec les bâtiments agricoles de la ferme, présente des vestiges très anciens (encadrements chanfreinés, inscription). Dans son prolongement se trouve une habitation, couverte d'un toit à longs pans et croupes en tuile creuse, sans doute ancienne. La ferme rassemble un logement et un hangar mitoyens, situés paralèllement à la voie, et les bâtiments agricoles établis en équerre. Le logis et l'étable sont couverts en tuile mécanique. Le toit de la grange, à croupe, orné d'un épi de faîtage, et celui du hangar sont couverts en ardoise. La façade de l'habitation, comprenant un étage carré et un comble à surcroît, est en gouttereau, à deux travées et porte latérale. Cet ensemble est desservi par une cour dans laquelle se trouve la fontaine Saint-Macou, rappelant que le domaine de La Folie dépendait de Montierneuf. Auprès de cette fontaine sont déposés une pierre portant une inscription et une statue de gisant.

Documentation

● Archives

Archives départementales de la Vienne : 1H 2/65. 1634-1783 : baux à ferme de la métairie de la Folie.
Archives départementales de la Vienne : 4 P 1059-1069 (Plans parcellaires, 1838-1839) ; 4 P 2629 (Etats de sections des propriétés bâties et non bâties, 1839) ; 4 P 2630 (Tableau indicatif des propriétaires, des propriétés foncières et de leur contenance, 1839) ; 4 P 2631 et 4 P 2638 (Matrices des propriétés foncières, 1841-1914) ; 4 P 2639 (Matrices des propriétés bâties, 1882-1910).

● Bibliographie

Association Migné-Auxances Mémoires. Migné-Auxances d'hier à aujourd'hui. Migné-Auxances (Vienne) : Commune de Migné-Auxances, 1999, p. 67. Aucher, Marie-Reine et Galland, Jean. Découvertes fortuites de céramique antique près de Poitiers. Bull. Soc. Antiquaires de l'Ouest, 5e s., t. 6, 1992, p. 252. Chergé, Charles de. Mémoire historique sur l'abbaye de Montierneuf de Poitiers. Mém. Soc. Antiquaires de l'Ouest, 1ère s., t. 11, 1844, p. 210 et p. 267 note 123. Document d'archives transmis par le propriétaire. Lelièvre, Mme. Les sources de Saint-Macou dans la Vienne. Bull. soc. Etudes folkloriques du Centre-Ouest, t. 10, 1976, p. 294-295. Les sources de Saint-Macou dans la Vienne. Le Picton, mars-avril 2002, n° 152, p. 38-39. Roger, Jean-Marc. Procès-verbal de la séance du 20 décembre 1990 (communication de Fabrice Arbona), Bull. Soc. Antiquaires de l'Ouest, 5e série, t. 4, 1990, p. 318-319. P. 318-319
Rédet Louis. Dictionnaire topographique du département de la Vienne. Paris : Imprimerie Nationale, 1881. P. 168

● Annexe 1 :

Chergé, Charles de. Mémoire historique sur l'abbaye de Montierneuf de Poitiers. Mém. soc. Antiquaires de l'Ouest, 1ère s., t. 11, 1844, p. 210.
"L'abbé Charles II de Saint-Gelais, si l'on en croit certain factum virulent rédigé par les moines contre son administration, avait donné lieu à de grands griefs. On blâmait surtout avec aigreur son goût trop prononcé pour les constructions nouvelles, goût dont il nous a laissé un échantillon dans la maison de campagne appelée encore de nos jours la Folie, qui se trouve située sur la rive droite du Clain, près les moulins de Lessart. Mais ses subordonnés auraient dû lui tenir au moins compte de ce qu'il ne réservait pas pour lui seul le confortable et le luxe de cette villa. Je trouve en effet dans les lettres de Pierre d'Amboise, évêque de Poitiers, dont la permission avait été requise à cet effet, que le révérend abbé de Montierneuf, plein d'attention pour la santé de ses frères, s'occupait, en 1486, de faire ajouter à cette maison construite dans la paroisse de Migné, et connue sous le nom de Grange de Saint-Gelais, une chapelle ou un oratoire. Cette maison était un lieu de récréation destiné à réchauffer la dévotion (...). C'était aussi un lieu de refuge contre les maladies contagieuses (...)". Note 122 p. 267 : Dom Fonteneau, t. XIX, p. 585. Ces lettres d'Amboise sont du 2 mars 1486-87.

Conservation Régionale des Monuments Historiques. Dossier de demande de protection. Copie de document d'archives transmis par le propriétaire. Acte de vente, daté du 8 juin 1870, comportant une description des lieux et précisant que la propriété est divisée à cette date.
"Une partie du domaine de La Folie, situé commune de Migné, comprenant, savoir : Les vignes, d'une contenance totale de un hectare cinquante deux ars environ, situées sur le coteau de Chardonchamp, commune de Migné (...). Une partie des bâtiments et du terrain qui se trouvent au nord de la maison de maître, se composant ainsi qu'il suit, savoir : la cour dite de Saint Macou, dont une partie est actuellement en jardin ; la basse cour, les trois toits à porc, le toit à poules et le pigeonnier, le tout dans la dite basse-cour ; le hangar et le cuvier ; le terrain situé au couchant du cuvier, du hangar, de la basse-cour et du toit à poules ; le tout borné au nord et au couchant de la maison de maître (le petit mur de séparationn compris dans la vente) par les latrines, la laiterie, le bûcher, l'écurie, le cellier, une seconde écurie, le caveau, la cave avec les fenils qui sont par dessus, par le maison du jardinier et enfin par un mur que feront construire les vendeurs (...)".

Lelièvre, Mme. Les sources de "saint Macou" dans la Vienne. Bull. soc. Etudes folkloriques du Centre-Ouest, t. 10, 1976, p. 294-295.
Fontaine Saint-Macou, à la Folie, Commune de Migné :
"Il y avait au bord de Clain, au lieu-dit La Folie, une abbaye de l'ordre de Cluny dépendant de celle de Montierneuf, à Poitiers.
Au 10e siècle, on signale des reliques de saint Macou dans l'église de Montierneuf, ce qui explique sans doute que la source de l'abbaye de La Folie soit consacrée à ce saint. Les bâtiments conventuels ont été vendus à la Révolution, mais la chapelle n'a été démolie que récemment. La source Saint-Macou se trouve actuellement dans la propriété de M. Micheau. On y descend par un escalier d'une dizaine de marches. Elle est surmontée d'une pierre tombale représentant un religieux. Sur le côté, on peut voir un écusson et une inscription latine en caractères gothiques, à demi-effacés. On croyait que cette sculpture représentait saint Macou, mais il semblerait plutôt que ce soit saint Gelais, prieur de cette abbaye. M. Micheau me dit que les gens venaient autrefois nombreux, en pèlerinages individuels pour les enfants qui ne marchaient pas. (...) On ne vient plus à la fontaine saint-Macou depuis la dernière guerre à peu près. La pierre tombale de saint Gelais s'effrite, lentement, sous les intempéries".

Les sources Saint-Macou dans la Vienne. Le Picton, mars-avril 2002, n° 152, p. 38-39.
" (...) Au Moyen Age, le village de La Folie appartenait à l'abbaye de Montierneuf de Poitiers, Charles de Saint Gelais, abbé de Montierneuf, y fit bâtir une maison de campagne et une chapelle dédiée aux saint Eutrope et Maclou, à la fin du 15e siècle, qui fut alors appelé "Grange Sainct Gelais"en 1486, puis "Prairie de la Folie du Montierneuf" en 1542. De la cour du "Vieux Logis", dit "Grange Saint Gelais", on accède à un jardin où se trouve la fontaine Saint-Macou. La dédicace aux saint Eutrope et Macou s'explique aisément, saint Eutrope est le patron de Saintonges et saint Macou est mort à Saintes. L'abbaye de Saint-Jean d'Angély, dépositaire d'un fragment du bras du saint, en fit don à l'abbaye de Montierneuf en 1466, et quelques années plus tard Charles de Saint Gelais bénissait la chapelle (1485)".

Roger, Jean-Marc. Procès-verbal de la séance du 20 décembre 1990 (communication de Fabrice Arbona), BSAO, 5e série, t. 4, 1990, p. 318-319.
"Des travaux effectués en 1987 pour l'établissement de la rocade de Poitiers-Nord ont amené la destruction, au lieu-dit de la Folie, de vestiges anciens (...). La présence de structures romaines et médiévales en cet endroit, à cheval à la limite communale, est connue depuis longtemps : il subsiste, au nord de la rocade, remployés dans les aménagement d'une source dédiée à saint-Macou un gisant de femme (?) et l'inscription d'une dédicace de la chapelle élevée non loin de là, en 1487, par Charles de Saint-Gelais, abbé de Montierneuf. En 1989-1990, le Groupe de Recherches Archéologiques et Historiques de Migné-Auxances a récupéré, sur les flancs de la décharge de Chardonchamp, des tessons de céramiques, qu'il conserve dans ses locaux : ils appartiennent à des séries rares et d'un intérêt scientifique certain. En ce même lieu, au début de 1990, une prospection de surface a donné l'occasion de retrouver des débris identiques à ceux de la décharge. Les ramassages faits sur la décharge par les membres du Groupe de Recherches Archéologiques et Historiques de Migné-Auxances au printemps 1990 ont permis la récupération de plus de trois mille pièces archéologiques d'époque romaine et médiévale, allant de tambours de colonnes romaines en calcaire à des tessons de céramique des 15e et 16e siècles ; ont été aussi retrouvées onze monnaies du 3e siècle au 11e".



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