Vous ętes ici : Région Poitou-Charentes > Inventaire général du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes   > L'agglomération de Poitiers > Dossiers et illustrations
L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

[ Autre recherche ]    [ Liste des réponses ]      |   Imprimer le dossier

Chasseneuil-du-Poitou
Présentation de la commune

photographie du dossier documentaire, voir légende
Vue aérienne du bourg et de la RN 10. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / G. Beauvarlet, 2007.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2007.

Historique

La présence du Clain a sans doute motivé l'occupation précoce du territoire de Chasseneuil. D'après les recherches archéologiques, la commune compte plusieurs enclos datant de l'âge du fer, deux villas gallo-romaines. La voie romaine, actuellement chemin de grande randonnée 364, coïncide avec la limite communale est. A proximité se trouvent d'anciennes carrières, exploitées depuis l'époque gallo-romaine où on été trouvés un vase avec une inscription "viola", une borne ou une pierre funéraire ornée de cercles concentriques et une figurine en terre blanche de Vénus. Entre le Clain et la voie ferrée, aux Clouzeaux s'élevait le "palais" carolingien où naquit Louis le Pieux en 778, et où il passa plusieurs années de sa vie. Divers vestiges du Moyen Age ont été découverts sur la commune (pont, cimetière) ou sont mentionnés dans les sources. Chasseneuil est cité pour la première fois en 1080 sous l'appelation Cassanol, puis Chassenuyl ou Chasseneul en 1324 et 1337, Chasseneuil en 1431. La paroisse dépend un temps de l'abbaye Saint-Amand-de-Boixe puis, à partir de 1226, l'évêque de Poitiers en est le seigneur, sous l'autorité du roi. Une commanderie de l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem ou ordre de Malte se trouvait aussi à Chasseneuil, juste au nord du presbytère. Son commandeur, le Grand Prieur d'Aquitaine avait droit de haute justice dans son fief, d'où une concurrence avec l'évêque sur la perception de certains droits. Il existait également une aumônerie dont les biens furent donnés à l'hôpital général de Poitiers en 1695. D'autres fiefs se partageaient le territoire de la paroisse : ceux de Guignefolle, de la Vicane, de la Voûte, de Bonnillet, de Martigny, etc.. Ce territoire apparaît toutefois divisé, notamment entre les deux rives du Clain. Le passage des rivières constituant un obstacle majeur pour les habitants, plusieurs gués furent donc aménagés (gué Sourdeau, gué de la Vicane). Le franchissement de l'Auxance par la route royale de Paris à Bordeaux, devenue ensuite route impériale puis nationale, et qui traverse la commune du nord au sud à l'écart du bourg, a donné lieu très tôt à la création d'un pont. Le franchissement du Clain s'est longtemps fait par des bacs, notamment celui de Bonnillet.
Au 18e siècle, la carte de Cassini figure le bourg de Chasseneuil et plusieurs hameaux ou lieux-dits compostant la paroisse : Martigny, Preuilly, Grand-Pont, Bonnillet, La Bonnaiserie, Fontaine, Petit-Verre, Les Roches. Y sont également indiqués trois moulins à eau : un sur le Clain à Chasseneuil et deux sur l'Auxance à Grand-Pont et Preuilly et un relais de poste. Cette activité de meunerie est à cette époque une des principales de la paroisse, avec la viticulture. Un plan établi sous la Révolution indique qu'une grande partie du territoire de Chasseneuil est à cette époque couvert de vignes. Signe de cette importance, la fixation de la période des vendanges est solennellement établie chaque année par le Grand Prieur d'Aquitaine. Autre institution pour la paroisse sous l'Ancien Régime : les marais communaux, dont ceux de l'Aumône et Fontaine. Octroyés au Moyen Age par les comtes de Poitou, ils sont exploités par les paysans de Chasseneuil qui défendent régulièrement leur prérogative, par exemple au 18e siècle contre les prétentions du propriétaire du domaine de Fontaine. Après la Révolution, leur gestion est reprise par la commune. Enfin la situation de Chasseneuil au bord de la route de Paris à Bordeaux engendre une activité spécifique liée au passage des biens et des personnes. Les sources donnent ainsi les noms de deux maîtres de poste : Abraham Cante en 1634 et Pierre Robin, qui à sa mort en 1652 semble ne pas avoir été remplacé.
La vie économique et sociale de Chasseneuil commence à changer dans la seconde moitié du 19e siècle. Auparavant, elle reste marquée par la meunerie et la viticulture, en plus de la polyculture. Selon le cadastre de 1819, la vigne représente alors 19 % du territoire communal. Cette part chute à 8 % au début du 20e siècle, après la crise du phylloxéra. L'autre révolution pour Chasseneuil à la fin du 19e siècle concerne les transports. L'arrivée du chemin de fer multipliant les besoins d'échanges entre l'est et l'ouest de la commune, et entre les hameaux et le bourg où se trouve la gare, il est envisagé en 1861 de construire un pont sur le Clain à l'est du bourg. Ce pont, nécessaire aux relations économiques du territoire, est remplacé au début du 20e siècle par un autre plus large. Le pont de Bonnillet quant à lui date du 1897. La poussée démographique qui accompagne ce développement économique, comme dans beaucoup de communes françaises à l'époque, entraîne l'extension du bourg et du hameau de Grand-Pont, en bordure de la route nationale. Cette croissance est toutefois ralentie à partir des années 1880 par les difficultés économiques liées à la crise du phylloxéra, et par l'attraction de la ville de Poitiers sur les jeunes travailleurs. Pendant l'Entre-deux-guerres, la population de Chasseneuil augmente peu. L'implantation de l'abattoir, avant 1914, qui devient l'usine Fulmen puis Leclanché du groupe CGE entre les deux guerres et compte près de 1.000 salariés dans les années 1960, donne un nouvel élan à la commune. Celle-ci commence à se doter d'équipements collectifs comme l'électricité en 1926, L'adduction d'eau ne viendra qu'après 1945, en 1956 dans le bourg. Par arrêté préfectoral du 25 mai 1950, les écarts de la Haute et de la Basse-Payre, au nord, sont rattachés à la commune de Jaunay-Clan et, en 1958, la limite sud entre Migné et Chasseneuil est modifiée.
A partir des années 1960-1970, Chasseneuil connaît une seconde révolution économique, sociale et même urbaine. La proximité de Poitiers joue une rôle décisif en faveur du développement économique de la commune accentué par l'extension du réseau de voies de communication : élargissement de la route nationale 10, construction de l'autoroute A10, aménagement de nouvelles voies dans les zones commerciales, passage du TGV en gare du Futuroscope. La création du parc d'attractions du Futuroscope, inauguré le 31 mai 1987, situé à cheval sur les communes de Chasseneuil-du-Poitou et de Jaunay-Clan, motive l'implantation d'une technopôle qui s'étend progressivement au sud pour former, avec la zone commerciale, une zone urbanisée quasi continue jusqu'à Poitiers.

Description

Le territoire de la commune s'étend sur 1756 hectares, au nord de Poitiers. Le Clain, qui constitue la limite communale au nord-est, scinde le territoire de la commune en deux parties inégales. A l'ouest, le paysage se présente comme un vaste plateau où le bâti gagne peu à peu sur les terres de polyculture. A l'est, le sol s'élève en formant un coteau dans lequel sont exploitées les carrières de pierre tendre de Bonnillet, celles de la Bonnaiserie un peu plus au nord étant aujourd'hui fermées. Le Clain est par ailleurs bordé par une zone de marais : terrains communaux de Vert, Grande-Rivière, Petite-Rivière, l'Aumone, etc. L'Auxance constitue un autre cordon de verdure. A Fontaine, un ruisseau descendant de la vallée des Prés-des-Joncs, à Montamisé, arrive du sud pour se jeter ensuite dans le Clain.
Le réseau des voies de communication est également orienté sur un axe nord-sud, parallèle au Clain. Au cours des siècles, le principal axe de circulation s'est déplacé d'est en ouest, depuis la voie romaine jusqu'à l'autoroute A10 en passant par le Clain, voie navigable, la route royale puis nationale 10, et la ligne ferroviaire. Les liaisons est-ouest sont plus rares : elles se trouvent surtout à l'ouest, pour relier le bourg aux hameaux, tandis qu'à l'est l'absence de franchissement aisé du Clain a limité un tel développement.
Cette orientation générale nord-sud se retrouve dans l'urbanisation puisque celui-ci se concentre essentiellement autour des axes routiers. Le bourg et les hameaux de Grand-Pont, Preuilly, Martigny, Bonnillet et Fontaine rassemblent l'essentiel du bâti ancien. La partie située au sud-est est relativement peu urbanisée sans doute là encore parce que le passage du Clain a longtemps constitué un obstacle. Une partie de plus en plus importante du territoire est occupée par des zones d'activité commerciale, tout le long de la nationale 10, et par des lotissements, à l'écart de cet axe. Au nord-ouest, la Technopole du Futuroscope couvre actuellement environ 250 hectares.

Documentation

● Archives

Archives nationales Q1 1608. 1770-1772 : contentieux entre M. Montois, propriétaire de Fontaine, et les habitants de Chasseneuil au sujet des marais communaux de Fontaine.
Archives départementales de la Vienne 3H1 533. Fonds de la commenderie de Chasseneuil.
Archives départementales de la Vienne E dépôt dépot 54/1. 1787-1788 : registre des délibérations du conseil municipal de Chassseneuil (16 mars 1788, première assemblée de l'administration municipale dans la maison presbytérale).
Archives départementales de la Vienne E supplément 192 : registres paroissiaux de Chasseneuil (mentions de maîtres de poste : Abraham Cante en 1633-134 et Pierre Robin, mort en 1652).
Archives municipales de Chasseneuil-du-Poitou. Registres des délibérations du Conseil municipal (13 octobre 1829 : La commune fait opposition à des prétentions fiscales de l'Etat sur les 29 arpents 90 perches que recouvrent ses communaux de l'Aumône (entre Grand Pont et Bonillet), la Grande rivière, la Petite rivière ou Naide (près du bourg), et le Vert. Ces communaux ont été attribués par les comtes du Poitou, et leur existence a été confirmée par un arrêt du Conseil du 7 janvier 1777).
Archives municipales de Chasseneuil-du-Poitou. Registres des délibérations du Conseil municipal (8 septembre 1825 : des commissaires désignés par la municipalité se rendent dans les vignes afin de déterminer le moment de "l'abonnement général des vendanges". L'événement est fixé au 12. D'ici là, personne ne doit commencer à vendanger. La procédure se répète chaque année).
Archives municipales de Chasseneuil-du-Poitou. Registres des délibérations du Conseil municipal (7 février 1926 : suite à une proposition du préfet, le conseil accepte la modification du nom de la commune, pour éviter les homonymies, en Chasseneuil-du-Poitou ; le préfet proposait Chassenuil-sur-le-Clain.
Archives municipales de Chasseneuil-du-Poitou. Registres des délibérations du Conseil municipal (7 août 1910 : autorisation est donnée à la Compagnie d'électricité de distribuer "la force et la lumière" sur la commune. 25 février 1912 : le conseil est d'avis qu'il y a lieu de doter la commune d'un système d'éclairage électrique et donne tous pouvoirs au maire pour traiter avec la Cie des usines électriques de Poitiers au sujet de l'installation de ces éclairages. 23 juillet 1912 : demande de mise à l'enquête du projet d'éclairage et de distribution d'énergie électrique dans la commune).
Archives municipales de Chasseneuil-du-Poitou. 1952-1964 : registre des délibérations du Conseil municipal (21 novembre 1943 : Le conseil décide de doter la commune d'un système d'adduction d'eau. 9 juin 1953 : étude en vue de l'alimentation en eau de la commune. 12 mars 1949 : La commune adhère au syndicat intercommunal d'études pour l'alimentation en eau du département de la Vienne. Un projet de regroupement avec la commune d'Avanton pour l'adduction d'eau, échoue. Les études ont malgré tout lieu au cours de l'année 1949. 25 novembre 1954 : le Conseil donne son adhésion définitive au Syndicat intercommunal pour l'alimentation en eau potable de la commune).
Archives municipales de Chasseneuil-du-Poitou. 1952-1964 : registre des délibérations du Conseil municipal (30 juin 1946 : Le conseil émet un avis défavorable à la pétition des habitants de la Payre d'être rattachés à Jaunay-Clan. Celui-ci est pourtant officialisé le 30 octobre 1949. 24 février 1958 : approbation de la modification des limites de la commune entre Migné et Chasseneuil au sud).
Archives municipales de Chasseneuil-du-Poitou. 1952-1964 : registre des délibérations du Conseil municipal (12 février 1960 : création d'une zone industrielle entre à l'ouest la RN. 10, au sud la RD. 18 jusqu'à la gare de marchandises, à l'est le chemin vicinal 6 et au nord une ligne à déterminer ; 26 janvier 1964 : le conseil approuve l'achat de terrains constituant la zone industrielle. 1968 : cession de la zone industriel au district de Poitiers).

● Bibliographie

Annuaire de Poitiers et du département de la Vienne : administratif - militaire - religieux - judiciaire - industriel - commercial. Poitiers : Marc Texier, 1938. P. 781
Guillemet, Dominique. Dir., Dictionnaire des communes et pays de la Vienne. 2004, Geste éditions.
Eygun, François. Art des pays d'Ouest. Paris : Arthaud, 1965. P. 71, 204
Le patrimoine des communes de la Vienne. Paris : Flohic (35-Rennes : Oberthur Graphique), 2002. P. 751-755
Leroy, Jeanne. Histoire du relais de poste aux chevaux des Ormes (Vienne), 1752-1852. Bull. soc. Antiquaires de l'Ouest et musées de Poitiers, 1992. P. 211
Laville, Gilles et Chandeleur, Noël. Le village de Chasseneuil autrefois : 117 cartes postales et photographies anciennes choisies et commentées. Poitiers : Editions Projet, 1985.
Rédet, Louis. Dictionnaire topographique du département de la Vienne. Paris : Imprimerie Nationale, 1881.

● Annexe 1 :

Vestiges archéologiques

Dans les carrières, des trous de poteaux sont apparus entre 100 et 200 mètres au sud de la bifurcation de la route latérale menant à Chasseneuil, il pouvait s'agir d'un bâtiment d'exploitation. Y ont été trouvés : un vase avec une inscription "viola", une borne ou pierre funéraire ornée de cercles concentriques, une figurine ne terre blanche de Vénus (Patte, Etienne. Quelques découvertes de l'âge du bronze au gallo-romain dans les vallées du Clain et de la Gartempe.)

Palais carolingien
Les princes carolingiens avaient leurs demeures et Chasseneuil montre toujours l'esplanade surélevée au-dessus du Clain qui servait de support à la villa et la défendait contre les inondations. Dans ce palatinum, Hildegarde, belle-fille de Pépin le Bref, mit au jour en 778 le futur empereur Louis le Pieux. Pépin y fit un plaid en 828 ce qui indique de vastes dimensions [...]. Des villes impériales carolingiennes, celle de Chasseneuil, qui fut si vivante et où exista un scriptorium, ne reste plus, qu'une vaste terrasse qui cache en son sol des murailles arasées (Eygun, François. Art des pays d'Ouest).
La plus ancienne mention que nous possédions d'un manuscrit copié en Poitou nous révèle l'existence d'un scriptorium au palais carolingien de Chasseneuil. Il y avait là un copiste nommé Faustin, attaché à la cour de Louis, roi d'Aquitaine. Il y termina en 811 la transcription d'un commentaire sur la genèse dû à Claude qui depuis fut évêque de Turin (Crozet, René. Communication à la séance du 19 décembre 1946. Les ateliers de copistes et de miniaturistes en Poitou à l'époque carolingienne).
Le palais de Poitiers est un des palais carolingiens de la région avec ceux de Chasseneuil et de Doué-la-Fontaine (Favreau, Robert. Le palais de Poitiers au Moyen âge.).
A l'époque carolingienne, c'est au palais du prince Louis à Chasseneuil que Claude de Turin compose un commentaire sur la genèse (Favreau, Robert. La ville de Poitiers à la fin du Moyen âge.).

● Annexe 2 :

Rédet Louis. Dictionnaire topographique du département de la Vienne.
"Chasseneuil, commune de Saint-Georges. Cum nos Casanogilo villa palatio nostro in pago Pictavo secus alveum Clinno resideremus, 828 (Ch. Pepin, roi d'Aquitaine, ap. Guérard, Polyptique d'Irminon, t. II, p. 344). Ex curte Casssenoilo, 927 ou 928 (cart. de St-Cyprien). Bernefredus de Cassanol, v. 1080 (ibid. 198). Ecclesia Sancti Clementis in villa quae dicitur Cassanolium, 1098 (Besly, évêque de Poitiers, p. 77). De Chassenoillio, 1220 (abb. De Nouaillé, 1). Cassenolium, 1226 1098 (Besly, évêque de Poitiers, p. 135). Chassanol, 1240 (abb. de Fontaine-le-Comte, 17). Chassanoilum, 1276 (chap. cathédrale, 42). Chassenolium, 1281 (chap. de Notre-Dame-la Grande, 42) ; Chassenuyl, 1324 ; Chasseneul, 1337 (arch. de Poitiers) ; Chasseneuil, 1375 (chap ; de St-Hilaire, 88). Chassenuil, 1383 (taux du décime, p. 10) ; Chassenoil, 1410 (gr. Gauthier, F° 29 v°).
Avant 1790 cette commune faisait partie de l'archiprêtré de Dissay, de la châtellenie, de la sénéchaussée et de l'élection de Poitiers. Il y avait à Chasseneuil une commanderie de l'ordre de Malte, membre de celle de Saint-Georges ; le commandeur exerçait dans son fief les droits de haute justice. L'évêque de Poitiers, à cause de son château d'Harcourt à Chauvigny, était seigneur châtelain d'une autre portion de la paroisse ; il nommait à la cure. Il y avait aussi à Chasseneuil une aumônerie dont les biens furent unis à l'hôpital général de Poitiers en 1695".

● Annexe 3 :

Extraits d'un mémoire accompagnant le plan des terres vagues appelées les communes de Fontaine, à Chasseneuil, 1770
Le 11 décembre 1770, un arrêt du Conseil porte concession à Jean-Alexis Montois, conseiller du roi au siège présidial de Poitiers, propriétaire du domaine de Fontaine, d'un terrain appelé les communes de Fontaine, contenant 146 boisselées, mesure de Poitiers, faisant 21 arpents 82 perches, contre un cens annuel de 22 boisseaux de blé froment. Ce terrain est couvert de mauvaises herbes qui font croître les eaux du Clain qui y refluent et y séjournent, et est donc inculte. Montois se propose de le dessécher, dans le cadre des privilèges accordés aux dessèchements par la déclaration royale du 14 juin 1764.
Menés par leur curé, Louis Picoron de la Viollière, les habitants de Chasseneuil s'y opposent, assurant que ce terrain est un marais communal. Un mémoire établi en 1771 dans le cadre du procès indique que, malgré leurs protestations, et avec le soutien de l'intendant Blossac, Montois a pris possession du terrain le 3 mars 1771 et a commencé à y creuser des fossés de dessèchement. Les habitants ont pourtant continué à y envoyer leurs troupeaux, qui, le 21 avril, ont abattu les fossés. Ils expliquent qu'ils ont la jouissance de ce terrain "de temps immémorial", depuis les anciens comtes de Poitou. Preuve en est le nom du terrain, les "communes" de Fontaine. Ils contestent aussi l'état prétendu inculte du terrain. L'herbe qui y pousse est même l'une des meilleures de la paroisse, enrichie par les inondations. Et le fait que le Clain sépare ce terrain du bourg n'est pas un obstacle, puisqu'un bac permet de le franchir. Malgré les réfutations de Montois, l'auteur du mémoire conclut en faveur des habitants de Chasseneuil. Mais le 11 janvier 1772, un nouvel arrêt du Conseil rejette les protestations des habitants.
(AN : Q 1 1608).



logos CAP
consulter au centre régional de documentation du patrimoine de Poitou-Charentes