Vous êtes ici : Région Poitou-Charentes > Inventaire général du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes   > L'agglomération de Poitiers > Dossiers et illustrations
L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

[ Autre recherche ]    [ Liste des réponses ]      |   Imprimer le dossier

Chasseneuil-du-Poitou
Maisons et fermes

photographie du dossier documentaire, voir légende
Maison de faubourg à Grand-Pont, 36 route de Paris. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / G. Renaud, 2007.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2007.

Historique

La commune de Chasseneuil-du-Poitou comptait 178 feux en 1759 et 164 en 1790. En 1962 on n'y dénombrait encore que 296 logements, puis 1431 en 1990 et 1912 en 1999.
La datation de l'habitat se réfère rarement à des inscriptions ou à des sources. Elle s'effectue le plus souvent par comparaison du bâti par rapport au plan cadastral de 1810, ou par référence à des formes ou des éléments architecturaux caractéristiques d'une période donnée. Cependant quelques dates ont pu être relevées sur des bâtiments, en grande majorité pour la fin du 19e siècle. D'autre part, pour la période allant de 1810 à la fin du 19e siècle, les matrices cadastrales permettent parfois de donner une date précise de construction ou de reconstruction d'un logement. Parmi celles qui concernent les édifices étudiés, 11 se rapportent à la première moitié du 19e siècle, 31 concernent la seconde moitié du 19e siècle, c'est-à-dire la première phase de développement de la commune.
Si l'on considère l'ensemble du corpus des 234 maisons et fermes étudiées sur la commune, qui pour la plupart ont connu d'importants remaniements au 20e siècle, seulement 10 % présentent des traces antérieures au 19e siècle : 2 ont des éléments du 15e siècle, 8 du 17e siècle et 14 du 18e siècle. Mais la moitié (soit 119) ont été bâties au 19e siècle, dont un tiers à la fin du 19e siècle ou au tout début du 20e siècle. 49 autres datent de la première moitié du 20e siècle. Les maisons et fermes postérieures à cette date, bien qu'en plus grand nombre, n'ont pas été étudiées sauf dans le cadre des 14 lotissements concertés retenus (composés de maisons bâtie sur des modèles semblables). Les premiers de ces lotissements, dans les années 1950 et 1960, sont liés à l'implantation d'une usine. Les autres ont été aménagés après 1975.
Depuis cette même période, les zones d'habitat contemporain progressent régulièrement. Epargnant la partie située à l'est de Clain, elles se développent au nord et au sud du bourg ainsi qu'à l'ouest, au-delà de la route nationale 10 qu'elles ont désormais franchie.

Description

Le corpus pris en compte :
Toutes les maisons et les fermes construites avant les années 1950 sur le territoire de la commune, et encore visibles aujourd'hui, ont été recensées. C'est l'état ancien des habitations, estimé comme étant celui qu'elles avaient encore dans les années 1950, qui a été pris en compte, et non pas leur état actuel : ainsi, une ancienne ferme divisée aujourd'hui en trois logements différents, forme une unité, et non trois. De même, certaines maisons et anciennes fermes, pourtant construites avant les années 1950, n'ont pas pu être prises en compte : elles ont fait l'objet de trop nombreux remaniements, et leur aspect actuel n'a pas permis de retrouver leurs caractéristiques architecturales anciennes. Ne sont pas pris en compte ici les quatre anciens manoirs ou logis nobles (demeures à la tête d'un domaine agricole, ayant appartenu à un propriétaire de fief, noble ou non, au Moyen Age et sous l'Ancien Régime), et les 14 lotissements retenus dans l'étude. D'après ces critères, on obtient un corpus de 235 maisons et fermes, soit en 152 maisons et 83 anciennes fermes. Les maisons sont donc nettement majoritaires, représentant un peu plus des deux tiers du corpus. Cette proportion reflète le caractère surtout résidentiel de la commune depuis le 19e siècle.

La répartition de l'habitat :
Près de 60 % des maisons et un tiers des anciennes fermes sont situées dans le village. Beaucoup d'autres se concentrent autour de Grand-Pont et à Preuilly. Au final, la majorité de l'habitat est regroupé le long ou à proximité de la route nationale, colonne vertébrale économique de la commune. Les autres hameaux (Martigny, Bonnillet, Fontaine) sont moins denses, surtout sur la rive droite du Clain. Rares sont les propriétés isolées.

La construction des bâtiments :
Les maisons et anciennes fermes recensées présentent des caractéristiques communes à celles que l'on trouve dans l'habitat des autres communes situées autour de Poitiers et dans la plupart de la Région. A l'exception des maisons les plus récentes, toutes ces constructions sont en moellons de pierre calcaire, pour la plupart protégés par un enduit. Seuls les encadrements des ouvertures, les chaînes d'angle et quelques éléments de décor, comme les bandeaux, les corniches et parfois les solins, sont en pierre de taille. La plupart des toitures, qui sont généralement à deux pans, sont couvertures en tuile creuse (87,6 %), quelques unes sont en tuile mécanique (7,26 % des logements) ou en ardoise (5,12 % des logements). Quelques toitures de logements en ardoise sont pourvues d'une croupe à chaque extrémité (17,5 %) et six toits seulement sont à longs pans brisés.

Les types de fermes, disposition des bâtiments :
Les anciennes fermes sont constituées de plusieurs bâtiments, dont un logement (parfois deux pour 16 % des fermes étudiées) et des dépendances : grange, étables, hangar, cellier. Dans la moitié des cas le logement est en retrait par rapport à la voie dont il est séparé par la cour. Cependant un quart des fermes ont leur logement placée en bordure de la route. Le dernier quart du corpus est constitué des fermes ou anciennes fermes dont le logement est perpendiculaire à la voie.
Si l'on considère la façon dont les bâtiments de ferme sont organisés les uns par rapport aux autres, on constate que parmi les 83 anciennes fermes de Chasseneuil, toutes sont soit des fermes à bâtiments séparés (au nombre de 34), soit des fermes à bâtiments jointifs (49). Les premières ont des bâtiments implantés de manière très diverse en fonction de la forme de la parcelle et des accès. Les secondes ont dans près de la moitié des cas leurs bâtiments accolés perpendiculairement. Plus rares sont celles qui forment un plan en U (5), un plan allongé (9) où logement et grange sont dans le prolongement l'un de l'autre mais sous des toitures différentes, ou encore un bloc en longueur (5) où logement et grange sont dans le prolongement l'un de l'autre et sous une même toiture. Les granges avaient souvent la double fonction de grange et d'étable. Elles sont de plan rectangulaire avec une façade sur le mur gouttereau pour la plupart ; seules trois granges à façade sur un mur pignon ont été observées. Ces dernières étant généralement le signe d'une activité agricole importante, cette répartition atteste de la relative modestie des exploitations à Chasseneuil.
Toutes les fermes ou ancienne fermes étudiées ont une cour et parfois un jardin. Plus de la moitié d'entre elles sont séparées de la voie publique par un mur de clôture, le quart par une clôture basse. Près des deux tiers ont un portail d'entrée toujours constitué de deux piliers en maçonnerie. Quelques unes (8,5 %), toutes situées dans le bourg (par exemple rue du 11 Novembre ou rue du Maraudeau), présentent un corps de bâtiment sur rue, souvent le corps de logis, que traverse un passage couvert donnant accès à la cour située à l'arrière.

Les types de maisons et leur disposition :
Les 152 maisons de Chasseneuil se répartissent en cinq familles :
1- Les maisons de bourg (57), sont établies en bordure de la voie publique, dans l'alignement et dans la continuité des autres maisons. Elles ont le plus souvent un étage et sont situées dans le centre du village ou, pour quelques unes, à Grand-Pont.
2- Les maisons de faubourg (59) se trouvent dans un parcellaire plus relâché, avec une cour ou un jardin. Elles sont bâties soit en alignement sur la voie publique, mais séparées des autres maisons, ou en retrait de la voie avec un espace libre antérieur. Certaines sont même au centre de la parcelle. Plus de 77 % d'entre elles ont un étage.
3- Les maisons rurales n'ont pas de vocation agricole mais elles possèdent des dépendances telles que un hangar, des toits à bêtes ou une remise. 11 ont été repérées sur la commune. Elles se situent dans les écarts ou en bordure de la partie ancienne du village. Elles sont implantées de façon plus irrégulière sur la parcelle et dans leur cour, accolées ou séparées de l'habitation, sont des petites servitudes qui autrefois servaient d'étables, remises ou même cellier.
4- Les maisons de campagne (13) sont de grandes demeures implantées dans un jardin ou un parc, fermées sur la rue par un mur de clôture avec un portail, et souvent accompagnées de communs importants, écuries, remises à voitures, parfois d'une ancienne buanderie. La plupart ont une façade bien ordonnancée et soignée, avec une haute toiture en ardoise.
5- Les villas (12) sont des maisons dont la forme et le vocabulaire ornemental sont comparables à ceux de l'architecture balnéaire. Ce sont des maisons de la fin du 19e ou du début du 20e siècle qui pour plusieurs sont curieusement implantées au cœur du bourg. Elles présentent des volumes plus complexes que les autres logements avec des avant-corps, des parties de façade couronnées en pignon, des avant-toits souvent très saillants et un décor de céramique ou de brique.
Les maisons sont pour la plupart accompagnées d'une cour, parfois d'un jardin qui dans 18 % des cas, sont fermés sur la rue par un mur de clôture et dans 39,5 % des cas par une clôture basse. La cour est accessible par un portail à piliers de maçonnerie dans 40 % des cas ou un passage couvert (7,23 %). Beaucoup de maisons possèdent des corps de bâtiment annexes, remise, garage ou communs qui, pour les plus grandes demeures, peuvent connaître un développement important. Un peu plus de la moitié des maisons étudiées ont leur façade placée en bordure de la voie publique, les autres sont pour la plupart légèrement en retrait avec une petite cour antérieure, souvent clôturée, ou plus rarement perpendiculaires à la voie.

L'agencement des logements :
Plus des trois quarts des logements sont constitués d'un rez-de-chaussée et d'un étage. Un peu moins d'un quart des logements sont en rez-de-chaussée (22,64 %). Les deux tiers ont un comble ou un étage en surcroît. Un tiers, situés sur un terrain en pente, possèdent un niveau de soubassement. 16 édifices, parmi les plus anciens, conservent un escalier extérieur en pierre donnant accès au comble ou même parfois à l'étage du logement.
Les logements ont dans la grande majorité une façade sur un mur gouttereau. Seuls 7,7 % ont un mur pignon en façade ; il s'agit soit de maisons anciennes, soit de maisons de la première moitié du 20e siècle. Près de la moitié des logements ont soit une seule travée, à laquelle s'ajoute généralement une autre baie latérale (porte ou fenêtre), soit deux travées, le plus souvent avec une porte latérale là aussi. C'est le signe de logements modestes en taille. Un quart tout de même ont une façade à trois travées généralement bien ordonnancée, avec la porte au centre. 8 seulement sont constitués de quatre travées, et 5 possèdent cinq travées. Les façades sont assez souvent marquées par des solins (33 cas) (partie inférieure du mur légèrement en saillie et pouvant être en pierre de taille), des bandeaux horizontaux (29 cas), ou des corniches moulurées au sommet du mur (35 cas).
Les baies sont généralement rectangulaires, parfois à encadrement saillant (47 cas). Elles sont très rarement couvertes d'un arc en plein-cintre, en anse de panier ou segmentaire, d'un arc en accolade (3 cas) ou de style néo-gothique (3 cas également). En revanche les fenêtres, surtout à l'étage, ont fréquemment un appui saillant, parfois mouluré. Les petites baies éclairant les combles et les surcroîts sont rectangulaires ou parfois demi-circulaires (dans 7 maisons) ou en forme d'oculus (4 maisons). Lorsque la toiture est couverte en ardoise, ou parfois même en tuile mécanique, elle est souvent marquée par une ou plusieurs lucarnes en pierre (23 maisons sont concernées), la plupart du temps couronnées par un fronton.
Dans quelques logements antérieurs au 20e siècle apparaît, souvent à côté de la porte, une pierre saillante d'évacuation d'un ancien évier. Les balcons sont rares. Les portes sont parfois abritées sous une marquise ou petit auvent vitré. 14 façades présentent un décor de céramique ou de brique, et une dizaine possède un motif sculpté, généralement au-dessus de la porte ou sur une fenêtre. Il s'agit le plus souvent de la représentation d'un motif végétal, palme, rameau, fleur, ou d'une tête de femme.

Documentation

● Archives

Archives départementales de la Vienne 4P 2068, 2071 et 2073. [19e siècle] : matrices cadastrales de la commune de Chasseneuil, augmentations et diminutions.

● Annexe 1 :

Decription de maisons dans les sources
2 mai 1859, procès-verbal de lotissement dressé par Maître Aubrun, notaire à Poitiers. "Liquidation et partage entre les héritiers de Jean Proust, propriétaire et meunier. Division en deux lots des immeubles composant la communauté des époux Proust ; division en quatre lots de chacun de ces deux lots. Il en résulte qu'il a été compris : au premier lot une maison située à Chasseneuil section C du plan cadastral, composée d'un corridor, d'un cellier avec grenier par dessus, d'un grand serre-bois, d'une chambre au dessus de ce serre-bois et d'un grenier régnant sur la chambre et d'un escalier en pierres, touchant de deux parts au sieur Bourguignon, de la troisième à un jardin attenant à ladite maison, de la quatrième à une rue menant à l'abreuvoir. Au deuxième lot une maison située à Chasseneuil, n° 4 section C du plan cadastral, composée d'une chambre basse, escalier en bois, chambre haute, grenier, d'une écurie et d'un fenil au dessus et enfin de la moitié de la cour placée entre ces deux maisons. Au troisième lot maison occupée. Au quatrième lot une maison située à Chasseneuil et portée sous le n° 1 section C du plan cadastral composée d'une chambre haute, de deux grands celliers, de deux fenils au dessus et autres constructions touchant de deux parties à la voie publique d'autre part à l'escalier en pierre de la maison Métivier" (Archives départementales de la Vienne : Série O).
22 juillet 1950, vente par Mme veuve Meunier à la commune, en l'étude de Me André Bettermann, notaire à Jaunay-Clan, "d'une maison au bourg, rue de la mairie comprenant une chambre basse avec cave dessous, chambre haute avec grenier dessus, cellier avec fenil dessus et petit cellier où se trouve l'entrée de la cave, hangar, petite cour avec puits commun., section C 21 n° 23 24P, 25P, joignant du nord à la rue de la Mairie et du couchant à la rue de l'Industrie (Archives départementales de la Vienne : Série O).
A noter les mentions de caves, celliers et escaliers en pierre.



logos CAP
consulter au centre régional de documentation du patrimoine de Poitou-Charentes