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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Chasseneuil-du-Poitou / le bourg / rue du Champ-de-Foire
Maison de la Ribaudière, actuellement hôtel-restaurant

photographie du dossier documentaire, voir légende
Logis, élévation sud et ouest. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / G. Renaud, 2008.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2007.

Historique

La maison de la Ribaudière est mentionnée en 1604. Cette demeure appartenait au 18e siècle à Joseph de la Broüe, chevalier, élu maire de Chasseneuil le 27 janvier 1790. Bien que défendant les idées de la Révolution, celui-ci devint suspect en tant que noble et fut contraint d'émigrer avant de s'installer à Poitiers. Au début du 19e siècle, l'ensemble appartient à François Labrousse, par ailleurs propriétaire du moulin d'Anguitard. Des bâtiments, mentionnés en tant que métairie et maison de maître, figurent à des emplacements différents des bâtiments actuels sur le plan cadastral de 1810 et ont aujourd'hui disparu.
Dans la 1ère moitié du 19e siècle, la partie centrale du corps de logis actuel est construite. En 1883, la propriétaire, madame Barbault de la Motte, cède à la commune une partie du parc pour y aménager un champ de foire qui deviendra plus tard un jardin public. La même famille fait faire, en 1885 d'après les matrices cadastrales, une nouvelle construction qui semble correspondre à l'enveloppe ouest et nord du précédent corps de logis. Après avoir appartenu à la famille Dupin qui vend des parcelles de terrain en 1983, la propriété est de nouveau vendue, un hôtel-restaurant y est installé et des travaux d'extension sont ensuite entrepris, en 1986, au sud du logis et au nord des communs.

Description

Cet édifice, implanté en bordure du Clain, en retrait par rapport à la voie, dispose d'un parc enclos dont l'accès est matérialisé par un portail avec grille en ferronnerie. Il se compose de trois bâtiments principaux : la partie logis au centre et les anciens communs au nord et au sud. En contrebas au nord-est du logis s'étend un vaste bassin rectangulaire, bordé à l'ouest par un nymphée à élévation en pierre de taille percée de baies en plein-cintre et couronnée par une balustrade. Le logis, de plan complexe, réunit plusieurs corps de bâtiment. Le plus ancien, au centre, comprend un étage et un comble à surcroît et présente une élévation à trois travées ordonnancées du côté Clain. Des bandeaux séparent les niveaux et les baies du surcroît sont en demi-cercle. Sa façade principale, au sud, semblable à l'élévation orientale, est aujourd'hui dissimulée par une autre construction. Sa porte, au centre, était autrefois abritée par une marquise et un fronton triangulaire couronne la travée centrale.
Contre les élévations ouest et nord de ce corps de bâtiment en est accolé un autre, de plan en L, avec un pavillon saillant à chaque angle couverts l'un d'un toit bombé, l'autre d'un toit conique brisé. Il comporte un étage et ses élévations sont ornées de doubles bandeaux. A l'étage les fenêtres sont couvertes d'un arc en plein-cintre et, à l'ouest, des colonnes séparent de grandes baies rectangulaires éclairant une galerie. Dans l'angle nord-est, un vaste pavillon rectangulaire, couvert en terrasse, s'élève sur deux étages. Les baies du premier étage sont, là aussi, surmontées d'un arc en plein cintre et sont munies de balcons. Les niveaux sont soulignés par des bandeaux prolongeant ceux du corps de bâtiment mitoyen. Partout les élévations sont couronnées par un bahut en pierre, ajouré ou non, dissimulant les toits.

Précisions sur le décor

Le logis présente un fronton triangulaire sur sa façade sud. A l'angle nord-ouest sont deux colonnes superposées à chapiteaux ornés l'un de volutes, de fleurs et de guirlandes, l'autre de feuilles et d'un masque entre deux cornes d'abondance. Sur l'élévation nord du pavillon nord-est, à l'étage, un autre chapiteau porte une tête et des éléments végétaux. En avant de cette façade et de la façade est se trouve un balcon en ferronnerie à décor de rinceaux, volutes et fleurs, avec un buste de femme au nord.
A l'intérieur, dans le corps de bâtiment central, la pièce principale a une cheminée à manteau de bois à colonnettes torsadées. Dans la pièce sud sont des lambris d'appui à plis de serviette et les portes sont encadrées dans leur partie supérieure de petites têtes de personnages. Contre le mur ouest s'appuie une cheminée en pierre à chapiteaux et entablement à décor végétal, avec deux petites têtes dans la partie supérieure de la hotte. Dans la salle nord-est, au rez-de-chaussée, sont également des lambris d'appui et une grande cheminée à manteau en bois à décor de rinceaux, de fleurs et d'animaux. Les rampes d'escalier en ferronnerie présentent des volutes. A l'étage, au nord, au-dessus de l'escalier d'accès au pavillon nord-est, sont des consoles sculptées. Des trumeaux de portes sont garnis de toiles peintes représentant des paysages. L'une d'elles est signée F. Mongruel, 1893.

Documentation

● Archives

Archives départementales de la Vienne 4 P 2073 : matrices des propriétés foncières, augmentations et diminutions.

● Bibliographie

Laville, Gilles et Prêt, Christiane. Chasseneuil-du-Poitou, découverte de son passé. Association "Les Amis de Chasseneuil Autrefois", 1999. P. 50-54
Le patrimoine des communes de la Vienne. Paris : Flohic (35-Rennes : Oberthur Graphique), 2002. P. 753
Rédet, Louis. Dictionnaire topographique du département de la Vienne. Paris : Imprimerie Nationale, 1881. P. 351

● Annexe 1 :

Le patrimoine des communes de la Vienne. Paris : Flohic (35-Rennes : Oberthur Graphique), 2002, p. 753 :
Logis de la Ribaudière, 19e siècle.
"Placée au centre d'une terrasse, le logis domine la vallée du Clain. La première construction peut être attribuée à Joseph de La Broüe de Vareilles Sommières. En 1789, il fait partie des représentants de la noblesse aux Etats généraux. Localement, il est à l'origine de la création d'un atelier de charité et, en 1790, c'est l'un des premiers maires de Chasseneuil. Le bâtiment central d'origine, de plan carré, est agrandi dans le courant de 19e siècle dans un style éclectique. Le vaste parc qui l'entoure est réduit au fur et à mesure des ventes".



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