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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Biard
Présentation de la commune

photographie du dossier documentaire, voir légende
Vallée de la Boivre rue de l'Ermitage. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / G. Renaud, 2005.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2005.

Historique

Des outils remontant au néolithique ont été trouvés dans le sol de la commune ainsi que les vestiges d'un tumulus décrit en 1861 par Longuemar : "deux monceaux de pierre le long d'une voie ancienne". Sur le site des grottes de la Norée a également été découvert un dépôt monétaire gallo-romain.
L'appellation Biarcum (= la clairière ou le verger) apparaît en 1265 comme une dépendance du chapitre de Notre-Dame-La-Grande. Avant 1790 cette commune faisait partie de l'archiprêtré de Sanxay, de la châtellenie, de la sénéchaussée et de l'élection de Poitiers. Au temps de Gauthier de Bruges, évêque de Poitiers, c'était une des paroisses extra decanatus et archipresbyteratus. La seigneurie de Biard ou la Chaise de Biard (nom qui n'est plus rattaché à un édifice mais à l'emplacement d'un ensemble de maisons plus tardives), avec droit de haute justice, appartenait au chapitre de l'église cathédrale de Poitiers, qui nommait à la cure, rétablie en 1844.
Les lieux figurant sur la carte de Cassini (18e siècle) sont : Biard, L'Arnaye, La Fenestre (château), Bel-Air, la Vianderie (métairie ou ferme disparue). S'y ajoutent sur le plan cadastral de 1831 : Les Poiriers, la Bitaudrie...
La commune de Biard a été réunie autoritairement à celle de Vouneuil-sous-Biard le 10 novembre 1819. Puis, l'établissement de la filature lui ayant donné un essor considérable, elle reprit son indépendance le 14 avril 1847, grâce aux démarches d'Emile Berton, maire de Vouneuil de 1835 à 1847 et qui devint maire de Biard en 1847.
La Cassette, aux portes de Poitiers, était alors un lieu de détente pour les Poitevins avec ses restaurants et ses cafés. C'est là que, le long des coteaux de la Boivre, est aménagée la ligne de tramway à vapeur de Poitiers à Lavausseau, mise en service en décembre 1921. Elle desservait une halte, près de la rue des Vieux-Logis, et une station placée au nord du cimetière. Mais sa suppression intervient dès 1932. La Boivre, par des systèmes de pompage, servait à l'alimentation en eau.
Les activités étaient encore essentiellement agricoles au début du 20e siècle : en 1906, la commune comptait 22 agriculteurs. Puis fut implanté l'aérodrome, devenu ensuite aéroport, et, plus tard, des zones industrielles et commerciales en limite nord et est.

Population : 204 habitants en 1790, 615 habitants en 1851, 848 en 1916, 1287 en 1954 et 1501 en 1999.
Nombre de logements : 39 feux en1759, 41 en 1790, 155 en 1949, 322 en 1962 et 575 en 1999.

Description

Le territoire de la commune, d'une superficie de 747 ha, se présente comme un plateau d'une altitude allant de 117 à 134 mètres, bordé à l'ouest par des bois et limité au sud par des falaises longées par le cours sinueux de la Boivre dont la vallée est inscrite à l'inventaire des sites naturels. Dans ces falaises se trouve un site exceptionnel, ouvert au public, les grottes de la Norée (site classé le 30 avril 1934), dégagées à partir de 1923 par Joseph Martin, propriétaire du terrain. Des inscriptions datant de la préhistoire sont présentes à l'entrée. Elles offrent une succession de salles où, par l'action de l'eau, se sont constituées des marmites d'érosion, des cheminées, des concressions en forme de voiles plissés, de cascades pétrifiées, stalagmites et stalacmites.
En dehors du bourg la commune ne comprend que quelques écarts ou maisons isolées. Plusieurs fermes isolées qui figuraient sur le plan cadastral de 1831 ont aujourd'hui disparu : une à l'est de la Fenêtre, la Vianderie et une ferme près de Larnay. L'essentiel du bâti est concentré en limite sud de la commune. Une grande superficie est occupée par l'aéroport de Poitiers-Biard dont une petite partie se prolonge au nord sur la commune de Poitiers, ainsi que par un terrain militaire utilisé comme champ de tir depuis 1878 (auparavant terrain de manoeuvres). Aujourd'hui, l'aéroport est longé par deux grands axes : la rocade ouest de Poitiers, tracée vers 1970 et qui limite la commune à l'est, et l'auroroute A 10, ouverte peu de temps après, qui coupe la commune de Biard en deux parties est et ouest. Avant l'ouverture de ces deux voies, les axes de communication se limitaient à la route départementale reliant Poitiers à l'est à Lavausseau à l'ouest en longeant le bourg de Biard.

Documentation

● Archives

Archives départementales de la Vienne : 4 P (Matrices des propriétés foncières, augmentations et diminutions).
Archives municipales de Biard : 14 avril 1847 (Louis Philippe, roi des français : "Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit : Article premier. Le territoire de l'anciennne commune de Biard, à l'exception du polygone du côté A au dit plan, mais en y comprenant le polygone côté B, est distrait de la commune de Vouneuil-sous-Biard).
Archives municipales de Biard : 9 juillet 1847 (Nomination par le préfet d'un maire provisoire, René Jouineau).

● Bibliographie

Annuaire de Poitiers et du département de la Vienne, administratif, militaire, religieux, judiciaire, industriel et commercial. Poitiers : Marc Texier imprimeur-éditeur, 1938.
Barbier, Alfred. Statistique du département de la Vienne. Poitiers : imprimerie de Archives EvêchéDupré. 1863.
Dictionnaire des communes et pays de la Vienne des origines à nos jours : histoire, patrimoine, économie / dir. Dominique Guillemet. La Crèche : Geste éditions, 2003.
Le patrimoine des communes de la Vienne. - Paris : Flohic (35-Rennes : Oberthur Graphique), 2002.
Rédet, Louis. Dictionnaire topographique du département de la Vienne. Paris : Imprimerie nationale, 1881. P. 37
Simmat, Gérard. La Vienne 1900-1930. Mémoire d'hier. Clermont-Ferrant : éd. Gérard Tisserand, diff. : De Borée, 2002.

● Annexe 1 :

Petite chronique de Biard jusqu'à l'actualité. Huit siècles d'ancien régime et plus d'un siècle de révolution. Dans Bulletin municipal, décembre 1976, p. 16-23.

I -Ancien régime : la seigneurie de la Chaise
980-1030 - Guillaume V duc d'Aquitaine donne la terre de Biard, compris ses hommes, à Isembert, évêque de Poitiers, et après la mort de cet évêque, au Chapitre cathédral. Les limites de ce domaine sont celles de la commune actuelle.
1364 - Un acte de Saint-Pierre-le-Puellier cite l'église de Saint-Marc de Biard, nommée plusieurs fois au XVe siècle et ensuite.
XVème, XVIème, XVIIème, XVIIIème siècles - Les archives du Chapitre cathédral conservent les baux, les arpentages, les procédures de la terre de Biard. Trichet, receveur du Chapitre, tient en copie un registre de ces actes, classés par noms de lieux, par dates. Le plus ancien est de 1426, le plus récent de 1728.
L'indication de toutes les parcelles fait un puzzle cadastral où nous voyons les groupes d'habitations, les noms des habitants, et des cultivateurs autres que les habitants de Biard, leurs redevances aux seigneurs chanoines.
Le bourg est bâti en discontinu autour du bois de la Chaise comme le sont les trois rues actuelles qui l'entourent. La maison de la Chaise est au centre de ce village-rue, elle ouvre sur le carrouer (l'ancien petit plan de Biard). Actuelle rue Turquand, maison de l'Humeau, la cure, deux borderies sont d'un même côté côté bois. La maison du lac (la mare) et la métairie du portal (Grande-Cour) sont de l'autre côté. Actuelle rue des Vieux-Logis sont le Colombier, la Pingaudrie, et deux borderies. Rue des Augustins, plus bas que la Bougaudrie et de l'autre côté, la maison de Bel-Air de maître Nicolas Chantard, receveur général des aides de la généralité de Poitou, est en 1659 toute neuve, avec ses 100 boisselées de terres d'un seul tenant. La métairie de la Vicane et ses appartenances, terres labourables, prés, bois, s'étend le long de murs de clôture jusqu'au coteaux, le long de la rivière avec les chénevières qui y sont.
A Bellevue, au-dessus des coteaux du moulin et du chêne vert, une demi-douzaine de petites maisons.
L'église et le cimetière qui l'encadre sont isolés au bord du chemin de Larnay.
La Fenêtre a quatre petites maisons près du carrefour actuel et de la mare, et trois plus importantes : la Cour-Robinet, actuelle Chataigneraie, la Lussaudrie et la maison de la Fenêtre.
Par delà les Champs Renards, les Champs de la Fenêtre et les Grandes Pièces, deux domaines d'importance : le fief des Poiriers et "l'héritage de Larnay" qui relève directement du roi, à la tour Maubergeon.
Au bas de Biard, entre les roches et les jardins qu'on appelle les planches, 3 ou 4 maisons, compris le moulin.
Un dictionnaire des paroisses du Poitou, copié avant 1750, compte 39 feux pour Biard, Buxerolles en a 72, Saint-Benoît 123. Aux registres paroissiaux, les années de grande mortalité sont sévères : 1709, 12 inhumations, 3 baptêmes, 3 mariages ; 1710, 12 inhumations, 4 baptêmes, nul mariage ; 1711, 10 inhumations, 4 baptêmes, 2 mariages.

Biard est une terre à froment et à vigne.
Des habitants du voisinage, gens de métiers : maçons, paveurs, tailleurs de pierre, couvreurs, cordonniers, cordiers, seuls ou associés, des commerçants (boulangers, aubergistes), des maîtres des métiers (maître coutellier, chapelier, perruquier, tailleur, fourbisseur, sergetier, chamoiseur), un maître chirurgien, un ajusteur de la monnaie, un procureur, le curé et le vicaire de Sainte-Triaise, le resteur du collège de la Sirène, cultivent ou font cultiver des vignes, du Four-au-Loup à Montmidi et du Renclos jusqu'au Vignaud. Ils sont quelque 150, venant de la Bugellerie, de la Tranchée, des paroisses de la ville, de Précharau, de Vouneuil et de la Cadoue.
Les notables résident peu. Ils sont une douzaine de familles qui se succèdent à la tête des domaines, marchands ou avocats, médecin de Poitiers, maître de poste, conseillers au présidial, jusqu'au subdélégué général de l'Intendant du Poitou Brumauld de Beauregard.
Viennent les années d'inquiétude de la République des Assemblées révolutionnaires. Biard inaugure son 1er siècle de vie communale comme territoire de refuge et de subsistance.

II -Un long siècle chargé d'événements, 1790-1900 et plus
1 -La commune de 166 adultes de 1806
1790 -La maison de la cure s'appelle maison commune. Elle est en location. C'est un logis "de vilaine construction et en médiocre état : une cuisine, un cellier à côté, une chambre par-dessus, une petite écurie, un autre cellier, une cour d'environ 1/4 de boisselée, le tout enfermé de mauvais murs à pierre sèche, sur le chemin de Biard à Poitiers [rue Turquand]".
Le premier maire, Guibert, est un bordier qui devient fermier de la métairie et maison des Poiriers. Le chaisier-tourneur ... achète le 26 germinal an IV la borderie de la Paumerie, et avec quelques autres laboureurs ou bordiers la métairie du Colombier, le tout rue des Vieux-Logis... Ce sont des notables qui ont acheté les domaines.
Le citoyen Chevallier, ci-devant curé de Biard, devient agent de la commune jusqu'à frimaire an VII. Son successeur et maire est le petit fonctionnaire des domaines Pouzol, expert des ventes de biens nationaux. Il est propriétaire de la Lussaudrie à la Fenêtre... Les voisins notables de Pouzol sont des contre-révolutionnaires silencieux et divers, Faulcon et Baguenard, l'un et l'autre ancien conseiller au présidial...
Le bourg aussi a ses réfugiés : la citoyenne Henriette Chevalleau de Boisragon, le prêtre ci-devant Chariton, Louis Charles Noudry. Le marchand Tribert, de Montreuil-Bellay et de Poitiers, acquéreur de la métairie des Augustins, a près de lui sa fille dont il déclare le nouveau-né Narcisse, fils du citoyen conventionnel Thibaudeau son gendre, absent à ce moment là.
Biard a son volontaire de la 1ère réquisition de 1792, le journalier Etienne Berton.
1807 à 1819 -Cinquième et dernier maire de cette 1ère période municipale, Charles Chaubier de Larnay, ancien gendarme de la garde du roi, émigré, sous les armes à la défense de Maestricht contre les troupes de la République, rentré à Larnay en 1801, maire en 1807. Chevalier de Saint-Louis en 1814 et chef d'escadron.
Or la population de la commune n'augmente pas : 166 adultes donc en 1806. La commune, écrit Chaubier de Larnay, ne peut payer un garde champêtre. L'église de Biard ne peut avoir de desservant. Et, en 1819, la commune est réunie à celle de Vouneuil où, en 1806, on a compté 610 adultes. Le 19 janvier 1820, le préfet nomme au Conseil de 12 membres 3 habitants de Biard : Pouzol, le meunier Jouineau et Chaubier de Larnay. Le début de la vie commune est malaisé. 4 mars 1821 : le Conseil prie le préfet d'autoriser le maire à faire vendre la ci-devant église de Biard et son cimetière.
21 mai 1821, le Conseil prend acte : la commune de Biard ne veut pas vendre son église et son cimetière.
Et en dix ans, tout change à Biard.

2 - L'époque de la manufacture et de l'émancipation de la commune, 1820-1862
1820, Affiches du poitou : la fabrique de Biard est en activité avec le marchand Bouchet de Poitiers.
1825 : Le banquier Laurence s'adjuge, sur saisie contre Bouchet, domaine de Biard, début de fabrique et terres.
1828 : 2 ans d'essais de métiers mécaniques, mus par un manège à 6 chevaux, échec.
1830 : Laurence a mis en place une machine à vapeur motrice, une prise d'eau au moulin et, dans la grande cour de Tribert, carderie, filature, métiers à tricoter, haute cheminée d'usine, blanchisserie sur la rivière. Il emploie 500 personnes, il vend à Poitiers en gros et en détail.
Vouneuil, cadastre, 1831 : revenu de la filature de Biard, 2500 F.
Biard, 1835 : Faillite des banquiers Laurence de Poitiers. Turquand, marchand de soieries rue des Cordeliers, s'adjuge sur saisie le domaine de Biard, 310 000 Francs. Il s'installe à Biard avec 1ère patente du département, comme manufacturier.
Vouneuil, 1835 : Etienne Berton, cultivateur, vient d'acheter et habite l'ancienne maison de la Chaise. Voisin de Turquand, il est maire de Vouneuil. Turquand est premier de la liste des plus imposés.
Vouneuil, 1838, Conseil : Une pétition des propriétaires demande la séparation des deux communes.
Vouneuil, 1844 : L'église de Biard aura un desservant. Le cimetière, avec les pilastres de son portail est transféré au terrain actuel, donné par le capitaine Gugnard, qui habite la maison dite du Balcon de Biard.
Biard, 1845 : La filature a une seconde machine à vapeur. Elle a 150 à 160 métiers selon les commandes, elle fabrique dans l'année 70 000 douzaines de tricots, bonnets, calottes, gilets, pantalons, jupes, gants. Le personnel compte 217 habitants de Biard, dont 90 hommes, 120 femmes, 7 enfants. De Poitiers viennent 2 hommes, 480 femmes, dont 400 prennent du travail à domicile.
Biard, 1846 : Aux élections législatives, les électeurs de Biard vont à Vouneuil, refusent de voter. Berton démissionne de la mairie de Vouneuil.
Biard, 1847 : L'ordonnance du roi du 14 avril rétablit la commune de Biard dans ses limites anciennes. Etienne Berton est maire. Turquand, 1er de liste au Conseil municipal, Chenet, mécanicien, Henchez, Héquet, fileurs, sont conseillers.
Biard, 1848 : Année de trouble du travail. Turquand écrit au préfet : « Je puis vous assurer que mes ouvriers ne manqueront pas de travail. La manufacture utilise 120 000 kg de coton venus des Etats-Unis... Un adjoint au maire de Poitiers écrit au ministre de l'Intérieur : "Pas de problème à Poitiers, les nécessiteux vivent de la charité publique, la fabrique de Biard est de grand secours à Poitiers".
Biard, 1850, l'école : Dubreil Adolphe est nommé instituteur. Le Conseil loue 170 F par an une maison d'école au marchand de bois Rayé, terrain actuel n° 11 rue du Vieux-Logis.
Biard, 1855 : La manufacture expose à Paris (exposition universelle). Elle travaille pour la France, la Suisse, l'Espagne et les Etats-Unis.
Biard, 1857 : Turquand meurt. Sa tombe est au cimetière de Biard, allée de la croix hosannière, près de celle de Berton. Son gendre, Leblanc-Turquand, lui succède. Fils de banquier, il est ancien employé d'administration.
Biard, 1862 : La préfecture note : La manufacture a fermé dans la guerre du coton (la guerre de Sécession des Etats-Unis). C'est un moment critique pour la commune.

3 -Fin de siècle et quelques décennies à Biard. La commune rurale près de Poitiers
La commune continue de construire des bâtiments.
1860 : C'était une nef nouvelle à l'église, avec agrandissement, cintre à l'entrée du choeur, et avec clocher. Simultanément, le presbytère.
1872-1874 : C'est l'acquisition et la réparation de la maison d'école et de la mairie, en face du presbytère.
1877 : C'est l'école de filles. Cependant le territoire de Biard, où dès 1830 se trouvait un champ de manoeuvres et le champ de courses, devient zone d'établissement militaire.
1878 : Le grand polygone d'artillerie est créé. Les bâtiments de la manufacture deviennent caserne d'un bataillon de la garnison de Poitiers. Accord d'ailleurs du commandement pour que la foire de Biard se tienne dans la Grande-Cour, contacts de la Mairie et de l'état-major sur l'usure des chemins au passage des troupes, et sur des incidents de discipline.

La commune est agricole.
1866 : Le cheptel comprend 22 chevaux, 117 boeufs et vaches, 300 moutons, 47 ânes. Biard est toujours terre à froment et à vigne. Le vignoble est encore entier jusqu'aux ravages du phylloxéra.
1910 : Il y a 22 agriculteurs, 3 laitiers, un entrepreneur de battage, 2 maréchaux-ferrants, 3 rouliers et entrepreneurs de travaux, 2 marchands de bois, 1 tonnelier, 1 distillateur.

La commune est rurale
Le nombre d'habitants a diminué, puis il s'élève lentement.
1879 : 648 h ; 1883 : 699 h ; 1891 : 750 h ; 1914 : 796 h ; 1920 : 836 h. Le millier seulement en 1930.
La vie est traditionnelle...
La ligne de train à vapeur, de profil audacieux dans les coteaux, en chantier en 1914, terminée en 1920, dépend de la Compagnie des chemins de fer départementaux, C.F.D...
(Notes aux Archives départementales et municipales).

● Annexe 2 :

Meunier, René-A. Les paysages agricoles et la structure sociale à Biard aux XVIIe et XVIIIe siècles, d'après les registres terriers du chapitre cathédral de Poitiers et les registres paroissiaux connus. Dans : Actes du quatre-vingt-onzième congrès national des sociétés savantes, Rennes 1966. Paris : Bibliothèque nationale, 1969. P. 57-73.

Le "Papier terrier de la seigneurie de la Chèze de Biard, fait en 1730 par le receveur de l'église de Poitiers" et les titres de la terre de Biard transcrits au cours du XVIIIe siècle en un registre précédé des noms de lieux montrent que la paroisse de Biard a vécu, du début du XIe siècle à la période révolutionnaire de 1791, comme domaine rural des seigneurs chanoines et de leurs tenanciers, principalement habitants de Poitiers.
Le territoire, à moins d'une demi-lieue de l'entrée en ville sous les murs du Bourg Saint-Hilaire et de la ville à Pont-Achard, s'étendait aux 724 hectares de la commune actuelle.
Les chemins à travers le plateau conduisaient du gué de la Cassette et des gués de Vouneuil à ceux de l'Auxance ou, en oblique, de la Cassette par le bourg de Biard à la Cueille mirebalaise et à la porte Saint-Lazare de Poitiers. Vers ce réseau montaient de la Boivre des rampes intermédiaires : le raidillon de Vauchèvre, le chemin de Vauloubière, entre les deux le chemin du moulin de Biard au bourg, et des sentiers.
Les lieux d'habitation aperçus depuis la fin du XVe siècle, indiqués au cours du XVIe et du XVIIe, suffisamment localisés au cours du XVIIIe siècle, et de nouveau situés par les actes de vente de 1792-1797, étaient à peu près aux quatre angles du territoire. C'étaient l'éperon de méandre du bourg de Biard, la clairière de la Fenêtre, le village de Larnay, la maison des Poiriers ; les deux agglomérations de Biard et de la Fenêtre en bordure de coteau, l'une et l'autre en menus villages de carrefour. Le bourg de Biard plus dense avait l'écart de la Maison de Bel-Air et celui de deux maisons sur la rivière, le moulin et une borderie voisine sous une roche. La Fenêtre en ordre plus disséminé avait à l'écart la métairie de la Parisière. Chaque lieu d'habitation avait sa mare nommée le lac, et à la Parisière la fosse. Le lac ou la grand'mare de Biard avait un déversoir - la Rouère - par le chemin de Vauchèvre jusqu'à la rivière.
Le domaine de plateau consistait en terres, et aussi en vignes au milieu du territoire, cela au Grand Clos, aux Cosses, quelque peu aussi près de la Fenêtre à la lisière des champs du Fougeroux et des Trois chirons sur les terroirs que l'on nommait Taffeneau, Bernouin. Un premier résultat de cette étude est donc qu'un vignoble existait, par parcelles en lanières au cadastre. Des tènements à peu près continus en large bordure de plateau se trouvaient à Vauchèvre, à la Motte, à l'Achenaut, à la Crujonnerie, au Grand Chilloc. En ces deux derniers terroirs, les vignes s'engageaient au bord des taillis des coteaux qui étaient à peu près continus de Poitiers jusqu'à Vouneuil et bien au-delà. Sur les roches en belvédère, par intervalles, et percées de quelques cavernes - les actuelles grottes de la Norée, plus loin le Four-au-Loup -, et juste au-dessus de ces falaises, la vigne encore, ainsi que près des maisons du bourg. Les surfaces plantées avaient augmenté du XVIe au XIXe siècles. Les surfaces déclarées en 1728 mesuraient près de 600 boisselées (près de 45 hectares). L'état de section de 1831 accusait 60 hectares. De bois taillis, la quarantaine d'hectares actuels. Peu de prés. Sur la rivière la prairie de Biard, le pré du Roi, le pré de la Fontaine, qui couvraient chacun une partie du lobe de méandre et donnaient de mauvais foin, mais qui étaient néanmoins arpentés et exploités par parcelles de journée, demi-journée de faucheur. Leur foin était conduit à Poitiers par les fermiers. De prés de plateau, quelques parcelles seulement : le pré de sainfoin des Augustins joignant le bourg, le pré que venait de faire la dame de la Barrière dans une partie d'ancienne chaume à la Fenêtre.
Les plus grandes parcelles : 12 boisselées. En plus nombreuses parcelles, mais plus menues, près des maisons ou sur la rivière, des chenevrières ou chenevrauts, une trentaine de boisselées au total. L'intérêt de ces menus paysages, réserve d'espace dans l'actuel district urbain de Poitiers, c'est qu'avec ce qui reste de registres paroissiaux de l'église Saint-Marc de Biard et ce qui reste des titres des chanoines de Saint-Pierre de Poitiers, on retrouve la vie sociale de Biard, jusqu'aux premières années du XIXe siècle.

Les maîtres de 1659 à 1728, années de plus nombreuses séries de déclarations de tenure données au chapitre, appartenaient au milieu d'église, des finances, du droit, ou bien ils étaient bourgeois de Poitiers, ou marchands, comme ceux du XVIe siècle. En 1728, les maîtres au bourg étaient avec les seigneurs chanoines, par ordre d'importance, les RR. PP. Augustins, le chanoine Coutineau du chapitre de Saint-Pierre-le-Puellier, la veuve du procureur Marzellé, la veuve de Me Chaubier de Mazais, docteur à l'université de Poitiers ; c'étaient encore l'huissier Saunier, le maître de poste de Poitiers Baillon, le maître imprimeur et libraire Gillet, de Poitiers. Les maîtres à la Fenêtre étaient à cette même date demoiselle Anne Dupont, veuve du sieur Pallu de la Barrière, et la veuve de Me Jacques Favreau... et l'huissier Suire. Le sieur Mondon, seigneur du Fougeroux, bourgeois de Poitiers, possédait la maison des Poiriers. La veuve de messire Alexandre Béraud, seigneur de la Bellerie et écuyer, trésorier de France au bureau des finances de Poitiers, possédait à la Fenêtre la maison noble de la Cour Robinet et la métairie de la Parisière, et messire Charles Chaubier de Larnay, précédemment doyen de la faculté de droit, puis avocat du roi, possédait la terre de Larnay.
Mêmes milieux de notables de Poitiers parmi les maîtres des domaines de Biard aux XVIIe et XVIIIe siècles, mais à rapprocher les déclarations de redevances au Chapitre pour 1728 et pour 1659 on voit que l'emprise ecclésiastique s'était étendue entre ces deux dates.
Les Augustins avaient ajouté à leur métairie du bourg et à leurs borderies tenues par les Bertin, la maison et les terres de la Vicane, puis celle de Bel-Air, et les borderies du Colombier et de Bellevue... Et les titres de la Vicane, et ceux de Bel-Air, le Colombier, Bellevue, venaient d'appartenir, comme d'ailleurs ceux du domaine initial des Augustins, aux milieux de justice et de finances (Jacques Rollandeau procureur en la Cour de Poitiers avant et après 1599 ; maître Nicolas Chantard, conseiller du roi, receveur des aides en Poitou avait construit dans les dix ans d'avant 1659 la maison de Bel-Air... et il avait enclos le domaine). Nous pouvons encore voir la maison de Bel-Air, selon les déclarations mêmes de 1659 et de 1729 : "salle, chambres basses, antichambre, cabinet, cours, coursoires, granges, étables, toits avec un colombier au-dessus de la grande porte de la grande cour de ce logis".
Nous revoyons aussi à l'ancien quartier de la Pingaudrie l'emplacement des maisons du chanoine Coutineau, et de l'ancien hôtel de l'écuyer Robert de Burle des années 1550... Le plan de masse de l'actuel quartier du bourg centre-sud à Biard, entre la Vicane-Bel-Air et le vieux logis, est celui des XVIe-XVIIe siècles. La construction en bordure de chemin était dense. Seule la clôture de la maison du maître de poste Baillon contenait 27 boisselées, celle de la Vicane 24.

Les terres de chacune des 7 maisons et des 4 métairies de 1728, comme celles de 1659 et du XVIe siècle, étaient disséminées en parcelles... Les borderies ne comportaient presque pas de terres... Les affaires du vignoble intéressaient une population bien plus nombreuse, sur des parcelles plus morcelées que celles des terres labourables... Ces possesseurs de parcelles de vigne étaient presque tous des hommes de métiers, le plus grand nombre habitait Poitiers...
Les vignes se vendaient cher, les terres aussi. Lors des ventes de biens de la seigneurie de la Chaize, devenus nationaux, les enchères furent disputées pour cette raison, et aussi parce que l'on vit tout de suite des habitants de Biard en figure d'acquéreurs contre de nouveaux maîtres qui résidaient à Poitiers. En 1791 et 1792, les acquéreurs étaient des notables dePoitiers. En l'an 6, les adjudicataires étaient des citoyens de Biard...

La seigneurie de la Chaise était disparue.
Domaines achetés par les milieux traditionnels de Poitiers :
La maison de la Vicane, vendue le 23 mai 1791 à Bouhelier, officier de finances, beau-frère de M. de Larnay.
La métairie du Portal, vendue le 23 mai 1791 au marchant Tribert de Montreuil-Bellay.
La maison de Bel-Air, vendue le 25 octobre 1791 à Bouhelier, acquéreur de la Vicane.
La maison de la Chaise, vendue le 22 avril 1792 au marchand Bouchet de la paroisse Saint-Didier de Poitiers.
Le presbytère, vendue le 23 prairial an IV au même marchand Bouchet.
Acquisitions par des familles du bourg de Biard :
La grande borderie des Augustins, vendue le 23 pluviôse an VI à Louis Bertin, fils de bordier.
La borderie la Paumerie, vendue le 26 germinal an VI au laboureur Louis Foucault et au chaisier Soubil.
La borderie de Bellevue, vendue le 26 germinal an VI au laboureur Chauffeteau.
La borderie du Colombier, vendue le 26 germinal an VI aux laboureur, chaisier et bordiers Boutin, Soubil, Chauveteau Foucault, L. Bertin.

● Annexe 3 :

Meunier, René-A. Une reconnaissance des paysages, et des familles, à Biard, au cours des temps passés, jusqu'à l'actualité. Dans Bulletin municipal, décembre 1981, p. 13-15.

A la base de tout, le nom de Biard, ici comme ailleurs, a le sens de "clairière", devant les bois voisins de l'Ouest. La Fenêtre, c'est un nom de lisière de terrain de chasse, emplacement de guet où poser des filets face au gibier.
Et si, des coteaux de la Boivre face à Mazais, lazaret de Poitiers, et face au bourg St-Hilaire de Poitiers, nous avons au moins deux vestiges de siècles de chasse ... un nucléus de silex taillé, trouvé en fondation de maison, actuelle rue Nungesser, et, précisément proches de la Fenêtre, les "trois chirons", restes de tumulus. Le début des 4000 ans de labour s'est fait attendre ! Conjecture probable, c'est quand même passé plusieurs siècles de labour qu'un dictionnaire des paroisses du Poitou de 1750 a décrit Biard comme « terres à tous grains », c'est-à-dire seigle, froment, baillarge, mouture des pauvres, cultivée en Gâtine et autres pays de brandes, et bourre pour les volailles et les chiens.
Et depuis ce temps là, voici, question de terre labourable, que c'est à Biard, qu'une famille de cultivateurs de Maupouet, expropriée pour "le grand polygone d'artillerie", est venue en 1880 bâtir ferme, étable, aux Cosses, au Renclos, route de Vasles, en deça de Vauloubière, et tenir exploitation jusqu'au Vignaud, précédemment alors terrain de manoeuvre du Second Empire et champ de course de Poitiers.

En somme, suite de trois siècles d'économie rurale, XVIe-XIXe siècle, voici que la Fosse Tardive des Renardières, récemment comblée, jusqu'à la Fosse Loire... tout l'espace nord du cadastre de Biard était en culture : champs de la Fenêtre, des Poiriers, de Larnay, champs du Maupas... et la plaine de Biard, le Parc, des deux côtés du chemin de Biard à Larnay, et jusqu'à Montmidi.
Des XVIe-XVIIIe siècles, les registres terriers du Chapitre cathédral de Poitiers, seigneur de Biard en son domaine de la Chaise, témoigne de cette étendue de champs, et de vigne aussi, jusqu'aux coteaux de la Boivre. Les déclarations de tenure et de rente de tous les exploitants précisent le nom de lieu, la surface, les limites de chaque parcelle, le nom des exploitants voisins. Nous pourrions juxtaposer ces éléments de plan et le plan cadastral de 1830... Toujours est-il que nous voyons aussi les seigneurs chanoines venir à Biard, afin de "mettre en valeur la seigneurie", notamment aux années 1750, et bailler à qui voudrait, de Vouneuil, à défaut de preneur, tout Vauloubière en défrichement et culture de blé. Entreprise impossible : le matériel cassait.
De cette économie rurale, tant au XVIe siècle qu'ensuite, et depuis le quart de siècle des affaires industrielles de la manufacture, source décisive de renaissance de la commune, nous ne cessons de voir que se révèlent, en leurs intérêts et voisinages, bien des personnes et des familles, tant de Biard que de Poitiers.
D'ici, ce sont, avec des artisans du lieu... chaisiers, faiseurs de jougs, ferblantiers, ouvriers pour la ville, laitiers et laboureurs, rouliers des coupes de bois de la forêt - des employés des services publics (Marzelet, Pouzol, du bureau des hypothèques, un instituteur à Poitiers, des officiers de la garnison : capitaine Giliard, capitaine Guignard) et les enfants reçus à l'école à Poitiers jusqu'à la fondation de l'école communale de Biard. C'était aussi le prêtre, curé de Biard, et ce furent le manufacturier Turquand, qui donnait du travail à façon à plus de 150 femmes de Poitiers, enfin le maire de Biard, dit Kario, résidant aussi bien à la Sauvagerie qu'à Poitiers où il était signalé parmi les chefs du parti socialiste d'alors à Poitiers.

Et voici quelques noms de personnes et de familles de Poitiers en leurs biens et leurs résidences de Biard, l'usage des archives publiques exigeant certaines réserves de noms, et de temps. Fin du XVIIIe siècle, première moitié du XIXe siècle, c'étaient à la Fenêtre, les très notables conseillers au présidial Baguenard et Faulcon, puis leurs héritiers : famille Robert, les demoiselles Barbier. Aux Poiriers, ce fut le chevalier Beauregard, subdélégué du dernier intendant de Poitou, d'ailleurs planteur de muriers en son parc de Moulinet, pour l'industrie de la soie, c'est-à-dire créer des ressources aux paysans. A Larnay, c'étaient les fils du chevalier Chaubier, agronomme de ce temps là, et eux-mêmes fondateurs de l'Institution d'aujourd'hui. Non résidents, c'étaient entre autres, aux terres de Larnay, le pharmacien Buchey ; à la Motte, l'avocat Dupont-Minoret.

● Annexe 4 :

Grand-Clément, Alain. Page d'histoire locale. Dans Bulletin municipal, avril 1995, p. 42-44.

Un peu d'histoire locale à travers la famille de Mousseaux.
Avant la Révolution de 1789 quelques grands propriétaires se partagent l'essentiel des terres de Biard. Parmi ceux-ci, la famille de Mousseaux qui, au XVIIe siècle possède plus de cent parcelles de terre et plusieurs métairies.

Les terres : A cette époque, point de cadastre, les champs se situent les uns par rapport aux autres en rappelant les noms des propriétaires riverains, les chemins de bordure, les bois et, surtout, ils ont fréquemment une dénomination propre. Ainsi le Mousseaux se trouvent propriétaires de terres dénommées : le Chilloc, le Parc (appelé autrefois le Terroir du Parc), le Vignault, le Grand Clos (appelé autrefois le Grand Cloux), les Poiriers, la Plante, dessous Chambrechon, Chamberton, le Champ du Chail, le Grizon, dessus les Cosses, le Grand Pas, le Pré au Roi, l'Acheneau, la Voix Chèvre...

Les métairies : Elles portent le nom de la Boizatterie, la Rissellerie, la Pingauderie (actuellement le 13 rue du Vieux-Logis) cette dernière a une importance particulière puisque les Mousseaux y ont leur logis lors de leurs séjours à Poitiers.
Toutes ces possessions sont assujetties à taxes redevables au chapitre cathédral de Poitiers. Ex. : la dixme (dôme), le terrage au huit, le terrage au six (la taxe représente alors le sixième de la récolte de fruits, céréales, vignes, etc.).
La famille de Mousseaux installe des métayers dans ses fermes. Ceux-ci doivent également leur régler impôts et loyers. Les rendements faibles de l'époque et ces deux niveaux de prélèvement expliquent la misère dans laquelle vivaient les métayers.

Le chapitre cathédral de Poitiers : Périodiquement, tous les 50 ans environ, le clergé effectue un inventaire des taxes et impôts divers qui lui sont dus. Ansi, le 26 avril 1659, Louis de Mousseaux, devant les notaires royaux Berthonneau et Hersant, effectue sa déclaration.
"C'est la déclaration des lieux et domaines que tient de vous, Messieurs les doyens, Chanoines et chapitre de l'église de Saint Pierre Le Grand de cette ville, à cause de votre terre et seigneurie de la Cheze de Biard, membre dépendant du chapitre de l'église dudit Poitiers Louis de Mousseaux, écuyer, sieur du Coudray, conseiller du roi, élu en l'élection de cette ville et y demeurant".

De Mousseaux, écuyers, seigneur du Coudray, de Bretigny et de la Valette, de Vertageau, Marchelay, domaines situés à l'est de Châtellerault (Lésigny et au sud (Beaumont).
Blason : d'azur, au chevron d'argent, accompagné de trois roses d'or en chef et d'un lion de même en pointe.
...
Les possessions biardaises de cette famille furent achetées au début du XVIIe siècle et revendues au début du XVIIIe siècle, en grande partie à la famille Coutineau (originaire des Deux-Sèvres).

● Annexe 5 :

Boriaud, Jean. Biard et son passé. L'alimentation en eau au début du siècle. Dans Bulletin municipal, décembre 1978.

A Biard, les nappes souterraines sont, en général, très profondes et les puits, alimentés par ces nappes, peu nombreux. En revanche, il existe encore de nos jours beaucoup de puits et de citernes qui recueillent les eaux pluviales...
Les habitants utilisaient également l'eau de la cascade de la Cassette et aussi l'eau de la Boivre. Il existait 5 points de captage dont on peut voir encore les vestiges. En chaque point il y avait une pompe aspirante et foulante mais la force motrice était différente selon qu'il s'agissait d'un manège (avec cheval entraînant une roue) ou d'un moulin. Le manège n° I alimentait le château du Coteau. Le manège n° II permettait l'irrigation des côteaux, le remplissage des bassins du Bois-aux-Chèvres et l'alimentation d'un petit château d'eau à la Vicane. Le manège n° III était utilisé pour les lavoirs de la Ferme du Lycée [actuel I.E.M.]. Du moulin n° IV partaient des conduites souterraines qui aboutissaient à un château d'eau que l'on voit encore avenue Charles-de-Gaulle ; les canalisations se dirigeaient ensuite vers le château de la Vicane. Le moulin n° V assurait en eau des coteaux de la Sauvagerie.

● Annexe 6 :

Boriaud, Jean. Biard et son passé. Chemins de fer départementaux de la Vienne. Ligne Poitiers-Biard-Lavausseau (1921-1934). Dans Bulletin municipal, octobre/novembre 2000, p. 12-16.

Avant de connaître la rocade et l'autoroute, la commune de Biard a été traversée par une voie ferrée : c'était la ligne Poitiers-Lavausseau qui faisait partie du réseau des chemins de fer départementaux de la Vienne. Depuis 1851, le département de la Vienne avait une ligne d'intérêt national : la ligne Poitiers-Paris confiée à la Compagnie Paris-Orléans (P.O.). En 1872, le Conseil général de la Vienne décida de se doter d'un réseau départemental à voies étroites : l'écartement des rails était de 1m au lieu de 1,433 pour la Compagnie P.O. En 1895, la ligne Poitiers-Saint-Martin-L'Ars fut mise en service et, en 1914, ce fut Châtellerault-Chauvigny-Bouresse.

La ligne Lavausseau

La décision de construire la ligne Poitiers-Lavausseau fut prise par le département en 1901. Mais la guerre de 1914-1918 retarda la construction, si bien que l'inauguration de la ligne n'eut lieu que le 8 décembre 1921. Depuis 1914, l'exploitation du réseau départemental était confié à la V.F.E.P. (Compagnie des voies étroites du Poitou). C'était une société par actions. Ces dernières étaient acquises par des particuliers (1/5), le département et les communes qui avaient souvent recours à l'emprunt.

La gare centrale se trouvait boulevard Pont-Achard (actuellement caserne des pompiers). Partant de la gare centrale de Pont-Achard, la voie longeait la Boivre, puis la traversait, à Biard, route de la Cassette. Elle passait ensuite au-dessous de l'actuel I.E.M. et suivait la rue des Vieux-Logis. Il y avait une halte en face de l'abattoir de volailles et une station au nord du cimetière. La maison qui servait de gare à Chanteloup existe encore. Le petit train passait ensuite à Béruges, Montreuil-Bonnin, avant de gagner Lavausseau. Une bifurcation partait au nord vers Neuville et Lencloître et au sud vers Lusignan...

Témoignage
Madame Nérisson a vécu toute sa jeunesse à Biard puisqu'avec ses parents elle exploitait, avant la dernière guerre, une ferme qui a été expropriée par les bases aériennes. "Notre maison, dit-elle, était située à une centaine de mètres de la gare de Biard... La gare comprenait une salle d'attente, un petit bureau muni d'un guichet donnant sur la cuisine et deux chambres au premier étage. Nous avons été expropriés en 1947 et avons quitté les lieux en 1950, abandonnant notre ferme ! La gare et les habitations ont été rasées".

Le déficit croissant, l'arrivée d'entreprises privées assurant le transport des voyageurs par autobus sans réclamer de subventions au département, provoquèrent l'arrêt de l'activité des tramways départementaux. Le 16 février 1934, le préfet signait avec la V.F.E.P. une convention de rachat par le département de l'ensemble du réseau. Les voies furent démontées et tout le matériel revendu en Afrique.



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