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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Biard / Larnay
Manoir, puis couvent et institut de Larnay

photographie du dossier documentaire, voir légende
Vue générale sud du bâtiment principal. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / G. Renaud, 2005.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2005.

Historique

Ancien fief ayant droit de justice, de dixme, de garenne et de fuye, mentionné dès le 13e siècle. En 1411 il appartient à Guiot de Dampmartin, en 1513 à Herpan Bellère et en 1551 à dame Marie du Lyon. En 1606, "la maison noble, terre et seigneurie de Larnay, saisie sur Anthoine Dupré, sieur de la Grève, l'un des eschevins de Poitiers, est acquise par Pierre Millon, docteur en médecine". A partir de 1690, la famille Chaubier en est propriétaire.
Sur le plan cadastral de 1831 apparaîssent de nombreux bâtiments aujourd'hui disparus ou reconstruits. Un corps de logis aurait été bâti en 1837, en partie conservé dans l'aile antérieure ouest du bâtiment principal.
En 1847, une institution gérée par les Filles de la Sagesse, logée auparavant dans l'hôpital Pont-Achard à Poitiers et s'occupant de sourdes-muettes, s'installe dans le manoir. Dès 1850, l'abbé Charles Chaubier de Larnay confie à l'abbé Tournesac, jésuite et architecte, la construction des nouveaux bâtiments. La bénédiction de la chapelle a lieu le 11 juin 1853 (elle sera consacrée le 6 septembre 1868, par Mrg Pie) et les deux sacristies sont achevées en 1854. Le cimetière est installé à la même époque : sur la croix est gravée la date 1854. En 1859, M. de Larnay fait terminer le logement situé à l'entrée de la cour, puis il achète le petit domaine voisin de la Goulgaudière pour y établir un lieu de résidence pour des frères. A la mort de l'abbé Charles Chaubier de Larnay, qui est inhumé dans la crypte de la chapelle, la congrégation des Filles de la Sagesse devient propriétaire. Les religieuses sont au nombre de 15 en 1860 et de 27 en 1890.
En 1931, l'architecte Jules Négrier exécute des travaux d'agrandissement puis, dans la seconde moitié du 20e siècle, de nouveaux travaux d'aménagement et d'agrandissement sont effectués sous la conduite de l'architecte A. Serreau : aménagement du troisième étage entre 1965 et 1967, construction d'un logement de fonction à l'angle nord et d'un bâtiment pour les aveugles en 1968, construction d'un pavillon de rééducation pour les sourds-aveugles à partir de 1970, surélévation de l'extrémité sud-est du bâtiment principal en 1975.

Description

Vaste propriété avec jardins et bois, entourée de murs de clôture. Le bâtiment principal est de plan en U avec une grande chapelle perpendiculaire à l'arrière et au milieu. En vis à vis, de part et d'autre d'un portail ouvrant sur une large allée, sont deux corps de logement à un étage. A l'ouest sont diverses dépendances et l'ancienne ferme avec logement et grange (à façade en gouttereau et porte charretière à piédroits chanfreinés). A l'est sont des communs et le cimetière au centre duquel se trouve une croix.
Le bâtiment principal a un sous-sol à voûte en arc segmentaire dissimulé par un plafond pare-feu, deux étages carrés et un étage dans le comble. A chaque étage du corps principal se trouve un long couloir longitudinal desservant des pièces latérales. Les ailes latérales antérieures ont des pièces en enfilade. Sous la chapelle il y a une crypte à troix vaisseaux, couverts de voûtes d'arêtes, accessible par un large escalier tournant en pierre. La chapelle elle-même, voûtée d'ogives, se compose d'une large nef avec tribune au sud, d'un transept dont chaque bras est prolongé par une chapelle séparée, et d'un choeur, au nord, à l'arrière duquel se trouve une autre chapelle. Une haute flèche s'élève sur le corps de bâtiment principal, en avant de la chapelle.

Documentation

● Archives

Archives nationales F21 7888 (Beaux-Arts, dossiers individuels du personnel des Monuments Historiques : travaux de Jules Négrier).
Archives départementales de la Vienne : B 13 (liasse, 1 pièce sur parchemin en langue française).
Archives départementales de la Vienne : G 192 (mention d'un seigneur de Larnay).
Archives départementales de la Vienne : J 85 (Métairie, acte non daté [1834 ou 1835]).
Archives départementales de la Vienne : 4 P 1861 (Matrices des propriétés foncières, augmentations et diminutions, 1849-1878).
Archives départementales de la Vienne : V 418, V 419.
Archives municipales de Biard : 1967 (Aménagement du 3e étage, par Archives EvêchéSerreau) ; 1968 (Construction d'un logement de fonction à l'angle nord, par Archives EvêchéSerreau) ; à partir de 1968 (Construction d'un pavillon pour les sourds-aveugles) ; 1975 (Extrémité sud-est du bâtiment principal, surélévation, par Archives EvêchéSerreau).
Archives privées : Notice historique sur la terre et le château de Larnay.

● Bibliographie

Dictionnaire des communes et pays de la Vienne des origines à nos jours : histoire, patrimoine, économie / dir. Dominique Guillemet. La Crèche : Geste éditions, 2003. P. 95
Guillet, A.-Archives EvêchéVie de M. Charles-Joseph Chaubier de Larnay. Poitiers : Imprimerie Oudin, 1878. P. 376-418, 497-501, 532-543, 564-589
Le patrimoine des communes de la Vienne. - Paris : Flohic (35-Rennes : Oberthur Graphique), 2002. P. 744
Rédet, Louis. Dictionnaire topographique du département de la Vienne. Paris : Imprimerie nationale, 1881. P. 223-224

● Annexe 1 :

Archives départementales de la Vienne : J 85 (Métairie, acte non daté [1834 ou 1835]).

"Par devant Me Gras et son collègue notaires à Poitiers... furent présents,
Mme Catherine Cossin de Belletouche, veuve de M. Charles-Gabriel Chaubier de Larnay, demeurant à Poitiers rue des Carmélites,
M. M. Charles-Joseph Chaubier de Larnay et Marie-Victor Chaubier de Larnay, ses enfants, prêtres, directeurs du séminaire diocésain de Poitiers, demeurant tous deux au séminaire susdit rue des Carmélites.
Lesquels ont affermé pour trois années entières et consécutives qui commenceront à courir... pour l'occupation des bâtiments le 25 mars présent mais pour faire la récolte du foin... le vingt neuf septembre suivant et faire la première récolte des grands blés seulement en mil huit cent trente six,
A Martin Melin, cultivateur demeurant au bourg d'Assay, canton de St-Loup, arrondissement de Parthenay... acceptant ledit Melin en ce moment à Poitiers
La Grande Métairie de Larnay située commune de Vouneuil-sous-Biard, canton et arrondissement de Poitiers, consistant en bâtiment d'habitation et d'exploitation, terres labourables et prés et une pièce de vigne de la contenance d'environ quarante cinq ares soixante centiares. Font partie de cette métairie qui en formait autrefois deux et plusieurs borderies et seront par conséquent comprises au présent bail toutes les terres labourables dépendant de la terre de Larnay, sauf une pièce de terre appelée la Fromagère près le pré Couronne que les bailleurs se réservent.
Ne seront pas compris au présent bail et comme tels sont expressément réservés aux bailleurs :
1° le château de Larnay avec ses cours, son jardin et toutes ses dépendances, sous réserve ;
2° une langue de terre servant d'entrée au jardin du château qui est derrière le four ;
3° le quinconce (?) comprenant les acacias ;
4° le bois ;
5° les haies et buissons ;
6° et les bâtiments, cour et jardin... métairie de la Vianderie".

● Annexe 2 :

Archives privées : Notice historique sur la terre et le château de Larnay

"Larnay appelé primitivement Narnay, situé commune de Biard, à 3 km des murs de Poitiers, était un fief ou domaine noble dont les titres connus remontent jusqu'au 13e siècle (Grand-Gaultier, f°35 ; Manuscrits de dom Fonteneau, t. 12, p. 659).
Ce fief jouissait des droits seigneuriaux suivants : droits de dixme, de garenne et de fuye, droits de haute, moyenne et basse justice. Sa potence pour l'exécution des criminels était placée sur le point le plus culminant de la contrée, au carrefour des quatre chemins qui conduisent à la Blaiserie, à Biard, à Pouzioux et au tennement des Cent septiers. A côté s'élevait une croix connue sous le nom de la croix Pinguet. Sa prison, qui était contigüe aux grilles de fer de la première cour du château, était placée à gauche en entrant et précédait les grandes servitudes.
Ce fief fut successivement possédé :
En l'an 1411, par Guiot de Dampmartin, écuyer seigneur de Narnay (aveu et dénombrement du 28 novembre 1411).
En l'an 1513, par Herpan Bellère, écuyer seigneur de Narnay (dénombrement du 23 juillet 1513, tiré de l'inventaire des titres de la seigneurie de la Chaize de Biard).
En l'an 1551, par dame Marie du Lyon, veuve de Nicolas Clabat, écuyer seigneur de Larnay (dénombrement du 10 7bre 1551, tiré du dénombrement de l'héritage des Thébaux).
En l'an 1580, par messire Millon, chanoine de la cathédrale de Poitiers.
En l'an 1690, par Charles Chaubier, écuyer seigneur de Larnay, conseiller du roi (aveu et hommage du 1er mars 1690).
En l'an 1778, par Charles Antoine Chaubier, écuyer seigneur de Larnay (aveu et hommage du 20 juillet 1778).
En l'an 1782, par Gabriel Chaubier, écuyer seigneur de Larnay, officier dans la compagnie des gens-d'armes de la garde du roi Louis XVI. En l'an 1789, tous les fiefs ayant été supprimés en France, la terre de Larnay perdit alors ses droits seigneuriaux et éprouva de considérables démembrements. En 1792, la nation mit sous le séquestre tous les biens de Gabriel Chaubier parce qu'il avait émigré à la suite des princes de la famille de Bourbon et, deux ans après, elle le fit vendre à l'encan. En l'an 1801, Lucette Chaubier de Larnay rendit généreusement à son frère Gabriel la terre de Larnay, qu'elle avait adroitement retirée des mains de la nation, au moment de la spoliation violente des biens de son frère. En 1822, la terre de Larnay était possédée d'une manière indivise par Charles, Louise et Victor, fils de Gabriel, ainsi que par leur mère Catherine Cossin de Belletouche.
En l'an 1837, le vieux château, qui menaçait ruine de toutes parts, fut entièrement rasé et l'on éleva à sa place une maison carrée, qui est aujourd'hui l'aile occidentale du monastère des soeurs de la Sagesse.
En l'an 1847, la terre de Larnay, grâce aux vues miséricordieuses de la Providence, fut transformée en monastère ! Le dimanche 7 novembre de cette même année, cinq soeurs de la Sagesse appartenant à la congrégation de St-Laurent-sur-Sèvre, deux frères du même institut ainsi que vingt et quelques sourdes muettes, venues de l'institution de Pont-Achard de Poitiers (qui avait été essayée en 1832 par M. l'abbé Deshayes, supérieur général des filles de la sagesse, de concert avec les autorités administratives du département), prirent solennellement possession de la terre et de la maison de Larnay. Le 19 avril 1850 la communauté ouvrit les fondations de la chapelle et du corps principal des bâtiments du monastère. Le 16 août suivant, monseigneur Pie évêque de Poitiers bénit la première pierre de la chapelle, qui fut placée sous le vocable de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs.

● Annexe 3 :

Bonhomme, Joseph. L'Institution de Larnay. Dans Bulletin municipal, décembre 1978.

Institution établie sur la propriété donnée par Charles Chaubier de Larnay, à la Congrégation des Filles de la Sagesse, rétrocession acceptée par acte notarié du 23 mars 1859.

La congrégation accueillait déjà de jeunes déficientes auditives, depuis 1833, dans sa clinique de Pont-Achard. C'est en novembre 1847, période où les travaux de construction de la voie ferrée Paris-Bordeaux entraînaient quelque gêne pour la rééducation, que fut effectué le transfert de Pont-Achard à Larnay. Depuis cette époque le château familial a subi de nombreuses transformations.

● Annexe 4 :

Guillet, A.-A. Vie de M. Charles-Joseph Chaubier de Larnay. Poitiers : Imprimerie Oudin, 1878.

La famille de Larnay, qui s'est éteinte désormais, tirait son nom de Larnay (Narnai, Larnai). C'était un fief relevant du comté de Poitiers. Hommage en est fait au roi en 1690, par Charles Chaubier, conseiller du roi, docteur ès-droit en l'université de Poitiers. Nouveaux hommages en 1740, 1775, et 1778 par Charles-Antoine Chaubier, écuyer, seigneur de Larnai, avocat du roi au bureau des finances. Les armes de la famille portent : d'argent, au chêne de sinople, au croissant d'or en pointe, au chef d'azur, chargé de trois étoiles d'or, avec cette légende : Lucere, crecere, fructificare in Domino (luire, croître, fructifier dans le Seigneur).

Charles-Antoine épousa Marie-Françoise Gabrielle de Bouhélier. De leur mariage naquirent à Poitiers : Lucette en 1769 et Charles-Gabriel en 1770 (père de Charles-Joseph) qui entra dans la maison du roi Louis XVI et émigra en 1791. Sa soeur Lucette avait pu conserver la terre de Larnay et la remit à son frère à son retour en 1801. Le 13 octobre il épousa Catherine Cossin de Belle-Touche, jeune orpheline échappée aux massacres de Vendée et réfugiée à Poitiers chez une tante. Ils eurent trois enfants : Charles-Joseph le 8 août 1802, Louise et Victor-Marie.

Charles-Joseph, après deux années passées au séminaire de Saint-Sulpice à Paris, revint à Poitiers à cause de sa mauvaise santé et fut ordonné diacre le 17 septembre 1826 après la mort de son père, puis de sa soeur. Il fut ordonné prêtre le 27 juin 1827 et aussitôt nommé directeur au Grand-Séminaire. Victor entra à son tour au séminaire et en devint plus tard directeur avec son frère.

M. de Larnay participa à la fondation de la maison du Bon-Pasteur, à Poitiers, dont la chapelle est bénie le 19 mai 1838. C'est à partir de 1833 qu'il commença à s'occuper de l'oeuvre des sourdes-muettes. En 1823, le supérieur des Filles de la Sagesse avait accepté l'hospice de Saint-Zacharie à Pont-Achard. C'était une création de charité faite par Zacharie Guillé, dit Galland, "noble ouvrier" qui, s'étant enrichi, avait construit une maison et une chapelle qu'il avait données à la congrégation de Saint-Laurent-sur-Sèvre. Pour les garçons, une autre école fut établie à Loudun en 1838, dirigée par les Frères de Saint-Gabriel. En 1856 elle fut tranférée à Poitiers.


Transfert de l'oeuvre de Pont-Achard à Larnay

Lors de la construction de la ligne de chemin de fer les trente sourdes-muettes et les soeurs partirent le 6 novembre 1847 se réfugier à Larnay. C'était alors une simple maison de maître (actuelle aile occidentale) qui avait été bâtie en 1837 sur l'emplacement du vieux château en ruine qu'on avait dû raser. Deux longues suites de servitudes précédaient le bâtiment : celle de droite se terminait par un colombier, celle de gauche bordait le vivier. Il y avait aussi l'habitation isolée du fermier et une vaste grange au nord du vivier.
Dès la première année de l'installation, les murs du jardin furent reculés.

Ce fut le 19 avril 1850 que le R.P. Dalin, supérieur de la congrégation de Saint-Laurent, M. de Larnay et M. L'abbé Tournesac, architecte, arrêtèrent les plans de la chapelle et des bâtiments. La première pierre de la chapelle Notre-Dame-des-Sept-Douleurs fut posée le 16 août par Mg Pie. Les sculptures furent commencées le 4 mai 1852 par quatre ouvriers d'Angers sous la direction de M. l'abbé Besny. Les verrières furent posées le 21 juillet suivant par quatre ouvriers de M. Lobin, peintre-verrier de Tours. La bénédiction eut lieu le 11 juin 1853. Le dimanche une messe fut dite (l'autel actuel n'était pas encore construit) et l'érection du chemin de croix eut lieu. Il était très simple et a été remplacé, après la mort de M. de Larnay, par des médaillons peints sur cuivre dus à la libéralité d'une sourde-muette.

Les deux sacristies furent achevées le 1er avril 1854. Le 8 mai suivant on commença quatre autels qui furent terminés fin décembre 1855.
Au bout chaque bras du transept se trouve une petite chapelle à pans coupés mais assez basse. Dans celle qui est du côté de l'épître se trouve la sacristie, l'autre est réservée aux Enfants de Marie. Dans le prolongement du choeur est une autre chapelle à laquelle on arrive par un déambulatoire. Au-dessus de l'entrée se trouvent deux tribunes l'une sur l'autre où l'on arrive par les corridors de l'établissement. La tribune supérieure sert aux malades, l'autre renferme l'orgue et, de chaque côté, un confessionnal.
Au-dessous de la première travée se trouve une crypte ou chapelle sépucrale.

C'est M. l'abbé René Choyer, né le 30 janvier 1814, doué du génie de la sculpture religieuse, qui en 1845 avait fondé dans la maison du Colombier dans un faubourg d'Angers, un vaste établissement de scuplture religieuse où travaillait un grand nombre d'ouvriers sous la direction de plusieurs prêtres. L'abbé Besny arriva à Larnay avec quatre ouvriers en avril 1852. Le travail fut achevé le 4 septembre. Ils travaillèrent 88 chapiteaux de colonnes, 9 clefs de voûte, 12 consoles, 130 chapiteaux des colonnettes de l'arcature supérieure ornés de feuilles... Le premier chapiteau à droite de l'arcature inférieure représente deux anges soutenant les armoiries de la famille de Larnay ; le deuxième un serpent caché dans une branche de cerisier cherchant à attirer un oiseau ; le troisième un écureuil ; les trois derniers représentent une grive, une couleuvre et un ange soutenant les armoiries de la famille Cossin de Belle-Touche (famille maternelle de M. de Larnay).

On entre par trois portes : dans le tympan de celle de droite est le monogramme du Christ entre l'Alpha et l'Omega ; à gauche le chiffre de la Vierge ; au milieu on lit : SINT OCULI UI APERTI, DOMINE, SUPER DOMUM HANC NOCTE AC DIE. Dans le vestibule, à l'entrée de la chapelle, il y a deux statues en fonte : saint Pierre et saint Jean l'Evangéliste, l'une et l'autre tenant un bénitier formé d'une valve de l'hypope-géant.

Dans la crypte, le bas-relief du retable de l'autel représente la résurrection de Lazare. Il a été sculpté par M. l'abbé Besny, d'après un tableau de Jouvenet, et contient 24 personnages. Le tabernacle, qui représente la tour de David, renferme un beau reliquaire gothique en forme de croix (les reliques ont été reçues des Mères Carmélites de Niort). L'autel contient une belle chasse donnée, après la mort de M. de Larnay, par Mlle Sidonie de Nuchèze.

Les verrières résultent du désir d'élever vers Dieu l'âme des jeunes sourdes-muettes et de les dédommager par les jouissances de la vue. M. Louis Lobin, de Tours, fut chargé du travail le 8 mai 1851 et le termina un an après. La pose s'effectua du 2 au 22 juillet. Les cinq verrières de l'abside représentent chacun des membres de la famille de Larnay, à genoux devant son saint patron. Dans le quatre-feuilles qui couronne chaque fenêtre est placée une légende tirée de la vie du saint. A gauche Charles-Gabriel, en costume d'officier des gens d'armes de la garde, est devant l'Archange Gabriel. Dans la seconde, Catherine Cossin de Belle-Touche, veuve de Larnay, est devant sainte Catherine d'Alexandrie. Au milieu, Charles-Joseph présente à saint Charles Borromée la chapelle de Larnay. Sur la quatrième, Louise est à genoux aux pieds de saint Louis. Sur la cinquième, Victor est devant saint Victor de Marseille.

Les critiques ne furent pas ménagées à M. de Larnay, ces constructions étant jugées fastueuses et excessives, même par Mme de Larnay qui voulait utiliser son argent à financer le plus d'oeuvres possibles. Contrairement aux souhaits de son fils, elle priva l'oeuvre de sa fortune et poursuivit l'établissement de ses tracasseries. Elle décéda le 4 décembre 1867, cinq ans après son fils, et refusa de se faire enterrer dans la crypte de Larnay.

En 1862, le jour de la confirmation, fut bénie la statue en fonte de la Vierge avec son enfant que M. de Larnay avait fait placer dans la cour. Le 14 août, il fit don d'un reliquaire en forme de croix qui fut placé dans le tabernacle de l'autel de la crypte. Le 10 janvier 1859, il avait fait poser le groupe de Notre-Dame-de-Pitié dans la chapelle absidiale de l'église. Le 4 mars eut lieu l'inauguration d'un orgue.

En juillet 1859, M. de Larnay fit terminer le bâtiment qui est à l'entrée de la cour, destiné au logement des pères missionnaires pendant les retraites ou des prêtres de passage. Le 12 août suivant, il posa les bénitiers dans le vestibule de la chapelle. Le 12 mars 1860 fut bénie la cloche. Sur celle-ci on peut lire : "Je me nomme Marie. J'ai été baptisée par Mg Pie, évêque de Poitiers, en 1860. J'ai eu pour marraine la pieuse congrégation des Enfants de Marie de la communauté du Sacré-Coeur de Poitiers, haute protectrice de l'Institution des sourdes-muettes et des jeunes aveugles de Notre-Dame de Larnay". Cette même année, M. de Larnay fit poser dans la sacristie deux fontaines du meilleur genre, et le beau vestiaire n'y fut établi qu'en octobre 1861. On y remarque de très belles sculptures, notemment celle du bas-relief de la porte principale, lequel représente l'Adoration des Mages. M. de Larnay fit mettre dans la chapelle des bancs de forme gothique.

A la mort de sa tante Marie Cossin, M. de Larnay reçu en héritage le calice de son oncle, Jean-René Cossin de Belle-Touche, chanoine de la cathédrale de La Rochelle, mort dans les noyades de Nantes.

M. de Larnay acheta le petit domaine de la Goulgaudière qui touchait Larnay afin d'y établir une résidence pour les frères. C'était une vrai petite chartreuse, devant la maison s'étendait une vaste cour avec une allée plantée d'arbres. Une statue de saint Joseph tenant l'Enfant Jésus dans ses bras fut placée sur un piédestal au fond de la cour.

Le 29 septembre 1862, M. de Larnay attribua aux Enfants de Marie la seconde sacristie dont il fit la chapelle de leur congrégation. Il y fit alors dresser un autel surmonté d'une statue de la Vierge sous l'invocation de Sedes Sapentiae. Dans le bas-relief on voit les Enfants de Marie qui reçoivent les caresses de la Vierge et deux soeurs qui amènent deux aveugles.

M. de Larnay mourut à Poitiers le 7 décembre 1862. Son corps fut transporté à Larnay et mis provisoirement dans le cimetière. Il y resta sept ans avant d'être placé, le 29 avril 1869, dans la crypte, dans le caveau au côté droit de l'autel que l'on ferma avec grande plaque de marbre blanc portant l'inscription : " Ici repose Charles-Louis Chaubier de Larnay, chanoine théologal de la cathédrale de Poitiers, né le 8 août 1802, décédé à Poitiers le 7 décembre 1862. Auris audiens beatificabat me et oculus videns testimonium reddebat mihi" (l'oreille à qui j'avais suppléé la faculté d'entendre me proclamait heureux, et l'oeil à qui j'avais rendu la puissance de voir me rendait témoignage).

Le 6 septembre 1868, la chapelle fut consacrée par Mg Pie.



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