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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Biard
Maisons et fermes

photographie du dossier documentaire, voir légende
Maison rurale, 26 rue de l'Ermitage. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / C. Bunoz, 2005.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2005.

Historique

Trois principales périodes de construction : au 18e siècle (il y avait 39 feux à Biard en 1750-1760 et 41 en 1790) ; au 19e siècle, à partir de l'établissement de la filature en 1830 ; à partir de la seconde moitié du 20e siècle où sont construits des lotissements et des maisons individuelles en grand nombre (155 logements avant 1949 et 575 en 1999). Trois fermes qui figuraient sur le plan cadastral de 1831 ont aujourd'hui disparu : une à l'est de la Fenêtre et deux près de Larnay dont la Vianderie. Une autre, plus tardive, les Cosses, à l'ouest des pistes de l'aéroport, est en ruine.
Parmi les 110 maisons ou fermes retenues par ce recensement, 1 seule date du 17e siècle, 3 pourraient remonter au 18e siècle et moins d'une quinzaine à la 1ère moitié du 19e siècle ; près de la moitié date de la seconde moitié du 19e siècle et une vingtaine du 20e siècle. Les chronogrammes inscrits sur les édifices sont extrêmement rares, mais plusieurs d'entre eux ont pu être datés grâce à des sources (en particulier les matrices cadastrales). C'est ainsi que 20 des édifices retenus sont datés précisément entre 1847 et 1874, 13 entre 1875 et 1889, et 15 entre 1931 et 1958. Bien entendu, beaucoup ont été modifiés ultérieurement.
La partie nord du village a été occupée tardivement, de même que la vallée de la Boivre et les coteaux qui ne sont bâtis, à quelques exceptions près, qu'à partir de la fin du 19e siècle.

Description

Ce recensement prend en compte 88 maisons et 22 fermes, ou anciennes fermes, antérieures à 1950. Les habitations très transformées à partir de la seconde moitié du 20e siècle n'ont pas été retenues (une quinzaine), de même que les constructions postérieures à 1950, hormis quelques édifices au caractère exceptionnel (maisons d'architecte) et ceux qui font partie d'un ensemble programmé homogène et qui ont été traités comme lotissement concerté, ici au nombre de 4.
Deux habitations seulement sont isolées, les autres sont regroupées dans le village ou dans des écarts au maillage peu serré.
Tout l'habitat antérieur au 20e siècle est construit en moellons de calcaire, le plus souvent couvert d'un enduit, et avec des chaînages et des encadrements de baies en pierre de taille. Seules deux maisons, parmi les plus anciennes, n'ont pas de chaînage d'angle appareillé. Une seule maison, de la fin du 19e siècle, est en pierre de taille. Les couvertures sont plutôt en tuile creuse. Cependant on trouve 34 édifices couverts en ardoise et le même nombre en tuile mécanique, l'une et l'autre pouvant être utilisée seule ou associée à de la tuile creuse.
La plupart des habitations ont une cour ou un espace libre plus ou moins vaste. Les clôtures sont fréquentes et peuvent être des murets ou des murs hauts dissimulant alors la propriété. Les portails existants (dans 1/4 des édifices recensés) sont constitués le plus souvent de deux piliers en maçonnerie. Beaucoup de maisons possèdent des dépendances ou des communs plus ou moins vastes (parfois une simple remise). Des margelles de citernes sont encore parfois visibles dans les cours. Les mares qui existaient autrefois ont souvent disparu. Les logements sont construits soit en bordure de la voie soit, plus fréquemment, en retrait (51,81%), certains avec un espace libre devant (42 cas) les autres isolés à l'intérieur d'un jardin ou d'un parc (15 cas).
La plupart des logements sont des maisons à un étage (61%), rarement deux (2 cas), auquel s'ajoute parfois un comble à surcroît (17 cas) ou un étage de comble (4 cas). 20% des logements sont en rez-de-chaussée, les 2/3 d'entre eux surmontés d'un comble à surcroît. Enfin, 13,6 % des logements présentent un étage de soubassement surmonté d'un rez-de-chaussée surélevé ou, parfois d'un rez-de-chaussée surélevé et d'un étage. Il s'agit alors des maisons bâties sur le coteau bordant la vallée, le niveau de soubassement permettant alors de rattraper la dénivellation du terrain. La façade des logements est un mur gouttereau, sauf pour 16 d'entre eux qui ont leur façade sur un mur pignon. Les décors sont rares, de même que les corniches en couronnement d'élévation (10 cas). La porte d'entrée est le plus souvent placée au milieu de la façade ou un peu décentrée (77, 4%), elle est latérale dans les autres cas. Les ouvertures sont disposées en travées plus ou moins régulières, sauf pour 14,75% des logements dont les façades ne présentent pas de travées mais des ouvertures disposées sans ordre particulier. Les travées peuvent être au nombre de : une plus la porte (32,78%), deux (19,60%), 3 (19,67%), 4 ou plus (environ 7%).

Documentation

● Bibliographie

Une fenêtre sur Biard. Bulletin municipal, décembre 1985. P. 2

● Annexe 0 :

Ces édifices se répartissent en quelques grandes familles :

Les "maisons de bourg ou de faubourg" représentent la catégorie la plus représentée avec 45 habitations. Les maisons de bourg sont plutôt en bordure de la voie et présentent une petite largeur sur la rue. Les maisons de faubourg sont en bordure de la voie, perpendiculaires ou légèrement en retrait et leur largeur est très variable. Dans le cas de Biard, où les espaces libres entre les constructions sont nombreux, les deux catégories peuvent être confondues.
Elles sont pratiquement toutes placées dans le village et en bordure de la route longeant la Boivre. 13 d'entre elles ont leur façade en bordure de la voie publique (et 2 leur élévation postérieure en bordure de la route), 14 sont placées en retrait, 10 sont perpendiculaires à la voie et 6 sont isolées dans un jardin sur le coteau surplombant la Boivre. Toutes possèdent un espace libre (cour ou jardin) qui, dans le bourg, est parfois commun à plusieurs maisons. Ces espaces sont parfois clos par un mur (11 cas) ou par un muret (12 cas). Parfois s'ajoute une remise, plus rarement un atelier, dans le bourg (16 rue des Ecoles) mais plutôt en bordure de la Boivre où existaient jadis des édifices artisanaux (séchoir, 19 route de la Cassette ; four à chaux, 28 bis rue de l'Ermitage). Dans 3 cas (rue Turquand et rue des Ecoles) une partie du rez-de-chaussée de la maison est occupée par un magasin de commerce avec devanture en façade.
Les couvertures sont pour 40,5 % en tuile creuse, 35,7% en tuile mécanique et 23,8% en ardoise. Tuile mécanique et ardoise concernent pratiquement toutes des maisons construites dans le quatrième quart du 19e siècle ou au 20e siècle.
Les maisons en rez-de-chaussée ou en rez-de-chaussée avec un surcroît sont peu nombreuses, elles représentent 16,27% de l'ensemble tandis que les maisons à un étage, le plus souvent sans surcroît, concernent 65,11% du total. S'y ajoutent des logements construits dans la pente entre le village et la vallée, qui ont parfois (18,6 %) un étage de soubassement avec un rez-de-chaussée surélevé au-dessus et, dans un seul cas, encore un étage au-dessus.
Les façades sont en majorité des murs gouttereaux, cependant 26,66% d'entre elles sont placées sur un mur pignon. Elles sont le plus souvent de petite largeur avec deux ou trois ouvertures en rez-de-chaussée pour les maisons sans étage et, pour les maisons à étage elles sont, dans l'ordre de fréquence, à deux travées, sans travée, à une travée plus une porte ou à une travée (la porte étant placée sur une autre élévation), rarement à trois travées ou plus. Sauf exception, les seuls décors, eux-mêmes rares, sont des appuis saillants sous les fenêtres.

Les "maisons de type rural" sont constituées d'un logement accompagné de dépendances, souvent de dimensions importantes, accolées à l'habitation ou séparées, qui peuvent être une grange, un hangar, des toits à bêtes ou des communs, mais dont la spécificité d'exploitation agricole n'est pas clairement affirmée. Sur les 24 dénombrées toutes ont une cour assez vaste, souvent (18 d'entre elles) clôturée par un mur ou un mur bas. Les logements sont le plus souvent nettement en retrait de la rue, parfois perpendiculaires et les dépendances sont placées dans leur prolongement, en retour d'équerre ou séparées. Plusieurs de ces maisons, de la fin du 19e siècle, sont placées en bordure du village et particulièrement le long de la rue Nungesser.
Les logements sont de dimensions variables et reprennent les stuctures des maisons de bourg et de faubourg, en rez-de-chaussée ou avec étage, parfois avec niveau de soubassement le long de la vallée. Trois d'entre eux seulement ont une façade en pignon. La plupart ont deux ou trois ouvertures au rez-de-chaussée en façade et la porte est plus fréquemment placée au centre.

Les "fermes" sont des édifices constitués d'un ou plusieurs logements et de dépendances agricoles. La plupart d'entre elles ne sont plus aujourd'hui des exploitations agricoles, elles ont pu être transformées en résidence (le Cruchon), parfois divisées (le Poirier) ou devenues les communs de maisons plus importantes (28, rue des Augustins). Parmi les 22 fermes décomptées, 10 figuraient au moins en partie sur le plan cadastral de 1831. Plusieurs d'entre elles ont été transformées, agrandies ou reconstruites au 19e siècle, les plus anciens bâtiments encore en place datent du 18e siècle (6, rue des Vieux-Logis). Les autres sont des implantations du 19e siècle et pour l'une de la première moitié du 20e siècle (au Renclos).
Leur forme générale permet de les classer en quelques types principaux :
- 5 sont du type de la ferme bloc en longueur : les différents corps de bâtiments sont accolés et alignés, abrités sous une même longue toiture ;
- 3 sont du type de la ferme de plan allongé : les différents corps de bâtiments sont accolés et alignés, mais abrités sous des toitures distinctes et de hauteurs différentes ;
- 4 sont des fermes à bâtiments accolés : les différents corps de bâtiments sont accolés mais ne sont pas alignés ;
- 5 sont à bâtiments plus ou moins ordonnés : ils peuvent former un L ou un U, la cour étant ainsi bordée sur deux ou trois des côtés par des constructions ;
- 4 sont à bâtiments séparés.
Cette typologie doit être relativisée, les structures ayant souvent évolué dans leur forme par l'ajout de bâtiments au fur et à mesure des besoins de l'exploitation.
Toutes sauf une (la Magnanerie) ont une cour et parfois un jardin, fermés pour 68 % d'entre elles par un mur de clôture et, pour la moitié de celles-ci, avec un portail à piliers en maçonnerie. Beaucoup d'entre elles ont encore une grange, le plus souvent à mur gouttereau en façade (9), plus rarement à mur pignon en façade (4). Les autres bâtiments sont d'anciennes étables, des remises et parfois un hangar dont la toiture est supportée par des poteaux de bois ou, dans un cas, par un pilier en maçonnerie de moellons. Près de la moitié des fermes ont plusieurs logements : un logement principal et un ou plusieurs logements secondaires, ou un ancien logement et un autre plus récent. Ces logements, de dimensions très variables, ont un étage pour plus de la moitié d'entre eux, auquel s'ajoute parfois un comble à surcroît ; les autres sont en rez-de-chaussée, le plus souvent avec un comble à surcroît.

Les "maisons de campagne" ou "maisons de notables", au nombre de 11, sont de grandes demeures, en majorité de la seconde moitié du 19e siècle. Cependant trois d'entre elles, la Pingauderie, Bel-Air et le Chilloc, datent de l'Ancien Régime et au moins deux appartenaient à des notables poitevins : la Pingauderie, propriété de Louis de Mousseaux, conseiller du roi, en 1659 ; Bel-Air qui appartenait à Nicolas Chantard, receveur général des aides de la généralité de Poitiers.
Il s'agit de grandes maisons, toujours accompagnées de communs, souvent d'un logement secondaire et parfois d'anciens bâtiments d'exploitation agricole. Toutes sont placées dans un vaste jardin ou même un parc, souvent repérable de loin grâce à la présence d'un ou de plusieurs cèdres, clos de murs avec portail d'accès à piliers en maçonnerie et vantaux en ferronnerie (Bel-Air avait autrefois un passage d'entrée surmonté d'un pigeonnier).
Sauf à Bel-Air, long bâtiment en rez-de-chaussée, les logis ont un étage, parfois deux et parfois un étage de comble.
Celles qui datent du 19e siècle sont agrémentées d'une tour (la Vicane), d'ailes latérales plus basses (2 rue Etienne-Berton, 35 rue des Ecoles, 30 rue des Augustins) ou d'ailes en pavillon plus hautes (le Coteau, la Sauvagerie).
Les couvertures sont en tuile creuse pour les plus anciennes et en ardoise pour les autres. Ces dernières sont de hautes toitures avec croupes aux extrémités, rarement à pans brisés (la Fenêtre, maison 30 rue des Augustins), dans lesquelles s'ouvrent des lucarnes.
Les façades sont soignées. Celles des maisons les plus anciennes peuvent avoir une porte en plein-cintre à clef et impostes saillantes (la Pingauderie, Bel-Air) et des baies à encadrement chanfreiné. Les demeures du 19e siècle, ont des baies disposées en travées et, le plus souvent, une façade avec un bandeau horizontal entre les niveaux et une corniche moulurée au sommet, parfois les appuis des fenêtres sont moulurés. Les lucarnes sont en pierre et ornées d'un fronton, sauf à la Fenêtre où elles sont ovales et en fonte. Au Coteau, chaînages et encadrement des baies sont en briques et pierres alternées.

Les maisons de type "villa" ou "maison de villégiature", construites entre 1931 et 1958, sont au nombre de 6. Cinq d'entre elles ont leur façade sur un mur pignon. Plusieurs présentent des volumes dissymétriques (pans de toits inégaux) ou des parties en décrochement ou en retrait. Trois d'entre elles ont une façade partiellement en faux pan-de-bois et deux présentent des jeux de divers matériaux. Les couvertures, sauf une, sont en tuile mécanique.

Les autres maisons qui échappent à ces classifications sont des "maisons contemporaines". Quelque-unes sont prises en compte dans les notices de "lotissements concertés", d'autres sont apparemment des réalisations d'architecte : maison 12 rue Etienne-Berton, construite en 1939 ; maison 13 route de la Cassette, réalisation très récente sur un site plus ancien.

● Annexe 1 :

Meunier, René-A. Les paysages agricoles et la structure sociale à Biard aux XVIIe et XVIIIe siècles, d'après les registres terriers du chapitre cathédral de Poitiers et les registres paroissiaux connus. Dans : Actes du quatre-vingt-onzième congrès national des sociétés savantes, Rennes 1966. Paris : Bibliothèque nationale, 1969. P. 57-73.

Les lieux d'habitation aperçus depuis la fin du XVe siècle, indiqués au cours du XVIe et du XVIIe, suffisamment localisés au cours du XVIIIe siècle, et de nouveau situés par les actes de vente de 1792-1797, étaient à peu près aux quatre angles du territoire. C'étaient l'éperon de méandre du bourg de Biard, la clairière de la Fenêtre, le village de Larnay, la maison des Poiriers ; les deux agglomérations de Biard et de la Fenêtre en bordure de coteau, l'une et l'autre en menus villages de carrefour. Le bourg de Biard plus dense avait l'écart de la Maison de Bel-Air et celui de deux maisons sur la rivière, le moulin et une borderie voisine sous une roche. La Fenêtre en ordre plus disséminé avait à l'écart la métairie de la Parisière. Chaque lieu d'habitation avait sa mare nommée le lac, et à la Parisière la fosse. Le lac ou la grand'mare de Biard avait un déversoir - la rouère - par le chemin de Vauchèvre jusqu'à la rivière.

La population d'alors demeurait peu nombreuse, 39 feux vers 1750, 38 assujettis à la cote mobilière en 1790. Parmi les 63 inscrits aux rôles des tailles de 1788 à 1789, on reconnaît comme assurément alors domiciliés à Biard 16 laboureurs, 6 bordiers, 7 journaliers, 1 menuisier, 1 tourneur. C'est près de la trentaine des familles d'habitants des décennies précédentes. Ces habitants étaient réputés pauvres dans un registre des paroisses du Poitou d'environ 1750. Les fréquentes périodes de grande mortalité semblent les avoir maintenus au total à peu près au même nombre...
Tous ces inscrits [au registre paroissial entre 1707 et 1713 : 28 baptêmes, 12 mariages, 49 sépultures] étaient des fils ou filles de journaliers, pour la plupart, et des laboureurs...

Des noms de famille de laboureurs, de journaliers, se retrouvent au XIXe siècle ; il se voit de nouveaux venus : des métayers, une famille de chaisiers tourneurs, sans compter quelque épave de l'hôpital général de Poitiers, et quelques réfugiés de la période révolutionnaire...
Mais en réalité, c'était la possession des domaines qui fixait les familles de maîtres et le travail de la terre des familles de métayers, de bordiers et de journaliers. Cependant la vigne, ainsi que les possessions de quelques parcelles de terre, intéressaient à Biard divers personnages des offices, du commerce ou des métiers qui demeuraient à Poitiers et, sauf période de peste à Poitiers au cours des étés, faute d'assainissement, les maîtres résidaient peu...

Les maîtres de 1659 à 1728, années de plus nombreuses séries de déclarations de tenure données au chapitre, appartenaient au milieu d'église, des finances, du droit, ou bien ils étaient bourgeois de Poitiers, ou marchands, comme ceux du XVIe siècle. En 1728, les maîtres au bourg étaient avec les seigneurs chanoines, par ordre d'importance, les RR. PP. Augustins, le chanoine Coutineau du chapitre de Saint-Pierre-le-Puellier, la veuve du procureur Marzellé, la veuve de Me Chaubier de Mazais, docteur à l'université de Poitiers ; c'étaient encore l'huissier Saunier, le maître de poste de Poitiers Baillon, le maître imprimeur et libraire Gillet, de Poitiers. Les maîtres à la Fenêtre étaient à cette même date demoiselle Anne Dupont, veuve du sieur Pallu de la Barrière, et la veuve de Me Jacques Favreau... et l'huissier Suire. Le sieur Mondon, seigneur du Fougeroux, bourgeois de Poitiers, possédait la maison des Poiriers. La veuve de messire Alexandre Béraud, seigneur de la Bellerie et écuyer, trésorier de France au bureau des finances de Poitiers, possédait à la Fenêtre la maison noble de la Cour Robinet et la métairie de la Parisière, et messire Charles Chaubier de Larnay, précédemment doyen de la faculté de droit, puis avocat du roi, possédait la terre de Larnay.
Mêmes milieux de notables de Poitiers parmi les maîtres des domaines de Biard aux XVIIe et XVIIIe siècles, mais à rapprocher les déclarations de redevances au Chapitre pour 1728 et pour 1659 on voit que l'emprise ecclésiastique s'était étendue entre ces deux dates.

Les Augustins avaient ajouté à leur métairie du bourg et à leurs borderies tenues par les Bertin, la maison et les terres de la Vicane, puis celle de Bel-Air, et les borderies du Colombier et de Bellevue... Et les titres de la Vicane, et ceux de Bel-Air, le Colombier, Bellevue, venaient d'appartenir, comme d'ailleurs ceux du domaine initial des Augustins, aux milieux de justice et de finances (Jacques Rollandeau procureur en la Cour de Poitiers avant et après 1599 ; maître Nicolas Chantard, conseiller du roi, receveur des aides en Poitou avait construit dans les dix ans d'avant 1659 la maison de Bel-Air... et il avait enclos le domaine). Nous pouvons encore voir la maison de Bel-Air, selon les déclarations mêmes de 1659 et de 1729 : "salle, chambres basses, antichambre, cabinet, cours, coursoires, granges, étables, toits avec un colombier au-dessus de la grande porte de la grande cour de ce logis".

Nous revoyons aussi à l'ancien quartier de la Pingaudrie l'emplacement des maisons du chanoine Coutineau, et de l'ancien hôtel de l'écuyer Robert de Burle des années 1550... Le plan de masse de l'actuel quartier du bourg centre-sud à Biard, entre la Vicane-Bel-Air et le vieux logis, est celui des XVIe-XVIIe siècles. La construction en bordure de chemin était dense. Seule la clôture de la maison du maître de poste Baillon contenait 27 boisselées, celle de la Vicane 24.
Les terres de chacune des 7 maisons et des 4 métairies de 1728, comme celles de 1659 et du XVIe siècle, étaient disséminées en parcelles... Les borderies ne comportaient presque pas de terres... Les affaires du vignoble intéressaient une population bien plus nombreuse, sur des parcelles plus morcelées que celles des terres labourables... Ces possesseurs de parcelles de vigne étaient presque tous des hommes de métiers, le plus grand nombre habitait Poitiers...

● Annexe 2 :

Une fenêtre sur Biard. Bulletin municipal.

Rue des Vieux-Logis. Certains [logis] sont disparus : la borderie de la Pommeraie du XVIe siècle, précisément des Augustins, au n° 15 ; la maison Rayé, qui servait d'école publique au début de l'enseignement publique ; l'hôtel de l'écuyer Robert de Burle au n° 13. Certains sont encore reconnaissables : la borderie du Colombier au n° 4, la borderie et le coteau de Bellevue, des Augustins.



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