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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Biard / le bourg / 13 rue des Vieux-Logis
Maison dite logis de La Pingauderie

photographie du dossier documentaire, voir légende
Vue générale depuis le nord. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / C. Bunoz, 2005.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2005.

Historique

Le premier propriétaire connu, cité en 1560, est Jean Pingault qui a donné son nom au domaine. Celui-ci eut par la suite plusieurs autres propriétaires dont Louis de Mousseaux, sieur de Coudray, conseiller du roi, en 1659. A cette date, le domaine est déclaré auprès du seigneur du lieu, le Chapitre cathédral de Poitiers, comme une métairie consistant en logement, écurie, grange, étable, four, colombier..., à laquelle est jointe la maison du propriétaire. Sur le plan cadastral de 1831, la forme des bâtiments est semblable à l'état actuel, avec des petites différences dans les communs au sud. Le corps de logis principal présente une façade antérieure pouvant dater du 17e siècle ; la date 1690 (ou 1692 ?) est gravée près de la porte. Des percements semblent avoir été pratiqués au début 19e siècle dans la façade postérieure et à droite de la façade antérieure où est gravée l'inscription : FP 1816 PG. Les anciens de la commune donnent encore le nom de "château de la Poussière" à cette demeure.

Description

Demeure isolée dans un vaste jardin, en partie entouré de murs de clôture. Les bâtiments sont disposés autour d'une cour, elle-même entourée de murs s'ouvrant par deux portails, l'un au nord au bout du chemin d'accès depuis la rue des Vieux-logis, l'autre à l'est du côté des jardins. La façade du logis ne présente une travée qu'à droite (percements postérieurs), les autres baies étant de dimensions variables et disposées de façon irrégulière. La plupart d'entre elles ont un encadrement chanfreiné de même que la porte, couverte d'un arc en plein-cintre avec clef et impostes saillantes, qui est surmontée d'un oculus.

Documentation

● Archives

Archives départementales de la Vienne : fonds de notariaux.
Archives départementales de la Vienne : G 196, Registre 88 (Chapitre cathédral de Poitiers, 1599 : Déclaration de Madeleine Brunet et de ses enfants mineurs de feu Jean Pingault à la seigneurie de Biard).
Archives privées.

● Annexe 1 :

Liste des propriétaires

1560, Jean Pingault
1599, Magdeleine Brunet, veuve de Jean Pingault
16.., Cailler, notaire
1659, Louis de Mousseaux, sieur de Coudray, conseiller du roi
1673, François Jacquault Le Jeune, procureur au siège présidial de Poitiers
1696, dame Coutineau, veuve Jacquault
1730, Jean Coutineau, chanoine de Saint-Pierre-le-Puellier à Poitiers
1750, Mlle Louise Babaud
1783, Jean Jacques Caillaud, procureur au présidial de Poitiers
1809, Joseph Thomas Bouchet et Victorine Belhoir
1821, Pierre Louis Rayé et Suzanne Gaborit
1889, Mlle Marie Blanche Rayé
1919, Louise Irma Coulombeau, veuve Martin (usufruit) et Alexandre Marie-Joseph Martin (nu propriété)
1920, Georges Dupuis



Déclarations au Chapitre cathédral de Poitiers, seigneur de Biard

1559, Déclaration Madeleine Brunet et de ses enfants, mineurs de feu Jean Pingault, de leurs domaines en la seigneurie de la Chaize :
Premièrement une maison avec ses appartenances de grange, d'appentis, cour, coursoire, vergers...

26 avril 1659, Déclaration de Louis de Mousseaux, écuyer, sieur du Coudray, à la seigneurie de Biard :
La métairie de la Pingaudrye à laquelle est annexée celle de la Risellerie, à laquelle est joint le logement du propriétaire qui consiste le dit logement en un corps de logis composé de salle basse, un cuvier et un escalier de bois, deux chambres hautes et un grenier par le dessus, le tout fait et a fait couvert de tuile courbe, un jardin par le derrière auquel y a un cabinet couvert d'ardoise... et au coin de la cour y a un colombier et une écurie, et par le dessous est le logement de la métairie consistant en deux chambres basses, une buandrie, un fourniou et un grenier par le dessus, une cave, une grange, étable et toits avec une grande cour renfermée de murailles et un portail...



Ventes

6 août 1821. Pardevant Pierre Bourbeau et son collègue, notaires royaux à Poitiers, a comparu Mr François Laurence, banquier demeurant en cette ville rue de la mairie, agissant au nom et comme fondé de procuration... lequel en vertu de la dite procuration a vendu de la part des sieur et dame Bouchet à Mr Pierre Rayé, marchand, et dame Suzanne Gaborit, son épouse, demeurant à Poitiers rue des Cordeliers "une maison appelée la Pingaudrie sise au village de Biard actuellement commune de Vouneuil près Poitiers, consistant en une avenue plantée de différents arbres, grande porte d'entrée, cour, grange, cuvier, colombier et autres servitudes, différents appartements hauts et bas, grenier et un jardin renfermé de murs ; à la suite de la maison un pré sur la gauche de l'avenue en arrivant derrière les batiments, et un autre petit pré ou verger à droite de la même avenue ; le tout se tenant...".

14 avril 1920, vente par M. et Mme Martin à M. Dupuis pardevant Me Pierre Desmarest, notaire à Poitiers. Désignation :
1° Une maison sise à Biard, canton sud de Poitiers, appelée la Pingauderie, comprenant au rez-de-chaussée : salon, salle à manger, cuisine et office, cellier et cave contigüs ; au premier étage : trois chambres, grenier par-dessus, dans lequel se trouvaient plusieurs chambres. En face de la maison cour de vingt deux mètres de longueur sur dix sept mètres de largeur, dans laquelle se trouvent une petite maison de bordier et deux pavillons et différents toits, en mauvais état, remise et grange...

23 novembre 1929, vente à M. Dupuis pardevant Me Pierre Desmarest, notaire à Poitiers, des immeubles dont la désignation suit :
1° Une maison sise à Biard, dépendant de la propriété appelée la Pingauderie, formant la maison de bordier, située à droite en entrant dans la cour de la dite propriété, et consistant en une chambre, une cuisine, autre petite pièce et cellier. Grenier par-dessus. Hangar à côté entre la grille d'entrée et la maison. Petit pavillon à gauche de cette grille en entrant. Portion de cour devant la maison... Le tout porté au plan cadastral de la dite commune sous le n° 537 p de la section C.
2° La moitié, à droite en entrant, et dans le sens de la longueur, d'une avenue conduisant à la maison désignée ci-dessus... portée au plan cadastral sous le n° 536 de la section C.
3° Une pièce de terre en labour...

● Annexe 2 :

Grand-Clément, Alain. Page d'histoire locale. Dans Bulletin municipal, avril 1995, p. 42-44.

Un peu d'histoire locale à travers la famille de Mousseaux.

Avant la Révolution de 1789 quelques grands propriétaires se partagent l'essentiel des terres de Biard. Parmi ceux-ci, la famille de Mousseaux qui, au XVIIe siècle, possède plus de cent parcelles de terre et plusieurs métairies.

Les terres : A cette époque, point de cadastre, les champs se situent les uns par rapport aux autres en rappelant les noms des propiétaires riverains, les chemins de bordure, les bois et, surtout, ils ont fréquemment une dénomination propre. Ainsi le Mousseaux se trouvent propriétaires de terres dénommées : le Chilloc, le Parc (appelé autrefois le Terroir du Parc), le Vignault, le Grand Clos (appelé autrefois le Grand Cloux), les Poiriers, la Plante, dessous Chambrichon, Chamberton, le Champ du Chail, le Grizon, dessus les Cosses, le Grand Pas, le Pré au Roi, l'Acheneau, la Voix Chèvre...

Les métairies : Elles portent le nom de la Boizatterie, la Rissellerie, la Pingauderie (actuellement le 13 rue du Vieux-Logis) cette dernière a une importance particulière puisque les Mousseaux y ont leur logis lors de leurs séjours à Poitiers.
Toutes ces possessions sont assujetties à taxes redevables au chapitre cathédral de Poitiers. Ex. : la dixme (dôme), le terrage au huit, le terrage au six (la taxe représente alors le sixième de la récolte de fruits, céréales, vignes, etc.).
La famille de Mousseaux installe des métayers dans ses fermes. Ceux-ci doivent également leur régler impôts et loyers. Les rendements faibles de l'époque et ces deux niveaux de prélèvement expliquent la misère dans laquelle vivaient les métayers.

Le chapitre cathédral de Poitiers : Périodiquement, tous les 50 ans environs, le clergé effectue un inventaire des taxes et impôts divers qui lui sont dûs. Ansi, le 26 avril 1659, Louis de Mousseaux, devant les notaires royaux Berthonneau et Hersant, effectue sa déclaration.



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