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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Biard / le bourg / rue des Augustins
Ferme dite métairie de Bel-Air, actuellement établissement médical : institut d'éducation motrice

photographie du dossier documentaire, voir légende
Ancien logis, élévation sur cour vue depuis le nord. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / G. Renaud, 2005.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2005.

Historique

La maison de Bel-Air appartenant à maître Nicolas Chantard, receveur général des aides de la généralité de Poitou, est neuve en 1659. Puis, jusqu'à la Révolution, les terres et métairie de Bel-Air, comme les terres de la Vicane, ont été possédées par les chanoines de Saint Augustin. Le prieur de 1740 y résidait plus volontiers que dans la maison de la place Royale à Poitiers (actuelle place du Maréchal-Leclerc). En 1791, le domaine de Bel-Air fut vendu à M. Bouhelier, officier de finances, et beau-frère de M. de Larnay, qui avait déjà acheté la maison de la Vicane. La métairie devint ensuite propriété du lycée Henri IV de Poitiers. Il y avait une chapelle sur place.
En 1967, dans les bâtiments devenus propriété de l'oeuvre des pupilles de l'Enseignement public de la Vienne, s'ouvre une première classe pour accueillir les enfants, puis une deuxième en 1969 et une autre en 1970. Au début du 19e siècle les bâtiments, isolés au milieu du parc, étaient disposés autour d'une grande cour rectangulaire accessible par un passage couvert surmonté d'un colombier aujourd'hui détruit. De cette partie ont été conservées les ailes sud-est et sud-ouest autour desquelles ont été bâtis de nombreux bâtiments vers 1980, par l'architecte Duclos et, en 2002, par l'architecte Alain Chambon.
A l'écart, au nord de cet ensemble, le Centre pour enfants poly-handycapés l'Oasis, a été construit par Duclos et inauguré en 1997.

Description

Propriété située en haut du coteau, dans une boucle de la vallée de la Boivre et en bordure sud-ouest du bourg de Biard. Les bâtiments sont dans un vaste parc autrefois clos de murs (vestiges visibles à l'est). Le bâtiment le plus ancien, en rez-de-chaussée, est constitué de deux ailes perpendiculaires bordant deux côtés d'une cour, fermée sur les autres côtés par des bâtiments récents. Sa façade présente des fenêtres dont les linteaux ont été refaits et une porte centrale, couverte d'un arc en plein-cintre et à clef et impostes saillantes.

Documentation

● Archives

Archives Evêché : Visite paroissiale du 7 novembre 1856.
Archives privées : Estimation de la métairie, décembre 1790. Vente du 23 mai 1791.

● Bibliographie

Une fenêtre sur Biard. Bulletin municipal, décembre 1985. P. 2

● Annexe 1 :

Meunier, René-A. Les paysages agricoles et la structure sociale à Biard aux XVIIe et XVIIIe siècles, d'après les registres terriers du chapitre cathédral de Poitiers et les registres paroissiaux connus. Dans : Actes du quatre-vingt-onzième congrès national des sociétés savantes, Rennes 1966. Paris : Bibliothèque nationale, 1969. P. 57-73.

Le « Papier terrier de la seigneurie de la Chèze de Biard, fait en 1730 par le receveur de l'église de Poitiers » et les titres de la terre de Biard transcrits au cours du XVIIIe siècle en un registre précédé des noms de lieux montrent que la paroisse de Biard a vécu, du début du XIe siècle à la période révolutionnaire de 1791, comme domaine rural des seigneurs chanoines et de leurs tenanciers, principalement habitants de Poitiers...

Les lieux d'habitation aperçus depuis la fin du XVe siècle, indiqués au cours du XVIe et du XVIIe, suffisamment localisés au cours du XVIIIe siècle, et de nouveau situés par les actes de vente de 1792-1797, étaient à peu près aux quatre angles du territoire. C'étaient l'éperon de méandre du bourg de Biard, la clairière de la Fenêtre, le village de Larnay, la maison des Poiriers ; les deux agglomérations de Biard et de la Fenêtre en bordure de coteau, l'une et l'autre en menus villages de carrefour. Le bourg de Biard plus dense avait l'écart de la Maison de Bel-Air et celui de deux maisons sur la rivière, le moulin et une borderie voisine sous une roche. La Fenêtre en ordre plus disséminé avait à l'écart la métairie de la Parisière. Chaque lieu d'habitation avait sa mare nommée le lac, et à la Parisière la fosse. Le lac ou la grand'mare de Biard avait un déversoir - la rouère - par le chemin de Vauchèvre jusqu'à la rivière...

Mêmes milieux de notables de Poitiers parmi les maîtres des domaines de Biard aux XVIIe et XVIIIe siècles, mais à rapprocher les déclarations de redevances au Chapitre pour 1728 et pour 1659 on voit que l'emprise ecclésiastique s'était étendue entre ces deux dates.

Les Augustins avaient ajouté à leur métairie du bourg, et à leurs borderies tenues par les Bertin, la maison et les terres de la Vicane, puis celle de Bel-Air, et les borderies du Colombier et de Bellevue... Et les titres de la Vicane, et ceux de Bel-Air-le Colombier-Bellevue, venaient d'appartenir, comme d'ailleurs ceux du domaine initial des Augustins, aux milieux de justice et de finances (Jacques Rollandeau procureur en la Cour de Poitiers avant et après 1599 ; maître Nicolas Chantard, conseiller du roi, receveur des aides en Poitou avait construit dans les dix ans d'avant 1659 la maison de Bel-Air... et il avait enclos le domaine). Nous pouvons encore voir la maison de Bel-Air, selon les déclarations mêmes de 1659 et de 1729 : "salle, chambres basses, antichambre, cabinet, cours, coursoires, granges, étables, toits avec un colombier au-dessus de la grande porte de la grande cour de ce logis"...

Domaines achetés par les milieux traditionnels de Poitiers :
La maison de la Vicane, vendue le 23 mai 1791 à Bouhelier, officier de finances, beau-frère de M. de Larnay.
La métairie du Portal, vendue le 23 mai 1791 au marchant Tribert de Montreuil-Bellay.
La maison de Bel-Air, vendue le 25 octobre 1791 à Bouhelier, acquéreur de la Vicane.
La maison de la Chaise, vendue le 22 avril 1792 au marchand Bouchet de la paroisse Saint-Didier de Poitiers.
Le presbytère, vendue le 23 prairial an IV au même marchand Bouchet.

● Annexe 2 :

Ballion, Claudine. Biard et son passé. Dans Bulletin municipal, décembre 1989, p. 11-15.

Dans la paroisse de Biard qui, en 1789, faisait partie du canton de Croutelle, ces messieurs les Augustins étaient propriétaires de la métairie de la Vicanne, dont les bâtiments se situaient probablement sur les terres de l'I.E.M.

Cette propriété fut confisquée aux Augustins et estimée, en 1790, en présence des notaires royaux et d'un expert envoyé par les administrateurs du district de Poitiers : monsieur Jean Pouzol qui fut, semble-t-il, le premier maire de la première commune de Biard. L'estimation faite, la propriété fut mise en vente à Poitiers en 1791. Elle fut vendue aux enchères, à la bougie.


Boriaud, Jean. Métiers disparus. Les lavandières de la ferme du lycée. Dans Bulletin municipal, décembre 1977, p. 18-19.

A Biard, fonctionna, jusqu'en 1940 également, une autre laverie celle qui, à la "Ferme du lycée" (actuel I.M.P.), nettoyait le linge des 300 élèves du lycée Henri IV. Témoins de ce temps : les bassins que nous retrouvons près de la chênaie.

On utilisait 2 ponnes dont l'une pouvait contenir 200 draps et l'autre 100. Le rinçage se faisait soit dans les bassins de la ferme, alimentés grâce à un moteur qui pompait l'eau de la rivière, soit dans la Boivre.

Quand, en 1940, les artilleurs occupèrent la ferme, la laverie poursuivit son activité, mais à l'arrivée des aviateurs quelques mois après, il ne fut plus possible de continuer. Et la ferme du lycée s'endormit jusqu'à l'ouverture de l'I.M.P.


Boriaud, Jean. Une fenêtre sur Biard. L'Institut médico-pédagogique de Bel-Air. Dans Bulletin municipal, décembre 1985, p. 9.

Arrivant par la rue des Augustins, on découvre le domaine de Bel-Air, ancienne ferme du lycée, propriété de l'oeuvre de l'Enseignement public de la Vienne. A l'est et au sud, il domine la vallée de la Boivre.

Le 1er décembre 1967, une première classe ouvrait ses portes à 12 enfants avec demi-pension, transport scolaire et foyers d'accueil pour les enfants éloignés. La nécessité est ensuite apparue d'ouvrir une seconde classe à la rentrée de 1969 et une troisième à la rentrée de 1970, ce qui augmente considérablement les possibilités d'accueil de l'établissement.



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