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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Vouneuil-sous-Biard / Boivre
Château de Boivre, actuellement Centre Régional d'Education Physique et Sportive

photographie du dossier documentaire, voir légende
Château, vue générale depuis l'est. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / G. Renaud, 2005.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2005.

Historique

Ancien fief relevant de l'abbaye du Pin, mentionné à partir de 1401 sous le nom de la Bogaudère, puis Baugaudière. Jean de la Haye, avocat du roi aux monnaies, lieutenant général de la sénéchaussée de Poitiers, commissaire général des vivres de l'armée royale et maire de Poitiers en 1572 fut, suite à un complot qu'il mena, assailli et tué le 24 jullet 1575 en son château de la Bégaudière. Sa femme vendit ensuite la terre à Louis de Sainte-Marthe. Le 29 octobre 1698 une chapelle, construite par M. de Putigny, est bénie. Avant la Révolution, le château aurait appartenu à la famille La Roche de Touchembert. En 1813, le domaine est vendu par Ferdinand Louis Marie Maximilien Labroue Devareilles à la famille de Lestang [ou L'Estang] de Ringère qui le conserve jusqu'en 1926. Sur le plan cadastral de 1831, le château est constitué d'une vaste cour rectangulaire bordée au sud, côté vallée de la Boivre par un long bâtiment (vraisemblablement le château lui-même) et sur les autres côtés par des communs et dépendances, avec un accès au nord et une longue allée rejoignant la route de Poitiers à Béruges et Lavausseau.
Le nouveau château aurait été bâti vers 1865 pour la famille de Lestang de Ringère, peut-être sur des plans de Charles de Lestang qu'une source qualifie d'architecte, peintre et décorateur. Les matrices cadastrales indiquent de nombreuses destructions et constructions dans la seconde moitié du 19e siècle : en 1861 démolition d'un four à chaux, en 1886 construction d'une maison de jardinier, en 1875 d'une maison de garde et d'une serre et orangerie, en 1885 d'une maison de ferme, en 1886 d'un chalet et d'une écurie ; en 1885 le château est agrandi et, en 1889 et en 1892, des bâtiments sont démolis dont des parties de l'ancien château. Par ordonnance du 18 juillet 1942, le domaine est récupéré par l'Etat pour y installer un centre régional sportif destiné à former les maîtres d'éducation populaire et les animateurs des mouvements de jeunesse. Après la Libération, des travaux sont entrepris pour construire des installations sportives : la salle de basket, la salle Birocheau et la salle d'éducation populaire en 1950 ; le gymnase Tessié en 1951 ; la résidence d'hébergement Angoumois en 1952 (travaux en 1993) ; la conciergerie en 1960 ; la salle d'agrès, les bassins de natation et le service de restauration en 1963 et 1964 ; une halle de sport en 1967 réalisée par l'architecte Louis-Charles-Victor Miquel ; l'espace formation et le château d'eau en 1970 ; les résidences d'accueil Aunis et Saintonge, un centre médical et un centre socio-éducatif en 1972 ; la halle de tennis en 1980 ; le dojo en 1991 ; extension de la salle de sport, construction d'un centre de recherche, travaux de rénovation en 2002.

Description

Vaste domaine situé entre la Boivre et la route départementale de Poitiers à Lavausseau d'où partent deux allées conduisant aux bâtiments. Le château occupe la partie sud et surplombe la vallée ; il se compose de plusieurs corps de bâtiments construits pour partie en pierre de taille et pour partie en moellon enduit ; sa façade est ordonnancée avec la porte au centre. A l'est du château se trouve un pigeonnier circulaire à toit conique en ardoise et d'ancien communs dont les baies ont des encadrements en brique et pierre et dont les toitures sont en tuile mécanique. De nombreux bâtiments en béton, métal ou bois sont répartis tout autour.

Précisions sur le décor

Fenêtres et lucarnes couronnées de frontons. Décor de losanges et de cercles en façade. Vitrail à décor géométrique et armoiries de la famille de Lestang (d'argent à 7 fuseaux posés 4 et 3) dans la pièce sud-ouest.

Documentation

● Archives

Archives départementales de la Vienne : E supplément (communes, registre paroissiaux : bénédiction d'une chapelle en 1698).
Archives départementales de la Vienne : E4 / 27 / 470 (vente du 2 septembre 1813).
Archives départementales de la Vienne : 4 P (matrices cadastrales).
Archives départementales de la Vienne : Q 2-11 n° 216 (vente du 4 septembre 1793).
Archives Evêché : Visite paroissiale (1854, bénédiction d'un oratoire).

● Bibliographie

Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou / H. Beauchet-Filleau, Charles de Chergé ; éd. Paul Beauchet-Filleau. 1891, Chef-Boutonne : Chez l'auteur, 1972, 1973, 1974, 1976, 1978. - 5 fascicules (798 p.) : ill. T. IV, p. 771-772
Châteaux, manoirs et logis. La Vienne. Association Promotion Patrimoine (Niort, Deux-Sèvres), dir. collection Philippe Floris, Pascal Talon. Niort : Patrimoines et médias, 1995. P. 252
Rédet, Louis. Dictionnaire topographique du département de la Vienne. Paris : Imprimerie nationale, 1881. P. 47

● Annexe 1 :

Archives départementales de la Vienne : Q 2-11 n° 216 (vente du 4 septembre 1793)

Département de la Vienne, district de Poitiers, canton de Croutelle, municipalité de Vouneuil-sous-Biard.
Bien national provenant de l'émigré Jean François Prévost de la Roche Touchimbert
"Aujourd'hui 1er ventose l'an second de la République française une et indivisible, en exécution de la commission à nous donnée par le conseil général du district de Poitiers, département de la Vienne, en date du 4 septembre 1793 vieux style, rendu le 23 pluviose.
Nous Marie Félix Faulcon et Jean Joseph Pouzot demeurant dans la commune de Biard, commissaires experts soussignés, nous sommes transportés accompagnés des officiers municipaux de Vouneuil-sous-Biard, sur un bien national appelé Boivre ; provenant de l'émigré Jean François Prénost de la Roche de Touchimbert, et après l'avoir parcouru... nous avons jugé que le dit bien n'était pas dans le cas d'être divisé pour être vendu, et qu'il devait former un seul lot d'adjudication.
... Le susdit bien se confins au levant par le chemin du lavoir de Vouneuil, tendant du vieux pont à Pouzioux par la terre du citoyen Pouzot, y ayant des bornes entre deux, par le chemin en partie de Poitiers à Quinçai appelé chemin de la Tillé, par le midi à la rivière de la Boivre, par le couchant au bois taillis de Visai, traversant le chemin de Poitiers à Béruges, par un terrement appelé la Ligerie, un fossé dépendant du dit terrement entre deux, pour un petit coin à des terres de la Jagorderie, y ayant à cet endroit, le chemin qui vient de Moulinet et va rejoindre le chemin de Béruges, qui passe à travers les dites terres de Boivre, confins après aux terres de la Ribalière du citoyen Sapin et autres, par le nord au susdit chemin de Moulinet au grand chemin de Béruges par le susdit chemin de la Tillé, par les terres de la Ribalière, par un coin de la garenne de Montpouet et par le susdit terrement de la Ligerie le fossé entre deux.
Lequel bien de Boivre et contigu en tout ce qui vient d'être confronté, n'y ayant que le chemin de Poitiers à Béruges qui passe à travers faisant séparation des bois d'avec les terres labourables, le dit bien et donc tout ce qui peut être bien renfermé de fossés, et consiste au total deux cent dix arpents.
Lequel consiste premièrement dans une maison distribuée en cinq appartements bas, pour y comprendre trois petites chambres en mauvais état qui sont au bout de la cuisine, six chambres hautes, deux cabinets et un garde meuble, un grenier par-dessus divisé. En terrain, un parterre ou sont plusieurs petits arbres à fruit, à basses tiges, ledit parterre est contigu à la maison et pour y descendre il y a un escalier en pierres qui a besoin de réparation, sous celui-ci est une petite serre. Plus une grande cour divisée en haute et basse par un mur auquel il ne reste pour ainsi dire que des vestiges, aux deux extrémités de la dite cour, une petite cour renfermée de murs, y ayant à chacune une porte de communication. La principale porte d'entrée se trouve dans le milieu de la haute cour, sa fermeture est une grille en fer à deux battants... tout autour des dites cours sont des servitudes qui consistent dans : un grand cuvier dans lequel il y a une cuve en pierre et un pressoir, une cave au bout de celui-ci, une remise et deux gabourants à mettre du bois, un fourniou presque en ruine, une petite grange, une petite étable, un grenier bas pavé de briques au bout duquel est une petite chambre à loger un concierge, une autre grange, une étable aux boeufs, une écurie pour les chevaux, une petite cahmbre pour mettre les selles et autres armoires, un fenil régnant sur lesdites écurie et étable, au bout de l'écurie ladite chambre est une ci-devant chapelle, une ancienne orangerie dans laquelle est un petit cabinet, au bout de laquelle sont les communs, dans la petite cour ou l'on passe pour aller à Vouneuil il y a trois petits toits plus un jardin bas dont partie en coteau est en luzerne, contenant environ un arpent, dans lequel est vue très belle fontaine dans le rocher qui forme un petit ruisseau distribué en différents endroits dans le jardin ; il y a en outre le long dudit jardin un canal avec un bouchaud pour prendre du poisson.
Plus une vigne bien renfermée de murs laquelle touche au cuvier, contenant environ un arpent, dans laquelle il y a une fuie et plusieurs arbres fruitiers tous à basse tige, qu'en plein vent. Plus les bois taillis contenant environ soixante douze arpents, divisé en six coupes à travers lesdits dont plusieurs arbres futaies, de même que plusieurs âgés en chaque travées disposés dans toutes les coupes, il y a aussi en deux, différents coudriers, environ sept arpents de taillis, âgés environ de vingt cinq et trente ans, tous les dits taillis sont bien venus et chaque année il y a une coupe. Plus deux prés hauts contenant environ trois arpents, un autre à mi-pente contenant un quart d'arpent, proche du vieux pont de Vouneuil. Plus une pièce de terre labourable qui était en bois, lequel est arraché depuis trois ans, contenant deux arpents, faisant quatre vingt boisselers, laquelle serait propre à faire un pré étant près de ladite maison, le bien renfermé de fossé.
Plus deux corps de ferme appellés la grande et la petite métairie, consitant en chambres, coffres, greniers par-dessus, granges, écuries, toits à brebis et autres toits, fourniou et les cours, aires, le tout étant contiguë et adossé à la cour et servitudes de la maison de façon que le propriétaire de ladite maison ne peut sortir sans passer par les servitudes et les dites métairies, et les métayers ne peuvent en sortir par aucun endroit sans passer par les dépendances de la maison.
A la grande métairie il y a quatre cent cinquante boisselers de terres labourables ce qui fait cinquante six arpents un quart, trente boisselers de friche et quatre vingt boisselers d'ajoncs et bois taillis nouvellement semés, lesquelles le propriétaire s'était réservées.
A la petite métairie il y a trois cent soixante boisselers de terre labourable ce qui fait quarante cinq arpents, il y a sur les deux métairies aux environs de cinq arpents de pré bas à ramasser et presque vingt meilleurs de foin, lesdits prés rapportent après une seconde herbe ou regain ; chacune desdites métairies a aussi un jardin bas".

● Annexe 2 :

Archives départementales de la Vienne : E 4/27/470 (acte du 2 septembre 1813)

"Par devant maître Ribault et son collègue, notaires impériaux à Poitiers, département de la Vienne, soussignés. Furent présents : M. Ferdinand Louis Marie Maximilien Labrous Devareilles, propriétaire et dame Louise Prévôt Laroche Detouchimbert son épouse..., demeurant au chef-lieu de la commune de Mondion, canton de Châtellerault, département de la Vienne. Le sieur Devareilles depuis quelques jours à Poitiers, logé rue des Trois-Piliers, hôtel du même nom.
Lesquels ont par ces présentes vendu, sous la simple garantie de leurs faits et promesses et de ceux des précédents propriétaires... A M. François Isaac Charles Delestang Deringère propriétaire et dame Marie Rosalie Duchaffault, son épouse qu'il autorise, demeurant à Poitiers rue Pousse-penille, paroisse Ste-radegonde, présent et acceptant comme acquéreurs pour eux et leurs ayant causes, une terre appelée Boivre, située au lieu du même nom, commune de Vouneuil-sous-Biard.
1) En un château composé de cours, cuisine, salle à manger, salon de compagnie, offices, appartements hauts, greniers, caves, celliers, écuries, granges, fuie, toits, boulangerie, buanderie et jardin haut et bas.
2) En une borderie et quatre métairies, l'une appelée la grande, l'autre la petite, la troisième de Laribalière et la dernière de la Ligerie, lesquelles consistent en tous bâtiments et aisances nécessaires pour l'exploitation, terres labourables, à labourer, prés, bois, taillis, futaies, vigne, pâturages, ajonnières et chaintres, ainsi que la terre de pourissoir à composte, avec toutes les appartenances et dépendances et réunions que le vendeur y a faites, et en un mot tous les immeubles que ce dernier possède dans le territoire de la commune de Vouneuil-sous-Biard, et par extension sur celui de Quinçais et Béruges, arrondissement de Poitiers.
Tel enfin que le tout a été affermé par M. Devareilles au Sr Baillon et à la dame Marquet son épouse, par acte du sept mai mil huit cent onze devant Mtre Ribault qui en garde minute et Darbeth anciens notaires à Poitiers et enregistré le dix huit du même mois.
Sont aussi compris dans cette vente tous les trumeaux, glaces, boiseries garnissant les appartements du dit château de Boivre, et généralement tout ce qui est mis à perpétuelle demeure, excepté le trumeau et le portrait y tenant places dans la chambre au-dessus de la salle à manger que le vendeur se réserve.
Font également partie de la présente vente tous les bestiaux et cheptels à souche ou autres incombant actuellement dans la dite terre, les pigeons qui sont dans la fuie, les instruments aratoires et de jardinage, les fûts vinaires, tels que tonneaux, charrauds et barriques, au nombre de trente seulement, suivant que le tout est détaillé par la visite de la terre de Boivre faites entre M. Devareilles et le Sr Baillon le dix août mil huit cent onze par acte au rapport de Mtre Gras et son collègue, notaires à Poitiers, enregistrer le vingt du mois.
La vente est en outre faite moyennant la somme de quatre vingt sept mille livres, le deuxième jour floréal an 2 de la république".

Donation partage par monsieur et madame de L'Estang de Ringère à leurs enfants. 10 novembre 1863 par devant Mtre Jean-Baptiste Aubrun et Mtre Adolphe Louis Jean Jacques Gras, notaires à Poitiers
"Monsieur François Pierre Isaac Charles de L'Estang de Ringère, baron d'Aubigny et madame Marie Rosalie Fanny du Chaffault son épouse... ont fait donation entre vifs à titre de partage anticipé.
1) A monsieur Marie Delphin Charles de L'Estang de Ringère d'Aubigny, propriétaire, demeurant à Boivre, commune de Vouneuil-Sous-Biard.
2) A madame Marie Félicité Célina de L'Estang de Ringère d'Aubigny, épouse de monsieur Trancède Guerry de Beauregard, propriétaire, avec lequel elle demeure au château de l'Herbière, commune de Chavagnes en Paillers, canton de St-Fulgent (Vendée).
3) A madame Marie Caroline Alphonsine de L'Estang de Ringère d'Aubigny, épouse de monsieur Aristide René Marie vicomte de Chevigné, propriétaire, avec lequel elle demeure à Grosbost, commune de Persac, canton de Lussac-les-Châteaux (Vienne).
4) Et à mademoiselle Marie Caroline de L'Estang de Ringère d'Aubigny, sans profession, demeurant avec les donateurs à Boivre.
Désignation des biens :
1) Terres de Boivre
De la terre de Boivre située sur la commune de Vouneuil-sous-Biard, canton de Poitiers, avec extension sur celles de Béruges et de Quinçay, canton de Vouillé, consistant dans un château et dépendances, quatre corps de ferme appelés la Riballière, Ligerie, grande et petite métairie de Boivre, réserve, le tout composé de bâtiments d'habitation et d'exploitation, jardins, vignes, prés, terres labourables, bois, friches et ajoncs, d'une contenance totale de deux cent soixante neuf hectares environ...
La terre de Boivre appartient à Monsieur et Madame de L'Estang de Ringère au moyen de l'acquisition qu'ils en ont faite de Monsieur Ferdinand Louis Marie Maximilien Labroue de Vareiller et de Madame Louise Prévot de Sansac Laroche de Touchimbert son épouse, suivant contrat passé devant maître Ribault, prédécesseur de maître Aubrun soussigné, le deux septembre mil huit cent treize enregistré.
2) Terre de Ringère
Et la terre de Ringère, située au lieu de ce nom, commune de Quinçay, s'étendant sur celle de Béruges, canton de Vouillé, consistant en un corps de ferme dit la ferme Audin, four à chaux, terres labourables, prés et bois, d'une contenance totale de deux cent quarante deux hectares environ...
Fait et passé l'an mil huit cent soixante trois, le dix novembre".

● Annexe 3 :

Archives Diocésaines : visite paroissiale 7 novembre 1856, Penot curé de Biard.
"L'oratoire privé de Boivre est sans bénédiction et sans vocable, seulement la bénédiction comme d'un appartement lui a été donnée par monsieur Garnier, curé de la cathédrale de Poitiers, le 25 mars 1854.
Monsieur Charles de Lestang a construit en bois et en gros carton dans cet appartement qui sert d'oratoire une gracieuse miniature d'une église à voûte ogivale. Dans le fond on voit sur les vitres la sainte Vierge peinte au milieu d'étoiles avec la Foi et l'Espérance qui sont sur le côté et avec des décors de différentes couleurs, d'un très bel effet. Tout dans ce [...] décèle [...] l'attention, l'intelligence et la sagesse de monsieur Charles de Lestang qui architecte, peintre et décorateur trouve une douce et précieuse récompense au Saint Sacrifice offert chaque semaine en cet oratoire".

● Annexe 4 :

Modifications connues par les matrices cadastrales
Trois maisons sorties [vendues ou détruites] en 1885 (parcelle 179), 1887 (parcelle 175 bis) et 1889 (parcelle 175). En 1887, une maison de jardinier sortie en 1889 (parcelle 175 bis), des serres et orangerie, une maison de garde et un pigeonnier. Sur la parcelle 165, en 1888 une maison de ferme démolie en 1895 ; en 1889 une maison de garde et un chalet (sortis en 1890 et en 1901) ; en 1891 un château (sorti en 1894 et 1902) ; des écuries remise et bâtiments.

● Annexe 5 :

Robardet, Patrice. La saga du CREPS de Boivre. 11 décembre 2001.

[...] Les premières traces que l'on retrouve datent de 1401, ce qui les positionne bien comme un château de la Renaissance, voire même d'une époque légèrement inférieure. Connu en ce temps comme château de la Bogaudère, transformé successivement en Baugodière vers 1594, puis Boivre ou Baugodière en 1676, il devient le château de Touchembert ci-devant Boivre en 1748. D'après les recherches de M. Michel Aucher, il appartenait à M. la Roche de Touchembert avant la Révolution. Traversant cette période en très mauvais état (on sait par exemple que la cuisine était alors en terre battue), le château sera acheté ensuite comme bien national par M. Puy André Dardillac qui le revendra à M. Ferdinand Labroux de Vareilles. Il deviendra en 1813 pendant plus d'un siècle la propriété de la famille de L'Estang de Ringère. Un roumain en prendra possession vers 1930 puis M. Célestin Boisdron en 1939.

Un château de la Renaissance
A cette époque l'aspect du château ne diffère pas de celui que l'on connaît de nos jours. Immense bâtiment en forme de U, il propose de multiples décrochements tout en conservant une façade régulière et symétrique où l'on peut admirer une tour quadrangulaire à pans coupés ainsi qu'une tour circulaire dans laquelle s'enroule un escalier donnant sur un balcon. Lorsqu'on le contourne, on ne peut manquer de remarquer que la façade antérieure compte un niveau de plus que son opposé. En effet, un étage de soubassement traité sous la forme d'un portique décoré de bossages supporte un balcon. Il semble que la construction ait évolué par périodes. Certains évoquant le fait que le deuxième étage de combles soit beaucoup plus récent que la partie sur laquelle il repose. Ce qui est par contre prouvé est le fait que le château a connu un incendie, voire plusieurs. L'aile droite ayant notamment brûlé le le 5 juillet 1936. Parmi les bâtiments annexes existants, on notait la présence d'une ferme. Celle-ci appartenant avant la deuxième guerre mondiale à M. de Poumailloux [...]

Le train d'expropriation est en marche
Au début des années 40, l'Etat a décidé de lancer une prospection des domaines susceptibles de convenir à l'édification de centres régionaux sportifs dont l'objet sera l'organisation de stages pour la formation des maîtres d'éducation populaire et des animateurs des mouvements de jeunesse. Le château de Boivre qui possède outre une piscine, un court de tennis, se trouve en ligne de mire des autorités même si d'autres sites sont évoqués (Buxerolles, le domaine de Beauvoir et le château de Croutelle entre autres). Le choix sera cependant vite arrêté et les transactions à l'amiable échouants, c'est dans la douleur que le domaine de Boivre est réquisitionné et exproprié (l'ordonnance sera signée le 18 juillet 1942 au palais de justice de Poitiers). M. Boisdron accepte les conditions de l'Etat et devient même le gardien du château. M. de Poumailloux pour sa part lui intente un procès mais est débouté en 1944.
Le service des Ponts et Chaussées se met alors au travail et étudie un programme d'aménagement du château et des bâtiments annexes qui sera accepté par le gouvernement sous couvert des autorités allemandes. Toutefois les travaux ne débuteront qu'après la guerre [...]

Du CREGS de Poitiers au CREPS de Boivre
La libération étant consommée et le projet de l'ancien gouvernement étant toujours d'actualité, les travaux de rénovation du château et de création d'installations sportives vont pouvoir démarrer (hébergement et service de bouche dans le corps de bâtiment ainsi qu'un stade avec piste cendrée de 400 m et un terrain de football à l'extérieur). Toutefois il convient de rappeler auparavant qu'avant la création d'un centre sportif à Boivre, il existait sur Poitiers dès 1940 un CREGS (centre régional d'éducation générale et sportive) situé rue Saint-Hilaire. En septembre 1941, celui-ci déménage pour la pension Bonnafous, rue de l'Ancienne-Comédie [...] Un deuxième déménagement s'annonce donc pour le CREGS. C'est à trois kilomètres des dernières habitations de Poitiers qu'il va s'installer.

Les premières années
C'est M. Justin Tessié qui assure la direction du CREGS de Boivre (qui prendra bientôt comme tous les CREGS de France la dénomination de CREPS). Durant les premières années scolaires, le centre prépare au professorat filles et garçons et propose des stages de moniteurs militaires, maîtres d'éducation physique [...]. M. Jean-François Saurin, directeur adjoint de l'établissement de 1981 à 1991, élève lui-même à la fin des années cinquante, a également fréquenté le CREPS dans son enfance " [...]. J'ai eu la chance de pouvoir y entrer régulièrement dans les années 47-48 [...]. A l'époque, les infrastructures n'existaient pas et pour loger les stagiaires, c'était parfois épique. Quand il y en avait trop, ils étaient hébergés dans des marabouts. L'intérieur du bâtiment servait également pour la pratique de différents sports. Ainsi la chapelle était une salle de gym[...]".

Mise en route d'une politique de grands travaux
[...] La première installation sportive couverte construite sera le gymnase Tessié en 1951. Puis suivra en 52 la résidence d'hébergement Angoumois (trente lits), scindée en deux bâtiments. En 1963 et 1964, c'est la salle d'agrès, les nouveaux bassins de natation et service de restauration qui voient le jour, suivis en 67 d'une halle des sports de 2400 mètres carrés [...]. A l'aube des années 70, le CREPS de Boivre poursuit inexorablement son extension. En 1972, apparition de deux nouvelles résidences d'accueil Aunis et Saintonge (115 chambres individuelles) ainsi qu'un centre médical et l'ensemble socio-éducatif [...].
Par ailleurs des stigmates du passé disparaissent à jamais. Ainsi la ferme de Poumailloux fera place au dojo et l'ancienne infirmerie devenue salle des professeurs finira en maison de fonction [...].

Des stages sportifs à la formation professionnelle
[...] Aujourd'hui, le CREPS du 21e siècle a pour missions la formation professionnelle aux métiers du sport et de l'animation, l'accueil, l'entraînement et la scolarité de sportifs de haut niveau, mais aussi la promotion de l'éducation populaire et des activités physiques et sportives [...].



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