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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Vouneuil-sous-Biard / la Jarrie / rue Anne-Jolly
Eglise paroissiale Saint-Joseph

photographie du dossier documentaire, voir légende
Vue générale depuis le sud-ouest. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / G. Renaud, 2006.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2005.

Historique

Au décès de l'abbé de Jarasson en 1865, le père Léon Médeau reçoit, pour la Congrégation des Soeurs de Sainte-Philomène, le legs d'une maison avec terrain, à charge d'y célébrer la messe dominicale et d'y établir une école. La construction d'une chapelle sur le terrain, en 1868 et 1869, est financée par la congrégation. Ce lieu de culte est fréquenté par les habitants de la Jarrie et des hameaux voisins, l'église du bourg étant distante de plusieurs kilomètres. L'annonce de l'installation d'un champ de tir entre l'église de Vouneuil-sous-Biard et les hameaux du nord de la commune semble motiver la demande d'érection de la chapelle en église succursale. Une fabrique est créée puis Anne Jolly et Léon Médeau, soutenus par la population, promettent leur parrainage financier et engagent des démarches afin d'accélérer l'exécution du projet. En décembre 1874 la Jarrie est élevée au rang de paroisse dépendant du doyenné de Saint-Pierre de Poitiers et placée sous le vocable de Saint-Joseph. En 1877, le chevet plat de l'ancienne chapelle devenue église est détruit afin de construire l'abside en hémicycle et les sacristies attenantes. En 1878, l'installation du champ de tir est effective ce qui engendre des difficultés de communication entre le nord de la commune et le bourg. Le 13 octobre de la même année, Monseigneur Pie, évêque de Poitiers, consacre l'église. En 1885 la tribune, le clocher et sa flèche sont édifiés. De nombreux éléments de l'architecture signalent cette importante modification : l'arcature aveugle en revers de façade, la travée ouest tronquée, la présence de baies à verrières dissimulées. En 1899, le dallage de l'église est refait et une allée en mosaïque est mise en place par un artisan de Poitiers, Alexandre dit Chapelle. Les travaux de construction du transept, entrepris la même année, s'achèvent en 1900. Le 14 octobre 1900, monseigneur Pelgé consacre les autels des chapelles latérales. Ceux-ci portent la marque de l'atelier Saint-Hilaire de Poitiers et les signatures des sculpteurs Pelletier et Beausoleil. L'homogénéité du décor sculpté et stuqué à l'intérieur de l'église (facture, représentations) est manifeste. Il est fort probable que l'intervention de l'atelier Saint-Hilaire vaille également pour les ornements architecturaux (culots, clés de voûte). En 1982, une rénovation importante de l'intérieur de l'église est réalisée par l'entreprise Jean-Claude Perrin. Les pierres apparentes sont nettoyées et rejointoyées, l'enduit est refait et les sculptures sont brossées. En 2005, c'est le clocher qui fait l'objet d'une restauration complète : la pierre est nettoyée, les blocs abîmés sont remplacés. A l'occasion de ces travaux, la porte d'entrée est remplacée et les portails latéraux en ferronnerie sont repeints.

Description

L'église est précédée d'un dégagement bordé par un mur de clôture bas. Elle présente une travée sous clocher, une nef à six travées, un transept et un choeur orienté à l'est et cantonné de deux sacristies. Dans la façade en pignon s'ouvrent, au premier niveau, un portail en plein cintre encadré de colonnettes à chapiteaux à ornementation végétale et surmonté d'un tympan ; au deuxième niveau, un oculus à encadrement mouluré ; au troisième niveau, un triplet de fenêtres en plein cintre. Au-dessus du pignon s'élève le clocher constitué d'un niveau inférieur de plan carré et d'un niveau supérieur octogonal. Il est ajouré de baies quadrilobées et de baies en plein cintre. Les murs gouttereaux de l'église, scandés de contreforts, comportent à chaque travée une baie médiane en plein cintre. Ils sont pourvus d'une corniche à modillons alternativement simples et à billette. Le transept est saillant, moins élevé que la nef, et le mur pignon à chacune de leur extrêmité est pourvu de baies jumelées en plein cintre surmontées d'une baie également en plein cintre. A chacun des bras du transept est accolé un pavillon contenant une sacristie à baies jumelées quadrangulaires dont le linteau est biseauté. Le chevet en hémicycle possède cinq hautes baies en plein cintre reliés entre elles par des pierre horizontales du chaînage de leur encadrement. Au revers de la façade se trouve une arcature aveugle partiellement masquée par l'adjonction de la tribune. Le dessous de la tribune est composé d'un passage central, de la chapelle des fonts au sud et d'une cage d'escalier au nord. Les voûtes de l'église sont revêtues d'un enduit alors que les murs intérieurs sont actuellement en moellon apparents avec soubassement en pierre de taille. La nef est voûtée d'un berceau plein cintre renforcé par des doubleaux transversaux. Le choeur possède une voûte d'ogives à six nervures, les bras du transept sont pourvus d'une simple voûte d'ogives. Dans le choeur deux portes latérales, à encadrement biseauté et inscription sur le linteau, mènent aux sacristies. Le sol de la nef est en ciment avec un tapis central mosaïqué. Cette église se caractérise par la combinaison étroite du style roman et du style gothique, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur.

Précisions sur le décor

Portail du mur de clôture à piliers en pierre avec motifs de trèfles évidés et grilles surmontées d'une croix en ferronnerie. Croix sculptée au sommet du pignon de la façade ouest. Clocher agrémenté de pinacles et de nombreux crochets sculptés. Au sommet, croix en ferronnerie surmontée d'un coq. Corniches à modillons à billette. Décor stuqué des culots et des chapiteaux pourvus de feuillages, de fleurs, de fruits, de trèfles et de volutes. Clés de voûtes du choeur et des bras du transept à écu avec devises. Douze croix de consécration sont peintes dans la nef et le choeur. Chronogramme gravé et doré sur une plaque de consécration en marbre située dans le choeur, côté sud.

Inscriptions

Choeur, côté sud, plaque : "Cette église a été consacrée / le 13 octobre 1878 par / Mgr Pie, évêque de Poitiers / et dédiée à St Joseph". Linteau de la porte de la sacristie nord : "Tibi omnes angeli [...] / voce proclamant : sanctus". Linteau de la porte de la sacristie sud : "Te [...] apostolorumchorus [...] / laudat". Choeur, clé de voûte : "Pacitur inter filia". Bras nord du transept, clé de voûte : "Charitas chrisit urget nos". Bras sud du transept, clé de voûte : "Magnificat anima mea doum ". Nef, côté ouest, sol : "Alexandre / dit Chapelle / Poitiers". Revers de façade, côté nord, plaque : "Entreprise / Jean-Clause Perrin / de la Jarrie / rénovation église 1982". Portails latéraux : "S. J.".

Documentation

● Archives

Archives départementales de la Vienne : 4 P (matrices cadastrales).
Archives municipales de Registre des délibérations du Conseil municipal : séances du 8 février 1874, du 4 mars 1874, du 6 juin 1875, du 25 février 1877, du 18 novembre 1877, du 24 février 1878, du 19 février 1893.
Décret du 17 décembre 1874. Du 17 décembre 1874
Décret du 10 janvier 1878.

● Bibliographie

[Rageau, Père]. Centenaire de la consécration de l'église de La Jarrie. 13 octobre 1878-27 mai 1979. P. 4
Le patrimoine des communes de la Vienne. Paris : Flohic (35-Rennes : Oberthur Graphique), 2002. P. 855

● Annexe 0 :

Chronologie de la paroisse de l'église Saint-Joseph de la Jarrie établie essentiellement à partir des documents conservés aux archives diocésaines, municipales et départementales :
- 14 décembre 1865 : Décès de l'abbé de Jarasson, propriétaire à La Jarrie. Il lègue une maison et des terres à l'abbé Médeau, Supérieur de la Congrégation des Soeurs de Sainte-Philomène, à charge d'y établir une école et d'y assurer la messe dominicale.
- 10 juin 1868 : Bénédiction de la première pierre de la chapelle.
- 1868, 1869 : Construction de la chapelle.
- 31 mars 1869 : Première messe.
- 4 mai 1870 : Bénédiction de la petite cloche par l'abbé Médeau.
- 1874 : Construction d'un presbytère. Anne Jolly demande l'érection urgente d'une église. L'un des arguments avancés par celle-ci s'appuie sur une rumeur selon laquelle un champ de tir va être installé entre l'église de Vouneuil-sous-Biard et les hameaux du nord de la commune, impliquant des difficultés de communication.
- 8 février 1874 : Constitution d'une commission chargée d'examiner la demande des habitants de la Jarrie et des hameaux alentours. Ceux-ci réclament l'érection de leur chapelle en église succursale.
- 4 mars 1874 : Les habitants de la Jarrie et des hameaux alentours réitèrent leur demande d'érection de la paroisse Saint-Joseph de la Jarrie, en produisant une promesse de donation à la fabrique par l'abbé Médeau et Anne Jolly.
- 17 décembre 1874 : Décret d'érection de la chapelle de la Jarrie en église succursale dépendante du doyenné de Saint-Pierre de Poitiers.
- 24 décembre 1874 : Saint-Joseph de la Jarrie devient paroisse.
- 6 juin 1875 : Le Conseil municipal accepte la donation faite à la fabrique de la paroisse de la Jarrie par l'abbé Médeau et Anne Jolly à condition que les donateurs prennent en charge les frais notariés et qu'ils fournissent une église en bon état.
- 1877 : Le chevet plat de l'église est démoli. Une abside et deux sacristies sont construites. Pose des cinq grandes verrières de l'abside. Recherche d'un terrain en vue d'y établir un cimetière.
- 24 septembre 1877 : Acte notarié de donation par l'abbé Médeau au desservant de l'église succursale de la Jarrie. Cette donation consiste en une rente de 800 francs et en une parcelle de terre estimée à 2000 francs, le tout à charge de fondation de messes.
- 10 décembre 1877 : Acte notarié de donation par Anne Jolly d'un terrain en vue d'y établir le cimetière paroissial. Une pétition en faveur de cette donation et de la création d'un cimetière à la Jarrie est adressée par des habitants à la municipalité. Le projet est rejeté par le Conseil municipal, la commune disposant déjà d'un cimetière suffisant.
- 1878 : Etablissement du champ de tir entre le nord et le sud de la commune de Vouneuil-sous-Biard.
- 24 février 1878 : Le Conseil municipal accepte finalement la donation faite par Anne Jolly d'un terrain afin d'y établir un cimetière.
- 13 octobre 1878 : Consécration de l'église par Monseigneur Pie, évêque de Poitiers. L'autel reçoit les reliques des saints Boniface et Crépin.
- 1879 : Création du cimetière paroissial.
- Avril 1880 : Bénédiction du cimetière paroissial par l'abbé Jamain.
- 1885 : Construction de la tribune, du clocher et de la flèche.
- 7 avril 1885 : Bénédiction des trois grosses cloches par Monseigneur Bellot des Minières. Construction des servitudes du presbytère financée par l'abbé Firmin Jamin.
- 19 février 1893 : Pour la remercier d'avoir fait don du terrain du cimetière de la Jarrie et d'avoir financé sa clôture, la commune accorde une concession à perpétuité à Léonie Jolly dans ce même cimetière.
- 1899 : Réfection du dallage et mise en place de l'allée en mosaïque par Alexandre dit Chapelle, artisan à Poitiers.
- 23 avril 1899 : Bénédiction de la première pierre des chapelles latérales.
- 22 juillet 1900 : Seconde bénédiction du chemin de croix par monseigneur Pelgé nécessitée par le déplacement de quatre stations en raison des travaux de la construction de l'abside.
- 14 octobre 1900 : Consécration par monseigneur Pelgé des autels du Sacré-Coeur et de Notre-Dame dans les chapelles latérales.
- 1901 : Pose des vitraux des chapelles latérales.
- 5 mars 1906 : Lors de l'inventaire des biens, 19 gendarmes auraient défoncé la porte de l'église à coup de pioche.
- 13 décembre 1906 : Arrêté préfectoral plaçant sous séquestre les biens de la fabrique de la Jarrie.
- 12 mars 1910 : Décret de l'administration des cultes stipulant que les biens de la fabrique de la Jarrie placés sous séquestre sont affectés à la commune de Vouneuil-sous-Biard.
- 29 juin 1910 : Arrêté préfectoral autorisant la mainlevée du séquestré apposé sur les biens ayant appartenu à la fabrique de la Jarrie.
- Janvier 1978 : Tempête endommageant la croix de l'abside.
- 1979 : Suppression de la croix de l'abside qui menace de tomber.
- 27 avril 1979 : Célébration du centenaire de la consécration de l'église de la Jarrie par l'abbé Rageau.
-1982 : Rénovation intérieure par l'entreprise Jean-Claude Perrin (nettoyage des murs et des voûtes, rejointoiement, nettoyage des sculptures et autels).
- 1998 : Rénovation des vitraux.
- 2003 : Aménagement des abords.
- 2005 : Réfection du clocher, remplacement de la porte d'entrée, rénovation des portails latéraux.

● Annexe 1 :

Décret du 10 janvier 1878 émanant de l'administration des cultes :

Article 1 : Le desservant de la succursale de La Jarrie, commune de Vouneuil-sous-Biard (Vienne), est autorisé à accepter, aux clauses et conditions énoncées, la donation faite au titulaire de cette succursale par l'abbé Léon Médeau, suivant acte notarié du 24 septembre 1877, et consistant en une somme de 800 francs et en une parcelle de terre estimée à 2000 francs, le tout à charge de fondation de messes.

Article 2 : le trésorier de la fabrique de l'église succursale de La Jarrie, commune de Vouneuil-sous-Biard (Vienne) est autorisé à accepter le bénéfice résultant, en faveur de cet établissement de la donation faite au desservant de cette succursale par l'abbé Léon Médeau, suivant acte notarié du 24 septembre 1877 et consistant en une somme de 800 francs et une parcelle de terre estimée à 2000 francs, le tout à charge de fondation de messe.

● Annexe 2 :

[Rageau, Père]. Centenaire de la consécration de l'église de La Jarrie. 13 octobre 1878-27 mai 1979.

Les villages qui forment la paroisse de La Jarrie appartiennent à la partie nord de la commune de Vouneuil-sous-Biard et sont à 3 et 4 kms de l'église de Vouneuil, distance qui paraissait longue à un prêtre, l'abbé de Jarasson, retiré à la fin de sa vie dans sa propriété de La Jarrie (aujourd'hui la maison des Soeurs). Rêvant de procurer à ces villages un lieu de culte plus proche, il légua, à sa mort le 14-02-1865, sa propriété au P. Médeau, Supérieur des Soeurs de Salvert, à charge d'y assurer la messe du Dimanche et d'y ouvrir une école tenue par des Soeurs.
De son côté, Mlle Anne Jolly, demeurant à La Jarrie dans l'ensemble où se trouvent aujourd'hui les maisons Courtois, Gauthier et Neveu, ouvrit à tous pour la messe du Dimanche sa chapelle N. D. de Toutes Grâces, encore visible aujourd'hui dans la maison Courtois, près du pigeonnier rond qui borde la rue de l'église (appelée aujourd'hui rue Anne-Jolly en reconnaissance).
Puis, commence la construction de l'église. En voici les étapes [voir synthèse].

Ce n'est donc qu'en 1900 que l'église a pris sa forme définitive, traçant sur le sol une croix latine, grâce à ses deux chapelles.
La paroisse de La Jarrie doit une grande reconnaissance à l'abbé de Jarasson, au Père Médeau, à Mlle Jolly (donatrice de la plus petite et de la plus grosse cloche, du presbytère, de l'abside, du clocher, du cimetière, etc.), à sa nièce Mlle Nicolas, aux familles Degove, Langsdorff et autres bienfaiteurs et bienfaitrices.
On a dit que la nécessité de construire une église à La Jarrie était née du fait de la création du polygone d'artillerie, coupant la commune en deux et obligeant les paroissiens du nord à faire une longue route pour rejoindre leur église de Vouneuil, les jours où les tirs interdisaient la route directe. Or, ce polygone n'a été reconnu d'utilité publique que par décret présidentiel du 4-04-1878 et l'église était déjà entreprise dès 1868. Par ailleurs, l'abbé de Jarasson, dans ses motifs de donation, ne parlait pas des inconvénients d'un polygone, mais seulement de la distance des villages du nord à leur église. Il est possible toutefois que la perspective d'un projet de polygone ait pu, dès 1868 (si on en parlait alors) accélérer le projet de création d'une église à La Jarrie.
Depuis cent ans, vingt curés ont eut la joie de se dévouer à son service. Ce sont, dans l'ordre les abbés Jamain, Fouquet, Sauzeau, Pouzineau, Mary, Decoussé, Bertin, Vallais, Jacquet, de Monsabert, Bignonnet, Roy, Couturier, Giret, Daigneau, Garandeau, Morvan, Fraudeau, Merceron et Rageau (...).

● Annexe 3 :

Gatard, Jean-Paul. La rénovation des vitraux de l'église Saint-Joseph de La Jarrie. Dans : Le Picton, mai-juin 1999, n° 135, p. 26-28.

Dans un souci de conserver son patrimoine en bon état, la commune de Vouneuil-sous-Biard a décidé, en concertation avec le paroisse de La Jarrie, qui participe financièrement pour moitié au montant des travaux, de restaurer la majeure partie des vitraux de l'église Saint-Joseph.

Une technique qui a fait ses preuves
Le procédé, adopté par le ministère de la Culture, a été mis au point en collaboration avec le laboratoire de Recherche des Monuments historiques : il s'agit d'utiliser des verres thermoformés, réalisés à partir de l'empreinte du vitrail à protéger et traités dans sa surface extérieure pour reproduire l'aspect du vitrail.
Cette technique assure une protection optimale, car la double verrière posée à quelques centimètres du vitrage le protège des chocs thermiques, de la condensation sur la surface intérieure, de la pression du vent ou du ruissellement des eaux de pluie. Il garantit aussi une protection contre des agressions de type organique (moisissures, encrassement...). En outre, ce procédé répond aux problèmes d'esthétique, car il reproduit l'aspect extérieur du vitrail d'origine par son relief et sa coloration : ces verres remédient aux problèmes de reflet générés par les doubles verrières de protection classique et évitent de dénaturer l'aspect extérieur de l'édifice. La patine colorée appliquée sur la face externe des verres n'est visible qu'en réflexion de l'extérieur de l'édifice. Translucide, elle préserve la transparence et la visibilité du vitrail à l'intérieur.

Les vitraux des chapelles latérales
Ils sont datés de 1901, soit plusieurs années après la construction de la partie centrale - la première pierre ayant été posée en 1869 - ce qui est normal, compte tenu de l'ajout des chapelles latérales. Côté sud, dans la chapelle de la Vierge, cinq vierges ou martyres sont répertoriées : sainte Agnès, sainte Cécile, sainte Abre, sainte Florence et sainte Macrine. Sans doute parce qu'un ange n'a pas de sexe, on a mis l'archange Gabriel de ce côté ! ...
Dans la chapelle ouest, ce sont six figures d'hommes : les saints apôtres Pierre et André, saint Augustin, saint Louis, saint Isidore et saint Victor. Arrêtons-nous sur ce dernier, grâce au témoignage du père Pascal Couturier, actuellement à la maison de retraite des prêtres des Aubiers, dans les Deux-Sèvres, qui écrit ceci : "Pourquoi saint Victor ? C'est en souvenir de l'abbé Victor Pouzineau, qui était curé de La Jarrie en ce temps-là. Il avait été placé à ce poste en raison de sa santé... Il avait un point tuberculeux. Or, le bon air de La Jarrie avait la réputation d'être sain pour ces cas-là." Ajoutons que l'abbé Pouzineau est mort en 1940.

Les cinq vitraux de l'Abside (1885)
Leur unité vient d'une présentation similaire, chacun se divisant en trois parties : en partie inférieure, des armoiries appartenant à des célébrités ecclésiastiques ou laïques, accompagnées d'une maxime latine ; au milieu, le personnage de pied en cap ; la partie supérieure étant elle-même le sommet d'une sorte de chapiteau, dominé par une tourelle.
Le Bon Pasteur constitue le vitrail central ; il porte sur ses épaules l'agneau et tient son bâton de berger. L'inscription latine "pacitur inter lilia" (il paît parmi les lys) renvoie à la connotation bucolique du troupeau et des fleurs représentant la pureté. Les armoiries papales (deux lions) sont celles de Pie IX, qui acheva son pontificat en 1878.
A sa droite, saint Joseph, à qui on a consacré l'église, tient le lys de la pureté : quatre mots latins l'honorent : "fides et caritas" (foi et charité) et "fortitudo et decor" (force et grâce).
A la gauche du Bon Pasteur, la Sainte Vierge Immaculée, qui écrase le serpent, est présentée avec la maxime suivante : "omnia in gloriam dei" (tout pour la gloire de Dieu). L'emblème de monseigneur Pie, évêque de Poitiers d'alors, reconnaissable aux trois glands qui ornent sa mitre, est représenté avec la Vierge du Pilier de Chartres, d'où notre évêque est originaire et qui devint cardinal en 1879, récompense de sa longue fidélité aux directives du pape Pie IX, notamment lors du premier concile du Vatican en 1870.
A l'extrême gauche du choeur, une figure régionale très célèbre, saint Hilaire, premier évêque connu de Poitiers, avec l'illustration des armoiries de Léon XIII (1878 : première année de son Pontificat) : deux fleurs de lys, un cyprès et une étoile. La mention latine "O doctor optime ecclesiae lumen" (ô illustre docteur, lumière de la sainte Eglise) fait référence à la forte culture d'Hilaire, lui qui a étudié à fond les évangiles et les prophètes. D'ailleurs, dans son Traité de la Trinité, il écrira : "Il ne suffit pas que le prêtre soit de bonne volonté. Si sa vie doit être pure, sa prédication doit être savante." D'ailleurs, saint Jérôme place saint Hilaire au premier rang des docteurs de l'Eglise.
Enfin, le vitrail, situé à l'extrême droite, nous renvoie l'image d'une autre célébrité locale : Radegonde, représentée à la fois comme reine et comme religieuse. En tenue royale de grand apparat avec couronne, elle tient le sceptre d'or d'une main, et, de l'autre, le monastère Sainte-Croix dont elle fut la fondatrice, son voile de religieuse sur la tête. Avec la mention "O mater patriae, serva fidem" (ô mère de la patrie, conservez-nous la foi), le bas du vitrail est constitué de trois fleurs de lys sur fond bleu, les armes royales, la date de 1878 étant à nouveau portée avec une précision : vingt-huitième année de l'épiscopat de monseigneur Edouard Pie.
Comme on peut le constater, outre l'inspiration chrétienne de base, Jésus Marie Joseph, la touche locale était de mise avec la désignation de sommités ecclésiastiques du présent et du passé, qui fait toujours référence.

Les derniers vitraux
Il s'agit de celui des fonts baptismaux. Dès l'entrée, à droite, saint Jean-Baptiste baptise le Christ dans le Jourdain, avec le signe visible de la colombe : "Ego a te debeo baptizari et tu venis ad me" (moi, je dois être baptisé par toi, et toi, tu viens auprès de moi). Ce vitrail est daté de 1890 et est signé par un maître verrier de Bordeaux, Dagrand.
Quant au dernier, sa forme diffère puisqu'il s'agit de la rosace placée sous le clocher. Il figure la mort de saint Joseph - deuxième référence pour l'édifice qui lui est consacré - en présence de la Vierge Marie et de son Fils. Il est signé de Kuchelbecker et Jacquier du Mans (1885). A noter que le mot "dormition" ne s'emploie que dans le cas de la Vierge Marie, compte tenu de son assomption céleste.
Rappelons, pour conclure, que cette restauration a été assurée par les bons soins des ateliers Verre-Jade et de M. Pivet, que nous remercions pour la documentation qu'il nous a fournie au sujet des verres thermoformés. Ainsi, en participant à la conservation de notre patrimoine, fondement de notre culture, nous sommes heureux, à notre tour, de pouvoir transmettre dans de bonnes conditions, à notre jeunesse, l'héritage de nos aïeux.



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