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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
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Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Montamisé / le Bourg / 7, 9 et 11 place San Sebastiano da Po
Mairie et école primaire de garçons, actuellement maison

photographie du dossier documentaire, voir légende
Vue générale depuis le sud-est. L'ancienne mairie au premier plan, puis le logement d'instituteur et au fond l'ancienne école de garçons. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / Y. Suire, 2006.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2006.

Historique

Ces anciens bâtiments publics abritaient l'école publique de garçons depuis 1839. Ils comprenaient l'ancienne mairie à droite (le long de la rue, au sud-est), l'ancien logement de l'instituteur au centre (partie réaménagée en 1873), l'ancienne école primaire de garçons (partie construite en 1884 sur les plans de l'architecte Delecroix) prolongée par la classe maternelle, à gauche (au nord-ouest, construite en 1924 sur les plans de l'architecte Giraud). Après d'ultimes aménagements en 1951, sous la houlette de l'architecte Serreau, cette école a perduré jusqu'en 1961, trois ans après l'ouverture du groupe scolaire Charles-Choisie, rue de l'Ancien porche. Après avoir servi de maison des associations, l'école a été remaniée en 1993 pour être transformée en logements, sur les plans de l'architecte Michel Papot : l'ancienne classe maternelle a été surélevée d'un étage, et le toit en ardoise remplacé par un toit en tuile creuse. De l'autre côté de la place, au sud, se trouvaient les remises à l'usage de l'instituteur, mais aussi un préau pour les écoliers, des toilettes publiques et une petite "prison" à l'usage de la police. Ces bâtiments ont également été transformés en logements en 1993.

Description

Les bâtiments sont construits au nord de la place San Sebastiano da Po. Une clôture basse et les piliers en pierre de l'ancien portail de l'école marquent l'entrée de la place, côté rue. Situé au centre des bâtiments, l'ancien logement de l'instituteur présente une façade à trois travées. La porte est latérale. La façade est ornée d'une corniche moulurée, d'un bandeau également mouluré, d'encadrements saillants, et d'un soubassement en pierre de taille. Le toit possède deux épis de faîtage, et est éclairé par trois lucarnes sur le versant sud-ouest.

Précisions sur le décor

Les trois lucarnes du toit, sont chacune surmontées d'un fronton en plein cintre et encadrées de volutes.

Documentation

● Archives

Archives départementales de la Vienne L 213. An III-an IV : écoles.
Archives départementales de la Vienne Série O Montamisé, liasse "Affaires diverses, personnel communal, travaux aux bâtiments communaux".
Archives départementales de la Vienne Série O Montamisé, liasse "Ecoles".
Archives municipales de Montamisé. Registres des délibérations du conseil municipal de Montamisé depuis 1834.

● Annexe 0 :

Une première école est mentionnée à Montamisé en l'an III, regroupant les enfants de Montamisé et de Buxerolles. Elle siégeait peut-être dans le presbytère. Le 15 décembre 1833, conformément à la Loi Guizot sur l'enseignement primaire, le conseil municipal décide de prendre en location une maison pour y établir l'école et loger l'instituteur. Quatre ans plus tard, un premier instituteur, Pierre Moreau, est désigné pour tenir l'unique classe de garçons, tandis qu'une école privée de filles est fondée à la Jourie. En 1838, on projette de construire une nouvelle école sur la place de l'église, à l'emplacement de l'ancien cimetière, mais le projet n'aboutit pas.
Le 1er décembre 1839 enfin, la municipalité prend en location auprès de Jean Rose, cultivateur au bourg, une maison composée "d'une chambre basse, d'une chambre haute, d'un cabinet, d'un grenier, un cellier, une boutique, un jardin situé entre la maison et les servitudes", le tout situé au bord de la route de Montamisé à Sainte-Georges (il s'agit sans doute des parcelles B7 300bis et 307, achetées par Jean Rose en 1824 ; en tout état de cause, la description et la situation de cette maison ne peuvent pas correspondre à la maison du 5 rue des Ecoles, qualifiée d'ancienne école par la tradition orale). En 1850, la « maison Rose » s'avère déjà trop petite pour abriter l'école de garçons, le logement de l'instituteur et la mairie. Charles Arnault-Ménardière, propriétaire et conseiller municipal, propose alors de vendre à la municipalité une maison qu'il possède dans le bourg (actuel 5 rue des Ecoles, parcelles B7 254 et 255 du cadastre de 1817). La classe y déménage dès 1851, mais le projet échoue en 1853 et les élèves reviennent dans la « maison Rose ». Le 23 juillet 1853, un nouveau bail est conclu avec Jean Rose. Celui-ci s'engage à effectuer des travaux pour aménager une nouvelle salle de classe de neuf mètres de long, pavée et éclairée au sud par deux fenêtres. Les latrines seront déplacées et refaites, un petit toit sera construit pour que l'instituteur y mette des animaux domestiques. Le pavement du logement de l'instituteur sera refait, notamment le foyer de la chambre basse. L'escalier qui mène à la chambre haute sera entouré de planches pour mieux isoler le rez-de-chaussée du froid. Une croisée sera ouverte dans le petit cabinet qui est adossé à la chambre haute, afin de pouvoir y établir le bureau du maire et y placer les archives. Une cour assez vaste sera aménagée pour les récréations. La municipalité finit par acheter la « maison Rose » en 1869, malgré son insuffisance.
Le 20 juillet 1871, le maire informe le conseil municipal qu'un secours a été accordé par le gouvernement pour la construction d'une nouvelle école qui commencera dès que tous les fonds auront été encaissés. Il est en fait décidé de réaménager la « maison Rose ». Les travaux sont adjugés le 9 mars 1873 à M. Flavien, de Chasseneuil. Le cahier des charges les décrit ainsi : le bâtiment principal, réaménagé, se composera d'un rez-de-chaussée, d'un premier étage et d'un grenier. Le rez-de-chaussée, divisé en trois parties, comprendra d'abord la classe initiale en lui conservant les mêmes dimensions au sol, mais en la surélevant ; puis une cuisine, un salon et un office pour l'instituteur ; enfin un vestibule et une chambre pour servir de salle communale, au lieu et place du logement jusque là occupé par l'instituteur. Le premier étage se composera d'un grenier au-dessus de la classe, de deux chambres à coucher et d'un cabinet pour l'instituteur, et d'une chambre au-dessus de la mairie. Les dépendances qui seront construites de l'autre côté de la cour, au sud, comprendront une buanderie, un cellier, un préau, des latrines, un toit à porcs, une écurie et un serre-bois. Un mur séparera la cour d'école du jardin de l'instituteur, situé à l'ouest. Un portail et une grille fermeront la cour sur la rue. La dépense s'élève à 9000 francs. En 1876, l'ensemble est complété par l'achat de sept tables avec bancs, d'une estrade avec socle, d'une armoire pour la bibliothèque scolaire, par la pose de carrelage dans la cuisine, et surtout par la construction dans la partie des dépendances, au bord de la rue, d'une « chambre de sûreté pour loger les voyageurs ».
Très vite pourtant, la salle de classe devient trop petite pour accueillir la centaine d'élèves qui s'y presse. En 1883, il est alors décidé de construire une nouvelle classe, dans le prolongement du bâtiment initial, au nord-ouest. Un terrain est acheté à la voisine, la veuve Rose, et des plans et devis sont dressés par M. Delecroix, agent voyer cantonal. Les travaux commencent à l'été 1884 et se poursuivent en 1885. La classe initiale devient alors le logement de l'instituteur (partie centrale du bâtiment). Un nouvel agrandissement est décidé en 1920 lorsque la fermeture de l'école privée de garçons (rue de la Tonnelle) provoque un afflux de nouveaux élèves. Un instituteur adjoint est nommé, et une seconde classe est construite en 1924 sur les plans de l'agent-voyer cantonal Giraud. Elle se situe dans le prolongement de la première, au nord-ouest, en prenant sur le jardin. Elle comprend un vestiaire dans lequel se trouve la porte d'entrée, et une salle de classe ouvrant au sud par trois grandes croisées. De l'autre côté de la cour, au sud, le premier préau est transformé en sanitaires, et un nouveau préau, plus grand, est construit dans le prolongement, au nord-ouest, à l'emplacement d'anciennes servitudes. Une nouvelle campagne de travaux est confiée en 1951 à l'architecte Serreau. Les charpentes, couvertures et façades des deux classes sont reprises, et des réaménagements sont effectués dans le logement de l'instituteur. Dix ans plus tard, les élèves déménagent dans le nouveau groupe scolaire (rue de l'Ancien porche).



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