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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Montamisé / le Bourg / 2 à 14 place San Sebastiano da Po ; 2 rue de l'Eglise
Presbytère, actuellement lotissement concerté

photographie du dossier documentaire, voir légende
Le presbytère vu depuis le nord, avec son portail, en 1975. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / Reproduction G. Beauvarlet, 2006.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2006.

Historique

L'ancien presbytère était situé sur l'actuelle place San Sebastiano da Po, côté est de la rue de l'Eglise. Il a fait place en 1990 à des logements locatifs, les "Jardins de la Cures", construits justement à l'emplacement de l'ancien jardin. Les piliers du portail qui marquait l'entrée du domaine, ont été conservés et repositionnés sur la place, au niveau du numéro 4 (parcelle 173). Selon les témoignages oraux, ils portaient la date 1854, celle de la reconstruction presque totale du presbytère, effectuée sous les hospices de l'architecte Dulin.

Description

Le presbytère était construit perpendiculairement à la voie. Il ouvrait au nord sur une cour prolongée par un jardin, le tout renfermé de murs. Un portail à piliers maçonnés et un porte piétonne couverte se situaient près du logis. Sur le côté est de la cour se trouvait un alignement de dépendances : une grange, un hangar, des toits, etc. Un garage pour le corbillard municipal, était placé dans l'angle nord-est du jardin. Une petite cour, elle aussi fermée de murs, était située au sud. Les deux façades du logis, au nord et au sud, ouvraient chacune par trois travées, dont celle du mlieu, comprenant une porte, était décentrée.

Documentation

● Archives

Archives départementales de la Vienne E dépôt 136. 1788-1834 : registre des délibérations du conseil municipal de Montamisé.
Archives départementales de la Vienne E nouveau 1408. Vers 1791 : état de la paroisse de Montamisé.
Archives départementales de la Vienne 9 G 72. 1479-1771 : cure et fabrique de Montamisé.
Archives départementales de la Vienne J dépôt 22, chartrier de la Roche de Bran, liasse 24. 1613-an XI : chapelle de la Roche de Bran, droits honorifiques sur l'église de Montamisé.
Archives départementales de la Vienne Série O Montamisé, liasse "bâtiments communaux".
Archives départementales de la Vienne Série O Montamisé, liasse "Bâtiments communaux autres que les chemins".
Archives départementales de la Vienne Série O Montamisé, liasse "Affaires diverses, personnel communal, travaux aux bâtiments communaux".
Archives municipales de Montamisé. Registres des délibérations du conseil municipal de Montamisé depuis 1834.

● Bibliographie

Salvini, Joseph. "A propos du château de la Roche-de-Bran". Bull. soc. Antiquaires de l'Ouest, 4e s., t. 5, 1959-1960. P. 338-339
Salvini, Joseph. "La Roche de Bran, victime de guerre". Bull. soc. des Antiquaires de l'Ouest, 4e s., t. 1, 1949-1951. P. 795

● Annexe 0 :

Sous l'Ancien Régime, la cure de Montamisé relevait du chapitre de Notre-Dame-la-Grande de Poitiers. Au début du 17e siècle, Jehan Abonneau, curé de Montamisé demande au chapitre des travaux dans son presbytère. Il déclare en effet que, depuis plus de vingt ans, la maison de la cure est entièrement ruinée, et qu'il n'a aucun lieu où il puisse « demeurer à couvert ny se garantir des vents, pluies et aultres incommodités ». Les travaux demandés consisteraient en la construction d'une ou deux petites chambres là où se trouvait l'ancien logis, et d'une muraille autour du jardin. La reconstruction du presbytère est véritablement engagée en 1637, alors que André Taillandeau est curé. Elle est financée par l'argent collecté auprès des paroissiens, et par Laurent Richard, seigneur de la Roche de Bran, un temps accusé d'avoir détourné la collecte qui lui avait été confiée. Un état du bâtiment avant travaux, le 12 juillet 1637, permet d'en connaître l'aspect général. Le 18, un marché est passé avec Jan Chasteigner, maçon et tailleur de pierre à Charrassé, originaire du Limousin. Le nouveau presbytère comprendra une cour renfermée de murs, une chambre basse, une chambre haute par-dessus, deux cabinets hauts et deux bas, avec un escalier brisé pour monter à l'étage. Le 29 novembre 1638, Laurent Richard, seigneur de la Roche de Bran, charge Chasteigner de graver ses armoiries « sur le chapiteau d'une des principales portes de ce presbytère », avec l'inscription suivante : « Anno 1638. L. Richard, scutifer, dominus a Rupe Brenni, senator Pictaviensis, hujus presbiterii oedes de novo construxit », [En l'an 1638, Laurent Richard, mécène, seigneur de la Roche de Bran, magistrat à Poitiers, a reconstruit la maison de ce presbytère]. Le 21 janvier 1640, un aveu rendu par le curé de Montamisé au seigneur de la Roche de Bran, décrit la nouvelle maison presbytérale, consistant en chambres basse et haute, cabinets, greniers, granges, toits, colombier, cave, trois cours et un grand jardin. Cette description est précisée le 27 décembre 1662 par une visite des lieux par François Guillon, maçon, et Sébastien Chollet, charpentier à Bignoux. Dans une première cour se trouvent un four et une « galerie » sous laquelle est située une cave. Une seconde cour se trouve à l'arrière du presbytère, au sud. La propriété comprend aussi une grange, une écurie avec un colombier par-dessus, puis un grand jardin clos de murs.
Il faut attendre un siècle, en 1776, pour que de nouveaux travaux soient engagés au presbytère. Ils sont financés par M. Esperon de Beauregard, qui vient d'acheter la Roche de Bran. Une nouvelle inscription est alors apposée sur la porte d'entrée du presbytère : « Dominus de Beauregard, eques, a Rupe Brenni dominus, galliae quaestor, hujus, modo reparatae, presbiterii super aedes, ut, in constructione de novo, antiquus, olim, sui antecessor, posuit insiquia, sic, nunc, sua haec esse posita, juffit, anno 1776 » [Le seigneur de Beauregard, chevalier, seigneur de la Roche de Bran, trésorier de France, a ordonné que sur la maison de ce presbytère récemment réparée, ainsi que son prédécesseur jadis avait fait mettre une inscription relative à sa reconstruction, soient maintenant apposés ces [propos] qui sont les siens, en l'an 1776]. Pourtant, au début de la Révolution, le presbytère est encore considéré trop petit et peu commode. On envisage de l'agrandir en prenant sur l'ancienne grange aux dîmes voisines. Plusieurs réparations urgentes sont effectuées, ou au moins envisagées, dans les premières années du 19e siècle, malgré le manque de moyens financiers. Mais cela ne suffit pas et en 1840, l'évêque de Poitiers menace de retirer son curé si des travaux ne sont pas menés afin de rendre le bâtiment habitable. L'opération est alors confiée à Dupré, entrepreneur à Poitiers, qui, entre 1840 et 1843, rebouche les lézardes, couvre un escalier extérieur, et reconstruit les murs de la cour et du jardin.
Une campagne de travaux plus importante se déroule entre août 1854 et janvier 1855 sous la houlette de l'architecte départemental Dulin, et grâce notamment à la participation financière du duc des Cars, propriétaire de la Roche de Bran. Le devis estimatif des travaux donne une description des bâtiments avant et après les opérations. Dans la cour, à droite en entant, se trouve un vieux bâtiment en rez-de-chaussée, accolé à la façade du presbytère, et renfermant un pressoir et une petite cuisine. Il est démoli pour dégager la façade. Le logis est allongé vers l'est. Le corps de logis initial est conservé mais on élève les planchers et les baies pour les mettre en harmonie avec la construction neuve qui le prolonge. Le rez-de-chaussée du nouvel ensemble comprend une cuisine, une office, une salle à manger, un salon, décoré d'une corniche en plâtre, et un cabinet. L'étage, accessible par un escalier en bois de chêne et d'ormeau, comprend trois chambres avec cheminées, et deux cabinets. Au-dessus se trouve un vaste grenier. Une porte d'entrée donne depuis la cuisine sur la petite cour sud où se trouve une petite dépendance et la fosse à fumier. Dans la grande cour nord, un nouvel escalier de neuf marches est construit pour descendre à la cave, un nouveau hangar est construit dans le fond de la cour, à la place d'une ancienne dépendance. Ces travaux donnent au presbytère l'aspect général qu'il garde jusqu'à sa démolition en 1990.
Dans les années 1870-1880, quelques réparations sont effectuées aux murs qui ferment la petite cour sud et le jardin au nord. En 1913, une remise est construite dans l'angle nord-ouest du jardin, afin d'abriter le corbillard que la municipalité vient de faire fabriquer par Victor Richard, charron à Montamisé. La toiture du presbytère, en tuile creuse, est remaniée à la suite d'une tempête en 1931. La charpente et la couverture de la grange sont refaites en 1941-1942, après un incendie. En 1962, une partie du jardin est vendue pour les besoins de la boulangerie coopérative voisine (au nord). En 1972, tombant en ruines, l'ancien garage du corbillard est démoli. Inoccupé à partir du début des années 1980, le vieux presbytère est démoli au cours de l'été 1990 pour faire place à des logements locatifs, les « Jardins de la Cure », conçus par l'architecte Michel Papot et inaugurés le 15 juin 1991. Construit à l'emplacement de l'ancien logis, un nouveau bâtiment sert aujourd'hui de permanence paroissiale.



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