Vous ętes ici : Région Poitou-Charentes > Inventaire général du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes   > L'agglomération de Poitiers > Dossiers et illustrations
L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

[ Autre recherche ]    [ Liste des réponses ]      |   Imprimer le dossier

Montamisé / Corsec
Château de Corsec

photographie du dossier documentaire, voir légende
Le château vu depuis le sud. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / R. Jean, 2006.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2006.

Historique

Depuis sa construction en 1893, le château a connu peu de modifications. Une terrasse a été ajoutée sur la façade sud dans les années 1990. Dans la vallée en contrebas du château, à l'ouest, se trouvaient encore dans les années 1970 un puits et un ancien sarcophage utilisé comme abreuvoir.

Description

Le château est construit au sud d'une allée venant de la route de Montamisé à la forêt de Moulière. Il est entouré au nord par un rond de pelouse et par une cour, au sud par une prairie ponctuée de quelques arbres, notamment des cèdres. Le château a la forme d'un carré dont les angles sont occupés par des tours rondes, chacune coiffée d'une poivrière. Les façades nord et sud ouvrent par trois travées dont, au nord, la porte d'entrée centrale, accessible par un perron à huit degrés. Les façades est et ouest ouvrent par deux travées seulement. Sur les quatre façades, les travées se prolongent par des lucarnes sur le versant. Chaque tour est éclairée par une travée sans lucarne. Les niveaux sont séparés par des bandeaux d'appui moulurés qui, comme la corniche également moulurée, filent tout autour des façades et sur les tours. Les encadrements des baies sont saillants, et les appuis des fenêtres du rez-de-chaussée sont moulurés. Des frontons triangulaires surmontent les lucarnes. Des épis couronnent les tours et le faîtage du toit. Quatre souches de cheminées, en pierre de taille, surmontent les façades est et ouest.

Documentation

● Archives

Archives départementales de la Vienne E nouveau 1369. 1527, 14 juin : aveu rendu pour l'étang de Corsec.
Archives départementales de la Vienne 1 H 15, liasse 1. 1363 : hommage et aveu rendus à l'abbé de Fontaine-le-Comte par Michel Joher et Jean Bessonnet, paroissiens de Montamiser, à raison du chenage qui lui est dû dans les villages de Bonnillet et de Crossey.
Manuscrit de Ginette Mainson, "Monographie de Montamisé", 1944.

● Bibliographie

Durand, Philippe et Andrault, Jean-Pierre. Dir. Châteaux, manoirs et logis : la Vienne. Niort : Patrimoins et Médias, 1995. P. 242
Simmat, Gérard et Juchault, Pierre. Le Pays de Poitiers, coll. Mémoire en images, 1999. P. 122

● Annexe 0 :

Le domaine est cité pour la première fois en 1324 sous le nom de "Crocet", en 1337 sous le nom de "Croucet, et en 1363 sous le nom de "Crossey". En 1488, Corsec appartient à Raoul du Fou, évêque d'Evreux, en son nom et comme tuteur de ses neveux, Jacques et François du Fou, écuyers, fils de Yvon du Fou, son défunt frère. Corsec échoit ensuite à Jacques du Fou, chevalier, maître des Eaux et forêts pour le roi à Poitiers, propriétaire de Corsec en 1497, 1505 et 1519. Le fief passe après lui à Antoine des Prez, époux de Liette du Fou, peut-être gendre de Jacques du Fou. Antoine des Prez est chevalier, seigneur de Montpezat et du Fou. Il est propriétaire de Corsec en 1527. En 1599, Corsec appartient à Jehan Rousseau, écuyer, seigneur de Traversais. Le 29 septembre 1656 est baptisée une nouvelle cloche de l'église de Montamisé. La marraine en est dame Jeanne de Jude, épouse de Pierre Rousseau, écuyer, seigneur de Corsec. Celle-ci décède le 15 février 1663 dans sa maison de « Coursecq » et est inhumée le lendemain au couvent des Cordeliers de Poitiers, selon sa volonté. En mai 1672, le domaine de Corsec est saisi sur les enfants mineurs et héritiers de feu Pierre Rousseau, et vendu aux enchères.
C'est sans doute à cette époque que Corsec est racheté par un certain M. Buignon, puis passe à son gendre, François Taveau, chevalier, seigneur de Normandon, Morthemer et Coursé, époux de Catherine Buignon. En 1728, le même François Taveau de Morthemer est parrain d'une nouvelle cloche de l'église de Montamisé. Son fils, également prénommé François, marié à Marie-Louise-Angélique-Radegonde Lecomte, est dit seigneur de Coursecq lorsqu'il est inhumé le 22 décembre 1761 dans l'église de Montamisé. Corsec reste dans la famille de Morthemer par-delà la Révolution. C'est à François-Alexandre Taveau de Morthemer (1743-1834), fils du précédent, époux de Geneviève-Elisabeth Bergier du Plessis, que le domaine appartient toujours sur le cadastre de 1817. Il échoit ensuite à son fils, Hilaire-Abel. Au 19e siècle, le domaine comprend non seulement le château mais aussi deux métairies : l'une au nord, au bord de la route (parcelle F 732 du cadastre de 1817), l'autre au sud-est, appelée la Mainterie (parcelles F 723 à 725).
Le cadastre indique qu'une partie du château est démolie en 1860, après un incendie assure la tradition orale. Un nouveau « pavillon » et une maison sont construits sur les ruines de l'ancien château en 1884, tandis que le nouveau château est édifié à l'ouest, dans l'ancien jardin, en 1893. Corsec reste dans les mains de la famille de Morthemer jusque vers 1950. Le domaine passe ensuite à la famille de Vergie, qui revend le château en 1968 mais conserve les haras et la métairie de la Mainterie. Une nouvelle maison est construite sur les ruines de cette dernière dans les années 1950, et est baptisée "la Brialière".
Au sud du domaine, au fond de la vallée aujourd'hui sèche, se trouvait "l'étang de Corsec", un fief dépendant de la Tour Maubergeon de Poitiers. Mentionné en 1488 et en 1527, il était alimenté par un ancien ruisseau, le Charassé, qui venait de la vallée des Meurs, à l'est, et allait se perdre dans la vallée sèche de Charassé à l'ouest. Le ruisseau a disparu brusquement en 1719, alimentant toutes sortes de légendes. L'une d'elles assure que de mauvais esprits ont répandu du mercure ou "vif argent" dans le ruisseau, provoquant son enfoncement dans les nappes souterraines, et la perte d'une ressource en eau pour Montamisé. Ce ruisseau réapparaît de temps à autres, lors de pluies abondantes, par exemple en 1982.

● Annexe 1 :

Extrait de Ginette Mainson, Monographie de Montamisé, 1944 :
Le château de Corsec "domine une partie des bois de la Roche à l'ouest et a vue sur la forêt de Moulière à l'est, au nord et au sud. Il est bâti sur le versant d'une vallée profonde et étroite où coule un ruisseau important surtout en hiver. En toutes saisons le fond de la vallée est occupé par des touffes de joncs, des mousses. Quelques arbres bordent le ruisseau qui passe sous la route au pied du château. Non loin est creusé un puits. Les bergers mènent paître leurs troupeaux le long de ce maigre ruisseau. On accède au château par une allée sablée qui débute après une ferme. Le parc a été abandonné depuis de longues années et il est très restreint : quelques cèdres, sapins et marronniers. Devant la bâtisse, plus de pelouse. Sur la gauche s'étendent les communs comprenant écuries, greniers à fourrage, granges, étables (...). Aux alentours on trouve des cerisiers et des châtaigniers".

● Annexe 2 :

Le 14 juin 1527, Antoine Després, chevalier, seigneur de Montpezat et du Fou, rend aveu et hommage au roi, à cause de Liette du Fou sa femme, pour un étang appelé l'étang de Coursesq "qui est à présent en pré et contient bien en long et en large trois septrées de semence ou environ, qui fait environ journaux de dix faucheurs, tant quy seroit en pré, tenant d'une part à la terre de Saint-Hilaire de Poitiers, et d'autre part aux terres de Corsecq appartenant à M. de Morthemart, et par le dessous la Touche le Comte et passe par dessus la chaussée le chemin qui vient de Bonnimatours à Poitiers, avec le cours de l'éve quant le cas y avient".



logos CAP
consulter au centre régional de documentation du patrimoine de Poitou-Charentes