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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
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Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Montamisé / Ensoulesse / 55 et 57 rue de l' Abbaye
Ferme, actuellement maison, dite "l'abbaye d'Ensoulesse"

photographie du dossier documentaire, voir légende
Le pan de mur gothique au-dessus de l'étable du 57, vu depuis l'ouest. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / Y. Suire, 2006.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2006.

Historique

Cet ensemble constituait le domaine appelé "l'abbaye d'Ensoulesse". Il est aujourd'hui divisé en deux propriétés, séparées par un mur : le 55 rue de l'Abbaye au sud, le 57 au nord. L'imbrication des dépendances et la présence d'un puits mitoyen, ménagé dans le mur de séparation, rappellent le passé commun des deux entités.
Dans la partie nord (57 rue de l'Abbaye, parcelle 171), le cadastre de 1817 mentionne déjà un bâtiment en L au nord-ouest de la parcelle, et le prolongement au milieu de la cour, aujourd'hui moins important, des grandes dépendances situées au sud du domaine. Le logis actuel, qui abritait autrefois deux logements, a été reconstruit au 19e siècle, en remployant des éléments anciens tels que des ouvertures chanfreinées. Il a été allongé dans un second temps vers l'est. L'ancienne étable qui le prolonge en L à l'ouest, a été construite à partir d'un ancien bâtiment habitable du prieuré comme le montrent les reprises de murs extérieurs. Cet ancien bâtiment devait posséder au moins un étage, éclairé par des baies gothiques dont il reste, de part et d'autre d'un pan de mur, deux départs. De l'autre côté de la cour, au sud de la parcelle, un autre bâtiment abritait, dit-on, la chapelle Saint-Goar, lieu de pélerinage.
Dans la partie sud (parcelles 169 et 170), la disposition des bâtiments a peu changé depuis le cadastre de 1817 : un bâtiment longiligne à l'ouest de la cour, abritant aujourd'hui le logis, de vastes dépendances au sud et à l'est. Celles-ci ont toutefois été allongées vers l'est au 19e siècle, avec des bâtiments formant une petite cour intérieure, et épousant le virage.

Description

Dans la partie nord du domaine (57 rue de l'Abbaye, parcelle 171), le logis se trouve au nord d'une cour antérieure fermée par un mur de clôture et par un portail à piliers maçonnés. Le clos de mur englobe le jardin qui s'étend au nord. Le logis se prolonge à l'ouest, en L, par une ancienne étable qui fut sans doute une partie habitable du prieuré.
Dans la partie sud du domaine (55 rue de l'Abbaye, parcelles 169 et 170), le logis est construit à l'angle de la rue de l'Abbaye et d'une impasse. Il est construit à l'ouest d'une cour antérieure fermée par un portail et une porte piétonne couverte. Le logis ouvre à l'est par deux travées, avec porte latérale. Il se prolonge vers le nord par une grange. Une autre grange, très vaste, et plusieurs dépendances épousent le virage formé par la rue à cet endroit.

Documentation

● Archives

Archives départementales de la Vienne G 1202. 1353, 6 août : transaction entre Aimeri abbé de Saint Cyprien, et Michau Jouher, paroissien de Montamisier, concernant les terres que ladite abbaye possède à cause de sa maison d'Ensoulesse.
Manuscrit de Ginette Mainson, "Monographie de Montamisé", 1944.

● Bibliographie

Barbier de Montault, Xavier. "Notice sur la commune de Montamiser (Vienne)". Bull. soc. Antiquaires de l'Ouest, 1ère s., t. 13, 1871-1873. P. 404

● Annexe 0 :

La "Villa Exoletia" est citée pour la première fois en 936, lorsque un certain Godebert et son épouse donnent au monastère de Saint-Cyprien de Poitiers l'alleu qu'ils possèdent au village d'Ensoulesse. L'"Ecclesia de Exsoletia" est mentionnée en 1098. A cette date, Pierre II, évêque de Poitiers, confirme aux religieux de Saint-Cyprien la possession de l'église d'Ensoulesse. Le 6 août 1353, une transaction entre l'abbé de Saint-Cyprien et Michau Jouher, paroissien de Montamisé, cite des terres que l'abbaye possède à cause de sa "maison d'Ensoulesse". C'est de cette appartenance que le site tire sans doute son nom d'"abbaye", alors qu'il ne s'agit que d'un prieuré. Celui-ci est de nouveau cité en 1564 dans une sentence du présidial de Poitiers, puis dans un dénombrement du 16e siècle. Ce dernier cite les terres "estans des appartenances de l'abbaye d'Ensoulesse, appartenant à M. l'abbé de Saint-Cyprien". L'"abbaye d'Ensoulesse" est encore plusieurs fois mentionnée au 17e siècle. La chapelle située dans la grange au sud du domaine, était semble-t-il le lieu d'un pélerinage à saint Goar, chaque année le 7 juillet. Selon une mention de 1548, les cérémonies étaient dirigées par un clerc du prieuré d'Ensoulesse. Les registres paroissiaux indiquent qu'un mariage a été célébré dans la chapelle Saint-Goar le 5 juin 1747. Le culte a toutefois pu être rendu pendant un temps dans une autre chapelle, située au 5 rue des Traits. La chapelle Saint-Goar est encore citée en 1804 dans une enquête canonique. Elle ne sert plus alors "qu'à des usages profanes". Le pèlerinage, auquel participaient des moines de l'abbaye de Ligugé, avait encore lieu ici dans l'Entre-deux-guerres, selon les témoignages oraux. L'abbaye d'Ensoulesse quant à elle est encore citée en 1780 et en 1782, date à laquelle le prieuré n'existe plus. En 1817, selon le cadastre, le domaine appartient à un certain M. Orillard, demeurant à Lessart, commune de Buxerolles. Il passe ensuite à Victor Roche, médecin à Saint-Junien, puis en 1888 à Gustave Orillard, employé de commerce, en 1891 à Alexandre Landret, propriétaire à Jaulnay, puis en 1898 à Louis Mérine, aussi propriétaire à Jaulnay, et en 1899 à Pierre-Auguste Guignard époux Messy, demeurant à Ensoulesse.



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