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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Montamisé / la Jourie
Manoir et école privée de filles de la Jourie, actuellement maison

photographie du dossier documentaire, voir légende
Les élèves dans la cour de la Jourie vers 1910. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / Collection particulière, 2006.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2006.

Historique

Au 19e siècle encore, l'accès au domaine ne se faisait pas par l'actuel chemin, vers l'ouest, mais par un autre encore visible vers le sud, reliant la Jourie au village de Tronc. Le long de cet ancien chemin, côté ouest, près du domaine, se trouvait une mare, aujourd'hui comblée. Le domaine a été remanié au cours du 19e siècle pour permettre l'installation des religieuses puis de l'école privée. Sur le cadastre de 1817, un long corps de bâtiment apparaît sur le côté ouest de la cour, occupant les actuels emplacements de la buanderie et de la chapelle jusqu'au porche. Ne resteraient de cette époque que l'actuelle buanderie que des éléments permettent de dater de la seconde moitié du 18e siècle. Un autre bâtiment, plus petit, se situait à l'emplacement de l'actuel logis, au nord de la cour. La chapelle a été construite vers 1845, quelques années après l'arrivée des religieuses. Elle présentait autrefois à l'intérieur une fausse voûte en plâtre, décorée d'un ciel étoilé. Si l'école privée de la Jourie ouvre dès 1837, il faut attendre 1888, selon le cadastre, pour que la salle de classe située à l'est de la cour, soit construite. Sa porte principale, au sud, est aujourd'hui murée, tandis que le deux baies à l'ouest ont été transformées en portes. Sans doute pour améliorer le confort des religieuses et de leurs élèves, le logis a été agrandi vers l'est en 1899, selon la date portée sur l'arc de la fenêtre de l'étage de cette partie de bâtiment. Un chaînage de pierre sur la façade rappelle cet agrandissement.

Description

A l'ouest de la parcelle se trouve un logement secondaire et ses dépendances : un four et un cellier. Passé cet ensemble, on accède à la cour principale par un portail couvert à porte charretière et à porte piétonne. La porte charretière possède un linteau droit, en bois. La porte piétonne est couverte d'un arc brisé. En entrant dans la cour, à droite, s'étend un jardin. A gauche se trouve un appentis, accolé à l'arrière du logement secondaire, puis la chapelle. Au fond, au nord de la cour, se trouve le logis et, à droite, l'ancienne salle de classe.

Documentation

● Archives

Manuscrit de Ginette Mainson, "Monographie de Montamisé", 1944.
Archives départementales de la Vienne E nouveau 1346. 1404, 16 mars : aveu rendu par plusieurs habitants de Charassé, la Jouherie, Croussé et Montigné au duc de Berry, comte du Poitou, du devoir de service armé et de celui de faire la levée en la forêt de Moulière quand le duc chasse ou fait chasser.
Archives départementales de la Vienne E nouveau 1353, fonds Couhé de Lusignan. 1458-1749 : papiers concernant Charassé et la Jourie.
Archives départementales de la Vienne G 1202. 1357-1397 : échanges faits entre le chapitre de Notre-Dame et deux abbés de Saint Cyprien pour des terres proches de l'église, à la Jouerie et à Charassé.
Archives départementales de la Vienne J dépôt 22, chartrier de la Roche de Bran, liasse 58, dossier « chapelle de la Jouerie ».
Archives Evêché Poitiers dossier Montamisé. 1853, 5 juin : réponse à une enquête sur l'école des soeurs tenue par la congrégation des religieuses de Saint-Joseph de Lyon, fondée le 1er novembre 1835 par le duc des Cars.
Archives Evêché Poitiers dossier Montamisé. 1859, 3 juillet : extrait des registres paroissiaux mentionnant un acte de donation par le duc des Cars à la fabrique de Montamisé.
Archives Evêché Poitiers F4/2. 1856 : visite canonique.
Coll. part. Michel Dantin, photocopies des archives paroissiales de Montamisé. Registres des baptêmes, mariages et sépultures, année 1897.

● Bibliographie

Barbier de Montault, Xavier. "Notice sur la commune de Montamiser (Vienne)". Bull. soc. Antiquaires de l'Ouest, 1ère s., t. 13, 1871-1873. P. 405-406
Salvini, Joseph. "La Roche de Bran, victime de guerre". Bull. soc. des Antiquaires de l'Ouest, 4e s., t. 1, 1949-1951. P. 800

● Annexe 0 :

Le domaine de la Jouherie est cité pour la première fois en 1357 à l'occasion d'échanges de terres entre le chapitre de Notre-Dame-la-Grande de Poitiers et deux abbés de Saint-Cyprien. Le 16 mars 1404, plusieurs habitants de Charassé, la Jouherie, Croussé et Montigné rendent aveu au duc de Berry, comte du Poitou, du devoir de service armé et de celui de faire la levée en la forêt de Moulière quand le duc chasse ou fait chasser. En échange, ils ont droit de prélever le bois mort pour leur chauffage, et de faire pacager leurs bêtes dans la forêt, et sont exemptés des droits de vente et de péages aux marchés de Poitiers et des environs. En cette fin du Moyen Age, la Jourie semble constituer un hameau. En 1478 en effet, Pierre et Mathurin Amory, et Mathurin Bonnet époux de Perrette Amory, rendent aveu à la dame de Charassé de biens situés au lieu de « la Jouerye », à savoir des maisons, des « mazures », des loges et des places, entourées de bois et de vignes.
Le 27 mai 1506, la Jourie appartient à Pierre des Champs, qui rend aveu pour son « hostel de la Jouherie » et aussi pour son domaine de Charassé. Les deux domaines sont en effet liés. Le 9 août 1549, c'est Etienne Poupre, à cause de Cyprienne Blanchet sa femme, qui rend aveu à Mathurin de Couzay, seigneur de Charassé, pour sa maison de « la Jourye ». En 1578, Philippe Le Sueur est dit sieur de la Jourie. Le domaine tombe ensuite dans l'escarcelle des seigneurs de la Roche de Bran. Le 29 mai 1711, dame Marie-Henriette de Fourcy, veuve de Pierre Thoreau, propriétaire de la Roche de Bran, rend aveu pour son « fief de Charassé et Jorie ». La Jourie ne tombe pourtant pas dans les mains de M. Esperon de Beauregard, acquéreur de la Roche de Bran en 1775. En 1817 en effet, selon le cadastre, la métairie de la Jourie appartient à M. Orillard, demeurant à Poitiers.
En 1832, quatre ans après avoir acquis le domaine de la Roche de Bran, le duc Amédée des Cars achète la métairie de la Jourie pour y fonder une communauté de religieuses. En 1837, un nouveau bâtiment est construit pour la classe, à la place de l'ancienne métairie. Trois soeurs de la congrégation de Saint-Joseph de Lyon y tiennent alors une école privée pour les filles et pour les garçons jusqu'à sept ans, soit environ 60 enfants en 1853. Les soeurs soignent aussi les malades du pays. Elles sont au nombre de quatre à partir de 1845 environ. L'une de ces religieuses, Mère Saint-Hilaire, 34 ans, décède à Montamisé le 13 août 1834 et est inhumée en présence des régisseurs du domaine de la Roche de Bran. En 1871, c'est soeur Augustine qui s'éteint à 56 ans, après 38 ans passés au service des pauvres, des malades et des enfants de la paroisse. La chapelle est construite en 1845, sous le vocable de la Sainte Vierge. A partir de 1851, des messes y sont dites le dimanche, comme avant la Révolution dans la chapelle de la Roche de Bran. Le 8 janvier 1860, le conseil municipal de Montamisé appuie la demande faite par le duc des Cars d'ériger la chapelle de la Jourie en chapelle de secours. Il est précisé dans la délibération que cette chapelle a été édifiée pour permettre aux élèves de l'école libre de filles, et aux habitants de Bran, la Roche de Bran, Charassé et Tronc d'accomplir plus facilement leurs devoirs religieux, en raison de l'exiguïté de l'église paroissiale de Montamisé, pas encore reconstruite à cette époque. Le 11 mai 1859, le duc des Cars fait donation à la fabrique de Montamisé d'une rente d'Etat, nécessaire pour faire dire dans la chapelle de la Jouerie une messe par semaine à la mémoire des différents membres de la famille des Cars. A partir de 1873, la chapelle sert aussi aux inhumations des membres de la famille propriétaire de la Roche de Bran. Le 19 décembre 1873 sont ainsi rapportés dans un caveau situé sous la chapelle, les corps des parents, du frère et, sans doute, d'un oncle de la duchesse des Cars, née Bastard d'Estang. Le duc et la duchesse des Cars ne sont toutefois pas inhumés à la Jourie mais au château de Sourche, dans la Sarthe. Une nouvelle école, dont la salle de classe est encore visible, est construite en 1888. La mère supérieure des soeurs de la Jourie, soeur Marie de l'Enfant Jésus, décède à la Jourie le 20 juillet 1897, à 78 ans. Elle était arrivée dans la paroisse en 1851. Dès 1895, soeur Marie-Louise Forestier a pris la direction de l'école. Marie-Louise Bénigni lui succède en 1900, puis Marie-Louise Goujon en 1903, et Hortense Astoul à partir de 1904. Pendant la Grande Guerre, la Jourie abrite une infirmerie, tenue par les religieuses. Le 29 juillet 1921, l'école libre de filles est transférée de la Jourie au bourg, dans une maison rue de la Tonnelle achetée en 1887 par la famille des Cars et où se tenait déjà une école libre de garçons. C'est à la Jourie que la famille de Murard trouve refuge dans l'immédiat après-guerre, au lendemain de l'incendie du château de la Roche de Bran.



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