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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Montamisé / Tronc / 9 rue de Tronc
Manoir du Colombier

photographie du dossier documentaire, voir légende
Le pigeonnier, le portail et, à l'arrière, le logis vus depuis le nord-ouest. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / Y. Suire, 2006.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2006.

Historique

La baie chanfreinée du pigeonnier laisse entrevoir une datation ancienne, antérieure au 17e siècle. Le plan de Tronc de 1728 mentionne ce domaine selon la même disposition. Le pigeonnier, en entrant à gauche, au nord-ouest de la cour, apparaît déjà, de même que le parc, clos de murs, au sud-est du logis. Une mare se trouvait dans la cour en entrant à droite. Le plan décrit le rez-de-chaussée du logis, comprenant, en partant de la rue, une écurie, un cuvier, une salle avec cheminée, un couloir reliant les deux côtés du logis, une cuisine et un escalier. Cette disposition, notamment la salle avec cheminée, le couloir, la cuisine et l'escalier, est la même aujourd'hui. L'écurie et le cuvier ont été transformés, tandis qu'une aile a été ajoutée au nord-est, sur ce qui était au 18e siècle un verger, pour abriter une grange. Ces modifications ont sans doute eu lieu en 1849, date fournie par le cadastre et inscrite sur un des piliers du portail. A cette époque, M. Guédon-Girault était propriétaire des lieux. La tour de la façade nord-ouest a été surélevée d'un étage à la fin du 20e siècle afin d'accueillir un ascenseur. Le pigeonnier a été restauré vers les années 1960-1970.

Description

Le logis est construit perpendiculairement à la voie, au sud-est d'une cour antérieure fermée par un mur de clôture et un portail à piliers maçonnés. A l'ouest de la cour, en limite de propriété, se trouve un pigeonnier rond, couvert en tuile plate, et surmonté d'une girouette. Il est éclairé au sud par une petite baie à chanfrein, à l'est par une meurtrière, et au sud encore par une lucarne sur le versant surmontée d'un fronton triangulaire. Dans l'angle nord-est de la cour se trouve une citerne, surmontée d'un mécanisme de puits et d'une margelle carrée. Le logis comprend un corps principal à deux étages carrés, auquel est accolée, sur la façade nord-ouest, une tour rectangulaire à trois étages carrés. Le logis est encadré par deux bâtiments plus bas ayant abrité des dépendances, notamment une grange au nord-est. La façade nord-ouest du logis est éclairée par quatre travées, dont une sur la tour qui comprend la porte d'entrée. La façade sud-est ouvre également par quatre travées. Les façades nord-est et sud-ouest sont éclairées au premier étage par des baies en plein cintre avec balcon. Les appuis des baies du premier étage sont moulurés, et les encadrements de toutes les baies sont saillants. Un bandeau d'appui mouluré sépare le second étage, et file tout le long du corps principal et de la tour. Une corniche court sur les quatre faces du corps principal. Le rez-de-chaussée du logis, dallé de pierres carrées blanches, comprend un couloir reliant la cour et le parc, et qui donne accès à gauche (au nord-est) à un escalier droit en bois et à une première salle, et à droite (au sud-ouest) à une salle dans laquelle se trouve une cheminée de style 18e siècle. Au sud-est du logis s'étend un parc clos de murs. Une porte piétonne à arc en plein cintre, clé et sommiers saillants, murée, est percée dans ce mur, dans l'axe du logis.

Précisions sur le décor

La cheminée de la salle au rez-de-chaussée, d'époque 18e siècle, présente sur son manteau une coquille. Ce motif se retrouve au sommet de la hotte, au-dessus du trumeau, où il est entouré de rubans et de motifs végétaux. La hotte est par ailleurs encadrée par deux pilastres à chapiteaux corinthiens.

Inscriptions

Sur les piliers du portail sont inscrits les mots : "anno [pilier de gauche] 1849 [pilier de droite]".

Documentation

● Archives

Archives départementales de la Vienne 3 E 21. 1262-1749 : titres de propriétés à Montamisé.
Archives départementales de la Vienne 4 E 23/136. 1723, 11 avril : vente de la maison de Tron par Jacques Peyrault, seigneur de la Chaise, à Jean Ojard et Denise Ferraud.
Archives départementales de la Vienne G 1208, chapitre de Notre-Dame-la-Grande, seigneurie de Montamisé. 1611-1647 : déclarations roturières rendues pour des domaines à Montamisé.

● Annexe 0 :

La maison de Tronc appartient au début du 17e siècle à Thierry Maréchal, maître maréchal à Poitiers. Sa veuve, Marie Basseau, rend une déclaration roturière le 26 mai 1615 pour la maison et métairie de Tronc "avec ses appartenances de maisons, granges, tets, cours, entrée, issues, jardins, chènevière, arbres fruitiers et non fruitiers, terres, vignes et bois". Ses héritiers, René Dubois, maréchal, et Marie Panet son épouse, rendent une déclaration identique le 19 mai 1630. Le domaine passe ensuite à Antoine Alexandre, banquier, et Jeanne Trottin, son épouse. Ceux-ci le vendent le 13 février 1651, devant Joanne et Barraud, notaires à Poitiers, à Josué Trottin, chirurgien, et Madeleine Dauzy son épouse. Le 31 août 1666, la maison est saisie sur ces derniers, pour dettes, et acquise par Jacques Lesecq, seigneur de Boidevalle, bourgeois de Paris, pour 6000 livres. Lesecq en fait ensuite donation à Jean Duflos, sieur de la Thibaudière, le 30 janvier 1685. Au début du 18e siècle, la maison de Tronc change encore plusieurs fois de propriétaire. Le 11 avril 1723, Jacques Peyrault, seigneur de la Chaise, demeurant à Poitiers, la vend à Jean Ojart, marchand à Poitiers, et à son épouse Denise Ferrand. Le domaine comprend alors, outre la maison de Tronc, la métairie située au nord-ouest, le colombier, un clos de vignes renfermé de murs, un jardin proche la maison aussi renfermé de murs, un petit bois taillis appelé la Gacheterie, des prés, des terres, ainsi que des tonneaux et des barriques. Trois ans plus tard, le 26 octobre 1726, Denise Ferrand, veuve Ojart, revend le domaine de Tronc à Messire Charles Fouqueteau, écuyer, seigneur de Mortier, conseiller du roi, échevin de Poitiers, y demeurant paroisse Saint-Cybard. La métairie est alors exploitée par Mathurin Touffou et Jeanne Sabourin son épouse. En 1817, selon le cadastre, le domaine est la propriété du sieur Grua, de Poitiers. Il le revend dans les années 1840 à M. Guédon-Girault qui reconstruit le logis en 1849.



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