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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Buxerolles / Clotet / 36 rue de Clotet
Manoir de Clotet

photographie du dossier documentaire, voir légende
Le domaine vu depuis le portail au nord. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / Y. Suire, 2006.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2006.

Historique

Une baie chanfreinée sur l'ancien logement du fermier à l'est du logis, et un encadrement de porte mouluré dans la boulangerie permettent de dater ces deux bâtiments du 17e siècle au moins. Le logis lui-même a dû être construit au 18e siècle, avec un agrandissement à toit en terrasse au nord, en 1854 ou 1881 selon le cadastre. Le plan cadastral de 1817 montre que l'aile de communs et le logis étaient reliés. Le bâtiment qui occupait cet angle était probablement la chapelle mentionnée dans les archives. Le plan de 1817 indique par ailleurs un petit édifice à l'entrée du domaine, soit un logement de gardien, et une grange qui formait un L avec le logement du fermier, à l'est. Ces bâtiments ont aujourd'hui disparu. D'autres n'apparaissent pas sur le plan de 1817 car ils ont été construits après, au 19e siècle : à l'entrée du domaine, dans le prolongement de la sellerie, se trouvait un garage à calèche ; à l'est de la grange s'enfilaient un pigeonnier accolé à des toits à porcs, puis un hangar et des écuries. Tous ces bâtiments, sauf le pigeonnier et les toits, ont disparu après 1945. Le hangar a été récemment reconstitué à l'identique. Il reste quelques vestiges des écuries et les fondations de la grange et de la chapelle.

Description

Le domaine est accessible par un portail au nord, qui donne sur une vaste cour au milieu de laquelle est planté un immense cèdre. A gauche, au nord de la parcelle, se trouve un jardin, au bord d'un ruisseau relié au Clain. Le logis et les bâtiments qui l'entourent occupent l'ouest et le sud-est de la parcelle. A l'ouest, un premier alignement voit se succéder, du nord au sud, une sellerie surmontée d'un ancien logement de palefrenier, et que précédait autrefois un garage à calèche surmonté d'un logement ; ensuite une boulangerie avec un ancien four ; l'extension du logis réalisée au 19e siècle, avec toit en terrasse à balustrade ; sous cette extension se trouve un puits intérieur et une petite pièce communiquant avec la boulangerie par une porte aux montants moulurés ; vient ensuite le logis lui-même ; enfin un logement de domestiques, plus bas que le logis, avec toit à longs pans et à tuiles creuses. Le logis, construit sur une hauteur, présente un toit à longs pans brisés couvert d'ardoises. Il comporte un étage carré et un étage de comble, accessibles par un escalier central en bois. La façade est du bâtiment ouvre par trois travées qui se prolongent par des lucarnes sur le brisis éclairant l'étage de comble. La porte centrale, à arc en plein cintre, présente des extrados brisés traités en bossage. La façade est marquée par un bandeau de niveau et par une corniche moulurée. Un balcon orne la porte-fenêtre centrale de l'étage.
Au sud-est, un bâtiment est construit en retour d'équerre avec l'aile du logis. Les deux étaient autrefois reliés par un petit édifice, sans doute l'ancienne chapelle. Le bâtiment comprend deux parties : au nord-est un ancien logement de fermier dont une des baies, côté nord, est chanfreinée ; au sud-est, entre le logement et l'ancienne chapelle, un ancien cuvier avec pressoir. Depuis ce cuvier on accède par quelques marches à une cave creusée dans le rocher sous l'ancienne chapelle. A l'arrière de cet ensemble sont accolés des communs, peut-être construits après la destruction de la grange. Celle-ci se trouvait au sud-est du logement du fermier, en retour d'équerre. Elle ouvrait au nord-est par une grande porte charretière centrale, encadrée en hauteur par deux baies puis, de chaque côté de la façade, par deux portes piétonnes. A la suite de cette ancienne grange se trouvent un pigeonnier à toit en pavillon couvert d'ardoises, prolongé par des toits à porcs. Un hangar et les ruines des écuries achèvent l'enfilade. Le parc et la vallée occupent alors l'espace. Là, la propriété est délimitée par deux piliers de portail maçonnés, tout près d'une source.

Précisions sur le décor

Les trois lucarnes du logis présentent un fronton triangulaire. Celui de la lucarne centrale est surmonté d'une boule. La façade est ornée à l'étage, entre les baies, de quatre ornements en terre cuite. Chacun comporte deux anges portant des armoiries. Celles-ci représentent un cheval ailé vu de profil, inscrit dans un cartouche en faux cuir. A l'emplacement de l'ancienne chapelle a été découverte une pierre sculptée selon la forme suivante, hypothétique : deux côtés, sur trois à l'origine, d'un rebord mouluré dans lequel s'inscrivent trois pans se rejoignant sur ce qui pourrait être le départ d'une petite colonne engagée.

Documentation

● Archives

Archives départementales de la Vienne D 59. 1614, 9 novembre : vente du domaine de Clotet par Louis de Villontreis à Françoise Picault veuve Barbillon.
Archives départementales de la Vienne 9 E 51/1. 1761-1783 : registres des baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse de Buxerolles.
Archives départementales de la Vienne G 75. 1450-1623 : aveux et dénombrements du fief de Buxerolles.
Archives départementales de la Vienne J 77. 1853 : fonds Desmaret, famille Babin, papiers relatifs au domaine de Clotet.
Archives départementales de la Vienne J 108. [1853-1854] : fonds Desmaret, famille Auriau, cahier des ventes des terres du domaine de Clotet réalisées par M. Auriau.
Archives Evêché Poitiers L 6. 1804 : état des églises de la Vienne.

● Bibliographie

Thimonier, Joseph. Buxerolles : le pays des buis. Poitiers, les Editions du Pont-Neuf, 1998, 126 p. P. 41

● Annexe 0 :

Cet ancien fief est cité en 1433 comme relevant de Bonnillet. Il s'agirait par ailleurs d'une ancienne résidence d'été de l'évêque de Poitiers. Le domaine est situé au fond de la vallée de Clotet, au bord d'un cours d'eau déjà cité dans un aveu de 1492 comme le "russeau de Clotet". Quant à la "maison noble" de Clotet, elle apparaît pour la première fois le 9 novembre 1614 lorsque Louis de Villontreis, conseiller au Parlement de Paris, et son épouse Jeanne-Henriette Rochon la vendent à Françoise Picault, veuve de Julien Barbillon, marchand à Poitiers. Villontreis en a hérité de son beau-père, le sieur de la Voûte. Au XVIIIe siècle, Clotet appartient à la famille Laurendeau. Le 1er janvier 1764, Louise-Radegonde Fournet de la Fredinière, épouse de Jean-René Laurendeau, docteur et avocat au siège présidial de Poitiers, demeurant paroisse Saint-Paul à Poitiers, meurt dans sa maison de Clotet à l'âge de 42 ans. Elle est inhumée dans l'église de Buxerolles. Dix ans plus tard, le 22 octobre 1774, sa fille Louise Laurendeau épouse Jean-François Choquin. Le mariage est célébré dans la chapelle que comprend alors le domaine de Clotet. Cette chapelle est de nouveau mentionnée en 1804. Elle n'est alors plus employée qu'à "des usages profanes".
A cette même date puis en 1817, année de l'établissement du cadastre, Clotet appartient à Jacques-François Farrand, époux de Rose Guérineau, demeurant à Poitiers, rue de la Regratterie. Une partie du domaine passe ensuite à Nicolas Duchasteinier qui la revend le 8 mars 1824, devant Triport, notaire à Poitiers, à Barthélémy Courbet. L'autre partie, y compris les bâtiments, reste à M. Farrand jusqu'à sa mort. Ses biens sont partagés le 11 août 1837 devant Gras, notaire à Poitiers. Sa veuve Rose Guérineau meurt le 11 février 1853. Clotet échoit alors à leurs enfants Laurent-François Farrand époux de Anne-Françoise Montigny, et Françoise-Emilie Farrand épouse de Joseph Delaunay.
Le domaine, qui s'étendait sur toute la vallée de Clotet, à cheval sur les communes de Chasseneuil et de Buxerolles, est ensuite démembré. Le 23 septembre 1853, les héritiers Farrand vendent les terres du domaine à François-Sylvain Auriau, à son frère Auguste et à son cousin François, pour la somme de 70.000 francs. Les Auriau revendent ensuite les terres au détail en 1853 et 1854.
Quant à la maison de maître, aux bâtiments de service, à l'enclos qui y touche et au pré attenant, ils sont vendus le 16 octobre 1853 à Joseph Babin, marchand de bois demeurant à Nouaillé-Maupertuis, et à Pierre Chanteau, marchand de bois à Poitiers. La vente, consentie pour 40.000 francs, comprend les objets immeubles par destination tels que les barriques vides qui servent à contenir le vin des vignes du domaine, ou encore les ruches à miel.
Le cadastre mentionne ensuite deux augmentations de construction en 1854 et en 1881, dues au propriétaire d'alors, Jean Trichard. Il pourrait s'agir de l'extension nord du logis, avec toit en terrasse. Au milieu du 20e siècle et jusqu'en 1956, le domaine appartient à Roger Thouard, ingénieur des Ponts et chaussées demeurant à Paris. Depuis 1990 environ, il est la propriété de M. Ernest Proescholdt.



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