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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Buxerolles / la Barre / rue de la Barre
Logis de la Barre, actuellement maison

photographie du dossier documentaire, voir légende
Le portail et, à l'arrière, le logis vus depuis le sud. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / Y. Suire, 2006.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2006.

Historique

L'ancien logis de la Barre présente plusieurs éléments que l'on peut dater de la fin du Moyen Age et de l'époque moderne : meurtrière et contreforts à l'angle sud-ouest et sur le côté ouest du clos de mur ; encadrements de plusieurs baies chanfreinés ; éléments de décor sculptés remployés, épaisseur des murs. La vaste grange à l'est est déjà figuré sur le cadastre de 1817, de même qu'un bâtiment à l'emplacement de l'actuelle écurie, à l'est. Un autre édifice, au nord-ouest, a quant à lui disparu. Le logis a pour sa part été reconstruit et agrandi dans sa partie ouest dans la seconde moitié du 19e siècle. Enfin des réamnégaments intérieurs ont eu lieu dans le 4e quart du 20e siècle.

Description

La propriété est située à flanc de coteau, au début de la descente menant du bourg au village de Lessart. Elle est entourée par un clos de mur qui ouvre sur la rue, au sud, par un portail à piliers maçonnés et à porte piétonne couverte. Ce mur avance en pointe à l'angle sud-ouest où cette pointe est marquée par un contrefort. De section rectangulaire, celui-ci est chapeauté par deux petits pans couverts de tuiles en pierre, et par un départ d'ouvrage, peut-être un socle ou la base d'une ancienne pile. Un autre contrefort se trouve sur le côté ouest du mur de clôture. Il se termine par un pan coupé.
Plusieurs bâtiments se répartissent à l'intérieur de ce périmètre. A l'ouest, derrière le contrefort, se trouve une petite servitude qui ouvre à l'est par une étroite porte et à l'ouest, à côté du contrefort, par une meurtrière. Plus au nord, à l'ouest de la cour, se situe une écurie avec comble, couverte de tuiles creuses. L'est de la cour est occupé par une vaste grange à façade en pignon. Elle ouvre à l'ouest par une petite porte piétonne et par une large et haute porte charretière à arc en plein cintre. Ces deux portes sont chanfreinées. A l'intérieur, on observe un grenier et une charpente dans laquelle plusieurs éléments moulurés en bois ont été utilisés ou remployés.
Le logis occupe le côté nord de la cour. Il comprend deux parties. A l'est, la partie la plus ancienne, communiquant avec la grange, ouvre au sud, à l'étage, par une petite baie chanfreinée. Celle-ci éclaire l'escalier en pierre et en vis qui se trouve dans cette partie du logis, desservant l'étage et le comble, ainsi que le grenier de la grange. Cet escalier est inscrit dans une maçonnerie aux murs très épais. Le mur qui sépare la cage d'escalier du reste du logis à l'ouest, est toutefois moins épais au niveau du comble qu'à celui de l'étage. Une des portes auxquelles l'escalier donne accès, située à l'étage et aujourd'hui murée, présente un linteau et un piédroit chanfreinés. De même la porte qui donne accès au comble est chanfreinée. La cage d'escalier se termine par une voûte en berceau. Dans cette même partie supérieure, on observe des boulins à pigeons, seuls vestiges d'un ancien pigeonnier qui devait se trouver au nord du logis.
L'autre partie du logis, à l'ouest, est celle construite au 19e siècle. Elle ouvre au sud par deux travées, avec porte latérale. Avant les réaménagements des dernières décennies, elle comprenait deux grandes pièces au rez-de-chaussée, plus deux pièces de service à l'arrière, et deux grandes pièces à l'étage. Au-dessous se trouve une cave voûtée, accessible d'une part par un escalier dont l'entrée est située dans une des salles du rez-de-chaussée, et d'autre part par une descente extérieure sur le côté nord du logis. La cave est en partie creusée dans la roche.

Documentation

● Bibliographie

Chancerel, François. Mobilité, enracinement et ouverture villageoise dans une paroisse de la banlieue de Poitiers : Buxerolles (17e-début 19e siècles). Mém. de master, dir. J. Peret, Poitiers, 2006, 155 p. P. 30
Rambaud, Pierre. "L'assistance publique à Poitiers jusqu'à l'an V". Mém. soc. Antiquaires de l'Ouest, 3e s., t. 7, 1913-1914. P. 344, 366, 387-390 et 490-491
Rédet, Louis. Dictionnaire topographique du département de la Vienne. Paris : Imprimerie nationale, 1881. P. 20

● Annexe 0 :

Le logis de la Barre est une propriété mise à disposition en 1530 ou 1531 par Jacques Mesnager, doyen de l'église cathédrale de Poitiers, auprès du tout nouvel hôpital des Champs situé plus au sud. Elle est destinée à recevoir les pestiférés convalescents, les personnes restées longtemps en contact avec les malades, et les pauvres contraints de quitter leurs maisons infectées du centre de Poitiers. Le décès d'une femme atteinte de la peste, est signalé au logis de la Barre en 1563. Tombé en désuétude, ce rôle réapparaît au début du 17e siècle. Le 20 novembre 1612 en effet, la municipalité de Poitiers accepte d'acheter "la maison de Daniel Bonnyot, située paroisse de Buxerolles, que l'on appelle Beauregard, en laquelle cy devant on a mis les malades pestifferrez qui sortoient dudit hospital lorsque le chirurgien les cognoissoit n'estre plus en peine et pour changer lesdits malades d'ayr". La vente est conclue le 9 février 1613. En attendant de recevoir des convalescents, la demeure est louée à partir du 1er avril 1613, location qui cessera dès que la peste fera son apparition. La propriété comporte alors une maison d'habitation, des granges, un four, une cave, une étable, une cour, un grenier et quelques terres labourables. Des réparations sont réalisées en 1615. En 1628, avec le retour de la peste, on engage un porteur d'eau, un puits est creusé, et des lits sont placés pour les convalescents. En 1638, la demeure peut contenir de 50 à 60 lits à trois places. Cela ne suffit pourtant pas à accueillir tous les malades, notamment pendant l'épidémie de 1628-1631. Le 25 février 1630, la municipalité décide donc d'occuper une autre maison, appartenant à Maître Vincent, à la Vincenderie. La peste disparue, la maison de la Barre devient une métairie louée par la municipalité de Poitiers à des particuliers. Le loyer s'élève à 82 livres par an en 1725, 75 en 1765. Parmi les métayers, un certain Pierre Batard est cité en 1735. Un état des lieux établi en 1687 indique que le logis comprend au rez-de-chaussée deux chambres, avec une grande cheminée dans l'une d'elles. Un bel escalier mène à l'étage, où se trouvent aussi deux chambres. Un mur long de trente toises longe la rue. Le 25 août 1721 pourtant, la municipalité de Poitiers décide de détruire une partie des bâtiments, faute de ressources pour entretenir le tout. La Barre est finalement vendue en 1751. Jean Peronnet en est propriétaire en 1817, selon le cadastre, excepté le bâtiment situé à l'ouest de la cour, que possèdent alors les frères Guillot. Un siècle plus tard, le 28 août 1919, devant Baranger, notaire à Poitiers, la maison de la Barre est vendue par Sylvain Grimaud, ancien industriel demeurant à Montmorillon, et Berthe Bernard son épouse, à Louis Porcheron, agent d'assurance, et Pauline Tillet son épouse, qui en font leur demeure. Leur héritier, Maurice Porcheron la revend le 26 novembre 1955, devant Blanchard, notaire à Poitiers, à Raymond Bonnier et Josette Faugeroux son épouse, lesquels la revendent en 1962 à Madame Cousin, laquelle la revend ensuite à M. et Mme Hardouin Duparc, actuels propriétaires.

● Annexe 1 :

Extrait des registres paroissiaux de Buxerolles, Archives départementales de la Vienne 9E51/1.
"Le treizième jour de septembre mil sept cent trente cinq est mort et a esté inhumé Pierre Bastard, métayer de la Barre, sur lequel le jour précédent sa charette passa et luy cassa l'épaule et une quille, et fut radoubé par un appellé Gendron et seigné par un appellé Froger qui luy tira tant de sang qu'il en a perdu la vie (...)".

● Annexe 2 :

Description de la maison de la Barre en 1872, selon Barbier de Montault, Xavier. « La commune de Buxerolles ». Bull. Mon., t. 38, 1872, p. 491 :
"La maison de la Barre est contemporaine du doyen Jacques Mesnager. De style flamboyant mêlé déjà, à la porte d'entrée, de chapiteaux plats de la Renaissance, elle accuse par ses croisées à linteau carré ou en accolade le commencement du XVIe siècle. Dirigée du nord au midi, pignon sur le chemin, elle se compose d'un rez-de-chaussée, dont la vaste et haute cheminée à colonnes a été conservée ; d'un étage supérieur, où l'on voit encore les bancs de pierre dans l'embrasure des croisées, et enfin d'un comble à charpente élégante et propre et à toit d'inclinaison rapide. La cage d'escalier est carrée : la partie la plus élevée servait de fuie pour les pigeons".



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