Vous êtes ici : Région Poitou-Charentes > Inventaire général du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes   > L'agglomération de Poitiers > Dossiers et illustrations
L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

[ Autre recherche ]    [ Liste des réponses ]      |   Imprimer le dossier

Buxerolles / le Planty / rue de l'Hôtel de Ville ; rue Maurice-Ravel ; rue de Datca ; rue Jean-rue Philippe-Rameau ; rue Hector-Berlioz ; place Mozart
Secteur urbain du Mail et de l'hôtel de ville

photographie du dossier documentaire, voir légende
La façade interne de l'immeuble circulaire central du Mail, avec cage d'escalier cylindrique, vue depuis le nord-ouest. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / Y. Suire, 2007.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2007.

Historique

La construction du nouvel hôtel de ville en 1978, à proximité des nouveaux quartiers des Castors et du Planty, a engendré la création d'un nouveau centre-ville. Outre l'installation de nombreux pavillons individuels, et la construction en 1982 du bâtiment de La Poste au sud de l'hôtel de ville, cette création s'est matérialisée entre 1987 et 1999 par la construction d'un ensemble d'immeubles tout autour de l'hôtel de ville et d'autres, vers le nord, constituant "le Mail". C'est l'urbaniste Maryline Jourdanas qui a été chargée de la conception de l'ensemble. Les architectes Chambon-Servais, Montarou-Humeau et Michel Papot, associés pour l'occasion, sont les auteurs de l'immeuble circulaire central du Mail.

Description

Le secteur urbain comprend principalement deux grands ensembles, celui de l'hôtel de ville et celui du Mail (fig. 1). Ils sont disposés selon deux grands axes qui se coupent à l'hôtel de ville : l'un nord-ouest/sud-est constitué par l'avenue des Amandiers et l'esplanade de l'hôtel de ville ; l'autre nord-est/sud-ouest formé par le Mail. La plupart des bâtiments sont en béton enduit, sauf les immeubles de la rue de Datca, à parement en brique. Presque tous possèdent des toits à longs pans et sont couverts en tuiles creuses. Seuls le foyer-restaurant Maurice-Ravel et les deux ailes enserrant le centre du Mail, sont à toit en terrasse.
L'hôtel de ville est situé au centre d'une esplanade en fer à cheval encadrée par des espaces verts, dans l'axe de l'avenue des Amandiers (fig. 9). La place est délimitée à l'ouest et au sud par plusieurs immeubles de logement collectif avec des commerces au rez-de-chaussée (fig. 10 à 13). Au bas de l'immeuble sud se trouve la bibliothèque Léopold-Sédar-Senghor. Tous ces immeubles ont des façades en partie en pignon et, pour marquer les angles de rues, des portiques sur toute la hauteur de l'édifice. Cette verticalité est atténuée par des avancées et des renfoncements qui constituent par la même occasion des balcons voire des terrasses.
A l'est de cet ensemble, au sud de l'hôtel de ville, a pris place le foyer-restaurant Maurice-Ravel (fig. 14 et 15). Ce bâtiment public à l'usage notamment des associations, abrite au rez-de-chaussée une grande salle de réunion et une plus petite ainsi qu'une salle de restaurant et une cuisine ; l'étage est occupé par vingt appartements. Outre les décrochements de façade, supportés par des piliers ou des pans de murs ajourés, l'élévation présente quelques courbes qui assouplissent la masse du plan : une cage d'escalier cylindrique sur la façade nord-ouest et une avancée en arc de cercle sur la façade sud-ouest.
Au nord de l'hôtel de ville débute le Mail, ensemble d'immeubles monumental construit selon un axe nord-est/sud-ouest. Cet axe est marqué par deux rangées d'édifices parallèles qui encadrent une promenade ponctuée d'arbres, de bassins et de parterres (fig. 16 à 20). Le mobilier urbain comprend des bancs et des lampadaires tubulaires. Les immeubles sont entrecoupés de passages qui assurent la circulation entre l'intérieur et l'extérieur du Mail. Des baies rondes ou rectangulaires en alternance ponctuent les façades avec des balcons couverts avançant en arc de cercle.
Les deux rangées emmènent ensuite jusqu'au coeur du Mail où s'élève un édifice formant un cercle presque complet (fig. 4 et 20 à 25). D'un diamètre de 64 mètres, celui-ci s'interrompt à l'ouest. Son centre, occupé par un jardin, est accessible par deux passages couverts monumentaux dans l'axe nord-est/sud-ouest de l'ensemble. Un troisième ouvre vers l'est, là où on accède également à un parking souterrain. L'immeuble comprend 82 appartements répartis sur quatre niveaux et desservis sur la façade interne du cercle par des cages d'escalier cylindriques en avancée. Les décrochements de façade là encore observés assurent d'une part une circulation extérieure horizontale à chaque niveau, d'autre part, par un jeu d'évasement vers le haut, l'arrivée de la lumière jusqu'aux niveaux inférieurs.
Continuant la progression vers le nord-est, l'on observe deux alignements d'édifices disposés symétriquement et qui forment comme une pince enserrant l'immeuble circulaire central (fig. 24 à 29). Les façades, monumentales, sont scandées par des pilastres qui soutiennent une corniche entre le premier et le second étage. Un passage couvert mène vers l'arrière de chaque édifice où se trouve un square.
D'autres groupes de bâtiments sont construits de part et d'autre de ces grands ensembles. Il s'agit soit d'immeubles de logement collectif, par exemple ceux, jumeaux, de la rue de Datca, soit de lotissements de maisons individuelles jointives, situées rue Hector-Berlioz, rue Jean-Philippe-Rameau et place Mozart. Les immeubles de la rue de Datca (fig. 30 à 32), de plan rectiligne, présentent une élévation plus variée avec des décrochements et plusieurs types de parement en brique, déclinant les teintes de couleur ocre. Quant aux maisons individuelles (fig. 33 à 37), chacune bénéficie d'un jardin à l'arrière et d'un garage, latéral ou à l'avant, séparé, accolé en appentis ou bien intégré au rez-de-chaussée. Place Mozart, un passage couvert ménagé entre deux maisons donne même accès à un chemin piétonnier et arboré (fig. 34). Les façades sont en décrochement les unes par rapport aux autres de manière à rompre l'alignement des constructions.

Précisions sur le décor

Les façades des immeubles formant la partie nord du Mail sont scandées par des pilastres ioniques qui s'élèvent sur le rez-de-chaussée et le premier étage. Les baies du rez-de-chaussée présentent des frontons triangulaires (fig. 29).
A l'entrée de chaque immeuble de la rue de Datca, un muret est constitué de briques disposées en quinconce et présentant des teintes différentes de couleur ocre (fig. 31).

Documentation

● Archives

Archives municipales de Buxerolles 4 T 50. 1988 : Buxerolles centre, restauration immobilière, construction d'un ensemble à usage d'habitation, quartier Sainte-Croix.
Archives municipales de Buxerolles 4 T 72 à 74. 1983-1999 : ZAC Sainte-Croix, aménagement, marchés, plans, travaux.

● Bibliographie

Lecharpentier, Mathilde. "Les quartiers urbanistes à Poitiers. 1928-1986". Bull. soc. Antiquaires de l'Ouest, 5e s., t. 3, 1989. P. 68-70

● Annexe 0 :

Le projet de construire un nouveau secteur urbain naît en 1982 du constat que le nouvel hôtel de ville édifié en 1977 est encore entouré par de vastes terrains à construire qui l'isolent du Planty au sud, du vieux bourg au nord. Une étude est alors commandée à l'Aide aux Collectivités Locales pour l'Architecture et l'Urbanisme (ACLAU). Le 4 janvier 1984, le conseil municipal décide de concevoir un "projet de quartier" et de créer un nouveau centre-ville appelé "quartier Sainte-Croix". Le projet est établi par Maryline Jourdanas, urbaniste, et les sociétés d'étude Le Codra et Serete. Il comprend 500 logements dont 400 collectifs, 5000 m2 de bureaux et de commerces, 800 m2 de locaux socioculturels, un centre médico-social avec crèche ou halte-garderie, et un foyer-restaurant pour personnes âgées de 500 m2.
Le quartier Sainte-Croix est conçu selon les principes architecturaux de l'urbanité très en vogue dans les années 1980. Ce concept comprend une recherche systématique des qualités de la ville traditionnelle dans les formes urbaines, avec un retour à la typologie des villes anciennes : îlots, rues, places, parcellaire, perspectives, typologie des logements font l'objet d'une attention particulière, avec la définition, la localisation et le traitement des espaces publics. Ce sont aussi ces principes qui ont été appliqués lors de la conception du quartier de Saint-Eloi à Poitiers.
Les travaux d'aménagement des voies et des réseaux commencent à l'été 1987. Les premiers bâtiments sortis de terre sont en 1988 des maisons individuelles au nord de l'ensemble, puis en 1990 les immeubles à pilastres au nord-est du Mail, côté impair de la rue de l'Hôtel de ville. La même année voit la construction du foyer-restaurant Maurice-Ravel, au sud de l'hôtel de ville, et des bâtiments faisant l'angle nord de l'avenue des Amandiers et de la rue de l'Hôtel de ville, en face de ce dernier. Le bâtiment occupant l'autre angle est édifié en 1992. La même année prennent place les premiers immeubles du Mail, au nord de l'hôtel de ville, ou encore les premières maisons des petits lotissements situés au nord de l'ensemble et le long de la rue Hector-Berlioz. Les immeubles composant le Mail sont progressivement construits entre 1993 et 1997. La première pierre de l'immeuble circulaire central est posée le 27 novembre 1993. La rue de Datca reçoit ses immeubles à parement de brique en 1996. Les maisons situées à l'extrêmité sud-est de la rue Hector-Berlioz sont les dernières construites, en 1999. Cette même année est ouverte la bibliothèque municipale.



logos CAP
consulter au centre régional de documentation du patrimoine de Poitou-Charentes