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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Buxerolles
Hameau de l'Ormeau

photographie du dossier documentaire, voir légende
Vue aérienne de l'Ormeau, l'Orbras et la Dinière vers l'est, vers 1980. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / Y. Suire, 2007.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2007.

Historique

Le hameau de l'Ormeau, ou "l'Humeau" sous l'Ancien Régime, est implanté au bord d'une des deux branches de la voie romaine qui, venant de Tours, rejoignait Poitiers via Buxerolles, et dont l'autre branche passe par le Planty. Le hameau apparaît encore au début du 19e siècle, sur le cadastre de 1817, comme la juxtaposition de plusieurs métairies. Chacune présente alors les mêmes caractéristiques : une cour principale autour de laquelle sont disposés les bâtiments. La physionomie du hameau a assez peu changé depuis : les anciennes métairies, partiellement reconstruites au 19e siècle mais qui ont conservé beaucoup d'éléments plus anciens, se trouvent toujours sur le côté est de la route de l'Ormeau et, pour deux d'entre elles, de part et d'autre de la route menant à la Loubantière. Quelques fermes et maisons ont été construites au 19e siècle et au début du 20e siècle à la suite de ces deux métairies, et sur le côté ouest de la route de l'Ormeau. Un lotissement s'est ajouté sur ce même côté en 2003 et 2004.

Description

Le hameau de l'Ormeau regroupe ses habitations en deux ensembles : l'un, au nord, de part et d'autre de la route menant à la Loubantière ; l'autre, plus important, de part et d'autre de la route de l'Ormeau. Celle-ci est en fait une portion de l'ancienne voie romaine qui se poursuit au nord par le chemin rural de l'Ormeau à Bonillet, et au sud par le chemin rural de la Grosse borne. Au nord et à l'est s'étend le plateau agricole, tandis qu'à l'ouest et au sud-ouest commencent les lotissements des Bizais et des Terrageaux.

Documentation

● Archives

Archives départementales de la Vienne En 219. [1652] : aveu rendu par Jacques Ollivier, seigneur de la Loubantière.
Archives départementales de la Vienne En 220. 1446-1774 : seigneurie de la Loubantière, baillettes et déclarations roturières.
Archives départementales de la Vienne En 228. 1494-1783 : seigneurie de la Loubantière, titres divers.
Archives départementales de la Vienne 2 H 1/20. 1437-1750 : L'Humeau l'abbesse, baux à rentes et déclarations roturières.

● Bibliographie

Chancerel, François. Buxerolles à la fin de l'Ancien Régime : les hommes et la terre dans une paroisse de la banlieue de Poiters. Mém. de maîtrise, dir. D. Guillemet, J. Peret. Poitiers, 2005, 219 p. P. 187
Chancerel, François. Mobilité, enracinement et ouverture villageoise dans une paroisse de la banlieue de Poitiers : Buxerolles (17e-début 19e siècles). Mém. de master, dir. J. Peret, Poitiers, 2006, 155 p. P. 143

● Annexe 0 :

Le hameau de l'Ormeau est cité pour la première fois en 1376 et en 1444 sous le nom de "l'Oumeau l'abbesse". Cette appellation semble démontrer que l'abbaye Sainte-Croix de Poitiers possédait déjà au Moyen Age des biens dans cette partie de la paroisse de Buxerolles. Le hameau est ensuite appelé "l'Humeau" sous l'Ancien Régime. A cette époque, il comprend plusieurs métairies situées dans la mouvance de la seigneurie voisine de la Loubantière. La situation précise de ces métairies, parmi les différentes fermes que comptait l'Ormeau et que l'on peut encore observer, est difficile à établir. Sous l'Ancien Régime, l'une des plus importantes est la métairie dite "de Rochereuil", propriété de l'abbaye Sainte-Croix. La succession de ses propriétaires à partir de la Révolution permet de penser qu'il s'agit de l'ensemble situé aux actuels numéros 126 et 134 de l'Ormeau (voir le dossier documentaire du numéro 134).
Les documents relatifs à l'histoire de la métairie de Rochereuil mentionnent plusieurs autres métairies voisines. La métairie du sieur Abonneau a, selon un aveu rendu pour la métairie de Rochereuil en 1732, appartenu autrefois à Jacques Pouvreau. Auparavant, le 28 mai 1578, elle est la propriété de Jacques Delacour qui rend déclaration au seigneur de la Loubantière pour une maison, grange, cour, coursoires, étables, clousures derrière la maison. Un billet lié au document indique que cette propriété a ensuite été vendue à Jehan Touffou puis à Guilboz (?) puis à son gendre Dupont et enfin à Jacques Pouvreau. Cette métairie bénéficie avec ses voisines d'un puits commun. Le 16 avril 1600, Jacques de La Court vend à Maurice Coustant, de Poitiers, le droit de puisage "dans le puits qui se trouve audit village qui est commun à tous les autres dudit village sauf à la maison et métairie de Guillaume Mauduy, procureur à Poitiers". Le puits est situé "dans un petit courtillage et place joignant la clousure et jardin dudit acquéreur", et confronte au chemin qui va de Poitiers au village de Fontaines "sur main destre". Après Jacques Pouvreau, la métairie passe à Jacques Abonneau, maître cordonnier à Poitiers, qui en rend déclaration au seigneur de la Loubantière le 2 juin 1729. Elle consiste alors en deux chambres basses, deux greniers, cour, fournioux, cave, grange, écurie, toits, jardin dans lequel au bout a été nouvellement construit une chambre basse, grenier par-dessus, et un cellier à côté de la chambre, et une clousure, le tout renfermé de murs, situé au village de l'Ormeau, tenant d'une part à la maison et métairie de l'abbaye Sainte-Croix, d'autre part aux terres de la coûtrerie.
Mentionnée dans l'achat d'une partie de la métairie de Rochereuil en 1686, la métairie des Laurenceau apparaît le 12 janvier 1645 lorsque Anne Rode, veuve de Jacques Laurenceau, en rend déclaration au seigneur de la Loubantière. La maison située au village de l'Umeau consiste en une chambre basse, un cellier, un toit et un jardin, plus une terre qui était autrefois en jardin derrière la maison, confrontant à la maison, écurie et clos de l'abbaye Sainte-Croix. Le 15 septembre 1667, la fille d'Anne Rode, Perrette Laurenceau veuve de Jean Robin, marchand à Poitiers, rend déclaration pour le même bien.
La métairie du sieur Charreaux, également cité dans une confrontation de la métairie de Rochereuil, apparaît quant à elle le 23 juin 1650 lorsque Jean Charrault rend déclaration au seigneur de la Loubantière pour une maison, cours et jardins situés à l'Humeau, tenant d'un côté à la métairie de l'abbaye Sainte-Croix, "d'autre à celle de Jacques Pouvreau (ci-dessus), d'autre à la chaume commune dudit village, et au grand chemin qui mène à la Vallée". Le 22 juin 1667, Charrault rend une nouvelle déclaration pour le même bien, en précisant qu'il l'a acquis de Pierre et Jehan Bonard et de Pierre Jallais.
Plusieurs autres fermes sont mentionnées dans les archives, la plupart voisines de la métairie de Rochereuil. Le 13 février 1437, l'abbesse de Sainte-Croix acense à Jehan Rippault, demeurant à Buxerolles, "une maison assise au village de Loumeau avec douze boisselées de terre, tenant ladite maison par le devant au chemin qui va de Poitiers à Saint Georges et d'autre côté à la maison d'Eienne Amoureux". Le 22 janvier 1464, Jehan, Gilles, Prot et Etienne Amoureux rendent aveu à l'abbesse pour une maison et ses appartenances assises au village de Loumeau et confrontant "au chemin que l'on va du pont Joubert à Saint Georges". Le 10 juillet 1667 Morin Sapin, laboureur à l'Humeau, rend déclaration au seigneur de la Loubantière pour une petite borderie qui consiste en une chambre basse, grenier par-dessus, cour, aisances, trois petits toits, le tout confrontant au chemin de l'Humeau à Poitiers à main gauche. Quant à la métairie de la Journaiserie, elle appartient en 1713 à la veuve de M. Cardon, boulanger à Poitiers, puis en 1731 à sa fille et en 1756, 1762 et 1779 aux demoiselles Huguet, de Poitiers. Enfin la coûtrerie de l'Ormeau appartient en 1714 à Hilaire Grivet, marchand juge consulaire et coûtre à Poitiers, et en 1762 à M. Grivet, marchand à Poitiers.



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