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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Mignaloux-Beauvoir / le Breuil-l'Abbesse / 64 route du Margouillet ; 80 rue du Pré-de-Zalles
Manoir de Frécoutant, actuellement auberge du Vieux Porche

photographie du dossier documentaire, voir légende
Le logis vu depuis le sud-est. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / Y. Suire, 2007.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2007.

Historique

Sous l'Ancien Régime, le domaine de Frécoutant est situé entre les possessions de l'abbaye de Sainte-Croix, la seigneurie des Rosiers et la route de Chauvigny. Cité pour la première fois à la fin du Moyen Age, son nom a connu des variantes. Le 10 novembre 1433, un acte d'échange concernant des biens au Breuil-l'Abbesse mentionne la "maison de Frécostant" (et non "Fort Constant" comme indiqué parfois). Le 10 juin 1502, un aveu du domaine des Rosiers cite une rente due par Laurent du Bois, de Mignaloux, pour des "hébergements possédés à Fréconstant et au Breuil". Le 2 mai 1605, une transaction entre les abbayes de Sainte-Croix et de la Trinité de Poitiers, au sujet de leurs biens à Mignaloux, mentionne "la maison et métairie de Frecoustault" appartenant à un certain M. du Rivau. Le domaine porte aussi parfois le nom de "Le Marchais".
La plupart des bâtiments actuels ont probablement été construits au 18e siècle par Adrien Pierre Beauvisage de Montaigu, directeur général des fermes du roi à Poitiers. Ce dernier possédait déjà l'hôtel dit de la Roche du Maine à Poitiers. Il avait acheté Frécoutant au sieur Jacques Desnedes. De cette époque, il reste notamment le portail d'entrée et la façade du logis, avec ses baies à arc segmentaire au premier niveau. Après la mort de M. Beauvisage, le 18 juin 1781, le domaine échoit à son fils, Ambroise-Jacques Beauvisage de Montaigu (1737-1827), écuyer, président trésorier de France et général des finances. Il vend Frécoutant le 25 mai 1784 à Daniel Chaillo, receveur général des aides à Poitiers, pour 10 672 livres. Le domaine est alors qualifié de "maison noble et fief", dépendant de la seigneurie des Touches. Il est appelé tout à la fois "Frécontant" et "le Marchais". La description qui en donnée dans l'acte de vente, témoigne de l'importance des lieux et du confort qui était apporté à l'intérieur du logis. Le domaine comprend en effet "un bâtiment de maître composé de chambres basses, chambres hautes, greniers par le dessus, cave ou cellier, grange, écuries, logement de bordier, cours, puits, réservoir, chapelle, jardins potager et fruitier, prés, vignes, closures, bosquet de bois, charmilles, bois épars, ormeaux et autres, le tout en un seul et même tennement, renfermés de murs". La vente comprend en outre "les pressoirs teins [ ? ], cuves et tous vaissaux servant à faire le vin, plus les encoignures placées dans la salle à manger, ainsi que les impostes et baguettes, tentures en papier sur toile, plus dans le salon de compagnie la boiserie, les impostes, la toile et les baguettes qui y sont placées pour recevoir une tenture ; plus dans la chambre à coucher, les trumeaux sur la cheminée, boiseries, impostes et tentures en papier sur toile avec les planches qui servent de garniture et échelettes à la cuisine et aux deux offices". Daniel Chaillo revend le domaine le 24 messidor an 10 (13 juillet 1802) à François-Louis-Bernard Rampillon, ancien receveur adjoint des décimes de Poitiers.
Au début du 19e siècle, selon le cadastre de 1819, la disposition des bâtiments semble assez peu différente d'aujourd'hui. On y observe déjà des bâtiments parallèles à la route, un logis perpendiculaire et des dépendances à l'arrière, à l'ouest. Au devant, à l'est, se trouvait alors une mare, aujourd'hui disparue. Au cours du 19e siècle, Frécoutant passe entre les mains de plusieurs propriétaires, hommes de loi, marchands ou docteurs exerçant à Poitiers. La veuve Rampillon, Anne-Radegonde Granier le vend le 8 avril 1816, devant Geoffroy, notaire à Poitiers, à Pierre-Louis Brunet (1771-1824) et à son épouse Athalie-Judith Callien. Ces derniers s'en défont le 5 mai 1823, devant le même notaire, au profit de Louis-Etienne Regnier de Lembrunière et de Marie-Chantale-Elisabeth Frotier de la Messelière son épouse. Frécoutant passe ensuite à la fille de ces derniers, Charlotte et à son mari, Pierre-Paulin Pingault, médecin à Poitiers. Le 22 juin 1844, devant Gras, notaire à Poitiers, ils revendent le domaine à Jean-Ursule-Philippe Goursaud de Merlis (1808-1882), propriétaire à Poitiers, et Marie-Anne Laurent son épouse. A cette date, l'ensemble consiste en "une maison de maître composée de différents appartements au rez-de-chaussée et au premier étage, grenier par-dessus, en une chapelle, cours et bâtiments de service, et en une encloture contenant environ six hectares huit ares, en jardin, bois, pré, charmilles et terres labourables". La vente comprend aussi des meubles qui s'y trouvent.
Frécoutant appartient ensuite en 1882, selon le cadastre, à M. Poirault, demeurant au Pont Guillon à Poitiers, puis en 1901-1902 à Charles Texereau, demeurant 25 rue du Marché à Poitiers. En 1911, un an après la mort de Texereau, le domaine est vendu à Chéri Audidier qui quitte alors sa ferme de Liniers. Premier cultivateur à habiter cette demeure, c'est un fermier aisé qui possède de nombreuses terres au Breuil-l'Abbesse. Il est enterré au cimetière de Mignaloux. Au 20e siècle, l'ensemble connaît d'importantes transformations. Endommagée par un incendie au début du siècle, la chapelle a disparu. Presque tombés en ruines, les bâtiments sont reconvertis en auberge à la fin du 20e siècle, ce qui occasionne des travaux : un bâtiment est ajouté entre le logis et l'édifice sur rue ; les dépendances à l'ouest sont remaniées et transformées en logements.

Description

Le domaine donne sur la rue par un portail couvert, aujourd'hui condamné. Ce portail comprend une porte charretière et une porte piétonne à gauche, les deux en arc en plein cintre. Toutes deux également sont encadrées par des pilastres qui montent jusqu'à la corniche moulurée. Les clés sont saillantes de même que les sommiers. A gauche du portail se trouve un petit bâtiment puis le logis, aujourd'hui à usage de restaurant. Ce logis possède un étage carré. Il ouvre à l'est par trois travées et quatre baies au rez-de-chaussée, dont la porte latérale. Les baies du rez-de-chaussée sont à arc segmentaire. A l'arrière, vers l'ouest, se situent les anciennes dépendances notamment un pigeonnier de plan carré et à toit en pavillon, un four et un hangar.

Documentation

● Archives

Archives départementales de la Vienne 2 H 1/24. 1433, 10 novembre : acte d'échange de biens au Breuil-l'Abbesse entre Jean Robin et Gillet Guibé, mentionnant la maison Frecostant parmi les confrontations.
Archives départementales de la Vienne 2 H 1/24. 1502, 10 juin : aveu et dénombrement rendu par Jean Gilier au seigneur des Touches pour les Rosiers, mentionnant une rente attachée au domaine de Frécoutant.
Archives départementales de la Vienne 2 H 1/24. 1605, 2 mai : transaction entre les abbayes de Sainte-Croix et de la Trinité de Poitiers, mentionnant la maison et métairie de Frécoutant.
Archives départementales de la Vienne 2 H 2/37. 1582, 8 mars : mémoire concernant les dépendances de l'abbaye de la Trinité de Poitiers au Breuil l'Abbesse.
Archives départementales de la Vienne J 85. 1844, 22 juin : vente du domaine de Frécoutant par Pierre-Paulin Pingault et Charlotte Regnier de Lembrunière, à Ursule-Jean-Philippe Goursaud de Merlis et Marie-Anne Laurent, devant Gras, notaire à Poitiers.

● Bibliographie

Lefranc, Pierre. "Une fortune bourgeoise à travers la Révolution française. Joachim Desvaux, directeur des Domaines, et ses enfants". Bull. soc. Antiquaires de l'Ouest, 4ème s., t. 9, 1967-1968. P. 583 et 614
Petit, Robert, Mignaloux-Beauvoir découvre son histoire. Mignaloux-Beauvoir : Mairie : Loisirs Animation Mignaloux-Beauvoir, 1994. P. 58 à 60



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