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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Mignaloux-Beauvoir / le Breuil-l'Abbesse / 318, 328 rue de la Chaboterie
Ferme dite "la Chaboterie", actuellement maisons

photographie du dossier documentaire, voir légende
L'ancien logis de la ferme, vu du nord-ouest. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / Y. Suire, 2007.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2007.

Historique

Selon les chroniques de Froissart, la Chaboterie aurait reçu le roi Jean le Bon, qui venait de Chauvigny, pendant la nuit du samedi 17 au dimanche 18 septembre 1356. C'est de là qu'il serait ensuite parti vers la plaine de Beauvoir pour y livrer bataille contre les Anglais. Les chroniques de Froissart rapportent aussi que le prince de Galles y passa le jour suivant la visite du roi de France. Mis à part cet épisode, le nom "Chaboterie" serait à mettre en rapport avec la famille ancienne des Chabot. En 1578, la ferme appartient à Yves Rogier, sieur de la Tour Chabot, dont la famille a donné des maires à Poitiers en 1527 et 1528. Le 6 juin 1642, Charles Vidard, écuyer, sieur des Boucheries, et son épouse Catherine Guyaud-Texier, elle-même héritière d'Yves Rogier, vendent la Chaboterie à David Ingrand, marchand de draps de soie à Poitiers, époux de Marie Grimaudet. Celui-ci en rend déclaration en 1645 et 1654.
Le domaine se compose alors d'une part d'une « pièce de terre dans laquelle sont les étables et grange de sa métairie de la Chaboterye » ; d'autre part d'une maison consistant en deux chambres basses, avec four et fourniou, une chambre haute et un grenier, avec aussi un jardin renfermé de murailles. La maison dont il s'agit est probablement celle de l'actuel n° 318, au sud de la cour. Ce bâtiment a conservé des détails qui peuvent remonter au 17e siècle, à l'époque de David Ingrand : les deux pierres d'évier au premier niveau, de part et d'autre de la façade, ainsi que la baie du deuxième niveau à gauche, avec son encadrement chanfreiné et son appui mouluré, ou encore la porte en plein cintre menant au jardin.
Après David Ingrand, la Chaboterie échoit à son fils, Isaac Ingrand, sieur de la Dornalière, qui en rend déclaration en 1715. Plus tard, la ferme est la propriété de Jean Hilaire Constant dit le "Chevalier Constant", ancien capitaine du régiment de La Marche, syndic de la paroisse de Mignaloux en 1787, et conseiller municipal à partir de 1806. C'est à lui que le domaine appartient sur le cadastre de 1819. Le plan cadastral figure trois corps de bâtiments autour d'une cour, dont le logis au sud, le tout entouré d'un pré et d'un jardin. L'entrée de la cour était ménagée entre le bâtiment nord et le bâtiment ouest aujourd'hui détruit, aligné sur la rue, comme en témoigne le chasse-roue visible à l'entrée de l'actuel n° 328.
Au Chevalier Constant succède son fils Jean-Jacques Constant, maire de Mignaloux-Beauvoir de 1831 à 1860. Après lui, la Chaboterie change souvent de propriétaire. En 1863, elle passe aux mains de Jean-Pierre-Alexandre de Milon, demeurant à Poitiers, puis en 1888 à Alexandre-Jacques de Milon, domicilé à Saint-Savin, en 1893 à Stéphane de Bridiers, habitant à Genouillé (Civaux), en 1896 à Théophile Bertaud, du Breuil l'Abbesse, puis en 1908 à Louis Bertaud-Garnier, également du Breuil l'Abbesse. Parallèlement, les bâtiments tels que représentés en 1819, semblent avoir peu changé au cours des 19e et 20e siècles, hormis quelques adjonctions ou suppressions : une tour demi-hors-oeuvre a été supprimée sur le flanc est du bâtiment nord, et le bâtiment autrefois situé le long de la rue a disparu.

Description

La façade du logis situé au sud de la cour, présente quatre travées et une porte décentrée à gauche. A peu près au centre de la façade, on distingue une porte plus ancienne couverte d'un arc en plein cintre et aujourd'hui murée. Une arcade en plein cintre avec clef et sommiers saillants est accolée perpendiculairement au bâtiment et ouvre sur le jardin. Faisant face au logis vers le nord, le second bâtiment présente également une élévation à travées. Entre ces deux édifices, dans le jardin, se trouve un puits.

Précisions sur le décor

Le puits situé dans le jardin comporte, inséré dans sa paroi intérieure à quelques mètres de profondeur, un étrange visage humain. La tradition affirme qu'il s'agit du roi Jean le Bon.

Documentation

● Archives

Archives départementales de la Vienne 2 H 1/24. 1654, 6 juin : déclaration rendue par David Ingrand.
Archives départementales de la Vienne 2 H 2/41. 1715, 11 février : déclaration rendue par Isaac Ingrand, sieur de la Dornalière.

● Bibliographie

Petit, Robert, Mignaloux-Beauvoir découvre son histoire. Mignaloux-Beauvoir : Mairie : Loisirs Animation Mignaloux-Beauvoir, 1994. P. 53-54



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