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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Mignaloux-Beauvoir / le Breuil-l'Abbesse / 189 et 195 route de Charassé
Ferme dite "la Boulanderie", actuellement maisons

photographie du dossier documentaire, voir légende
La ferme de la Boulanderie vue depuis le nord. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / Y. Suire, 2007.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2007.

Historique

La métairie de la Boulanderie est citée pour la première fois en 1477. A cette date, « l'hostel et herbergement des Boulanderie » est la propriété de Jehanne Sablelle, veuve de feu Guillaume Andrault. Il est déjà dû depuis longtemps sur cette métairie une rente à l'abbaye de la Trinité, dont la métairie seigneuriale se trouve juste en face de la Boulanderie. La Boulanderie ne fait plus ensuite parler d'elle jusqu'au début du 18e siècle. En 1715, Jacques Duplaix, laboureur au Breuil-l'Abbesse, rend déclaration à l'abbaye de la Trinité pour une "maison et métairie appelée la Boulandrie", avec un jardin, une closure et un pré. Duplaix la vend ensuite à Vincent Rivière. Le 10 juin 1738, la Boulanderie est cédée par les petits-enfants et héritiers de ce dernier, soit Jean Gon époux de Marie Moreau, et Joseph Niveau de l'Epine, procureur au présidial de Poitiers, époux d'Antoinette Poitevin. L'acquéreur est René Bellet, maître architecte à Poitiers, époux de Marguerite Pelletier. L'acte de vente distingue des "anciens bâtiments" et des "nouveaux bâtiments". Une partie du logis actuel semble dater de cette époque, voire d'avant, comme le laisse penser la baie chanfreinée observée sur la façade sud-est du logis.
Bellet se défait de la Boulanderie le 26 février 1757 et la vend à Marie-Anne Chauvigneau, veuve d'Antoine-Gabriel Royer du Magnoux. Outre les terres environnantes, la métairie comprend un logement pour le maître et des logements pour des "collons" et un bordier. A la veille de la Révolution, c'est leur fils, Vincent Royer du Magnoux, bourgeois, époux de Marie-Anne Chauveau, qui possède la Boulanderie et y demeure. Il la vend le 17 février 1797 à Paul-Thimothée-Marie Doré et Marie Deguillon son épouse, qui habitent à la Rouartinière, à Beauvoir. L'acte de vente décrit la maison de la Boulandrie, la métairie et la borderie en dépendant, soit la maison de maître, des bâtiments pour le métayer et pour le bordier, une écurie, une grange, des toits, une cour, un jardin, des terres labourables et non labourables, des prés, des vignes et des chintres. Les Royer pourront loger jusqu'à leur mort dans la borderie, soit une chambre basse, une antichambre à côté, une chambre haute, un fournil, une décharge à côté, un grenier et un petit appartement sur le fournil. Une porte sera faite dans la chambre basse pour donner dans la petite cour et accéder aux latrines qui s'y trouvent. Les Royer bénéficieront aussi du four et d'un petit jardin. Vincent Royer décède à la Boulanderie le 19 octobre 1800.
En 1819, selon le cadastre, la Boulanderie appartient toujours à M. Doré. A cette date apparaissent comme aujourd'hui deux ensembles parallèles de bâtiments, de part et d'autre de la cour. La mare toujours visible au bord du carrefour au nord, dépendait de la propriété. En 1834, Doré reconnaît devoir à la municipalité de Poitiers la rente constituée en 1477 au profit de l'abbaye de la Trinité et toujours reconduite depuis, de propriétaire en propriétaire. Doré n'est pourtant plus qu'usufruitier de la Boulandrie, qui appartient désormais à sa fille, Jeanne-Céleste Doré, veuve de Joseph-Alexandre de Montjon, demeurant à Charassé. La Boulandrie, comme Charassé d'ailleurs, passe ensuite au fils de cette dernière, Paul de Montjon, puis en 1888 à son gendre, Antony de Pertat, maire de Mignaloux-Beauvoir. Entre temps, puis au 20e siècle, le domaine connaît d'importants remaniements, comme le laisse penser la grande baie murée, à linteau de bois, visible sur la façade nord-ouest du logis. Le cadastre indique d'ailleurs que la maison, alors qualifiée de "ruines", a été reconstruite en 1901.

Description

Les bâtiments sont construits de part et d'autre d'une cour fermée par un portail à piliers maçonnés et par un muret. Près du portail se trouve un puits. Le logis, encadré par des dépendances dont une grange au sud-ouest, constitue avec elles un long corps de bâtiment construit perpendiculairement à la voie, au sud-est de la cour. De l'autre côté de celle-ci, au nord-ouest, se trouve une dépendance en grande partie remaniée mais dans laquelle a été conservé un four. Le logis ouvre sur la cour par deux travées et trois baies au rez-de-chaussée, dont la porte latérale. A l'arrière, sur une petite cour postérieure, on observe une baie chanfreinée éclairant l'étage.

Documentation

● Archives

Archives départementales de la Vienne 2 H 2/41. 1715, 23 février et 1748, 19 janvier : déclarations rendues à l'abbaye de la Trinité de Poitiers par Jacques Duplaix puis René Bellet pour la maison et métairie de la Boulandrie.
Archives départementales de la Vienne SAO 412. 1477-1834 : actes de ventes et reconnaissances de rente concernant la Boulanderie.

● Bibliographie

Petit, Robert, Mignaloux-Beauvoir découvre son histoire. Mignaloux-Beauvoir : Mairie : Loisirs Animation Mignaloux-Beauvoir, 1994. P. 76



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