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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Mignaloux-Beauvoir / la Richardière / 598 route du Deffend
Ferme dite "la Richardière", actuellement maison

photographie du dossier documentaire, voir légende
Le passage couvert vu depuis l'ouest. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / Y. Suire, 2007.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2007.

Historique

La métairie de la Richardière, voisine du domaine du Deffend, a pu en dépendre sous l'Ancien Régime. Parfois appelée "la Guichardière", elle semble toutefois avoir aussi eu des liens avec l'abbaye de la Trinité de Poitiers. En effet, un mémoire des domaines devant des droits à cette abbaye à Mignaloux-Beauvoir, daté du 8 mars 1582, mentionne la Guichardière, "près le lieu de Magnou" et "tenue par le sieur Maixent Poictevin et par les héritiers de feu Cartier". Si l'on ne sait rien ensuite sur ses propriétaires successifs, les dates inscrites sur son passage couverte, 1639, et sur une pierre remployée sur la façade est du logis, 1777, permettent de dater la construction ou la reconstruction des bâtiments, en tout ou partie. De plus, la partie habitable et la dépendance au sud de la grange mais sous son toit, ouvrent par des baies chanfreinées, preuve d'une datation d'Ancien Régime.
L'essentiel des bâtiments actuels apparaît ensuite sur le plan cadastral de 1819, en particulier le passage couvert, le logis et la grange en retour d'équerre. La cour était toutefois fermée au sud par un corps de bâtiment reliant le logis au passage couvert, et qui a depuis disparu. En 1819, la Richardière appartient à Louis-Auguste-Léandre Havet, ingénieur des Ponts et chaussées. Son épouse Placide Perret meurt à la "Guichardière" le 24 mars 1828. Son tombeau est encore visible dans le cimetière de Mignaloux. Le domaine passe plus tard à Charles Chirault, propriétaire en 1874. A cette date, selon le cadastre, il procède à un agrandissement de maison : cela correspond sans doute à l'allongement du logis vers le sud, visible sur ses façades. L'ensemble des baies du logis présente par ailleurs plusieurs états successifs, avec des ouvertures murées ou remaniées. La Richardière passe en 1882 à Félix Bruère de Poitiers, ensuite à Louis Jabouin, propriétaire au Coudroux, et en 1891 à Henri-François Doriat-Coeurderoi à Poitiers. Le domaine a aussi appartenu à Raoul et Hubert Rocher de la Baume du Puy-Montbrun, probablement en tant qu'héritiers de leurs parents. Ces deux frères ont vendu la Richardière en janvier 1968 à André Lafay, maire de Mignaloux-Beauvoir de 1971 à 1983. Un four qui jouxtait le porche, au sud, a été récemment détruit, de même qu'un muret et une grille qui séparaient un petit espace au pied du logis, du reste de la cour.

Description

L'ancienne métairie se situe au terme d'une allée. Son entrée est marquée par un porche surmonté d'un pigeonnier, le tout couvert par un toit en pavillon à tuiles plates. Le passage s'ouvre par une large porte en plein cintre avec clé et sommiers saillants. A sa gauche se trouve une porte piétonne aux mêmes caractéristiques. Le toit est interrompu côté ouest et côté est par une lucarne. A l'arrière, les bâtiments se répartissent autour de la cour. Le logis, qui en occupe le côté sud-est, ouvre à l'ouest et à l'est par des baies dont certaines ont été murées ou remaniées. La façade ouest présente quatre portes-fenêtres. Une vaste grange est accolée à l'angle nord-ouest du logis, et forme une aile en retour d'équerre. Sa charpente est soutenue par des troncs d'arbres taillés. La partir sud de son toit abrite d'anciennes dépendances et une partie habitable, comme en témoigne la présence d'une cheminée. D'autres dépendances, dont peut-être une étable ou une écurie, poursuivent l'ensemble vers le nord, formant avec la grange une cour secondaire. Celle-ci est fermée à l'ouest par des toits à porcs, accolés au porche.

Précisions sur le décor

Le porche présente deux lucarnes à ailerons ornées chacune d'un fronton cintré. Une pierre remployée dans l'encadrement d'une porte sur la façade est du logis, porte une partie de cadran solaire, formé de rayons du soleil. Le linteau de la porte droite des toits à porcs est orné d'une croix peinte, en signe de protection.

Inscriptions

La date 1639 est inscrite sur la clé du passage couvert. Une pierre remployée dans un encadrement de porte du logis porte l'inscription "Le 2 mai 1777", surmontée d'une marque de tailleur de pierre formée de initiales T, R et L entrelacées. Au-dessus, une autre pierre, portant une partie de cadran solaire, porte des inscriptions illisibles sauf deux X.

Documentation

● Archives

Archives départementales de la Vienne 2 H 2/37. 1582, 8 mars : mémoire concernant les dépendances de l'abbaye de la Trinité de Poitiers au Breuil l'Abbesse.

● Bibliographie

Petit, Robert, Mignaloux-Beauvoir découvre son histoire. Mignaloux-Beauvoir : Mairie : Loisirs Animation Mignaloux-Beauvoir, 1994. P. 84



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