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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Mignaloux-Beauvoir / les Rosiers / 549, 555 et 573 route des Rosiers
Ferme dite "les Rosiers", actuellement maisons

photographie du dossier documentaire, voir légende
La partie du logis reconstruite en 1931, vue du sud-est. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / A. Royer, 2007.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2007.

Historique

La première mention de la métairie des Rosiers remonte à 1404. Son propriétaire devait hommage au seigneur des Touches. A partir du 15e siècle au moins, elle appartient à la famille Gillier. Etienne Gillier, seigneur de la Villedieu de Comblé, procureur du roi en Saintonge et à La Rochelle, époux de Jeanne Andrault, est propriétaire des Rosiers au 8 novembre 1456. Le 10 juin 1502, son fils Jean Gilier, écuyer, seigneur de la Villedieu de Comblé, époux de Françoise Méhée, rend aveu et dénombrement à Jeanne Girouarde, veuve du seigneur des Touches, pour son "hôtel et hébergement des Rouziers avec ses appartenances et dépendances tant en maisons, granges, courtillages, terres, prés et bois et autres choses quelconques". Le domaine s'étend au sud jusqu'au grand chemin de Poitiers à Chauvigny. Le 17 juillet 1541, c'est René Gillier, écuyer, seigneur de Salles, époux de Renée d'Eschoisy, qui rend aveu au seigneur des Touches "pour son hôtel et herbegement des Rouziers". Il est imité le 7 septembre 1578 par François Gillier, écuyer, seigneur de Verneuil. Les Rosiers restent aux mains des Gilier jusqu'au 15 janvier 1626. A cette date, Françoise Gillier, veuve en premières noces de René de La Jaille, écuyer, sieur de Thou et de Marsilly, et en secondes noces de Roch Izore, écuyer sieur de Varannes, demeurant à Chauvigny, vend pour 13000 livres la "maison, mestairie noble, fief et seigneurie appelée des Roziers" à l'abbaye Sainte-Croix de Poitiers. Le domaine comprend des "bastimans, cours, coursoires, entrées et issues, boys taillis et aultres prés, vignes, chènevières, jardins, terres labourables et non labourables". Françoise Gillier en avait hérité de son père, Jacques Gillier, écuyer, sieur de la Tort Tranche. La vente concerne aussi le Colombier voisin, mais dont l'abbaye se défait peu après.

Sous l'Ancien Régime, la métairie des Rosiers est l'une des plus riches des paroisses de Mignaloux et de Beauvoir. L'abbaye Sainte-Croix en reste propriétaire jusqu'à la Révolution, et en confie l'exploitation à des fermiers : par exemple Bonaventure Sabourin puis Catherin, son fils, au milieu du 17e siècle, Pierre Venien en 1740, Jean Gauvin en 1780. En 1694, la métairie apparaît de manière assez sommaire sur un plan des environs du manoir du Colombier, puis de façon plus précise sur l'atlas de Trudaine, établi dans la seconde moitié du 18e siècle. Le 13 mai 1765 a lieu une visite de la métairie des Rosiers, alors exploitée par Joseph Audinet. La maison a une chambre avec deux fenêtres sur la cour et deux autres sur le pré. Une autre chambre se trouve à gauche de la première, avec une porte et deux fenêtres sur la cour ; le sol est en terre battue. Viennent ensuite un petit cellier avec une cave. Une troisième chambre se situe à droite de la première, avec une porte sur la cour, une autre qui donne dans la première chambre, et une échelle pour monter au grenier par une trappe. Un fournil abrite le four et une grande met à pétrir. La ferme comprend aussi un petit toit à côté du fournil, avec une porte qui donne sur les prés et vers le puits ; des toits à brebis et à cochons ; une grange avec de grandes portes à abourdonneaux, une petite porte, une autre donnant sur l'aire à battre, et une autre du côté de l'écurie ; une écurie avec mangeoire ; enfin une écurie "nouvelle" aux boeufs. De cette époque d'Ancien Régime, la partie la plus ancienne du logis conserve notamment une porte en plein cintre et une fenêtre carrée à chanfrein surmontant une pierre d'évier, qui peuvent remonter aux 17e ou 18e siècles.

Saisie comme bien national à la Révolution, la métairie des Rosiers est vendue le 28 avril 1791, dans le même lot que la métairie de Sainte-Croix, située au Breuil-l'Abbesse et possédée également par l'abbaye. Elles sont acquises pour 34100 francs par les sieurs Bourbeau, Boncenne et Le Roi, peut-être des hommes de loi attachés à l'abbaye Sainte-Croix. En 1819, d'après le cadastre, la ferme appartient à Joly, avoué à Poitiers. Elle comprend les bâtiments autour de la cour (parcelle 102), une seconde cour derrière la grange (parcelle 100), deux jardins (parcelles 99 et 101), une parcelle en friche (97), six parcelles de champs (98, 103, 104, 106, 108) dont une nommée le "Champ des Souches" (96), une parcelle de taillis (107) et une mare (parcelle 105). Joly possédait aussi le Bois des Deux Chemins (parcelles 94 et 95). Vers 1850, un tableau des dépendances de la ferme des Rosiers, alors exploitée par un certain Taffet, indique que les bâtiments comprennent trois chambres basses (comme en 1765), trois greniers, un cellier divisé en deux parties, un toit à volailles, un à brebis, une écurie à vaches, un four, un fournil, un toit y attenant, deux autres toits y attenant, l'écurie à juments, l'étable à boeufs, une vaste grange, une cour dans laquelle est un puits, deux jardins et une aire. Le tout couvre 42 ares 50 centiares. En 1857, la ferme est vendue à Hippolyte Brunet, demeurant à La Cousinière de Montravert, puis en 1876 à François Héraud-Vénien, qui vit aux Rosiers. La propriété est ensuite partagée en 1901 entre Jacques Héraud et Armand Fouquet, qui habitent aussi les lieux. Entre temps, les bâtiments ont connu quelques transformations. Si les dépendances ont gardé leur implantation au nord-ouest, au sud-est, et au sud de la cour, un hangar a été construit au nord de la grange. En 1931, selon une date portée sur la façade, un nouveau logis a été construit au nord-est dans le prolongement de l'ancien, et à l'emplacement d'un précédent bâtiment. Les terres de la ferme ont été exploitées jusqu'aux années 1990. Les bâtiments sont aujourd'hui partagés en deux propriétés.

Description

Les bâtiments de l'ancienne ferme sont disposés autour d'une cour. Au nord-est, se trouvent le logis, divisé en deux parties. La partie la plus récente, au nord-est, comprend un étage carré et présente une façade ordonnancée, au-dessus d'un solin, avec porte centrale entre deux travées. La partie la plus ancienne du logis, dans le prolongement ouest de la précédente, est plus basse, avec un rez-de-chaussée et un comble. En façade, on observe à gauche une porte en plein cintre et à droite une petite fenêtre carrée à encadrement chanfreiné, surmontant une pierre d'évier. Au nord-ouest et au sud-est de la cour se trouvent deux petites dépendances : la première est en moellons apparents et a gardé des éléments de structure en bois anciens ; la seconde est recouverte d'un enduit. Au sud-est de la cour, le hangar et la grange sont accolés l'un à l'autre de manière perpendiculaire. L'ensemble des bâtiments est couvert de tuiles creuses.

Inscriptions

Une plaque portant la date de construction du logis, 1931, se trouve au-dessus de la porte, entre les deux fenêtres de l'étage.

Documentation

● Archives

Archives départementales de la Vienne 2 H 1/24. 1456, 8 novembre : acte d'échange de biens au Breuil-l'Abbesse entre Gillet Guibé et Pierre Germain, mentionnant les Rosiers parmi les confrontations.
Archives départementales de la Vienne 2 H 1/24. 1502-1578 : aveux rendus par Jean, René et François Gillier au seigneur des Touches pour leur domaine des Rosiers.
Archives départementales de la Vienne 2 H 1/24. 1626, 15 janvier : acte de vente de la métairie des Rosiers par Françoise Gillier à l'abbaye Sainte-Croix de Poitiers.
Archives départementales de la Vienne 2 H 1/24. 1626-1780 : baux à ferme de la métairie des Rosiers.
Archives départementales de la Vienne 2 H 1/24. 1694 : plan, figure et arpentage du taillis du Bois Juzeau, de celui de Sainte-Croix et Sainte-Radegonde, et du taillis près du parc des Deffends situés paroisse de Mialou au fief des Roziers [...], faits par Laurendeau, arpenteur à Poitiers, pour satisfaire à l'arrêt du Conseil d'Etat du roi du 31 mars 1693.
Archives départementales de la Vienne 2 H 1/24. 1765, 13 mai : procès-verbal de visite de la métairie des Rosiers.
Archives départementales de la Vienne J 98. Vers 1850 : tableau des dépendances de la ferme des Rosiers, exploitée par Taffet.

● Bibliographie

Petit, Robert, Mignaloux-Beauvoir découvre son histoire. Mignaloux-Beauvoir : Mairie : Loisirs Animation Mignaloux-Beauvoir, 1994. P. 31, 56, 72, 73, 85 et 93
Rédet, M. L., Dictionnaire topographique du département de la Vienne, Paris : Imprimerie nationale, 1881. P. 365



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