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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Mignaloux-Beauvoir / 115 route de Savigny
Fermes dites "Sainte-Jeanne" et "la Paraudrie", actuellement maison

photographie du dossier documentaire, voir légende
Le logis de Sainte-Jeanne vu depuis l'ouest. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / Y. Suire, 2007.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2007.

Historique

Sainte-Jeanne et la Paraudrie étaient deux métairies rattachées au domaine de la Cigogne, voisin des deux fermes au sud. Les plus anciennes mentions remontent à la fin du 16e siècle. Le 18 mars 1598, Maurice Roatin, maire de Poitiers de 1594 à 1595 et conseiller au présidial, achète à Jacques Porcheron, sieur de Saint-Jasmes et conseiller au présidial, le domaine de la Cigogne. Il comprend non seulement le futur château mais aussi deux métairies : la Péraudrie et Saint-Jasmes, cette dernière tirant son nom de l'ancien propriétaire. Elles sont ensuite mentionnées dans les aveux et dénombrements du domaine de la Cigogne, rendus par ses propriétaires aux 17e et 18e siècles. Ces documents font apparaître une troisième métairie, la Valletrie, et une borderie. En 1662 notamment, Jacques Halus, sieur de la Cigogne, rend une déclaration pour les maisons et bâtiments de deux métairies "appelées la Valletrye et la Perauderye, et d'une borderie y joignant, avec leurs cours, coursoires, jardins, le tout situé au village de la Sigougne, consistant en maisons, granges, étables, toits à brebis". Il est aussi propriétaire de "la métairie de Saint-James sittuée au dit village de la Sigougne, proche le puis dudit lieu". Le nom de cette dernière métairie évolue ensuite : on trouve Sainte-Geamme en 1779, puis Sainte-Jeanne. Toutes ces métairies formaient un véritable hameau. Il reste peu de traces aujourd'hui de cette période d'Ancien Régime : à droite de la grande porte centrale, une baie de la grange, bien que murée, conserve un encadrement chanfreiné, caractéristique du 17e ou 18e siècle. La dépendance nord-est conserve aussi des traces de baies murées, notamment sur son mur nord-est, mais sans chanfrein.
En 1819, sur le cadastre, les deux métairies appartiennent encore au propriétaire de la Cigogne. La ferme de Sainte-Jeanne se compose alors de bâtiments disposés d'une manière proche de l'actuelle. Comme aujourd'hui, ils sont répartis autour d'une cour (parcelle D2 249) et de deux parcelles occupées à l'époque par des jardins (D2 248 et 250). Parmi les bâtiments, on reconnaît déjà sur le plan de 1819 l'implantation de la grange et d'une dépendance située dans le prolongement au nord-ouest du logis. Sur le même plan cadastral, la Paraudrie, au nord-est de Sainte-Jeanne, apparaît plus étendue : elle comprend des bâtiments (D2 245), une cour à battre les blés ou "batresse" (D2 246), deux parcelles de jardins (D2 243 et 244), plusieurs parcelles de labours (D2 240, 240 bis et 240 ter, 242 et 247), un pré (D2 241), enfin une parcelle de taillis (D2 239).
Tout au long du 19e siècle, les deux fermes suivent la Cigogne et ses propriétaires successifs. Le logis de la ferme de Sainte-Jeanne est reconstruit en 1894, selon le cadastre, de manière décalée par rapport au précédent logis. C'est vers 1925 que, par le jeu des partages de succession, les métairies de Sainte-Jeanne et de la Paraudrie sont séparées de la Cigogne. Les ruines de la Paraudrie sont finalement détruites vers 1965. Le nom de "Palaudrie" désigne aujourd'hui un lieu-dit situé un peu plus à l'ouest.

Description

L'actuelle propriété se compose des bâtiments de l'ancienne métairie Sainte-Jeanne et, à l'est de ce premier ensemble, des restes de l'ancienne ferme de la Paraudrie. Concernant le premier ensemble, il s'agit d'édifices séparés et disposés autour d'une cour. Une grange et un premier hangar à poteaux de bois sont en alignement sur la route de Savigny, adossés à elle. A l'inverse, le logis et une dépendance sont en retrait, au fond de la cour, vers le nord-est. L'ensemble est fermé par une clôture basse. Le logis, couvert en tuiles creuses, présente une façade à trois travées avec porte centrale. Accolée à l'arrière du logis, occupant moitié de sa longueur, une partie en appentis devait autrefois servir de dépendance ; elle est aujourd'hui reconvertie en espace habitable, et prolongée sur toute la longueur du logis. La dépendance qui se trouve à l'ouest du logis était occupée par des toits à animaux dans sa partie est, et un hangar dans sa partie ouest.
Selon le témoignage des anciens propriétaires, la Paraudrie comprenait un logis avec grenier, une grange, des écuries, un four. Sur la façade du logis on pouvait voir une fenêtre encadrée par deux colonnes. A l'intérieur, au rez-de-chaussée, se trouvait une grande cheminée dans laquelle on pouvait s'asseoir auprès du foyer. Une autre cheminée, plus petite, se situait dans le grenier qui a donc dû servir un temps de logement. Ce qui reste aujourd'hui de la ferme comprend d'abord, au plus près du logis de Sainte-Jeanne, un corps de bâtiment composé d'un rez-de-chaussée ouvrant par une grande porte charretière, et surmonté d'un étage ouvrant par une baie rappelant les ouvertures de greniers. D'autre part, le bâtiment le plus à l'est, restauré et qui abritait peut-être à l'origine une grange, a été reconverti en boxes à chevaux. Son mur de façade conserve les traces d'un enduit ancien avec joints feints en creux. L'ensemble des bâtiments est couvert de tuiles creuses.

Documentation

● Archives

Archives départementales de la Vienne 2 H 1/24. 1617, 19 décembre et 1627, 8 décembre : aveux rendus par Pierre Roatin, seigneur de la Cigogne, à François de La Rochefoucault, abbé commendataire de l'abbaye de la Réau.
Archives départementales de la Vienne 2 H 2/41. 1662, 1er juillet : déclaration rendue par Jacques Halus, sieur de la Sigougne, pour les métairies de la Valletrye et de la Perauderye.
Archives départementales de la Vienne 2 H 2/41. 1716, 15 mai : déclaration rendue par Anne Augron épouse de Jacques Chauvelin, seigneur de Beauregard, pour les métairies de la Valetrie et de la Péraudrie.
Direction Régionale des Affaires Culturelles, Conservation des Monuments historiques, dossier "la Cigogne".

● Bibliographie

Petit, Robert, Mignaloux-Beauvoir découvre son histoire. Mignaloux-Beauvoir : Mairie : Loisirs Animation Mignaloux-Beauvoir, 1994. P. 34 et 85



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