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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Mignaloux-Beauvoir / les Oriollères / 304 route des Oriollères
Ferme dite "le Mail", actuellement maison

photographie du dossier documentaire, voir légende
La porte de dépendance à l'ouest de la cour, datant du 17e ou du 18e siècle. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / Y. Suire, 2007.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2007.

Historique

La métairie du Mail est mentionnée pour la première fois le 20 août 1616. A cette date, Julien Pestre, greffier de la cour ordinaire de la maison commune de Poitiers, et Claude Gaudion son épouse vendent à Nicolas Chobier, conseiller du roi et élu en l'élection de Poitiers, la moitié en indivis d'une maison et métairie appelée les Oriollères, "consistant en la maison appelée le Mail et closures à l'environ d'icelle, maison de métayer, granges, étables, cours, coursoires, entrées et issues". Nicolas Chobier est par ailleurs à la même époque propriétaire de la Thoumitière. L'autre moitié de la métairie du Mail appartient à Marie Bouchard veuve de Ezechias Lelet, procureur à Poitiers. Julien Pestre possédait sa moitié par héritage de Julien Pestre et de Nicole Duhamel ses parents. Ceux-ci l'avaient acquise de Pierre Rochereau, marchand, et de Marie Bouchard sa femme le 16 octobre 1578. En 1768, la métairie du Mail appartient à un certain M. de Rassay. De cette période d'Ancien Régime, la ferme a conservé plusieurs traces, en particulier les restes de portail à l'entrée de la cour, et la porte en plein cintre encore visible sur un corps de bâtiment à l'intérieur de la cour : sa forme, sa clef et ses sommiers saillants permettent de la dater du 17e ou du 18e siècle.
Toutefois l'essentiel des bâtiments visibles aujourd'hui remonte au 19e siècle. Le cadastre de 1819 indique que la ferme est alors la propriété de l'abbé Lemit, curé de Nouaillé, et qui posséde également les fermes de La Vallée et de la Toumitière. En ce début du 19e siècle, la ferme du Mail comprend des bâtiments autour d'une cour (parcelle C1 84), un jardin (C1 85), une parcelle de labour (C1 83) et un taillis (C1 82). La disposition des bâtiments en U autour de la cour, observée sur le cadastre de 1819, a été conservée jusqu'à aujourd'hui, ainsi qu'un petit bâtiment séparé et aligné sur la rue, situé au sud-ouest du U, également visible sur le cadastre. Les bras nord-est (logis) et nord-ouest (dépendances) du U, ainsi que le bâtiment séparé (avec four à pain et buanderie) sont conservés dans un état proche de celui du 19e siècle.
En 1864, la ferme passe à Arsène Orillard, médecin et surtout maire de Poitiers de 1848 à 1850 et de 1871 à 1881. En 1882, elle est acquise par Jules Pelletier qui y fait aussitôt édifier une nouvelle construction, sans que l'on puisse l'attribuer à un bâtiment précis. La ferme est ensuite la propriété de René Brunet, de Poitiers, en 1904, puis de Louis-Jean-Anatole Neveux, de Poitiers, de 1904 à 1925. La grange et la remise accolées à l'extérieur du U, au nord-ouest, ont dû être construites au cours du 19e siècle ou au début du 20e siècle. Une cuisine a été ajoutée à l'intérieur, au bras nord. Le bâtiment distinct du U a également été agrandi. Plus récemment, le bras sud-ouest du U a fait l'objet de travaux pour être aménagé en logement.

Description

Les bâtiments de cette ancienne ferme sont répartis sur les côtés nord, ouest et sud d'un U, autour d'une cour fermée sur son quatrième côté par un mur. Au-delà de ce mur, vers l'est, se trouve un jardin. Il est lui-même séparé de la rue par un mur, percé d'une porte en son centre. La cour est accessible au sud, sur la rue, par un portail qui devait être couvert : on remarque encore les sommiers saillants et les chasse-roues. Le logis, au nord-est de la cour, présente en façade deux travées, avec porte latérale. La porte donne accès à un vestibule de part et d'autre duquel se trouvent les pièces d'habitation. Un petit corps de bâtiment adossé au logis vers l'intérieur de la cour comportait une cuisine. Au-devant, on remarque un puits. La partie nord-ouest regroupe une dépendance et une étable à la toiture plus basse. De la porte nord de l'étable, on accède à une cave voûtée. A l'extérieur de ce corps de bâtiments sont adossées une grange et une remise. Enfin, l'autre partie du U, au sud-ouest, regroupe également des dépendances, notamment une porcherie couverte en appentis. Dans l'angle sud-est de la cour, un édifice distinct, aligné sur la rue, contient un four à pain et une buanderie. Hormis le logis couvert en tuiles creuses, le reste des bâtiments est couvert de tôles métalliques ou de ciment. A l'arrière du logis, un fragment de pilier couronné d'un chapiteau, de datation et provenance inconnue, servait de cadran solaire.

Documentation

● Archives

Archives départementales de la Vienne 2 H 2/37. 1616, 20 août : vente d'une moitié de la métairie des Oriollères, comprenant la maison du Mail, par Julien Pestre et Claude Gaudion sa femme à Nicolas Chobier.

● Bibliographie

Petit, Robert, Mignaloux-Beauvoir découvre son histoire. Mignaloux-Beauvoir : Mairie : Loisirs Animation Mignaloux-Beauvoir, 1994. P. 80 et 82



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