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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Mignaloux-Beauvoir / les Bruères / 621 et 641 route des Bruères
Ferme dite "la Guignère", actuellement maisons

photographie du dossier documentaire, voir légende
La grange, à gauche, et la ferme du numéro 641, vues depuis la route des Bruères. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / Y. Suire, 2007.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2007.

Historique

La ferme de la Guignère et celle de la Maison neuve qui la voisinait, sont deux des quatre fermes, avec le Collège des Moreaux et les Bruères, qui composaient le hameau des Bruères. Toutes apparaissent sur l'atlas de Trudaine, dans la seconde moitié du 18e siècle, puis sur le plan cadastral de 1819.
Le 10 janvier 1654, Marie Carré, veuve de Christophe Barbier, procureur au présidial de Poitiers, rend déclaration au commandeur de Beauvoir pour "un corps de logis situé au village des Bruères, plus une grange ou loge contre laquelle est le dit logis, et devant iceluy est une petite coursouaire contenant une chesnée ; plus derrière le logis y a un petit jardin renfermé de murailles". La propriété comprend aussi "la grande clozure des Bruères confrontant à la ditte maison et jardin". Cette métairie confronte notamment à la métairie du Collège des Moreaux, ce qui permet de penser qu'il pourrait s'agir de la Maison neuve.
Le 6 novembre 1653, Claude Esnard, procureur au présidial de Poitiers, sans doute époux de Françoise Savariault, rend déclaration au commandeur de Beauvoir pour une maison avec ses dépendances soit "grange, étable, charrière, cour, coursoirs, jardins, chènevières et prés". Le tout est situé au village des Bruères et confronte à la métairie "du sieur Repin de la Ronde", soit celle des Bruères. Cette confrontation permet de penser qu'il pourrait s'agir de la Guignère. L'opération se répète le 16 mai 1676, par Claude Esnard, lui aussi procureur au présidial de Poitiers, sans doute époux de Geneviève Deshoulières, puis le 15 février 1719 par un troisième Claude Esnard, également procureur au présidial. Le 12 mai 1751, déclaration est rendue par Charlotte Esnard, de Poitiers, héritière de Claude Esnard.
En 1819, sur le cadastre, les deux métairies de la Maison neuve et de la Guignère appartiennent à la veuve Servant, demeurant à Poitiers. La Guignère comprend alors des bâtiments autour d'une cour (parcelle D1 81), une seconde cour plus au nord (D1 83), deux prés (D1 82 et 84), une pâture (D1 85), un jardin (D1 80) et un labour (D1 79). La Maison neuve se compose à cette même date de bâtiments autour d'une cour (D1 76), de trois jardins (D1 74, 75 et 77) et d'un labour (D1 78). En 1829, la Guignère passe aux mains d'Antoine Servant, probablement le fils de la veuve Servant, tandis que la Maison neuve est vendue à Charles de Létang. Pierre Moutet, habitant à Poitiers, rachète la Guignère en 1831 puis la Maison neuve en 1836 (Charles de Létang déménage alors dans une maison aux Magnoux). Pierre Moutet revend plus tard les deux fermes à Jean-Charles-Henri de Moissac, demeurant aux Bruères. La Maison neuve est démolie en 1852, par l'un de ces deux propriétaires.
Reste la Guignère, rachetée en 1878 par Félix Fouquet, demeurant à la Grand Maison puis aux Bruères. Il y fait édifier une nouvelle construction en 1888 : il pourrait s'agir du logis de l'actuel numéro 641 de la route des Bruères, au nord-est de l'ensemble. Le logis ancien serait donc celui de l'actuel numéro 621, mais il a dû être reconstruit au moins en partie au cours du 19e siècle. Après Félix Fouquet, la ferme est passée aux mains de son fils, également prénommé Félix, en 1890. La plupart des bâtiments ont depuis connu d'autres remaniements. Le logis du numéro 621 a récemment subi la création d'oculi et de lucarnes pendantes. La grange accolée au logis du numéro 641, et dont le plan n'a pas changé depuis le cadastre de 1819, serait le bâtiment le plus ancien et le moins transformé de cet ensemble. Une petite dépendance visible sur le cadastre de 1819, se retrouve à un emplacement similaire aujourd'hui, en bordure de voie, au numéro 621. Dépourvue de toiture, elle semble avoir été reconstruite au 19e siècle.

Description

L'ancienne ferme de la Guignère se compose de trois corps de bâtiments jointifs en retrait par rapport à la rue, et d'une dépendance de plan rectangulaire perpendiculaire à la route, au sud de ce premier ensemble. Les trois corps de bâtiments sont chacun en retrait l'un par rapport à l'autre. Il s'agit de deux logis enserrant une grange. Le plus en retrait, au 621 route des Bruères, est le logis qui semble le plus ancien. Sa façade est à deux travées et se trouve sur un mur gouttereau. On dénombre trois baies au rez-de-chaussée, soit une fenêtre entre deux portes. Au deuxième niveau de l'élévation, on trouve deux lucarnes pendantes à l'aplomb des portes, et deux oculi entre ces lucarnes. Des parpaings sont visibles dans la partie haute du mur pignon sud-est. Cette construction rassemblait peut-être un logement (travée de gauche et fenêtre du rez-de-chaussée) et une remise surmontée d'un grenier (travée de droite). La porte du logis aurait donc été latérale, à gauche.
Entre les deux logis se trouve la grange à façade en pignon. Elle ouvre par une grande porte à deux battants, couverte d'un linteau en bois surmonté d'un arc de décharge. Le matériau de couverture n'a pas pu être observé.
Le deuxième logis, au 641 route des Bruères, ajouté à l'ensemble à la fin du 19e siècle, présente une façade en pignon. Elle comporte une travée (fenêtre et porte haute de grenier) à gauche de laquelle se trouve la porte d'entrée. Une assise de pierre de taille continue fait office de bandeau d'étage. Ce logement est couvert en tuiles mécaniques.
La dépendance située perpendiculairement à la route était couverte par un toit à longs pans, probablement en tuiles creuses. Elle ouvre sur la cour par deux portes, l'une étroite et l'autre plus large.

Documentation

● Archives

Archives départementales de la Vienne 2 H 2/43. 1654, 18 janvier : déclaration rendue au commandeur de Beauvoir par Claude Esnard, procureur au présidial de Poitiers, pour une métairie située aux Bruères.
Archives départementales de la Vienne 2 H 2/43. 1654, 10 janvier : déclaration rendue au commandeur de Beauvoir par Marie Carré, veuve de Christophe Barbier, procureur au présidial de Poitiers, pour un domaine situé au village des Bruères.
Archives départementales de la Vienne 3 H 1/933. 1653-1753 : déclarations rendues au commandeur de Beauvoir par la famille Esnard pour une métairie située aux Bruères.

● Bibliographie

Petit, Robert, Mignaloux-Beauvoir découvre son histoire. Mignaloux-Beauvoir : Mairie : Loisirs Animation Mignaloux-Beauvoir, 1994. P. 76 et 78



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