Vous êtes ici : Région Poitou-Charentes > Inventaire général du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes   > L'agglomération de Poitiers > Dossiers et illustrations
L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

[ Autre recherche ]    [ Liste des réponses ]      |   Imprimer le dossier

Mignaloux-Beauvoir / les Bruères / 441, 442 et 450 route des Bruères
Ferme dite "le Collège des Moreaux" ou "les Petites Bruères", actuellement maisons

photographie du dossier documentaire, voir légende
Le premier logis de la ferme, vu depuis la route des Bruères. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / Y. Suire, 2007.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2007.

Historique

L'ancienne ferme du "collège des Moreaux" porte parfois dans les archives le nom de "Petites Bruères" par opposition à la ferme des (Grandes) Bruères située plus au nord. Cette métairie tient son nom principal du collège des Moreaux, un des treize collèges créés à Poitiers à partir du 15e siècle pour accueillir des élèves tant à des fins pédagogiques que pour les loger. La fondation de ces établissements était due à des donateurs ecclésiastiques ou, dans le cas du collège des Moreaux, laïques. Parfois en dépendaient des domaines situés en dehors de la ville, destinés à la distraction des élèves. Le collège des Moreaux se situait à l'angle des rues du Puygarreau et de l'Eperon à Poitiers. En face se trouvait le cimetière de la paroisse Notre-Dame-la-Petite où furent enterrés Louis Moreau, procureur, et sa femme Antoinette Guillemère. C'est eux qui, par testament du 20 mai 1502, fondèrent le collège des Moreaux pour ceux "qui se veullent appliquer à l'estude et acquérir science en ceste ville de Poictiers". Ils en confièrent la direction à un gouverneur désigné parmi leurs descendants, en fait ceux des frères et sours de Louis Moreau, lui-même sans enfants. C'est ainsi que vers 1600, René Moreau, sieur de la Guédaizière, est gouverneur du collège. Le testament de 1502 ne mentionne pas parmi les biens donnés au collège de domaine en dehors de Poitiers. Toutefois, il fait état d'une somme d'argent léguée en rente à prendre sur le "sol de Beauvoir". Cela semble indiquer que Louis Moreau et sa femme étaient propriétaires d'une terre sur laquelle a dû être construite plus tard la métairie du collège des Moreaux. Une mention apportée plus tard au dos du testament, fait état de la métairie "appelée les Bruères" et dépendant du collège.
La ferme est citée pour la première fois de manière explicite le 10 septembre 1624. Renée Racquet, veuve de René Moreau de la Guédaizière, déclare être propriétaire de "la Grande maison des Bruères". Le 30 juin 1653, son fils René Moreau, en tant que comme patron et gouverneur du collège des Moreaux de Poitiers, se déclare à son tour propriétaire d'une "maison et métairie appelée les Bruères avec une grange et une autre petite maison et grange fondue". Il est imité le 8 juin 1676 par René Moreau, sieur de Marillet, puis le 24 août 1751 par Jean-François-Joseph Moreau, lieutenant général du bailliage de la Châtaigneraie, "comme gouverneur de la maison qui fut autrefois à feu Louis Moreau et Antoinette Guillemère son épouse, vulgairement appelée le Collège des Moreaux".
La métairie apparaît ensuite sur l'atlas de Trudaine, dans la seconde moitié du 18e siècle. En 1819, selon le cadastre, elle appartient à Boisnard, orfèvre à Poitiers. Elle se compose de bâtiments, dont la grange actuelle, autour d'une cour (parcelle D2 203), d'une seconde cour (D2 201), de deux jardins (D2 200 et 202), d'une pâture (D2 204) et d'un labour (D2 199). En 1830, Boisnard vend la ferme à Pierre Moutet, qui achète peu de temps après d'autres fermes du hameau, la Guignère et la Maison neuve. Il démolit une partie des bâtiments en 1842.
L'observation des bâtiments actuels montre que cette démolition a été suivie de constructions ou reconstructions, notamment d'un nouveau grand logis dans le prolongement est de l'autre, d'une grange au nord, d'une troisième grange plus basse et de toits adossés à la rue. La ferme est aujourd'hui divisée en trois habitations : alors que l'une occupe le premier logis, en bordure de voie, les deux autres sont logées dans le second logis, le plus haut. Dans le premier logis, l'espace autrefois occupé par des remises et le grenier a été rendu habitable, et les percements de l'élévation nord ont été en partie murés. Le second logis a été divisé en deux dans le sens de la longueur, et il a perdu sa toiture d'origine, probablement en ardoise. La grange à façade en pignon, à l'est de la cour, présente sur le cadastre de 1819, semble avoir peu changé. Des deux mares présentes sur le cadastre de 1819, l'une est toujours visible au sud-est de l'ensemble, celle qui occupait autrefois le centre de la cour ayant disparu.

Description

Cette ancienne ferme comprend des bâtiments disposés autour de deux cours. La propriété est fermée sur la route des Bruères par un mur de clôture et deux portails, liés aux deux logis. Le premier logis est perpendiculaire à la route. Sa façade présente aujourd'hui huit baies au rez-de-chaussée, mais celles qui éclairaient le logement proprement dit devaient être moins nombreuses, car la partie est de ce corps de bâtiment devait abriter une dépendance (remise, four, toits ?). La façade ne comporte qu'une travée, la seule fenêtre ouvrant sur le comble à surcroît devant autrefois ouvrir sur un grenier. La porte était centrale. Ce premier logis est couvert d'un toit à longs pans en tuile creuse.
Le second logis, le plus haut, se trouve dans le prolongement est du premier. Sa façade se trouvait au nord, comme l'indique le portail qui y donne accès et la corniche moulurée qui couronne l'élévation. Cette façade nord présente deux niveaux (rez-de-chaussée et étage carré) et trois travées, avec porte centrale. Le bâtiment est couvert d'un toit à longs pans et croupe, qui était probablement à l'origine couvert en ardoises, et aujourd'hui d'un matériau synthétique.
La grange située au sud-est des deux logis, a une façade en pignon et une couverture en tuile mécanique. La grange qui lui fait face au sud-ouest, adossée à la rue, est plus basse et porte une couverture de tuiles creuses. La troisième grange, au nord des logis, présente sa façade sur le mur gouttereau.

Documentation

● Archives

Archives départementales de la Vienne 3 H 1/933. 1624, 10 septembre : déclaration rendue par Renée Racquet veuve de René Moreau, écuyer sieur de la Guédaizière, gouverneur du collège des Moreaux de Poitiers, pour les terres de la Grande maison des Bruères.
Archives départementales de la Vienne 3 H 1/933. 1653, 30 juin : déclaration rendue par René Moreau, sieur de la Guidaizière, comme patron et gouverneur du collège des Moreaux de Poitiers, pour une maison et métairie appelée les Bruères.
Archives départementales de la Vienne 3 H 1/933. 1676, 8 juin : déclaration rendue par René Moreau, sieur de Marillet, gouverneur du collège des Moreaux de Poitiers.
Archives départementales de la Vienne 3 H 1/933. 1751, 24 août : déclaration rendue par Jean-François-Joseph Moreau, gouverneur du collège des Moreaux.

● Bibliographie

Petit, Robert, Mignaloux-Beauvoir découvre son histoire. Mignaloux-Beauvoir : Mairie : Loisirs Animation Mignaloux-Beauvoir, 1994. P. 76 et 78
Rédet, M. L., Dictionnaire topographique du département de la Vienne, Paris : Imprimerie nationale, 1881. P. 70



logos CAP
consulter au centre régional de documentation du patrimoine de Poitou-Charentes